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Femmes, sciences, biotechnologies :
quel avenir pour la Méditerranée ?

Turin (Italie)  29-31 janvier 1999

Déclaration de Turin

Forum international des femmes de la Méditerranée
Ateliers UNESCO

Troisième congrès international

Sommaire
Au niveau méditerranéen
Au niveau national
Contacts

 

Le thème de la troisième rencontre du Forum des Femmes de la Méditerranée a été choisi en raison de la place de plus en plus prépondérante des sciences dans la vie des femmes et des hommes et pour les questions tant éthiques que politiques qu’il pose, mais également pour faire entendre la position du Forum des femmes de la Méditerranée à la Conférence mondiale de l’UNESCO qui aura lieu à Budapest en juin 1999.

Cinq ans après la Conférence mondiale des Nations Unies pour les femmes (Beijing, 1995), alors que les états s’étaient engagés sur une plateforme d’action, la place des femmes aux postes de décision dans les domaines scientifiques et technologiques dans les pays de la Méditerranée est préoccupante, et cela malgré la progression spectaculaire du nombre de femmes dans les carrières scientifiques et techniques.

Ayant pris connaissance des résultats des conférences régionales d’Amérique latine (Bariloche, Argentine, octobre 1998), et d’Europe (Bled, Slovénie, novembre 1998), et conformément à la tradition des rencontres du Forum des femmes de la Méditerranée, une déclaration adoptée à l’issue des travaux, dite ici Déclaration de Turin, engage les signataires de la déclaration et le Forum des femmes de la Méditerranée, réseau UNESCO, à réaliser directement ou à travers des actions de sensibilisation des décideurs, un certain nombre d’actions en vue de concrétiser leur prise de position.     Back to top

  1. La question des "femmes, des sciences et des biotechnologies" dans les pays méditerranéens est traversée par deux problèmes majeurs, celui de la disparité des femmes et des hommes dans le domaine des sciences et des technologies, et celui de la disparité des niveaux scientifiques et technologiques des pays; ces disparités sont sans doute les plus flagrantes dans cet espace, et la cause du déséquilibre entre les pays de la région méditerranéenne.

  2. La pauvreté, voire l’absence de culture scientifique, rend illusoire les efforts, quand ils existent, de certains pays de développer les domaines de recherche scientifique et technologique, et pèse lourdement sur l’avenir de ces pays. De même, l’absence d’une réelle politique éducative égalitaire, flagrante dans certains pays, se retrouve presque dans l’ensemble de tous les pays de la Méditerranée dans l’enseignement scientifique, dont les enseignants trop souvent reproduisent les stéréotypes de la différence des sexes.

  3. La science obéit à des logiques économiques, politiques et idéologiques qui orientent ses choix, et qui aujourd’hui sont trop souvent orientées par les exigences de la rentabilité économique, pouvant aller par exemple jusqu’à exclure du champ de la recherche certaines molécules et de faire ainsi de certaines maladies des maladies dites "orphelines", alors qu’elles concernent des populations entières. En outre, la science pose de plus en plus des problèmes d’ordre éthique à cause de son pouvoir d’intervention et de transformation du patrimoine génétique humain.

  4. Pour répondre à l’ensemble de ces problèmes, les femmes de la MŽditerranée affirment que la Science et la Technologie doivent se développer dans un environnement de liberté et de démocratie qui garantissent l’accès au savoir et au partage du savoir. Il est urgent que les femmes de la Méditerranée, conscientes de la délicatesse de cette matière, sachent indiquer des critères éthiques d’orientation pour la formulation de programmes concrets sur des thèmes spécifiques valables pour chaque culture. Il est essentiel que les femmes participent aux orientations de la recherche en détenant des postes de responsabilité.     Back to top

Il est donc urgent de sensibiliser la société civile sur les conséquences de la science et des technologies sur la vie quotidienne des femmes et des hommes et sur la nécessité d’une meilleure compréhension de ses domaines. Les questions intéressant le devenir des sciences et des technologies doivent être posées, non seulement à l’intérieur de la communauté scientifique, mais également dans un cadre plus large car elles intéressent l’ensemble des citoyens et des citoyennes.

