Programme d’alphabétisation bilingue pour la vie

Profil de pays: Mexique

Population

112 336 538 (recensement 2010)

Langue officielle

espagnol et 364 variantes de langues autochtones, par ex. : náhuatl de la Huasteca, náhuatl de la Sierra Negra, maya, mixteco, zapoteco, tseltal, tsotsil, otomí

Dépenses publiques totales d’éducation en % du PNB

4,5

Accès à l'enseignement primaire – Taux net d'admission (TNA)

98% (2005–2009)

Taux d’alphabétisme total des jeunes (15 – 24 ans)
  • Hommes: 98%
  • Femmes: 98%
  • Total: 98%
Taux d’alphabétisme des adultes (15 ans et plus, 1995-2004)
  • Hommes : 94 %
  • Femmes : 91 %
  • Total : 93 %
Sources

Présentation générale du programme

Titre du programmeProgramme d’alphabétisation bilingue pour la vie (PABV) / MEVyT Indígena Bilingüe (MIB)
Organisation chargée de la mise en œuvreInstitut national pour l’éducation des adultes (Instituto nacional para la educación de los adultos – INEA)
Langues d’enseignementbilingue (espagnol et langues autochtones)
Partenaires de financementle gouvernement fédéral (à travers le ministère de l’Éducation et la Commission nationale pour le développement des populations autochtones – CDI)
Partenairesle gouvernement fédéral du Mexique (à travers le ministère de l’Éducation), les instituts d’État pour l’éducation des adultes (IEEA), diverses ONG et différents gouvernements locaux et instituts professionnels (voir ci-dessous les Partenariats institutionnels).
Date de création2007 (toujours actif)

Historique et contexte

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Ces dernières années, le Mexique (l’un des pays d’Amérique latine les plus peuplés, à la composition ethnique la plus diverse, et également l’un des plus avancés du point de vue économique) a réalisé d’importants progrès dans sa démarche pour garantir à tous l’accès à une éducation de base en augmentant les fonds publics alloués à l’éducation et en mettant en œuvre plusieurs programmes d’éducation. Une étude récente a remarqué que « depuis les années 1980, les dépenses publiques consacrées à l’éducation ont régulièrement augmenté en termes absolus et relatifs [et] représentaient environ 26 % du budget fédéral en 1999, contre environ 12 % en 1983. » L’accès universel à l’éducation de base a également été favorisé par l’institutionnalisation de plusieurs politiques et programmes d’éducation, notamment la promulgation de la loi sur l’éducation universelle (qui garantit à tout enfant âgé de 6 à 15 ans l’accès à l’école primaire et au premier cycle du secondaire), le programme OPORTUNIDADES (opportunités) qui apporte un soutien financier aux enfants scolarisés issus de familles pauvres, l’initiative Telesecundaria (qui encourage l’apprentissage à distance à l’aide de technologies multimédias pour l’enseignement secondaire) et le Modèle éducatif pour la vie et le travail (Modelo Educación para la Vida y el Trabajo – MEVyT), qui fournit une éducation de base aux jeunes et aux adultes.

Grâce à ces mesures proactives, le système éducatif du Mexique s’est développé rapidement sur tous les plans, le plus significatif étant la croissance soutenue des taux nets d’inscription dans tout le système de l’éducation formelle. Selon des rapports émanant du gouvernement, les taux d’inscription scolaire ont été multipliés par plus de huit, avec 3,25 millions d’étudiants en 1950 et 28,2 millions en 2000, dont 81 % étaient inscrit dans un programme d’éducation de base. En 2006, les taux nets d’inscription dans l’enseignement primaire et secondaire avaient atteint respectivement 98 % et 77 %. Le taux d’achèvement de l’école primaire est également passé de 74 % pour l’année scolaire 1993-1994 à 83 % pour 1997-98, puis 87 % pour 2000-01. Le pourcentage de personnes possédant un niveau d’éducation correspondant à la 3e (c’est-à-dire une éducation de base) est ainsi passé de seulement 9 % en 1970 à 41,4 % en 1998. Dans l’ensemble, le recensement national effectué en 2010 a montré que le Mexique avait atteint des taux nets d’inscription à l’école primaire et d’alphabétisation des jeunes proches de 100 %, et que les taux d’alphabétisation des adultes avaient connu une amélioration significative (voir ci-dessus).

