Sistema Interactivo Transformemos Educando

Profil de pays: Colombie

Population

47,120,770 (DANE, 2013)

Langue officielle

espagnol

Langues autochtones reconnues

quechua, wayuu, páez, emberá, romani, entre autres (65 au total)

Taux de pauvreté (population vivant
avec moins de 1,25 dollar américain par jour, 2000 - 2007)

16%

Dépenses publiques totales d’éducation en % du PIB (2011)

4,5

Taux net d’inscription/fréquentation dans le primaire (2005-2009)

90%

Taux total d’alphabétisation des jeunes (15 à 24 ans, 2005-2008)

Hommes : 98 %
Femmes : 98 %
Total : 98 %

Taux d’alphabétisme des adultes (15 ans et plus, 2005 – 2008)

Hommes : 93,5 %
Femmes : 93,7 %
Total : 93,6 %

Sources

Présentation générale du programme

Titre du programmeSistema Interactivo Transformemos Educando
Organisation chargée de la mise en œuvreFondation pour le développement social Transformemos (Fundación para el Desarrollo Social Transformemos)
Langues d’enseignementespagnol
Partenaires de financementministère national de l’Éducation et organismes privés (par ex. Ecopetrol et Petrobras)
Date de création2006 –

Historique et contexte

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Ces deux dernières décennies, la Colombie a réalisé de grands progrès dans l’éducation en améliorant l’accès à l’enseignement primaire et secondaire et l’efficacité interne du système, notamment en ce qui concerne l’espérance de vie (de 11,6 à 13,3 ans entre 1999 et 2008) et le taux de redoublement dans les premières années du primaire (de 11 à 3 pour cent entre 1990 et 2008). Ces améliorations se reflètent également dans l’Indice d’opportunité humaine, une mesure qui fournit des informations précieuses sur la disponibilité de services fondamentaux pour que les enfants puissent réussir dans la vie. D’après cet indice, des améliorations substantielles sont observables depuis 1997, mais il existe encore des manques significatifs dans plusieurs domaines, notamment l’éducation et l’accès à Internet. Par exemple, le taux brut d’inscription est sensiblement plus bas pour les dernières années de l’enseignement secondaire que pour les premières, 72 et 100 pour cent respectivement (2008), et l’accès à Internet reste limité à une minorité de la population – le taux d’utilisateurs d’Internet est de 45,5 pour 100 personnes (2009).

La guerre civile que la Colombie a vécue pendant quatre décennies depuis la fin des années 1960 a façonné l’évolution du pays en causant une grande partie des défis auxquels il est encore confronté aujourd’hui, notamment des inégalités marquées, sociales et en termes de revenus. Le conflit entre les forces militaires gouvernementales et les guérilléros antigouvernementaux s’est caractérisé par une grande violence car beaucoup des armées paysannes et des groupes d’opposition se finançaient en grande partie grâce au trafic de drogue et à l’enlèvement de civils. Une étude publiée par la Banque mondiale, portant sur les perceptions d’un échantillon de citadins pauvres à propos de la violence dans le pays et de ses conséquences sur la société, a conclu que les problèmes liés à la violence, comme la consommation de drogues, sont les plus graves que les populations pauvres aient à surmonter. Des liens étroits entre la dépendance aux substances illicites et de faibles niveaux d’éducation ont été mis en évidence, car on a constaté que la consommation de drogue commence chez les enfants de huit ans, ce qui conduit de nombreux écoliers à abandonner l’école, un phénomène qui représente un problème sérieux en Colombie : environ 255 000 adolescents ont quitté le système scolaire (2008).

