Femmes, science et technologie
en Amérique latine : diagnostic et stratégies
Bariloche (Argentine), 21-23 octobre 1998
Document
final
Sommaire
Contexte
Objectifs du forum
Conclusions
LIGNES STRATÉGIQUES
I. Egalité des sexes dans le
milieu professionnel
II. Enseignement des
sciences et de la technologie
III. Utilisation des
nouvelles technologies pour promouvoir
la position sociale de la femme
IV. Relation entre la
science, la technologie et le secteur de la production
V. Développement des
biotechnologies
Actions prioritaires
Contacts
Contexte 
Ce Forum régional a été organisé à
linitiative de l'UNESCO et du Secrétariat pour la Science et la Technologie du
Ministère de la Culture et de l'Education grâce au Fonds technologique Argentin
(FONTAR).
Le Forum a réuni 250 personnes en
provenance de 17 pays de la région : Argentine, Bolivie, Brésil, Colombie, Costa Rica,
Cuba, Chili, Equateur, Guatemala, Mexique, Panama, Paraguay, Pérou, Porto Rico,
République Dominicaine, Uruguay et Vénézuéla, ainsi que des représentants
dorganisations internationales (Fonds de Développement des Nations Unies pour la
Femme (UNIFEM), Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)) et régionales
(Organisation des Etats Américains (OEA), OREALC-UNESCO, la Commission économique pour
les pays de lAmérique latine (CEPAL) et la Banque interaméricaine de
développement (BID)).
La participation de lUNESCO était
assurée par le Dr Albert Sasson, représentant du Directeur général, par Mme Renée
Clair, coordinatrice du programme Femmes, Sciences et Technologies et par le Dr Francisco
Lacayo Parajón, directeur du bureau de l'UNESCO en Uruguay (ORCYT). Les institutions
argentines étaient représentées notamment par le Dr Mario Mariscotti, Président du
Directoire de l'Agence Nationale de Promotion Scientifique et Technologique et par Mme
Marta Borda, Directrice générale du FONTAR et coordinatrice générale du Forum. La
coordination scientifique du Forum était placée sous la responsabilité de Mme Gloria
Bonder.
Ont participé à cette rencontre des
fonctionnaires, des responsables de politiques scientifiques, des députés, des
chercheurs, des enseignants, des représentants des médias, des entreprises et des ONG,
exerçant leurs activités dans les universités, les institutions du secteur public et
privé, les organisations non-gouvernementales, ainsi que dans les réseaux régionaux et
internationaux concernés par les différents aspects du thème traité.
Ce forum a été placé sous les auspices
de l'OEA, de l'OEI (Organisation des Etats Ibéroaméricains pour l'Education, la Science
et la Culture) et de l'UNIFEM. Il a été déclaré d'intérêt régional par l'OEA,
d'intérêt national (Pouvoir exécutif national), d'intérêt parlementaire (Assemblée
nationale) et d'intérêt provincial (Législature de la Province de Río Negro). Le Forum
a bénéficié du soutien des Comités scientifiques nationaux et régionaux argentins et
de lOrganisation mondiale des femmes scientifiques du Tiers Monde (TWOWS) par le
biais de sa Vice-Présidente.
Les débats se sont organisés autour de
sept thèmes significatifs pour lAmérique Latine, qui ont été abordés par des
spécialistes réputés en tenant compte de léquilibre régional et sectoriel.
Chaque table ronde a conclu ses travaux par un certain nombre de recommandations et de
propositions, qui ont été approuvées à la fin de la réunion et constituent la base de
ce document .
Les tables rondes
ont abordé les thèmes suivants : 
- Parcours professionnel des femmes dans les domaines
scientifiques et technologiques.
- L'éducation des femmes en sciences et technologies : une
nouvelle pédagogie est-elle nécessaire?
- Femmes et nouvelles technologies de l'information et de la
communication dans un contexte globalisé.
- Innovation technologique : vers où? Liens entre femmes
chefs dentreprise et chercheuses.
- Progrès des biotechnologies : les frontières éthiques.
- La femme face aux transformations scientifiques et
technologiques : une vision différente?
- Politiques et programmes de promotion.
