L'Alphabétisation des adultes à travers les technologies de l'information et de la communication (ALIT)

Profil de pays: République libanaise

Population

4 100 000 (2007 estimate)

Langue officielle

arabe (les autres langues répandues sont l’arménien, l’anglais et le français)

Dépenses publiques totales d’éducation en % du PNB

2,7 % (2005)

Total Number of Internet Users per 100 people (fr)

20 (estimation 2005)

Taux net d’admission dans l’enseignement primaire (TNA total, %)

92 % (2005)

Taux d’alphabétisme total des jeunes (15 – 24 ans)

96 % (2002)

Taux d’alphabétisme des adultes (15 ans et plus, 1995-2004)
  • Total : 88,3 %
  • Hommes : 93 %
  • Femmes : 82 %
Sources

Présentation générale du programme

Titre du programmeL’alphabétisation des adultes à travers les technologies de l'information et de la communication ( Adult Literacy using Information Technology - ALIT)
Organisation chargée de la mise en œuvredépartement d’ingénierie électrique et informatique (ECE, Electrical and Computer Engineering Department), faculté d’ingénierie et d’architecture, Université américaine de Beyrouth.
Langues d’enseignementarabe
Partenaires de financementRothmann Family Foundation et UNESCO

Historique et contexte

Les taux d’accès à l’éducation et d’alphabétisme des jeunes/adultes du Liban sont parmi les plus élevés du Proche-Orient. Environ 90 % de sa population jeune et adulte sont alphabètes, tandis que 98 % des enfants âgés de six à onze ans fréquentent l’école et que 91 % des enfants de trois à cinq ans sont inscrits à des programmes d’éducation de la petite enfance, avec peu de disparités d’un sexe à l’autre. Cependant, la vie moderne et les modes de production étant de plus en plus façonnés par les technologies de l’information et de la communication (TIC), la capacité à fonctionner de manière efficace, tant dans la sphère familiale que dans la sphère du travail, n’est plus garantie par les compétences basiques de lecture, d’écriture et de calcul. Aujourd’hui, l’alphabétisation suppose également l’acquisition de la maîtrise, et l’utilisation effective, de l’informatique, des TIC et des compétences en matière de résolution de problèmes. Les adultes à qui ces compétences font défaut ne peuvent pas fonctionner efficacement au quotidien. La productivité nationale, le développement économique et l’évolution culturelle s’en trouvent à leur tour handicapés. Il est donc devenu impératif de recourir à des programmes basés sur les TIC afin de lutter efficacement contre l’analphabétisme et de constituer ainsi chez les citoyens le capital intellectuel nécessaire pour augmenter la productivité et améliorer les niveaux de vie (renforcement de l’autonomie socio-économique). C’est pourquoi l’université américaine de Beyrouth (UAB, département d’ingénierie électrique et informatique) a initié le Programme d’alphabétisation : enseigner et apprendre comment utiliser les technologies de l’information, principalement afin de lutter contre l’analphabétisme dans la population libanaise adulte à l’aide de l’apprentissage assisté par ordinateur.

Programme d’alphabétisation : enseigner et apprendre comment utiliser les technologies des l’information

Le Programme d’alphabétisation visant à enseigner et apprendre comment utiliser les technologies de l’information a été conçu et mis au point en consultation avec le ministère des Affaires sociales via le Comité national pour l’alphabétisation (CNAL). Il est né de la prise en compte que les méthodes traditionnelles de lutte contre l’analphabétisme nécessitent la formation, en nombres suffisants, d’enseignants et d’animateurs spécialisés dans l’éducation des adultes. Cependant, comme de nombreux pays arabes, dont le Liban, en ont fait la preuve, la formation d’éducateurs pour adultes est souvent entravée par une pénurie de fonds. En conséquence, l’efficacité des programmes d’éducation des adultes a souvent été sapée par le manque de personnel qualifié. L’offre de programmes d’alphabétisation basés sur les TIC est donc une initiative novatrice qui répond à ces défis. En outre, elle suscite un fort degré de motivation chez les apprenants, ce qui accélère le processus d’apprentissage. Plus important encore, elle permet aux apprenants d’effectuer la transition entre l’acquisition des compétences de base en lecture et en écriture et le développement des compétences en informatique (TIC).

Comme souligné plus haut, le programme est basé sur – et s’efforce donc de mettre en valeur – un modèle de formation aux compétences en lecture et en écriture initié par le CNAL (ministère des Affaires sociales). Le CNAL a deux programmes différents d’alphabétisation des adultes : l’un ciblant la classe ouvrière qui ne peut pas suivre un tutorat quotidien, et l’autre, plus structuré, présentant trois niveaux dont chacun est constitué de 160 heures d’enseignement sur neuf mois, ce qui correspond en moyenne à cinq heures par semaine. Ces programmes sont accompagnés de manuels scolaires, de cahiers d’exercices et de guides pour les enseignants. En ce qui concerne le programme structuré, des livres sont distribués pour chaque niveau et organisés en unités d’enseignement.

Objectifs du programme

L’objectif majeur du projet est de lutter contre l’analphabétisme en enseignant aux apprenants à lire, écrire et compter de façon interactive en utilisant des images, des sons et des textes à partir de l’ordinateur. L’apprenant/utilisateur apprend en regardant les images, en écoutant les sons et en prononçant les mots dans un micro, en écrivant les lettres et les mots sur un bloc-notes, un écran tactile ou une tablette PC. Deuxièmement, le programme cherche aussi à faire fructifier les compétences locales afin d’augmenter la productivité individuelle et de faire ainsi progresser le développement du pays.

