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Mort du peintre Jean Bazaine

PARIS (AFP) - Le peintre français Jean Bazaine est mort dimanche soir à son domicile de Clamart (Hauts-de-Seine) à l'âge de 96 ans, a annoncé lundi à l'AFP son biographe Jean-Pierre Greff.

"Il était diminué depuis quelque temps, a précisé M. Greff, mais il continuait à réaliser de grands collages. Il est parti doucement, à la fin d'une journée de travail".

Ami de Marcel Proust et de James Joyce, il avait écrit plusieurs ouvrages sur la peinture.
Le Centre Pompidou lui a consacré une exposition en 1990 et le musée de Fribourg (Suisse) en 1996. Jean Bazaine, marié à la comédienne Catherine de Seynes-Bazaine, était père de deux enfants.

Peintre non figuratif qui pourfendait l'art abstrait, Jean Bazaine est mort au terme d'une journée de travail.

Il s'était lancé dans les lettres à la Sorbonne, avant d'obliquer vers l'académie Julian, puis les Beaux-Arts de Paris (1922-25), où il entra dans l'atelier de Landowski pour étudier la sculpture, qu'il pratiquait depuis l'enfance.

En parallèle, Jean Bazaine, né le 21 décembre 1904, commence à peindre et c'est finalement dans cette discipline qu'il persistera, et à laquelle il consacrera plusieurs ouvrages.

Sa première exposition personnelle a lieu en 1932 et reçoit l'encouragement de Pierre Bonnard, dont il chantera les rouges et les oranges, de même que les bleus et les rouges de Nicolas Poussin, avant d'explorer les densités et les blancs, dans une quête de la lumière.

Il hésite d'abord entre surréalisme et abstraction, mais en 1941, il propose l'exposition "Vingt Jeunes Peintres de tradition française" - en réaction à la politique culturelle qui
règne sous l'Occupation - et réalise sa propre thématique picturale non figurative.

L'artiste, sans être croyant, estime que "du tableau doit émaner quelque chose qui dépasse la peinture", une transcendance.

D'où son rejet de l'Art abstrait, dont il fait le procès dans ses "Notes sur la peinture d'aujourd'hui", publiées en 1948. "Il faut se situer à l'intersection de toutes les sensations, de tous les sentiments: là où réside le secret de l'univers. C'est pourquoi je refuse l'abstraction pure".

Entré en 1942, avec Estève, à la galerie Louis Carré, il réalise par ailleurs sa première oeuvre monumentale d'art sacré à l'église du plateau d'Assy (Savoie) et expose à l'étranger dès 1946-47, notamment à Amsterdam ou Stockholm.

A partir de 1950, il représente les associations que lui suggère la nature, par une peinture hachée, intense et colorée ("Orage au jardin", "La Terre et le Ciel", "Dans l'arbre ténébreux"). Il peint des flammes, des rythmes vivants, des espaces de lumière. "Un arbre, un paysage, un visage humain même, dit-il, je les vois par le réseau complexe de leurs directions, par leurs lignes de force".

Il réalise d'importantes compositions monumentales comme la grande mosaïque du bâtiment de l'Unesco à Paris, terminée en 1960, celle du Paquebot "France" en 1961 et de la Maison de la Radio (1963), et continue, après l'église d'Assy, à enrichir le domaine de l'art sacré.

On doit ainsi à Jean Bazaine les vitraux de l'église Saint-Séverin à Paris (1965-69) et la fondation, en 1976, à la suite des premiers "nettoyages" des verrières de Chartres, de l'Association pour la défense des vitraux de France.

     

 

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