Malgré la récente baisse d’intensité des conflits armés, combinée à la croissance que la Colombie a vécue dans les domaines de l’économie et de l’éducation, il existe encore une forte demande de programmes de développement et de valorisation des ressources humaines du pays pour ramener au sein du système d’éducation formelle les jeunes et les adultes qui sont victimes de la pauvreté, de la violence et d’autres circonstances défavorables. La Fundación Transformemos est un organisme à but non lucratif fondé en 2006 qui vise à répondre à ce besoin en encourageant l’inclusion sociale et numérique des jeunes et adultes analphabètes et défavorisés issus des régions les plus pauvres du pays grâce à un programme d’éducation. Cette fondation travaille en partenariat avec le ministère national de l’Éducation (MNE) afin d’augmenter les opportunités d’éducation dans le système formel pour les groupes vulnérables à travers une approche innovante qui combine des méthodes d’enseignement traditionnelles et l’utilisation de technologies modernes, comme les supports multimédias interactifs et Internet. Bien que Transformemos dispose d’un modèle pédagogique qui guide la mise en œuvre du programme dans tout le pays, le programme d’enseignement, les ressources, les horaires et les locaux choisis pour les classes sont flexibles et varient dans chaque région. En outre, avant d’élaborer le plan de mise en œuvre dans une certaine région, la fondation réalise une étude qualitative et quantitative des besoins et caractéristiques culturelles des participants afin d’adapter l’intervention aux besoins de la population cible. Transformemos ne vise cependant pas seulement à améliorer les capacités des individus dans les domaines des technologies numériques et de l’alphabétisation. La fondation investit également des ressources et organise des activités pour promouvoir le développement de la communauté d’apprenants à travers plus de 500 projets, notamment des cuisines communautaires et des campagnes de vaccination.

Le programme Transformemos

Buts et objectifs

La Fundación Transformemos pense que l’éducation est essentielle pour l’inclusion sociale des personnes marginalisées afin de favoriser l’équité et la cohabitation démocratique entre les citoyens de la Colombie. Le programme a tout d’abord été mis en œuvre à Catatumbo, dans le département du Norte de Santander, avec 2 000 apprenants. À ce jour, la fondation a atteint plus de 300 000 jeunes et adultes analphabètes ou possédant un faible niveau d’éducation, en leur fournissant des opportunités d’éducation de haute qualité qui intègrent les participants au système d’éducation formelle. Les principaux objectifs du programme ne se limitent cependant pas à augmenter les taux d’alphabétisation ou à étendre la couverture des services d’éducation et à contribuer à l’amélioration de l’accès à l’éducation chez les groupes vulnérables. Il vise également à :

Recrutement et formation des facilitateurs

Le recrutement d’éducateurs hautement qualifiés est l’un des éléments les plus positifs de Transformemos. Pour intégrer l’équipe de ce programme, les candidats doivent être titulaires d’une licence d’enseignement et être disposés à participer à des opportunités de développement professionnel continu qui comprennent des classes virtuelles sur l’éducation des jeunes et des adultes pendant six mois, un minimum de trois réunions de groupe par année scolaire qui donnent aux facilitateurs l’occasion d’apprendre les uns des autres en échangeant leurs expériences, les problèmes rencontrés et les bonnes pratiques, ainsi qu’un suivi et un soutien continus. La grande majorité des facilitateurs sont des femmes âgées de 25 à 45 ans. Les candidats sont recrutés au moyen d’annonces publiques diffusées dans chaque région concernée, suivies d’un examen écrit et d’un entretien. Les facilitateurs reçoivent une rémunération d’environ 5 USD par heure et travaillent 400 ou 220 heures par année scolaire (en fonction du niveau de la classe qu’ils enseignent). Leur rôle englobe trois aspects : la conception du programme d’enseignement, c’est-à-dire la planification des leçons, la mise en œuvre des stratégies d’enseignement et l’évaluation des résultats d’apprentissage, l’enseignement du programme, et l’orientation des apprenants tout au long du processus d’apprentissage en animant les réflexions en classe et en établissant un lien entre l’apprentissage et les expériences que les apprenants vivent à l’extérieur.