Il convient également de noter une
activité complémentaire du Forum, la Campagne "Les Jeunes Protagonistes de la
Science et de la Technologie du XXIème siècle", qui, grâce à la collaboration de
certaines entreprises et universités a réuni 30 jeunes provenant de différentes
provinces de l'Argentine et de quelques pays de la région. Son objectif principal était,
d'une part, d'analyser les problèmes spécifiques aux jeunes en tant qu'étudiantes et
futures professionnelles; et d'autre part, de leur faire connaître les évolutions en
matière de droits et de participation des femmes afin d'optimiser leur rôle dans le
domaine public et privé. En dernier lieu, cette rencontre a permis dinstaurer un
dialogue inter-générations avec les scientifiques de la région, afin de favoriser les
échanges d'expériences, de générer des initiatives de coopération entre les deux
groupes, et dintégrer le point de vue des jeunes femmes aux thèmes abordés dans
les débats.
Objectifs du forum
Etablir des diagnostics, fixer des
priorités et élaborer des stratégies au niveau régional, afin daméliorer la
participation des femmes au développement de la science et la technologie.
Jeter les bases dun Plan d'Action
Régional destiné à sensibiliser et à mobiliser les gouvernements, la communauté
scientifique et la société en général pour mettre en place des stratégies et des
propositions visant à assurer une parité durable entre les sexes dans le domaine des
sciences et de la technologie.
Elaborer des conclusions et des
recommandations pour la Conférence mondiale sur la science pour le XXIème Siècle : un
nouvel engagement (Budapest, June 1999).
Conclusions
Ce rapport intègre également les
résultats dune consultation réalisée à partir d'un document préliminaire.
Celui-ci a été remis au Comité Scientifique du Forum, aux autorités présentes et aux
participants aux tables rondes, qui y ont ajouté leurs observations.
Le développement accéléré de la
science et de la technologie propre au XXème Siècle saccompagne aujourdhui
dun défi à prendre en compte sans délai : contribuer à un développement humain
durable, équitable et intégral de l'humanité, qui implique de respecter
légalité des chances entre les sexes, de reconnaître la diversité culturelle et
ethnique, de protéger l'environnement, de renforcer la démocratie et de répondre aux
besoins nationaux et régionaux en matière de croissance. Compte tenu du fait que ces
objectifs sont encore lointains, il convient de sengager dans un effort collectif de
prise de conscience et de coordination des différents groupes sociaux concernés, afin
que la science et la technologie atteignent leur plein potentiel au siècle prochain, tout
an uvrant pleinement au bien-être de l'humanité.
Il faut admettre que le panorama mondial
de cette fin de siècle est préoccupant. La globalisation de l'économie et des
communications saccompagne d'une inégalité croissante dans la répartition des
biens et des richesses, dune augmentation de la ségrégation et de l'exclusion, qui
affecte aussi bien des groupes de population, de la dégradation progressive de
l'environnement, de la persistance des conflits armés et de l'émergence de divers
fondamentalismes.
Dans ce contexte, il est important de
souligner que l'Amérique Latine, l'une des régions les plus touchées par
linégale répartition des richesses, rencontre des problèmes considérables pour
atteindre les niveaux de croissance et les modes de distribution souhaitables, afin de
rattraper son retard historique et déviter l'apparition dinégalités
nouvelles et inquiétantes. Le développement technico-scientifique de la région n'est
pas homogène, son rythme et sa cadence varient en fonction des facteurs économiques,
culturels et politiques propres à chaque pays. Cette situation exige des politiques
énergiques pour renforcer les capacités du secteur et le développement dinstances
de coopération et d'échange entre tous les pays, afin de constituer une communauté
technico-scientifique autonome, créative et à même dobtenir des résultats
satisfaisants pour toute la région.
Dans le cadre de ce débat sur l'avenir de
la science et la technologie, il faut admettre que les pratiques sociales en cours ne sont
pas "neutres", mais plutôt influencées par des valeurs et des relations de
pouvoir, et quelles peuvent par conséquent contribuer à reproduire un ordre social
injuste. Il convient également de remettre en cause certaines répartitions en
disciplines et autres divisions fondées sur des stéréotypes tels que ceux des sciences
"dures" et "molles", qui ont entravé lélaboration et
l'échange de conceptions de la science plus riches et plus sensibles et donc mieux à
même de saisir la complexité des phénomènes.
Il est indispensable de veiller à ce que
les politiques concernant les sciences et technologies se renforcent en devenant des
politiques nationales à long terme, élaborées par consensus et indépendantes des
intérêts "clientélistes" des gouvernements et des exigences du libre marché.
Un tel objectif suppose l'augmentation des ressources allouées, ladoption de
modèles de gestion plus démocratiques et efficaces et l'articulation avec des politiques
éducatives à tous les niveaux et en particulier dans l'enseignement supérieur,
permettant une formation de qualité.
