Faire tomber les barrières : aborder le handicap grâce à l’approche Reflect

Profil de pays: Bangladesh

Population

150 448 340 (estimation 2007)

Pauvreté (Population vivant avec moins de 1 dollar par jour, %):

36 (1990-2004)

Langue officielle

bengali (bengla)

Dépenses publiques totales d’éducation en % du PNB

2,4

Taux net d’admission dans l’enseignement primaire (TNA total, %)

91 (2005)

Taux d’alphabétisme total des jeunes (15 – 24 ans)

64 % (1995-2004)

Taux d’alphabétisme des adultes (15 ans et plus, 1995-2004)
  • Total : 47 %
  • Hommes : 54 %
  • Femmes : 41 %
Sources

Présentation générale du programme

Titre du programmeFaire tomber les barrières : aborder le handicap grâce à l’approche Reflect
Organisation chargée de la mise en œuvreActionAid Bangladesh
Langues d’enseignementbengali (bengla), langues locales et la langue des signes
Partenaires de financementActionAid
Date de création2005

Historique et contexte

Le Bangladesh a fait de l’accès à l’Éducation pour tous (EPT) une priorité élevée, en tant que droit humain fondamental et comme instrument du développement national. Cependant, les niveaux d'alphabétisme y sont encore très faibles, particulièrement chez les pauvres. Selon l’UNESCO, les taux d’alphabétisme totaux des adultes et des jeunes étaient respectivement de 64 et 47 pour cent en 1995 et en 2004. Pour la même période, le taux était significativement plus faible chez les femmes (41 pour cent). D’une manière générale, on estime qu’environ 60 millions de Bangladais adultes sont analphabètes et que, chaque année, environ sept millions d’enfants ne fréquentent pas l’école ou abandonnent leur scolarité avant d’achever le cycle primaire. Si ces données indiquent clairement qu’une proportion significative de la population bangladaise a un accès limité à une éducation de qualité, la situation est toutefois bien pire pour les personnes handicapées.

Environ huit à dix pour cent de la population totale, soit 13,4 millions de Bangladais (3,4 millions d'enfants et dix millions d’adultes) vivent avec un handicap. La plupart de ces personnes ont un accès limité à l’éducation et à la formation en raison d’une combinaison de plusieurs facteurs, notamment : l’absence d’une politique nationale et d’un système de soutien technique cohérents pour répondre à leurs besoins spécifiques en matière d’apprentissage/éducation (en fait, les personnes handicapées ne sont pas acceptées dans les programmes d'éducation grand public, et seules quelques rares institutions publiques s’adressent à elles) ; l'inadéquation des établissements et des ressources d'enseignement pour les personnes handicapées et qui ont des besoins spéciaux, en particulier en ce qui concerne l’équipement technique et la présence d’enseignants/instructeurs qualifiés ; et le manque de soutien social, dû à la pauvreté et à des perceptions enracinées selon lesquelles les personnes handicapées seraient un fardeau (c’est pourquoi les personnes handicapées sont souvent stigmatisées, marginalisées ou même ostracisées par leurs familles). Une étude récente a estimé que, à n’importe quel moment donné, environ 1,6 million d’enfants handicapés attendent d’être admis à l’école, alors que le gouvernement ne peut en accepter que 1 335 dans 78 institutions à travers le pays. Entre 10 000 et 15 000 enfants participent, en outre, à des programmes mis en place par environ 400 organisations non gouvernementales (ONG).

À la lumière de ces informations, et sachant que l’éducation est un droit humain fondamental pour tous ainsi qu’un instrument essentiel du développement et de l'autonomisation sociale, ActionAid-Bangladesh (AAB) a lancé le programme Breaking the Barriers: Addressing Disability through Reflect (Faire tomber les barrières : aborder le handicap grâce à l’approche Reflect). Son objectif est d’aider les personnes handicapées à accéder à une éducation de qualité, aux services publics et aux ressources naturelles, ainsi que de les autonomiser en créant une société ouverte au handicap et qui garantit leurs droits.

Faire tomber les barrières : aborder le handicap grâce à l'approche Reflect

Ce programme a été mis au point après un travail de recherche intitulé Reflect and Disability: Break the Barriers (Reflect et handicap : faire tomber les barrières) qu’AAB avait mené en 2005 en coopération avec les organisations partenaires locales suivantes : GBS, GBSS, UTSA, YPSA, MUF, AISEDAP, SSDP et CSID. Cette étude a non seulement révélé que les besoins spécifiques et les problèmes des personnes handicapées étaient généralement ignorés dans le programme de développement national, mais aussi que leur bien-être était souvent traité comme une question relevant de l’aide sociale plutôt que d’un droit humain fondamental. D’un autre côté, les personnes handicapées n’avaient pas les moyens de défendre et revendiquer leurs droits en tant que citoyens. Peu d’efforts formels ont donc été réalisés pour répondre efficacement à leurs besoins essentiels en ce qui concerne l’accès aux services sociaux de base, notamment l’éducation, la formation et les moyens de subsistance durables. L’étude a en outre révélé que, à cause de leurs taux d’analphabétisme élevés et de leur manque de compétences professionnelles, la plupart des personnes handicapées sont obligées de vivre entièrement à la charge de leurs familles ou de mendier pour subsister.

