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MESSAGE DU DIRECTEUR GENERAL DE L'UNESCO

à l'occasion de la journée mondiale de la science pour la paix et le développement
- 10 November 2003 -

 

Mr Matsuura: Director-General of UNESCO

La tâche la plus importante à notre époque est de créer un monde où tous les citoyens puissent vivre dans la dignité et dans la paix dans un environnement accueillant sur lequel ils ont appris à veiller. Cela requiert volonté politique, soutien de l'opinion et science. En célébrant en 2003 la Journée mondiale de la science au service de la paix et du développement, nous mettons en lumière le rôle de la science, appelant l'attention sur les aspects positifs et les conséquences bénéfiques de la recherche et du savoir scientifique.

Toutefois, si nous continuons de nous émerveiller des nouvelles découvertes scientifiques et de jouir des avantages de progrès technologiques novateurs fondés sur des avancées scientifiques, la science suscite un malaise croissant, et de plus en plus d'esprits s'inquiètent de ses conséquences néfastes. Dans certains milieux, ces craintes ont tourné à la méfiance et au refus, réactions d'autant plus préoccupantes qu'elles sapent en son fondement le soutien du public à la science. Ce soutien, inséparable de la confiance de l'opinion dans la science et les scientifiques, ne va plus de soi.
Aujourd'hui, donc, il faut reprendre à nouveaux frais la cause de la science dans des termes qui puissent convaincre une opinion de moins en moins encline à magnifier la pureté d'intention des scientifiques ou la supériorité de leur sagesse. La cause de la science ne peut pas non plus s'appuyer sur des réalisations du passé ou des promesses d'avantages futurs prises pour argent comptant. La science devra de plus en plus se justifier à chaque fois, sachant que ses preuves et ses arguments peuvent être soumis à la critique minutieuse d'une opinion devenue plus sceptique.
Les scientifiques doivent se féliciter de cette évolution, en particulier lorsqu'elle va de pair avec un bon fonctionnement des processus démocratiques. En même temps, ils devraient s'employer vigoureusement à enseigner aux décideurs, à ceux qui font l'opinion et à l'ensemble du public ce qu'est la science : ses fins, ses principes, ses méthodes, son esprit de critique et d'interrogation et ses nombreuses réalisations. De ce point de vue, l'éducation scientifique devrait être non seulement une éducation en science mais aussi une éducation pour et sur la science, qui prenne activement en considération les problèmes préoccupants et difficiles auxquels nous nous heurtons.

Les scientifiques doivent mieux communiquer, mais il ne s'agit pas seulement pour eux d'envoyer des messages scientifiques clairs, précis et pertinents. Il s'agit aussi de se montrer attentif à l'interaction entre la science et la société en même temps que de reconnaître les échecs et dangers d'activités scientifiques ; en effet, il y a bien longtemps que l'équation entre "développement scientifique" et "progrès humains" n'est plus automatique. L'éducation et la formation des scientifiques - qu'il faut considérer comme étant, par nature, affaire de toute une vie - doivent donc prendre en compte les dimensions éthiques, sociales et politiques de l'activité scientifique.

Si l'on admet que la science est pour quelque chose dans certains des problèmes et crises qui menacent notre monde, cela ne signifie pas que les solutions viables puissent faire l'économie de la science. Les solutions réalistes doivent se concevoir avec la science, pas contre elle. Nous avons besoin de la contribution de la science, par exemple, pour étudier dans quelle mesure l'activité humaine est responsable du changement climatique, de la dégradation de l'environnement et d'autres phénomènes préoccupants. Et ce sont les scientifiques et les ingénieurs qui nous aideront à faire face aux problèmes complexes de demain.