Malgré ces progrès impressionnants dans le sens d’un accès universel à une éducation de base, le système éducatif du Mexique est toujours confronté à de grands défis, notamment le manque de ressources d’apprentissage de base, d’enseignants qualifiés et d’égalité entre les sexes dans l’accès à l’éducation. Ces difficultés, qui sont plus prononcées dans les régions rurales que dans les villes, et sont exacerbées par la pauvreté des familles rurales et l’utilisation prédominante de l’espagnol comme langue d’instruction, ont créé des barrières importantes qui gênent la participation des peuples autochtones au système d’éducation public. Les taux d’inscription, de rétention et d’achèvement scolaire sont donc particulièrement faibles dans les régions rurales, et plus particulièrement chez les autochtones. Selon de récentes études, les Mexicains autochtones vont à l’école pendant une moyenne de 4,6 ans, contre une moyenne de 7,9 ans pour les non autochtones. Le recensement national de 2010 a constaté que le taux d’illettrisme était de 27,2 % pour les autochtones, contre 5,4 % pour la moyenne nationale. Les taux d’illettrisme sont substantiellement plus élevés chez les femmes autochtones (environ 40 %), ce qui est partiellement dû à des pratiques culturelles enracinées qui défavorisent souvent les petites filles, par exemple leurs parents les encouragent moins à aller à l’école. Au niveau local, les taux d’alphabétisation des régions les plus développées, comme l’État de Mexico et le Nuevo León, sont supérieurs à 95 % pour la période 2005-08, mais se situent aux alentours de 75 % dans les États moins développés (et principalement autochtones) tels que le Chiapas, le Guerrero et l’Oaxaca pour la même période. Dans l’ensemble, on considère qu’un tiers de la population autochtone est fonctionnellement analphabète.

Dans un effort pour régler ces difficultés et ces disparités, et en particulier pour créer des opportunités pérennes d’apprentissage de qualité pour les communautés autochtones traditionnellement défavorisées, le gouvernement fédéral (à travers l’Institut national pour l’éducation des adultes) a lancé le Programme d’alphabétisation bilingue pour la vie (PABV) / MEVyT Indígena Bilingüe (MIB) en 2007.

L’INEA : une brève histoire de ses origines et de sa mission

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L’Institut national pour l’éducation des adultes (INEA) est une agence fédérale qui a été créée en 1981 pour superviser l’éducation non formelle (notamment l’alphabétisation et l’éducation de base des adultes) dans le pays. Depuis, l’INEA a développé et mis en œuvre plusieurs programmes éducatifs – notamment Plazas comunitarias (Centres communautaires virtuels) – et programmes de formation aux compétences nécessaires dans la vie courante pour les jeunes et les adultes. Les principaux objectifs de ces programmes, qui font partie du programme-cadre MEVyT, étaient de créer une voie alternative et durable pour que les groupes défavorisés tels que les femmes/les jeunes filles, les populations autochtones et les minorités ethniques aient accès à une éducation de base ; améliorer les niveaux d’alphabétisation dans le pays ; répondre aux besoins spécifiques de différents groupes ethniques en matière d’apprentissage et de moyens de subsistance et favoriser le développement socio-économique du pays. C’est pourquoi les participants qui terminent avec succès les programmes de l’INEA reçoivent des diplômes reconnus, équivalents aux diplômes que reçoivent les apprenants du système d’éducation formelle. En somme, la raison d’être de l’INEA est de fournir un vaste éventail de programmes d’éducation non formelle parce que le gouvernement fédéral considère l’éducation comme un droit humain essentiel qui ne doit être refusé à aucun citoyen, et qui garantit aux participants l’opportunité d’acquérir les connaissances et compétences nécessaires pour leur développement personnel et celui du pays. Le Programme d’alphabétisation bilingue pour la vie (PABV) / MEVyT Indígena Bilingüe (MIB) vise à atteindre ces objectifs intégrés.