C’est en se fondant sur les résultats de l’étude et dans le but de résoudre les difficultés auxquelles les personnes handicapées sont confrontées et, en particulier, de leur permettre de mener une vie indépendante, qu’AAB et ses partenaires ont mis en œuvre dès 2005 le programme Faire tomber les barrières dans sept districts à l'aide de l'approche Reflect. .Comme son nom l'indique, ce programme cherche essentiellement à autonomiser les personnes handicapées en éliminant les barrières socioéconomiques et culturelles qui entravent leur développement ainsi qu'en créant un environnement qui favorise un progrès social inclusif. À cette fin, le programme promeut l’autonomisation sociale des personnes handicapées grâce à :

Le programme et l’approche Reflect sont tous deux basés sur le principe fondamental selon lequel la pérennité et l’efficacité du développement des individus et du pays dépendent largement de la participation active des personnes elles-mêmes. 1 150 apprenants handicapés, principalement des femmes et des enfants, ont profité du programme depuis son lancement.

Buts et objectifs

Mise en œuvre du programme : approches et méthodologies

Formation des animateurs

Le programme est mis en œuvre à travers un réseau d’animateurs de cercle Reflect. Avant que les animateurs ne prennent leurs fonctions, l’AAB leur a dispensé une formation professionnelle en éducation non formelle, méthodes d’enseignement Reflect, gestion et organisation ainsi que sur les problèmes de développement et sur Reflect et le handicap. Les ateliers de formation des animateurs (FdA) ont duré un total de 13 jours. Des ateliers de FdA de remise à niveau ont été menés régulièrement par la suite. Chaque animateur est chargé d'un cercle Reflect ou groupe d’apprenants d’environ 25 membres, et est payé 175 USD par an.

Méthodes d’enseignement-apprentissage

L’enseignement et l’apprentissage se font à travers les cercles Reflect. Depuis le lancement du programme, 46 de ces cercles ont été mis en place. Chaque cercle se compose d’une moyenne de 15 à 25 personnes handicapées qui se réunissent deux ou trois fois par semaine. La fonction de ces réunions est de permettre aux participants de parler de leurs expériences et des problèmes qu’ils rencontrent, ainsi que de pratiquer leurs compétences en lecture, écriture et calcul grâce à la médiation des animateurs. Ces derniers utilisent principalement des méthodes d’enseignement participatives et axées sur l’apprenant ainsi que divers outils pédagogiques, notamment des documents audiovisuels, des calendriers, des cartes sociales, des diagrammes de Venn, des cartes de mobilité, des cartes de ressources, l’analyse des fleurs et d’autres ressources locales qui peuvent être adaptées pour une utilisation pédagogique. Ces stratégies ont pour but de stimuler la participation des apprenants afin d’améliorer leur capacité à acquérir des compétences d’alphabétisme et de pensée critique.

Impact et défis du programme

Des exercices réguliers d’évaluation interne du programme, effectués au moyen de visites officielles sur le terrain et d'ateliers trimestriels d’évaluation et de planification, ont révélé les impacts suivants :

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Ibrahim Hossain, un jeune homme de 16 ans handicapé physique qui se déplace en fauteuil roulant, a récemment participé aux Jeux handisport nationaux. Le jour de la compétition, Ibrahim a déclaré : « Avant de contacter le CSID [un partenaire d'AAB], je mendiais dans la rue. J’avais l’habitude de venir mendier ici devant les portes du complexe sportif féminin national, et je pensais : “Ah ! Si seulement je pouvais jouer comme elles.” Je me sentais tellement triste ! Aujourd’hui, je suis heureux et fier d’avoir pu concourir sur ce terrain et d’avoir gagné le premier prix de la course en fauteuils roulants, et le deuxième prix en lancer de poids. » Le CSID a repéré Ibrahim en 2001 alors qu’il mendiait dans la rue. Il est devenu membre du groupe militant Street and Working Children with Disabilities (Enfants des rues et travailleurs handicapés) et y a révélé ses talents de meneur. Il est ressorti de cette expérience qu’il n’aimait pas du tout mendier, mais que la pression exercée par sa famille l’y avait obligé. Le CSID l’a inscrit dans un centre de développement des compétences où il a appris l’artisanat du cuir. Puis le CSID lui a apporté un soutien financier pour mettre sur pied une petite boutique dans la rue. Aujourd’hui, il gère son petit commerce avec succès et il a déclaré : « Je ne mendierai plus jamais, même si ma famille m’abandonne ». Ibrahim est très content de son travail. Parallèlement, il participe aux mouvements de défense des droits des enfants, au processus du Plan d’action national ainsi qu’à différentes activités socioculturelles en tant que membre du groupe militant Street and Working Children with Disabilities. Il a également participé au Congrès international des jeunes handicapés au Pays de Galles, Royaume-Uni.

Pérennité

Les points suivants sont des indicateurs essentiels de la pérennité du programme :

Leçons apprises

Sources

Contact

Mohammad Zakir Hossain Sarker
Manager- Reflect Development Unit (RDU)
ActionAid Bangladesh
House # 08, Road # 136, Gulshan-01, Dhaka- 1212
Bangladesh
Tel: +88 02 88 37 77 96
Email: zakir.sarker (at) actionaid.org; lawforpoor (at) yahoo.com

Dernière mise à jour: 7 avril 2011