Programme d'alphabétisation du GILLBT

Profil de pays: Ghana

Population

23 000 000 (2007)

Pauvreté (Population vivant avec moins de 1 dollar par jour, %):

44.8% (1990-2004)

Langue officielle

Anglais

Dépenses publiques totales d’éducation en % du PNB

5,5%

Taux net d’admission dans l’enseignement primaire (TNA total, %)

34% (2005)

Taux d’alphabétisme des jeunes (15-24 ans, %)

71% (1995-2004)

Taux d’alphabétisme des adultes (15 ans et plus, 1995-2004)
  • Total : 58%
  • Hommes : 66%
  • Femmes : 50%
Sources

Présentation générale du programme

Titre du programmeProgramme d'alphabétisation du GILLBT
Organisation chargée de la mise en œuvreInstitut ghanéen de linguistique, alphabétisation et traduction de la Bible (GILLBT)
Langues d’enseignementBuli; Kasem; Sisaala; Passal; Frafra; Mampruli; Kusaal; Deg; Gonja; Birifor; Vagla; Hanga; Anufo; Tampulma; Chumburung; Nawuri; Bassar; Adele; Gikyode; Nkonya ét Ielemi
Date de création1972

Contexte

La politique nationale officielle du Ghana, dont les grandes lignes ont été exposées dans Vision 2020 (1996), spécifie que chaque enfant a droit à dix ans d’éducation primaire de six à seize ans. L’enseignement doit être dispensé pendant les trois premières années dans la langue locale, puis pendant sept ans en anglais, la langue officielle du Ghana. L’objectif principal de Vision 2020 est de réduire la pauvreté et d’améliorer la qualité de vie des populations, tout en renforçant la prise de conscience des citoyens de leurs droits. Malheureusement, la mise en œuvre du programme s’est heurtée à des obstacles majeurs et, malgré les efforts louables du gouvernement ghanéen pour faire progresser l’alphabétisation, seules 15 des 63 langues locales sont actuellement couvertes en termes de matériel pédagogique et de formation des enseignants. Depuis 1972, l’Institut ghanéen de linguistique, alphabétisation et traduction de la Bible (GILLBT) applique avec succès un programme d’alphabétisation communautaire au sein de 34 groupes linguistiques des régions les plus pauvres et les moins alphabétisées du pays. En effet, la situation dans le Nord et le Centre du Ghana est considérée comme pire que celle des autres régions (avec un taux d’analphabétisme des adultes supérieur à la moyenne nationale de 30 % environ et une proportion d’enfants non scolarisés supérieure à l’estimation de 25 % pour tout le pays). C’est la raison pour laquelle les activités du GILLBT ciblent spécifiquement ces parties du pays.

Programme

Le but du programme d’alphabétisation du GILLBT est de faciliter l’émancipation de la population rurale adulte afin de mettre fin à son exclusion sociale, économique, spirituelle et politique. Le programme est centré sur 22 groupes linguistiques que l’on trouve pour la plupart dans les zones rurales peu développées du Ghana, dans le Nord du pays et le Nord de la région de la Volta. Notamment les groupes cibles sont les suivants : Buli; Kasem; Sisaala; Passal; Frafra; Mampruli; Kusaal; Deg; Gonja; Birifor; Vagla; Hanga; Anufo; Tampulma; Chumburung; Nawuri; Bassar; Adele; Gikyode; Nkonya ét Ielemi

Objectifs principaux

Le programme d’alphabétisation dispense des compétences de base en lecture, écriture et calcul. Le cursus d’alphabétisation fonctionnelle est suivi de cours d’alphabétisation avancée dans la langue locale et en anglais pour permettre aux apprenants de profiter d’autres possibilités d’apprentissage. Le programme inclut d’autres éléments tels que prévention du VIH/SIDA, activités génératrices de revenus et approche fondée sur le droit à l'autonomisation et à la parité entre les sexes. Pour son programme, le GILLBT a développé un modèle en cinq phases dont le but est d’améliorer le niveau d’éducation des groupes linguistiques de minorités rurales. Dès qu’un nombre suffisant d’apprenants et d’organisateurs aura acquis des compétences d’alphabétisation dans chaque groupe linguistique, ils deviendront autosuffisants. Il s’agit ici de transmettre progressivement les responsabilités aux communautés locales, et donc de les préparer à une gestion autonome et autosuffisante. Les cours d’alphabétisation fonctionnelle comprennent une formation à certaines pratiques commerciales telles que la comptabilité et aux techniques appropriées, de la phase de démarrage initiale à la phase de commercialisation. Ils informent aussi les apprenants de manière à leur faire prendre conscience de leurs droits civiques et des possibilités de réformes pacifiques. Le but est de permettre à l’alphabétisation de jouer un rôle fonctionnel et significatif dans la vie quotidienne afin de :