Le Programme d’alphabétisation bilingue pour la vie (PABV) / MEVyT Indígena Bilingüe (MIB)

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Le PABV est un programme d’éducation non formelle bilingue et intégrée (alphabétisation de base et formation aux compétences nécessaires dans la vie courante) principalement destiné aux personnes analphabètes et semi-alphabètes (de 15 ans et plus) issues de communautés autochtones défavorisées sur le plan socio-économique au Mexique. Ce programme (qui se déroule en espagnol et dans les langues autochtones locales) cible plus particulièrement les femmes et les jeunes filles non scolarisées (à ce jour, les femmes constituent environ 92 % des participants au programme) non seulement parce qu’elles constituent un groupe social fortement défavorisé dans les communautés autochtones, mais également parce que la majorité de femmes autochtones n’a jamais pu profiter du système d’éducation formelle. Cela est dû au fait que la plupart des parents préfèrent éduquer les garçons, comme l’une des participantes au programme en a témoigné : « Mon père ne voulait pas que nous allions à l’école. Il nous disait que cela ne servirait à rien puisque les femmes ne travaillent pas. » De fait, plus de 65 % de la population autochtone analphabète sont des femmes. Ce groupe nécessite donc des interventions éducatives ciblées.

Le programme est actuellement mis en œuvre dans 15 États fédéraux (comprenant 2 223 localités dans 263 municipalités), et atteindra bientôt 17 États.

Les populations de ces États sont principalement autochtones. À ce jour, le programme a été mis en œuvre dans 42 langues autochtones pratiquées dans les 15 États participants. L’objectif fondamental du PABV/MIB est de créer des opportunités d’apprentissage durables pour les communautés autochtones afin de résoudre les problèmes qui limitent leur accès à l’éducation formelle de base (voir ci-dessus) ainsi que de faciliter leur intégration à la société générale mexicaine en leur permettant d’apprendre et de parler l’espagnol, langue utilisée par environ 90 % de la population. Le programme vise également à autonomiser les communautés autochtones et à encourager leur développement durable. À cette fin, le programme propose aux apprenants une formation à la lecture, à l’écriture et aux compétences nécessaires dans la vie courante couvrant différents thèmes, notamment :

Le programme d’enseignement du PABV/MIB

Le programme bilingue autochtone MEVyT (MIB) est basé sur un enseignement intégré, complet et structuré qui comprend un niveau d’alphabétisation de base ou initial, et un niveau d’alphabétisation fonctionnelle ou intermédiaire. Les modules du MIB doivent tenir compte des situations linguistiques et culturelles propres à chaque groupe régional ethnique et linguistique, ainsi que de ses intérêts particuliers. C’est pourquoi les modules sont développés indépendamment par des équipes basées dans les instituts de l’État concerné.

Comme l’illustre l’image ci-dessous, le niveau initial du programme bilingue autochtone MEVyT avec l’espagnol comme deuxième langue (MIBES) comprend cinq modules d’apprentissage (MIBES 1-5), et le niveau intermédiaire comprend sept modules d’apprentissage – dont deux spécifiques pour les apprenants autochtones (MIBES 6-7) et cinq pour les apprenants du MEVyT en espagnol – mais avec certaines activités dans les langues autochtones. Les apprenants achèvent le niveau initial en une moyenne de 18 mois, et le niveau intermédiaire en 6 à 10 mois.

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Chaque module du programme d’enseignement intégré vise à équiper les apprenants de certaines compétences en lectures et écriture et en compétences nécessaires dans la vie courante qui leur permettront d’atteindre un niveau d’apprentissage supérieur où ces compétences seront renforcées. Ces modules sont structurés comme suit :

Il faut cependant remarquer et souligner que ce programme d’enseignement intégré n’est qu’un guide pour les équipes techniques et les facilitateurs qui travaillent sur le terrain, car les thèmes abordés et les activités d’apprentissage organisées dans chaque module doivent être adaptés aux besoins, aux intérêts et à la langue maternelle de chaque groupe de participants. C’est dans ce but que l’INEA travaille en étroite collaboration avec les communautés et les instituts locaux de chaque État, afin d’intégrer leurs suggestions spécifiques aux modules.