Recrutement des apprenants

Avant la mise en place du programme dans une communauté, la fondation réalise une évaluation des besoins et caractéristiques du groupe concerné. Elle procède ensuite à la sélection et la formation des facilitateurs, qui se chargeront alors du recrutement des apprenants potentiels en allant dans les foyers promouvoir le programme et expliquer les avantages d’une réintégration au système d’éducation formelle. La population cible est constituée des jeunes et des adultes issus de groupes vulnérables possédant un faible niveau d’éducation, voire aucune éducation, par exemple des personnes en situation de déplacement forcé, des anciens combattants en cours de réintégration dans la société civile, des minorités ethniques, des personnes d’origine africaine, des femmes chefs de famille et des groupes issus de régions rurales et de zones urbaines marginalisées. La majorité des apprenants sont des femmes (environ 67 pour cent) et sont âgés de 20 à 45 ans. La plupart de ceux qui travaillent ont un emploi informel ou dans l’agriculture, et 90 pour cent d’entre eux vivent avec au plus 200 USD par mois pour toute la famille. Les principales motivations de l’inscription aux classes sont notamment l’adéquation du programme à leurs besoins, la flexibilité en termes du lieu et des horaires des classes, l’opportunité d’améliorer les conditions de vie, la valorisation des connaissances et la socialisation avec d’autres membres de la communauté. Actuellement, le programme a été mis en œuvre dans cinq départements administratifs (Cesar, Boyacá, Meta, Nariño, Cauca) et dans cinq municipalités (Cartagena, Barrancabermeja, Duitama, Sogamoso), et atteint plus de 75 000 apprenants à travers 1 200 classes interactives (2010). Les participants au programme doivent se trouver en dehors du système d’éducation formelle après avoir abandonné l’école, ou n’y être jamais allés, et avoir plus de 15 ans.

Approches et méthodes d’enseignement-apprentissage

Le Programme national d’alphabétisation et d’éducation de base des jeunes et des adultes (Programa Nacional de Alfabetización y Educación Básica de Jóvenes y Adultos) est un programme que le MNE a mis en place pour augmenter l’offre d’opportunités d’apprentissage flexibles proposées aux jeunes et aux adultes en cultivant des partenariats entre le gouvernement fédéral et des organismes publics, privés et de la société civile, comme la Fundación Transformemos, au sein d’un cadre national appelé Cycle scolaire intégré spécial. Il est organisé en six étapes ou « cycles » équivalents à certains niveaux d’éducation formelle, et forme une suite d’étapes successives jusqu’à la fin du niveau d’enseignement secondaire, comme illustré dans le tableau ci-dessous.

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Le programme de la Fundación Transformemos est très complet, car il offre des classes appartenant aux six cycles et correspond aux critères nationaux non seulement en assurant le minimum requis de 400 ou 220 heures pour les niveaux primaires et secondaires, respectivement, mais en doublant cette quantité à l’aide d’activités réalisées en dehors des classes. Par exemple, les étudiants du niveau primaire doivent participer à 400 heures de « cours hybrides » qui correspondent à un mélange de leçons et d’activités en classe/en ligne en plus des 400 heures supplémentaires d’activités en dehors de la classe, qui visent habituellement à intégrer les étudiants à leur environnement, par exemple en travaillant dans un jardin communautaire. La durée totale de l’année scolaire diffère entre les cycles (le 1er et le 2e cycles durent six mois, les 3e et 4e cycles durent neuf mois, et les 5e et 6e cycles durent cinq mois), pour arriver à un total de 40 mois qui peuvent être effectués sur cinq ans en moyenne. Cependant, les étudiants ne doivent pas forcément commencer au tout début. Ils peuvent s’intégrer au cycle qui suit l’année pour laquelle ils possèdent un certificat officiel. Les horaires des classes sont flexibles d’une communauté à l’autre, mais en général elles ont lieu le soir et le week-end dans des organismes d’enseignement, comme des écoles primaires publiques, proches du lieu de résidence des participants.