Dans ce contexte général et au-delà des
différences entre les pays de la région, la situation des femmes dans le secteur des
sciences et des technologies présente des caractéristiques communes. Bien que leur
nombre augmente, elles demeurent concentrées dans certaines branches et
sous-représentées aux niveaux de la prise de décision. Elles doivent par ailleurs
affronter dans leur vie professionnelle des obstacles et des difficultés spécifiques,
qui procèdent autant des facteurs intrinsèques propres aux modèles et pratiques des
institutions scientifiques, que des conditions socio-culturelles, qui freinent dune
manière générale le développement des femmes, telles que la répartition
traditionnelle des rôles et des tâches au sein de la famille. Ceci a pour résultat la
persistance de la discrimination en matière de salaires et de conditions de travail.
En conséquence de ce qui précède, il
est urgent de prendre des mesures pour favoriser laccès des femmes à ces domaines
et affermir la position de celles qui s'y trouvent déjà. Ces mesures se justifient par
des objectifs de parité sociale, ainsi que par le besoin urgent d'intégrer les
perspectives et les modes de connaissance et d'action des femmes à la construction de
paradigmes scientifico-technologiques ouverts, enrichis par la variété des points de vue
et engagés envers une véritable intégration sociale des femmes.
Dans cet esprit, il est
indispensable :
de convenir que la liberté de pensée
de la communauté scientifique ne doit pas s'opposer à sa responsabilité sociale et donc
à son droit d'intervenir dans les décisions concernant les priorités, les ressources et
la gestion de la politique scientifique nationale.
daffirmer que tous les secteurs de
la société ont le droit d'intervenir dans la détermination des priorités et des cadres
éthiques pour un développement scientifique et technologique fondé sur le respect de la
dignité humaine et de la biosécurité mondiale.
d'encourager le développement
dapproches multi-, inter- et transdisciplinaires, afin dappréhender la
problématique humaine dans toute sa diversité.
de recueillir, valoriser et protéger
les connaissances et les techniques traditionnelles des minorités (femmes, peuples
indigènes, paysans, etc.) d'Amérique Latine et des Caraïbes, en dénonçant les actes
d'appropriation illégitime de celles-ci.
de prendre toutes les mesures
nécessaires pour assurer l'égalité des chances dans les différents domaines
scientifiques et technologiques.
de rejeter et condamner toute
manipulation technologique pour la reproduction des êtres humains, dont les résultats
affectent la dignité, la biosécurité et l'intégrité des individus participant à de
telles manipulations ou conçus par leur intermédiaire.
d'affirmer que la contribution des
femmes dans le domaine scientifique et technologique est essentielle pour parvenir à un
développement humain durable et égalitaire et contribuer à la culture de la paix
mondiale. En conséquence, le Forum Femmes, Science et Technologie en Amérique Latine et
aux Caraïbes demande aux organisations nationales, régionales et internationales de
sengager à mettre en uvre les recommandations issues de ses travaux.
LIGNES STRATÉGIQUES
I. Egalité
des sexes dans le milieu professionnel
Bases pour l'action
Promouvoir l'adoption de politiques
d'encouragement, y compris par la discrimination positive, afin de favoriser la
participation des femmes aux sciences et aux technologies dans tous les domaines et à
tous les niveaux et dassurer le plein développement de leur potentiel
professionnel.
Actions prioritaires
a) des études doctorales et
postdoctorales sans limite d'âge,
b) la réinsertion professionnelle des
femmes de plus de 35 ans
c) des projets de recherche, en
particulier dans les domaines traditionnellement masculins.
a) les postes importants des institutions
scientifiques et technologiques.
b) les congrès, événements
scientifiques, comités d'évaluation, conseils éditoriaux des publications
spécialisées, etc.
Réaliser des études sur le climat
professionnel du milieu scientifique, l'organisation du travail et la manière dont les
scientifiques des deux sexes abordent la question de la production du savoir. Le but de
ces études serait de favoriser la création de milieux professionnels plus ouverts aux
femmes et qui valorisent leur travail.
Encourager les institutions
scientifiques et technologiques à proposer des crèches et garderies gratuites.
Favoriser la création de réseaux,
d'espaces de communication, de bulletins (électroniques et imprimés) et de groupes de
travail nationaux et régionaux de femmes scientifiques et aider ceux qui existent déjà.
II.
Enseignement des sciences et de la technologie
Bases pour laction
Promouvoir un enseignement
scientifique et technologique de qualité (formel et non formel) intégrant la perspective
de genre, reflétant les réalités et les besoins de l'Amérique Latine et se
concrétisant dans une réforme des programmes, de la méthodologie, de la formation des
enseignants, de la recherche et de l'évaluation.