Buts et objectifs

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Outre les objectifs fondamentaux précisés ci-dessus, le PABV/MIB vise également à :

Mise en œuvre du programme : Approches et méthodes

Partenariats institutionnels

Les modules d’apprentissage ont été mis au point et transmis à la population autochtone par les principaux partenaires du programme :

État

Institut de l’État

Chiapas

Instituto Estatal de Educación para los Adultos en Chiapas

Oaxaca

Instituto Estatal de Educación para los Adultos en Oaxaca

Guerrero

Instituto Estatal para la Educación de Jóvenes y Adultos de Guerrero

Puebla

Instituto Estatal de Educación para Adultos en Puebla

Veracruz

Instituto Veracruzano de Educación para Adultos

Hidalgo

Instituto Hidalguense de Educación para Adultos

Yucatán

Instituto de Educación para Adultos del Estado de Yucatán

Chihuahua

Instituto Chihuahuense de Educación para Adultos

San Luis Potosí

Instituto Estatal de Educación para los Adultos en San Luis Potosí

Quintana Roo

Instituto Estatal para la Educación de los Adultos en Quintana Roo

Campeche

Instituto Estatal de Educación para Adultos en Campeche

Durango

Instituto Duranguense de Educación para Adultos

Tabasco

Instituto Estatal de Educación para Adultos de Tabasco

Nayarit

Instituto Nayarita de Educación para Adultos

 

Délégations de l’INEA

México

Delegación del INEA en el Estado de México

Querétaro

Delegación del INEA en Querétaro

Michoacán

Delegación del INEA en Michoacán

Dans l’intérêt d’une mise en œuvre efficace et pérenne du PABV/MIB, l’INEA a mis en place des partenariats fonctionnels de travail avec les communautés locales (à travers leurs représentants) et un vaste éventail d’ONG, d’organisations communautaires (OC) et d’instituts spécialisés des États et du gouvernement fédéral. Ce sont notamment :

Ces organisations donnent à l’INEA un soutien technique crucial dans la conception et le développement de supports d’enseignement-apprentissage appropriés et pour la traduction des textes espagnols dans les différentes langues autochtones concernées. Ce soutien professionnel inestimable a non seulement permis à l’INEA d’adapter le PABV/MIB aux besoins, intérêts et systèmes linguistiques propres aux différents groupes d’apprenants, mais également à maîtriser les coûts de la mise en œuvre du programme, car certaines institutions fournissent leurs prestations gratuitement. Ces institutions jouent en outre un rôle essentiel pour mobiliser les apprenants et les membres de la communauté et obtenir leur soutien pour le programme.

Développement des supports d’enseignement-apprentissage

L’INEA a développé des supports d’apprentissage/formation illustratifs bilingues et monolingues (notamment cinq modules et des affiches) avec le soutien technique d’organisations d’apprenants et de partenaires institutionnels spécialistes des langues autochtones. Ces supports d’enseignement-apprentissage illustratifs (voir images ci-dessous) sont distribués gratuitement à tous les apprenants.

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Comme mentionné ci-dessus, les thèmes abordés dans chaque module ne sont pas les mêmes pour les 15 États concernés car ils sont adaptés en fonction de la vision du monde, de la culture, de la réalité quotidienne et des caractéristiques linguistiques de chaque groupe, ainsi que de ses besoins et de ses aspirations. L’INEA a en outre mis au point des modules d’enseignement à l’usage des formateurs/facilitateurs du programme suivant le même format.

La production et la distribution gratuite de ces ressources d’enseignement-apprentissage vise non seulement à favoriser l’efficacité et la pérennité du PABV/MIB, mais également à motiver les apprenants et les communautés à participer au PABV/MIB ainsi qu’à favoriser une culture de l’apprentissage tout au long de la vie (et empêcher ainsi les apprenants de retomber dans l’illettrisme) en permettant aux apprenants de garder les supports et de continuer à les utiliser longtemps après leur participation au programme.