Le programme se base sur une approche multidisciplinaire qui offre un large éventail de matières comprenant le langage et la communication, les mathématiques et les sciences sociales et naturelles. La physique, la chimie, la philosophie et l’anglais s’ajoutent à ces matières pour les deux derniers cycles. Pendant les 1er et 2e cycles, le facilitateur est chargé d’enseigner toutes les matières ; à partir du 3e cycle, il y a un facilitateur par matière. L’enseignement de chaque matière ne se limite pas exclusivement à son contenu académique, mais s’étend à l’environnement des apprenants en les stimulant et en leur donnant les moyens d’utiliser leurs connaissances nouvellement acquises dans le monde et dans la réalité qui les entoure. Cela comprend des sujets plus larges comme la culture, la citoyenneté, les questions relatives à la diversité ethnique, la musique, la littérature et l’histoire, afin de sensibiliser les apprenants à leurs droits citoyens, élargir leurs vues personnelles sur les rôles des hommes et des femmes, et leur apprendre à reconnaître les valeurs démocratiques et construire des relations démocratiques, exercer une citoyenneté active, promouvoir un développement durable et bénéficier du système judiciaire si nécessaire.

Ce type d’apprentissage pratique et ancré dans la vie réelle est le résultat d’une combinaison d’apprentissage traditionnel en classe et d’activités réalisées en dehors de l’école qui comprennent non seulement les devoirs traditionnels, mais également différentes opportunités pour les apprenants de faire participer les autres membres de leur communauté au processus d’apprentissage. Ces activités en dehors de la classe se traduisent par exemple par du travail communautaire, notamment dans les jardins communautaires, les petites entreprises et la construction de routes/aqueducs ; du travail social, pour des campagnes de vaccination, des ateliers et des initiatives de lutte contre les violences faites aux enfants et la violence domestique, et la mise en place d’un dialogue avec les autorités publiques pour fournir aux responsables politiques les informations utiles et nécessaires sur les communautés qu’ils servent. Ces projets extrascolaires ont eu pour résultat la production de textiles et autres articles artisanaux, la création de magasins communautaires et la production de projets musicaux, ainsi que la publication d’un livre de cuisine intitulé Cocina Criolla Cartagenera de Veddá Veddá. C’est le produit qui a remporté le plus de succès jusqu’à présent. Ce livre est le résultat d’un projet lancé en 2010 lorsque des étudiants de Cartagena qui apprenaient à lire et à écrire ont été invités à proposer des recettes traditionnelles de leur région. Sur les 600 recettes proposées, 60 ont été sélectionnées par un groupe de cuisiniers professionnels. Le livre a non seulement été publié, mais les apprenants l’ont également présenté au prestigieux Salon du Livre de Paris, où il a été nominé aux prix Gourmand World Cookbook.

Ce programme a également innové dans la conception de ses supports pédagogiques orientés sur l’environnement des apprenants, qui sont le fruit du travail d’une équipe multidisciplinaire d’éducateurs et de graphistes qui ont rédigé et sélectionné les contenus, et ont édité et produit les ressources multimédias. Transformemos a publié plus de 20 collections de manuels scolaires, soit au total 800 000 livres qui couvrent les six cycles du programme, et a produit environ 800 vidéos de classes, une excellente ressource complémentaire utilisée à partir du 3e cycle : en plus d’approfondir les connaissances et les compétences des apprenants dans le domaine des technologies numériques, elles leur donnent une plus grande flexibilité, puisqu’ils peuvent effectuer la moitié de leur travail en toute indépendance.

Soutien financier

Environ 95 pour cent du financement provient du ministère national de l’Éducation, et les 5 pour cent restants sont des dons émanant d’entreprises privées telles que Petrobras et Ecopetrol. Le coût annuel par apprenant est d’environ 250 USD, ce qui comprend les frais de développement et de publication des ressources pédagogiques comme les livres et les supports multimédias, l’infrastructure pour les classes, comme les salles et les ordinateurs, la rémunération et le développement professionnel des facilitateurs, ainsi que les ressources nécessaires pour l’exécution des projets spéciaux tels que la publication du livre de cuisine.