Mise en œuvre et méthodologies du programme

La composante technologique qui est au cœur du programme aide les apprenants à reconnaître la parole et l’écriture. Cette composante se concentre aussi sur le calcul et les consonances de base, ces dernières sous leurs formes de voyelles longues et courtes, à partir d’exemples de syllabes, de mots et de phrase. Les principes et méthodologies qui suivent influencent et forment la base de l’enseignement et de l’apprentissage :

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La nouveauté de cette approche réside dans sa capacité à tirer parti des technologies de l’information afin de proposer un modèle éducatif qui soit, non seulement à la portée d’un plus grand nombre de personnes et leur permette d’acquérir plus vite les compétences enseignées par l’alphabétisation, mais les familiarise avec les composantes fondamentales de ces technologies. À ce titre, le programme réussit à la fois à enseigner les compétences si indispensables de la lecture, de l’écriture et du calcul et à combler l’écart de la « fracture numérique » en aidant les diplômés des programmes qui utilisent les technologies à effectuer la transition des compétences enseignées par l’alphabétisation vers les compétences informatiques. Cette approche peut à son tour conduire au développement de toute une gamme de systèmes technologiques qui aident les participants à apprendre de manière autonome et interactive, tels les programmes de reconnaissance de la parole et de l’écriture.

Impact et défis du programme

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L’alphabétisation assistée par ordinateur est accessible et donne aux apprenants la possibilité de développer leurs compétences informatiques et d’accéder à un large corpus d’informations et d’outils d’apprentissage.

Bien que le projet ait été favorablement accueilli par des membres du Comité national pour l’alphabétisation et l’éducation des adultes (ministère des Affaires sociales), d’autres se sont montrés moins enthousiastes. Le programme n’a, de ce fait, pas reçu la reconnaissance officielle ni le soutien financier et technique si nécessaires.

On s’est également rendu compte qu’aucune mesure ni quantité de technologie ou de créativité ne pouvait remplacer l’expérience pédagogique. Le projet met donc à profit l’expérience des personnes impliquées dans les programmes d’alphabétisation classiques et leur assure que son but n’est pas de minorer leurs rôles mais de faire la preuve que leur expertise peut être utilisée dans l’alphabétisation basée sur les TIC, les encourageant à adopter ces méthodes d’enseignement assisté par ordinateur. Les défis consistent donc à surmonter la résistance initiale des professionnels de l’alphabétisation à la nouvelle initiative basée sur les TIC en les formant et en leur assurant que les nouvelles compétences qu’ils acquièrent vont en fait améliorer la sécurité et les perspectives de leur emploi.

Bien que l’objectif du projet ait été à l’origine de lutter contre l’analphabétisme en proposant un enseignement pour les adultes basé sur les TIC, la même démarche peut être employée pour l’enseignement aux enfants. En effet, lorsque nous avons présenté les cours utilisant des ordinateurs, des images et des sons, les participants en ont systématiquement demandé une copie afin de pouvoir en faire profiter leurs propres enfants.

Pérennité

Le projet a été accueilli avec beaucoup d’enthousiasme par le ministère des Affaires sociales. En conséquence, le CNAL a fourni les manuels essentiels aux programmes d’alphabétisation et a également proposé de fournir des sujets de test afin d’évaluer le projet et de le comparer à leur propre méthodologie d’enseignement. Il faut espérer que l’État continuera à financer le programme ou l’intégrera dans le système national, assurant ainsi la pérennité de l’alphabétisation et de l’éducation basées sur les TIC au Liban.

Il faut cependant souligner que le programme n’a pas été conçu exclusivement pour le Liban. Il est souhaité que la coopération avec le CNAL du Liban conduise à une adoption du projet par d’autres pays arabes, puisque l’objectif du programme est de lutter contre l’analphabétisme dans le monde arabe, grâce à la coopération des CNAL nationaux, de l’UNESCO et, peut-être, de la Ligue arabe. Ceci dépendra toutefois de la mise à disposition d’un financement durable. Actuellement, le financement provenant de la Rothmann Family Foundation a été détourné vers le département universitaire, avec une allocation unique de l’UNESCO pour piloter le projet. Des plans sont en cours pour démarcher d’autres partenaires en vue de soutiens financiers.

Leçons apprises

Bien que le projet soit encore en phase pilote, une leçon essentielle a fait surface : la technologie et la créativité ne peuvent pas remplacer l’expérience pédagogique en elle-même. Pour lutter efficacement contre l’analphabétisme, technologies et pédagogie devraient donc être imbriquées sous la conduite d’éducateurs expérimentés. Ceci a été confirmé durant des entretiens de suivi avec le CNAL. De plus, grâce à la coopération de l’État, cette initiative possède le potentiel de renforcer l’autonomie, en termes de qualité et d’ampleur, des adultes analphabètes du monde arabe.

Contact

Professeur Mohamad Adnan Al-Alaoui
Département d’ingénierie électrique et informatique
Faculté d’ingénierie et d’architecture
Université américaine de Beyrouth
179, Bliss Street Beyrouth 1107 2020
Liban
Tél. : +961-1-350000 Ext. 3520/3525
E-mail: adnan (at) aub.edu.lb

Dernière mise à jour: 2 février 2012