Recrutement et formation des facilitateurs

La mise en œuvre du PABV/MIB s’appuie fortement sur une grande équipe de formateurs ou facilitateurs volontaires locaux ou issus de la communauté. De 2007 à 2011, l’INEA a formé un total d’environ 5 000 volontaires (dont 72 % de femmes et 28 % d’hommes) pour agir en tant que recruteurs et formateurs du PABV/MIB. La plupart de ces volontaires possèdent une éducation de base, et certains sont lycéens ou diplômés de l’enseignement secondaire, ou encore des professionnels travaillant avec les écoles locales (enseignants) et les organisations communautaires de développement. Mais dans tous les cas, les volontaires doivent être bilingues et posséder de solides compétences orales en espagnol et dans la langue autochtone. Les formateurs volontaires travaillent sous la supervision d’une équipe technique de l’INEA basée dans chacun des 15 États fédéraux participants.

Étant donné que la vaste majorité des volontaires ne possèdent qu’une éducation de base, et aucune formation professionnelle ou expérience pratique dans les méthodes utilisées dans l’éducation non formelle, les équipes techniques de l’INEA de chaque État leur fournissent – avec le soutien des différents partenaires spécialisés de l’INEA (voir ci-dessus) – une formation professionnelle afin d’assurer l’efficacité de la mise en œuvre du PABV/MIB. Cette formation comprend 72 heures de formation initiale, et au moins 32 heures de formation permanente.

La formation des formateurs et le système d’encadrement des facilitateurs du programme mettent l’accent sur :

Une fois formé, chaque facilitateur se voit confier une classe de 4 à 15 apprenants pour la durée du programme, soit deux ans. La rémunération mensuelle des facilitateurs est de 722 pesos (58 USD). En plus d’assurer les services de formation, les facilitateurs du programme doivent également procéder à une évaluation continue des processus et résultats de l’apprentissage, et suivre l’évolution des besoins et aspirations des apprenants afin d’aider le personnel technique de l’INEA à adapter le cursus de façon à refléter ces « nouveaux » besoins. Les facilitateurs doivent aussi organiser et gérer les centres communautaires virtuels afin de promouvoir le programme au sein de leur communauté et de recruter de nouveaux apprenants.

Recrutement des apprenants

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Les équipes techniques de terrain de l’INEA et les facilitateurs du programme sont chargés de mobiliser et recruter de nouveaux apprenants avec le soutien des dirigeants de la communauté, d’anciens apprenants, des OC et des ONG. Ce système s’appuie sur les 80 bureaux régionaux de coordination qui sont concernés dans les 15 États.

Les apprenants potentiels sont encouragés à s’inscrire à l’aide de campagnes conjointes réalisées par l’État, la région ou la localité, de recensements locaux, de démarchage en porte-à-porte ou à travers d’autres programmes sociaux tels que Oportunidades (opportunités), qui apporte un soutien financier aux mères qui sont responsables de la scolarité de leurs enfants et de la santé de leur famille.

Lorsqu’une personne manifeste son intérêt pour les études, un premier entretien est organisé pour recueillir des informations sur son parcours, son niveau en lecture et en écriture et son degré de mono- ou bilinguisme. Cette étape est très importante, car elle permet d’orienter l’apprenant vers la voie éducative la plus appropriée pour encourager l’apprentissage, et plus particulièrement l’alphabétisation. La possibilité d’entrer dans la base de données de reconnaissance officielle nationale (SASA-I) est une motivation très importante pour les apprenants. Ce système prévoit des dispositions spéciales pour le Programme autochtone. Un document d’identité valide est requis pour la première inscription. Si le candidat ne possède pas de document valide, les fonctionnaires de la microrégion l’aident à en obtenir un.

Approches et méthodes d’enseignement-apprentissage

Les classes (ou cercles d’étude) du PABV/MIB sont dirigées par des facilitateurs, mais parfois, et souvent suite à la demande des apprenants, les facilitateurs organisent également des visites à domicile pour fournir aux apprenants ou groupes d’apprenants un soutien spécialisé ou en face à face. Les horaires du programme sont flexibles, car ils sont souvent fixés après consultation des apprenants. Les apprenants ont ainsi la possibilité de choisir les horaires qui conviennent le mieux à leur situation. Par exemple, pendant la saison des activités agricoles, les classes peuvent avoir lieu en fin d’après-midi, lorsque les apprenants ont fini de s’occuper de leurs champs, et hors-saison, les classes ont souvent lieu en milieu de journée.