Réalisation du programme et responsabilités

Le GILLBT a également mis au point une structure qui spécifie les fonctions des parties prenantes du programme et des principaux participants. Elle donne aux populations locales le principal pouvoir de décision au niveau du projet. Des coordinateurs régionaux assurent la liaison entre le siège de l’organisation à Tamale et les chefs de projets locaux. Leur rôle consiste essentiellement à suivre et à superviser la progression des projets. Le siège de son côté sollicite des appuis et établit des réseaux avec les donateurs et d’autres organisations. Du fait de la délégation des responsabilités aux populations locales, le siège du GILLBT est relativement réduit : outre le Directeur national de l’alphabétisation, le Département Alphabétisation compte 12 membres nationaux et régionaux qui coordonnent tous les projets linguistiques.

Le programme est divisé en cinq secteurs, à savoir :

  1. Développement du matériel
  2. Parité entre les sexes
  3. Éducation & formation
  4. Recherche
  5. Base de données & micro finance

Facilitateurs et approche pédagogique

Les facilitateurs sont recrutés par le comité d’alphabétisation de chaque village en coopération avec le superviseur de la zone en question. Les animateurs-formateurs sont formés dans leur langue (y compris ses structures grammaticales), ainsi que, entre autres, aux techniques de la formation d’adultes et à des approches participatives (PRA). Les cours annuels destinés aux animateurs-formateurs font aussi partie du programme. Outre l’enseignement proprement dit, les cours dispensés aux apprenants comportent des séances de discussion et des séances participatives, des échanges d’idées sur des sujets pertinents et des activités de théâtre. Chaque participant reçoit un certificat à l’issue d’un test final. Les facilitateurs sont rémunérés de 6,5 Cedis (équivalent de $5,4 US) par mois. Etant donné que des fonds supplémentaires ont été mis à disposition, les facilitateurs employés pour certains groupes de langues (Frafra, Buli, Gonja, Deg, Sisaala, Passal, Mampruli, Kusaal, Kasem) perçoivent actuellement 16,3 Cedis (équivalent de $ 13,5 US). En moyenne, le nombre d’apprenants par facilitateur se monte à 18 personnes. Les résultats d’apprentissage des participants sont évalués à travers des tests oraux et écrits.

Principaux résultats

Depuis son lancement en 1972, le programme du GILLBT a réalisé les objectifs suivants :

Le programme a effectivement changé le quotidien des apprenants : après avoir assisté au programme ils savent par exemple signer en mettant leur nom au-dessous d’un document au lieu d’y apposer leur empreinte digitale. Etant capable de remplir des formulaires, ils arrivent en plus à mieux régler l’hospitalisation de leurs enfants.

Les activités d’alphabétisation du GILLBT présentent les caractéristiques essentielles pour assurer le succès du programme. L’organisation peut compter sur une équipe engagée, une gestion et une administration efficaces, une forte participation et un soutien au niveau local, ainsi que des méthodes et supports pédagogiques appropriés et respectueux de la culture. Elle dispose d’importants effectifs d’enseignants et de superviseurs volontaires au sein de la population qui garantissent la viabilité du programme.

Durabilité du programme

Les communautés auxquelles s’adresse le programme du GILLBT dépendent pour la plupart de l’agriculture de subsistance et tirent quelques revenus supplémentaires de cultures commerciales. Les populations et les chefs des communautés ont exprimé le désir d’apprendre à lire et à écrire dans leur langue maternelle dès le lancement du programme. Les communautés ont contribué au programme en permettant à des individus de suivre une formation de volontaires, superviseurs et enseignants. Elles ont également pris diverses mesures d’incitation sous forme de nourriture ou de travail non rémunéré sur les exploitations des volontaires. Ce n’est qu’un exemple prouvant l’acceptation du programme par la communauté.