Suivi et évaluation

Les progrès et les lacunes de la mise en œuvre du programme sont mesurés à l’aide d’indicateurs, notamment la fréquentation, les redoublements, les taux de progression et d’abandon, et des informations sur le sexe des participants, leur position géographique et leur statut socioéconomique. Tous les individus sont enregistrés non seulement dans la base de données de la fondation, mais également dans le système informatique de l’Éducation nationale. Les éducateurs recueillent également des données en différentes occasions (par ex. les réunions de groupe qui ont lieu au moins trois fois par an, des enquêtes, le suivi par téléphone et par e-mail, les rapports mensuels, les visites des classes et les évaluations des étudiants). À ce jour, le programme a fait l’objet d’une évaluation externe, effectuée par l’Université nationale de Colombie dans le cadre d’une étude qui évaluait et comparait les résultats de différents programmes d’éducation des jeunes et des adultes dans le pays (2009). Les résultats ont révélé que les services éducatifs de la Fundación Transformemos étaient les meilleurs de tous les programmes évalués en termes de qualité des manuels et de promotion du développement social.

Impact

Des résultats supplémentaires fournis par la fondation montrent que le programme a atteint plus de 300 000 jeunes et adultes depuis ses débuts. Par exemple, en 2009, environ 46 600 étudiants étaient inscrits aux 3e-6e cycles, et les taux de progression allaient de 70 à 90 pour cent. Les taux d’abandon enregistrés, entre 4 et 7 pour cent, étaient significativement faibles comparés aux autres programmes à grande échelle. Les résultats varient selon les lieux, le contexte, les ressources économiques et les particularités de chaque région. Dans la ville de Cartagena, par exemple, Transformemo a fourni ses services à 73,72 pour cent de la population analphabète. La fondation a également constaté des effets positifs sur les vies des participants en conséquence directe de leur inscription au programme. Les étudiants ont déclaré avoir de plus grands espoirs pour l’avenir, ainsi que l’impression d’avoir de meilleurs moyens de changer leur vie ; beaucoup des initiatives lancées pendant les cours dans les communautés, par exemple les jardins communautaires, se maintiennent après que les étudiants aient obtenu leur diplôme. La somme de travail collaboratif réalisé lors des activités extrascolaires a développé les compétences interpersonnelles des apprenants. De nombreux étudiants analphabètes qui ont commencé en 2006 en sont actuellement aux 4e, 5e et 6e cycles et auront bientôt achevé leur éducation de niveau secondaire. Les témoignages suivants illustrent la perception des apprenants :

Je ne me suis jamais senti aussi libre, aussi heureux. Assis avec un groupe de jeunes amis, un crayon à la main, je me suis senti plus puissant qu’avec une arme à feu, je préfère [pouvoir] échanger l’arme contre un instrument avec lequel je peux me défendre et obtenir ce dont j’ai besoin pacifiquement, sans faire de mal aux autres, au contraire en changeant la façon de penser de beaucoup de gens (V.T).
J’ai beaucoup aimé étudier avec Transformemos, car nous travaillons sur des thèmes qui concernent notre département du Norte de Santander et je m’identifie avec eux car [le programme] enseigne les matières telles qu’elles sont, pratiques et applicables à la vraie vie (S.C.T.).
Je n’ai fini que la première année [de l’école élémentaire] et j’ai quitté l’école parce que les études me semblaient ennuyeuses et j’ai vite commencé à travailler pour obtenir ce dont j’avais besoin. Lorsque le modèle pédagogique de Transformemos est arrivé à Campo Giles, des amis m’ont encouragé à étudier, j’ai parlé avec l’enseignant Andrew et j’ai eu envie de commencer à étudier ; comme j’ai vu qu’il était très bon enseignant, je me suis inscrit et je suis allé en classe. Maintenant, je n’ai plus envie que les week-ends et les jours d’écoles passent vite, parce que je suis heureux d’étudier et que j’apprends de très bonnes choses. J’ai appris à lire, à écrire, la compréhension de lecture, les mathématiques, les valeurs humaines, les règles de la citoyenneté, et bien d’autres choses encore (J.I.V.A.).