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De la même façon, chaque langue autochtone possédant une structure et des caractéristiques linguistiques qui lui sont propres, l’INEA n’impose pas une méthode d’alphabétisation unique pour tous les États. Les facilitateurs sont cependant encouragés à utiliser différentes méthodes d’enseignement-apprentissage orientées sur l’apprenant (participatives) telles que des jeux, des dialogues, des activités formelles et des discussions de groupe, inspirées des principes de « discussion pertinente génératrice de mots » et de « discussion pertinente génératrice de thèmes » développés par Paulo Freire. Cette approche cultive les compétences des apprenants en lecture et en écriture ainsi que leurs compétences nécessaires dans la vie courante en utilisant leur environnement local et des supports d’enseignement-apprentissage adaptés pour structurer l’apprentissage et développer ainsi leurs compétences en lecture et écriture. Les apprenants développent leurs compétences écrites et orales tout en acquérant des compétences nécessaires dans la vie courante qui leur permettent de faire face à leur situation et de l’améliorer.

Impact et défis du programme

Suivi et évaluation

L’impact du PABV/MIB et les résultats d’apprentissage des étudiants font l’objet d’une évaluation et d’un suivi minutieux et continus réalisés par les équipes techniques de terrain de l’INEA, les facilitateurs du programme ainsi que les étudiants eux-mêmes grâce à une combinaison d’observations faites en classe, d’examens passés à la fin de chaque module et d’auto-évaluations réalisées par les étudiants. Pour faciliter l’auto-évaluation des étudiants, par exemple, l’INEA a mis au point des instruments standardisés, tels que des questionnaires, qui guident les apprenants dans l’évaluation de leur processus d’apprentissage et de leurs résultats mais aussi des méthodes d’enseignement et de l’impact global du programme sur leurs vies. L’INEA a en outre engagé des professionnels externes sur une base annuelle pour entreprendre des évaluations globales des résultats d’apprentissage pour les étudiants et de l’impact du programme sur l’alphabétisation et le développement des communautés. À ce jour, plusieurs évaluations externes ont été réalisées par différents experts (voir les sources ci-dessous). Ces processus d’évaluation et de suivi du programme alimentent le système d’information national, le Système automatisé de suivi et d’évaluation (SASA-I), « qui vise à collecter des données fiables sur le progrès des adultes qui participent aux programmes de l’INEA » dans le but, entre autres, de faciliter la certification ou la reconnaissance officielle des apprenants et la planification de l’avenir.

Impact

Plusieurs études d’évaluation du PABV/MIB ont établi que le programme a créé des opportunités d’apprentissage alternatives viables pour les peuples autochtones. Ce faisant, le programme a joué (et joue toujours) un rôle crucial dans la lutte contre le fléau de l’illettrisme et pour une culture de l’apprentissage chez les peuples autochtones, ainsi que pour l’autonomisation sociale, le développement économique et l’éradication de la pauvreté dans les communautés autochtones. D’une façon plus spécifique, les principaux impacts du programme sont notamment :

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Ce sont les raisons pour lesquelles l’INEA a reçu le prix d’alphabétisation UNESCO King Sejong pour ce programme (pour de plus amples informations, consulter : http://www.unesco.org/new/fr/education/themes/education-building-blocks/literacy/literacy-prizes/2011/).

Défis

Malgré les importantes contributions que le PABV/MIB a apportées au développement des communautés autochtones, le programme rencontre également de nombreux défis, notamment :

Leçons apprises

Plusieurs leçons cruciales ont été apprises au cours de la mise en œuvre du PABV ces dernières années :

Pérennité

La pérennité du PABV/MIB sur le long terme dépend de plusieurs facteurs essentiels, notamment :

Sources

Rapports d’évaluation

Contact

Mme Luz Maria Castro Mussot (directrice de l’enseignement, INEA)
Mme Sara Elena Mendoza Ortega (directrice adjointe de la diversification des contenus, INEA)
Adresse : Francisco, Márquez 160, Col. Condesa 06140, Mexique
Téléphone et fax : +52 (55) 52412750; / +52 (55) 52412764
E-mail : Icastro (at) inea.gob.mx
smendoza (at) inea.gob.mx
Site web : http://www.inea.gob.max / http://www.conevyt.org.mx

Dernière mise à jour: 8 septembre 2011