L’autonomisation est une partie intégrale du programme. Les deux, le Programme d’entraînement en développement (DATP) ainsi que le Programme de promotion de la parité entre les sexes (GPP), se focalisent sur le renforcement des capacités. Les deux programmes visent à soutenir les femmes qui demandent des fonds afin d’obtenir une autonomie financière.

Monitorage et évaluation

Le monitorage est une partie intégrale et continue du programme. Les résultats des participants et progrès d’apprentissage sont régulièrement évalués à travers des tests oraux et écrits. Des superviseurs locaux et régionaux ainsi que les coordinateurs d’alphabétisation au niveau local surveillent le travail des facilitateurs. En outre, une analyse des progrès est envoyée aux bailleurs de fonds tous les six mois. Une fois par an un représentant des donateurs vient au Ghana pour apporter son assistance dans l’évaluation et la consultation du programme.

Financement et partenaires

Cependant, le GILLBT ne bénéficie d’aucune source de financement garantie à long terme et se trouve en surdépendance (70 % du budget annuel) par rapport à un petit nombre de donateurs extérieurs dont le soutien indéfectible doit beaucoup à la bonne réputation que l’organisation a acquise avec le temps grâce à sa gestion prudente des ressources.

Parmi les principaux donateurs du programme figurent SIL International (Summer Institute of Linguistics), la Fondation Oikonomos (Pays-Bas), Wycliffe Australia et Tearfund (R.-U.). Le GILLBT travaille également en étroite collaboration avec le Département de l’Éducation non formelle du gouvernement ghanéen, ainsi qu’avec l’Institut d’Éducation des adultes de l’Université du Ghana (Lagon).

Défis pour l’avenir du programme

Malgré le succès des projets du GILLBT et les efforts d’autres programmes sur le terrain, l’analphabétisme reste un problème au Ghana, surtout dans les régions pauvres du Nord. L’engagement du gouvernement est essentiel pour la promotion de l’alphabétisation fonctionnelle et il faut espérer qu’il continuera d’y apporter le même soutien à l’avenir. En effet, le programme ne pourra pas indéfiniment compter uniquement sur le volontariat. La nature communautaire du projet et la reconnaissance sociale acquise par le travail volontaire ont suffi jusqu’à présent à assurer la poursuite des activités. Le projet n’en doit pas moins se préparer financièrement à de futures demandes d’une forme de rémunération de la part des enseignants et des superviseurs. En outre, la disponibilité de facilitateurs qualifiés ainsi que leur motivation restent des soucis sérieux pour la continuité du programme.

Leçons tirées

Les services fournis bénévolement par les communautés ont contribué au développement des projets en permettant au GILLBT de consacrer ses ressources limitées à l’achat de matériel d’apprentissage et d’enseignement indispensable. Grâce à la participation de membres des communautés locales à la gestion des activités, le programme a pu continuer même sans financement garanti à long terme .

Le recours aux volontaires s’est également avéré être un moyen efficace d’obtenir la participation, l’appropriation et le soutien de la communauté. De l’avis général, la participation des volontaires à différents niveaux du projet a aidé à diminuer son coût global. C’est également dans les rangs des volontaires que se sont trouvées des personnes engagées pour pendre en charge le programme d’alphabétisation du GILLBT.

La capacité de l’Institut à mener des projets d’alphabétisation à grande échelle aussi longtemps constitue en soi une réussite majeure. Au cours des dernières décennies, les efforts du GILLBT en matière d’alphabétisation ont surpassé ceux d’autres acteurs nationaux généreusement financés par de grands donateurs internationaux.

Publication

Contact

George Maalug Kombian
Directeur national de l’alphabétisation
Institut ghanéen de linguistique, alphabétisation et traduction de la Bible (GILLBT)
P.O.BOX TL 378
Tamale
Ghana
Adresse éléctronique : litadmin_gillbt (at) sil.org ou george_maalug (at) sil.org
http://www.gillbt.org

Dernière mise à jour: 8 décembre 2009