Défis

L’une des principales populations ciblées par le travail de la Fundación Transformemos étant constituée de groupes défavorisés issus de régions rurales, l’un des plus grands défis auxquels l’organisation a été confrontée à ce jour est la difficulté d’amener des ressources technologiques et Internet jusqu’à ces régions. Pour les communautés qui n’ont pas accès à Internet, la fondation fournit des postes de télévision afin que ces personnes puissent au moins bénéficier des cours en vidéo, même s’ils ne peuvent pas profiter des ressources en ligne. Mais de nombreuses communautés n’ont pas encore accès à l’électricité, ce qui interdit l’utilisation de toute technologie et réduit les possibilités aux manuels scolaires. Les autres défis rencontrés sont notamment qu’un grand nombre d’apprenants, entre 10 et 30 pour cent, ne passent pas au cycle supérieur parce qu’ils échouent à l’examen national ou ont peur de se soumettre à l’évaluation et abandonnent le programme avant de l’avoir terminé ; il faut communiquer sur le fait que, pour qu’un programme d’éducation des jeunes et des adultes soit efficace, il est nécessaire de recruter des enseignants hautement qualifiés et de leur assurer un développement professionnel continu ; il faut aussi montrer l’importance de l’utilisation de la technologie dans l’éducation des jeunes et des adultes afin de les intégrer dans la sphère numérique et d’élargir leurs capacités et leurs connaissances sur les technologies modernes ; et obtenir un soutien pour mener des évaluations des besoins des communautés avant de commencer la mise en œuvre du programme, afin que les services puissent être adaptés aux spécificités de chaque groupe.

Leçons apprises

Au début, la formation des enseignants se limitait à présenter aux facilitateurs les spécificités du programme de Transformemos : le modèle, le programme d’enseignement, les activités et l’intégration des ressources technologiques aux cours. Aujourd’hui, on reconnaît qu’il est important de faire évoluer cette formation et de la doter d’une approche plus complète en favorisant le développement professionnel global des éducateurs. La fondation a également appris que, pour donner aux jeunes et aux adultes défavorisés et vulnérables les moyens de sortir de la pauvreté, il est nécessaire de leur fournir des services d’éducation comparables à ceux du système de l’éducation formelle, c’est-à-dire sanctionner l’apprentissage par un diplôme et suivre un cadre national et structuré constitué de nombreuses heures de classes, d’expériences d’apprentissage diverses et d’une approche multidisciplinaire. Enfin, les bilans annuels sur le programme d’enseignement et les supports pédagogiques sont étroitement liés aux améliorations dans la prestation des services, car il a été constaté que des supports et contenus actualisés satisfont mieux les besoins des apprenants, des enseignants et des communautés.

Pérennité

Le meilleur indicateur de la pérennité du programme que la Fundación Transformemos ait pu fournir est l’augmentation significative de la couverture géographique et du nombre d’apprenants inscrits aux cours. Le programme desservait 2 000 apprenants dans la ville de Catatumbo en 2006, puis a compté 15 000 nouvelles inscriptions l’année suivante, 27 000 en 2008 et 75 000 en 2010, pour un total annuel d’environ 300 000 participants dans dix entités territoriales différentes (c’est-à-dire cinq départements et cinq municipalités supplémentaires). En outre, le programme est une réponse à la Loi générale sur l’éducation promulguée en 1997, qui, pour la première fois dans l’histoire de la Colombie, a doté l’éducation des adultes d’une législation structurée. Les services de la fondation sont conformes aux lignes directrices présentées par le MNE, ce qui lui permet d’obtenir la quasi-totalité de son financement auprès de sources fédérales.

Sources

Contact

Rodolfo Ardila
Directeur du développement social
Fundación para el Desarrollo Social Transformemos
Km 13 Vía Bogotá, La Calera
Cundinamarca, Colombie
Téléphone : +5718609532
rodolfo (at) transformemos.com

Dernière mise à jour: 20 février 2012