Encourager des pratiques éducatives
souples et innovantes, qui comportent des activités ludiques et permettent l'intégration
des découvertes scientifiques et technologiques en les reliant à la vie quotidienne et
aux problèmes de la société civile. Favoriser le développement de l'estime de soi et
la modification des stéréotypes, susciter une attitude active et créative face à la
science et à la technologie.
Actions prioritaires
Assurer l'accès des filles et des
femmes à tous les niveaux et domaines du système éducatif, et en particulier aux
sciences et aux technologies.
Réaliser des programmes de formation
pour enseignants afin de faciliter leur recyclage permanent en science et technologie et
leur sensibilisation aux enjeux de légalité entre les sexes.
Développer des activités qui
encouragent l'utilisation par les enseignants et les étudiants des nouvelles technologies
de l'information et de la communication, sans oublier le développement du sens critique
sur leurs contenus, valeurs et usages.
Sensibiliser et former les conseillers
en orientation afin quils intéressent les jeunes des deux sexes aux domaines
scientifiques et technologiques et les incitent à sy diriger.
Contrôler le matériel didactique et
les méthodes éducatives, afin d'évaluer la présence de stéréotypes discriminatoires.
Effectuer des recherches et élaborer
des propositions d'action dans les domaines suivants :
a) les conceptions et pratiques
scientifiques et technologiques transmises dans les institutions éducatives et leurs
partis pris de genre.
b) les mécanismes discriminatoires
directs et indirects dans les cours de science et technologie.
c) les modes de connaissance, les valeurs
et les motivations des femmes dans le domaine de la science et la technologie.
Accorder des bourses nationales et
régionales aux jeunes femmes, afin de les encourager à entreprendre des études
post-universitaires dans les domaines scientifique et technologique où leur présence est
minoritaire.
Mettre en place un système de tutorat
dans lequel des chercheuses confirmées prennent en charge une débutante.
Développer les liens entre le secteur
éducatif, les institutions scientifiques et technologiques et le secteur de la
production.
Concevoir et mettre en place des
programmes nationaux et régionaux d'éducation à distance, sur support électronique,
dans des domaines dintérêt particulier pour les femmes.
Lancer une campagne à destination de la
communauté éducative, afin de promouvoir une nouvelle image de la science et de la
technologie destinée à susciter lintérêt des femmes.
Bases pour l'action
Actions prioritaires
Créer des banques de données recensant
les projets de recherche et les opportunités de formation et de travail accessibles aux
femmes.
Concevoir et animer des réseaux
électroniques pour l'échange et la coopération entre les femmes.
Sensibiliser les médias pour :
a) Diffuser les nouvelles découvertes et
développements en science et technologie, en prenant en considération leurs dimensions
sociales et éthiques.
b) Sensibiliser la société sur
l'importance de participer à la prise de décisions éthiques et stratégiques dans le
domaine de la science et la technologie.
c) Diffuser les découvertes et les
réussites des femmes scientifiques.
d) Eviter la propagation d'images et de
messages sexistes.
IV. Relation
entre la science, la technologie et le secteur de la production
Bases pour l'action
Favoriser les liens entre chercheuses,
chefs dentreprise, responsables politiques, représentantes d'ONG et d'organisations
communautaires, pour leur permettre d'élaborer des stratégies communes visant à
optimiser la production et l'utilisation des connaissances technico-scientifiques pour
répondre aux besoins de développement nationaux et régionaux et améliorer la qualité
de vie des femmes.
Actions prioritaires
Favoriser la prise de conscience des
femmes chefs dentreprise, afin de développer l'intégration de la perspective de
genre au milieu professionnel.
Créer des banques de projets
accessibles sur Internet.
Faciliter le financement des
micro-entreprises créées par les femmes, en adoptant des mécanismes tels que les quotas
et en simplifiant les formalités.
Proposer des stages de formation aux
femmes chefs dentreprise dans le domaine des nouvelles technologies, de la gestion,
de lencadrement et dans tout autre domaine propre à développer leur capacité
dinnovation et leur maîtrise.
Etablir des accords entre des
entreprises dirigées par des femmes et des centres de recherche et de développement.
Favoriser et soutenir l'organisation et
l'association de femmes chefs dentreprise.
Inciter les associations de chefs
dentreprise à intégrer à leurs politiques la perspective de genre.
V.
Développement des biotechnologies
Bases pour l'action
Actions prioritaires
Faire connaître le développement des
biotechnologie en suscitant des débats dans les différents secteurs de la société, en
insistant particulièrement sur leur impact sur la vie des femmes et des hommes.