  1. En ce qui concerne la disparité hommes/femmes, le Forum des femmes de la Méditerranée constate que les processus d’exclusion-blocage des femmes sont les mêmes que ceux que nous connaissons dans les autres domaines de la vie économique, sociale et politique et que l’argument de la neutralité des sciences ou l’objet des sciences qui reconnaîtrait l’excellence sans tenir compte du sexe est largement mis en cause par des exemples concrets et nombreux de femmes scientifiques qui n’ont pas été, ou ont été très tard, reconnues.

Les signataires de la Déclaration de Turin s’engagent à :

Au niveau méditerranéen     Back to top

  1. Oeuvrer à la circulation du savoir et des personnes entre les différents pays, en favorisant tout particulièrement les jeunes femmes chercheurs. Développer les réseaux entre les institutions scientifiques (universités, centres de recherche, etc..) des différents pays du pourtour méditerranéen en vue de développer des projets communs de formation et de recherche.

  2. Veiller à ce que les femmes bénéficient pleinement des accords de coopération scientifiques et technologiques entre les différents pays de la Méditerranée.

  3. Encourager les projets qui favorisent le partenariat par la mutualisation des ressources pour résoudre les problèmes communs ou spécifiques rencontrés dans la région méditerranéenne.

  4. Créer un Observatoire scientifique régional "Femmes et Sciences en Méditerranée" qui tienne à jour des statistiques sur la place et le rôle des femmes dans les différentes disciplines, favorise la circulation de l’information sur l’activité scientifique des femmes et établisse des répertoires de compétences et de talents scientifiques.

  5. Réussir à constituer un réseau de femmes scientifiques à partir du groupe italien "Femmes et Science", coordonné par les Forum des Femmes de la Méditerranée, dans le but de réaliser des collaborations entre le Sud et le Nord de la Méditerranée sur des projets et des activités scientifiques.

  6. Encourager la coordination des groupes de femmes scientifiques déjà réunies en associations et promouvoir la création d’autres groupes, là où il n’en existe pas.

  7. Suivre les travaux des Comités de Bioéthique déjà existants dans le but d’être mieux informés, rassembler et évaluer les documents produits; promouvoir la participation à ces Comités de femmes scientifiques. Rendre possible la création de Comités nationaux de Bioéthique dans les pays où il n’en existe pas.

  8. Développer la formation continue à distance.

  9. Instituer des cours internationaux, sous la responsabilité du Forum des Femmes de la Méditerranée, en collaboration avec le CIF/OIL de Turin et UVO/ROSTE de Venise, pour la formation de formatrices dans le domaine de la vulgarisation de la science et de ses applications. Ces cours, consacrés à la formation de responsables d’associations féminines de petites entreprises artisanales et rurales, etc.., fourniront des outils pour une meilleure information concernant les femmes, la réalité et l’usage de la science et des biotechnologies, dans le but de permettre des confrontations publiques à propos des sciences, de leur usage et de leurs conséquences dans les différents pays.

  10. Créer, à partir de 1999, des bourses d’étude annuelles destinées à deux jeunes filles (de 18 à 26 ans), une du Nord et une du Sud de la Méditerranée, désirant s’orienter vers des études scientifiques. Ces bourses sont en mémoire de Francesca Maria Buzzetti.

Au niveau national     Back to top

  1. Entreprendre des actions pour lutter contre les préjugés qui font obstacle à l’accès d’un nombre de femmes plus important dans les filières et carrières scientifiques, notamment en s’adressant aux jeunes et à leur milieu familial.

  2. Mettre en oeuvre des actions positives pour encourager l’orientation des jeunes filles vers l’ensemble des métiers.

  • Former particulièrement les enseignants pour qu’ils motivent, avec des pédagogies nouvelles, les jeunes générations sans discrimination et développent leur curiosité scientifique.

  • Créer des programmes avec des outils adaptés aux conditions éducatives des différents pays.

  1. Multiplier les actions de vigilance et de surveillance afin de veiller à la participation des femmes à la définition des politiques, au choix des priorités en matière d’enseignement et de recherche scientifique et d’allocation budgétaire, et cela à l’intérieur des organes et institutions existants, et à travers les organisations non-gouvernementales.

Site UNESCO - Femmes, science, technologie

Contacts:     Back to top
Pour des informations complémentaires, contacter : forummed@arpnet.it

 

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