Il faut mobiliser la science à l'échelle planétaire pour résoudre les problèmes énormes que posent la santé publique, la productivité agricole, la dégradation de l'environnement et la pauvreté. Il faudra pour cela aborder les disparités très réelles entre pays développés et pays en développement s'agissant de la production de savoir scientifique et d'utilisation de ce savoir à des fins sociales et économiques bénéfiques. Pour combler ce déficit de connaissances, il faudra notamment trouver des solutions à l'exode incessant des compétences scientifiques en direction des pays riches du Nord.
Pour remédier au déficit des connaissances scientifiques, il faut aussi que s'établissent des partenariats Nord-Sud et Sud-Sud entre scientifiques, institutions et gouvernements. La science est affaire de partage. Le rythme du progrès scientifique et l'interdépendance des problèmes planétaires exigent que l'on travaille en équipe et en réseau. Par conséquent, le partenariat et la collaboration nationale et internationale entre établissements scientifiques, universités, ONG et autres secteurs et disciplines sont essentiels.

La Journée mondiale de la science au service de la paix et du développement est l'occasion pour l'UNESCO de réaffirmer que la recherche scientifique sert à promouvoir le développement économique, social et culturel des nations et des peuples et à améliorer les perspectives de paix et d'avenir viable. Prenons tous l'engagement d'oeuvrer ensemble à renforcer la solidarité dans la mise en commun du savoir scientifique. Sans science planétaire, il ne peut y avoir de développement durable ; sans développement durable, il ne peut y avoir de paix mondiale.

 

Koïchiro Matsuura

 

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ÉVÉNEMENTS SATELLITES

L'Alcyone met le cap sur la Mer Rouge
Pour célébrer la Journée mondiale de la science au service de la paix et du développement 2003, l'équipe Cousteau a expédié son navire Alcyone vers la Mer Rouge pour une opération symbolique au service de la paix par laquelle elle exprime une fois de plus son engagement vis-à-vis de la coopération parmi les scientifiques de la région.

50 ans après l'expédition de la Calypso, l'Equipe Cousteau retourne en Mer Rouge sur les traces du Commandant Cousteau où il avait tourné " Le monde su silence ", film qui lui valut la Palme d'Or du Festival du Film de Cannes.

Canada
Le Centre des sciences de Montréal a organisé les 8 et 9 novembre, en coopération avec la Commission canadienne pour l'UNESCO, un week-end de réflexion, de débats et d'échanges autour de la science et de la paix, la responsabilité des scientifiques et, pour finir, la science et les besoins de l'homme (cliquer ici pour lire le programme).

Madagascar
Des réunions spéciales ont été organisées à l'Académie nationale des arts, des lettres et des sciences sur le thème de la science. Un concours a été organisé pour les élèves de 2ème cycle autour de l' " Utilisation responsable de la science au service de la société ". Une cérémonie de remise des prix sera organisée pour les lauréats du concours au sein de la Commission nationale pour l'UNESCO.

Mozambique
Le Ministère de l'enseignement supérieur, de la science et de la technologie a organisé du 11 au 14 novembre la première exposition de science et technologie au Mozambique (1a Mostra Moçambicana de Ciência & Tecnologia).

Portugal
La Commission nationale pour l'UNESCO et la Commission sur l'égalité et les droits de la femme a organisé le 10 novembre à Lisbonne un séminaire sur le thème " Les femmes et la science au service de la paix et du développement ". Cet événement a non seulement servi à promouvoir la science en tant qu'outil au service de la paix et du développement, mais aussi à valoriser le rôle des femmes portugaises dans ce domaine. Ce séminaire était composé de 3 ateliers dont les thèmes étaient : la bioéthique, le développement durable et une société viable et la science au service du développement (pour le programme, cliquer ici).

Roumanie
Une cérémonie de remise des prix de journalisme scientifique s'est déroulée le 11 novembre en présence de M. Ion Iliescu, Président de la Roumanie, au siège de la Commission nationale de Roumanie pour l'UNESCO.

Tunisie
Le Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la technologie a organisé les 9 et 10 novembre, en coopération avec la Commission nationale tunisienne pour l'UNESCO, et avec la participation de scientifiques, des réunions publiques et diverses activités dans les universités et écoles de quelques villes du pays (Sfax, Ezzitouna). Un débat a été organisé à Sfax en soirée autour de la science et de la paix, ainsi qu'une exposition à la Cité de la Science, montrant les réalisations de la recherche tunisienne en agriculture et environnement et une conférence sur la biodiversité et la sécurité alimentaire. L'Université virtuelle de Tunis a parallèlement organisé une conférence vidéo, avec la participation d'universités tunisiennes.

 


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