Promouvoir des actions locales,
régionales et internationales visant à l'identification des ressources naturelles, à la
conservation de leur génome et à leur protection légale.
Faire admettre lidée que la
diversité du génome est non-brevetable, car il sagit dun bien universel.
Stimuler la prise de conscience de la
valeur des ressources génétiques microbiennes, animales et végétales de la région et
promouvoir des actions locales, régionales et internationales aboutissant à leur
identification, à leur conservation et à leur protection.
VI. Politiques
et programmes au niveau régional et national
Bases pour l'action
Inciter les Etats à élaborer des
politiques dans le domaine des sciences et des technologies, qui contribuent à
lavènement d'un développement économique et social durable, dans un cadre de
pluralisme, de justice sociale, de respect de la biodiversité et de non-discrimination.
Promouvoir lengagement de tous les
Etats d'Amérique Latine et des Caraïbes, ainsi que des organisations régionales et
internationales envers l'intégration de la perspective de genre dans leurs politiques et
programmes scientifiques et technologiques.
Assurer le suivi du dynamisme de
l'Amérique Latine et des Caraïbes dans le domaine des sciences et des technologies, afin
d'évaluer létat davancement des objectifs fixés.
Actions prioritaires
Au niveau régional
Favoriser des débats et générer
des accords pour assurer la qualité, la pertinence culturelle et la cohérence sociale
des politiques, programmes et projets en science et technologie, ainsi que l'intégration
transversale de la perspective de genre.
Susciter l'adoption de mécanismes
visant à réguler les aspects éthiques de la production et l'application des
connaissances scientifiques et technologiques, telles que les lois, les codes d' éthique
professionnelle, etc.
Elaborer des critères méthodologiques
permettant de produire des indicateurs et des statistiques comparables entre les pays et
faciles daccès, en distinguant les données relatives aux femmes et aux hommes.
Inciter à la conclusion d'accords de
coopération et à la constitution de réseaux entre institutions scientifiques et
technologiques, universités, organisations non-gouvernementales et entreprises de
différents pays, afin de :
a) Renforcer les communautés
scientifiques latino-américaines, en veillant particulièrement à la participation à
égalité des femmes dans tous les domaines et à tous les niveaux de la prise de
décision.
b) Promouvoir la réalisation d'études
comparées et de publications qui prennent en compte les priorités des femmes de la
région.
c) Développer des programmes, des
activités de formation, des stages et autres formes d'échange destinés aux femmes
scientifiques et aux étudiantes en science et technologie.
d) Aider à la création de réseaux de
femmes scientifiques dans le cadre des accords d'intégration sous-régionale ou
régionale.
e) Organiser un système de données
autour des femmes scientifiques dAmérique Latine et des Caraïbes et le diffuser à
travers tous les moyens disponibles.
Au niveau national
Engager les gouvernements nationaux
à concevoir des politiques scientifiques et technologiques à long terme, qui intègrent
la perspective de genre, et à assurer leur viabilité financière et technique.
Concevoir et mettre en uvre des
systèmes d'évaluation des politiques, des programmes et des projets scientifiques et
technologiques, qui soient pertinents du point de vue social et culturel et respectent
légalité entre les sexes.
Veiller à ce que les systèmes
nationaux d'information scientifique et technologique élaborent des indicateurs et
produisent des informations pertinentes sur la participation respective des femmes et des
hommes.
Créer un programme d'encouragement (qui
pourrait être fondé sur un système de classification ou de prix) pour les institutions
scientifiques et technologiques, qui assurent la présence équitable des femmes dans tous
les domaines et niveaux de décision et intègrent à leurs plans et leurs projets un
objectif de parité.
Encourager la participation des femmes
aux programmes de formation sur la planification et la gestion des politiques
scientifiques et technologiques.
Assurer la participation équitable des
deux sexes dans les comités d'évaluation, les commissions scientifiques et autres
instances de décision. Créer et actualiser des banques de données recensant les
chercheuses latino-américaines, afin de faciliter leur participation à ces instances.
Réaliser des campagnes et d'autres
actions de sensibilisation - en utilisant différents supports, y compris les médias -
destinés à tous les secteurs de la société pour :
a) Favoriser une plus grande visibilité
publique des femmes scientifiques.
b) Promouvoir l'égalité des droits et
des obligations des femmes et des hommes dans les domaines public et privé (travail,
politique, éducation des enfants, travail domestique, etc.)
c) Promouvoir la prise de conscience de la
valeur des ressources naturelles de la région.
Exhorter les sociétés scientifiques à
promouvoir dans leurs instances des politiques d'égalité des chances entre femmes et
hommes.

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