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Le jardin de l'UNESCO

Historiquement, ce jardin est très important parce qu’il est le premier créé par un sculpteur et non par un jardinier. Autrefois, les jardins n’étaient pas créés par des artistes. L’œuvre des artistes en matière de jardin marque une nouvelle époque qui a donné naissance à un grand nombre de jardins japonais contemporains très différents des jardins traditionnels. C’est donc une ouverture.
   Isamu Noguchi avait pour père un poète japonais très connu, et sa mère était un écrivain américain. Né à Los Angeles, il a néanmoins passé son enfance au Japon. Il a passé un certain temps dans un temple zen. À 14 ans, baigné de culture japonaise d’une manière plutôt inconsciente, il retourne aux États-Unis. Ce qu’il crée est profondément japonais, peut-être plus qu’un artiste japonais demeuré au Japon, parce qu’il a cherché à comprendre la culture de son enfance.
   Isamu Noguchi est un artiste sculpteur profondément japonais, mais finalement très international et moderne puisqu’il s’affirme en qualité d’artiste (notion occidentale).
   Le jardin de l’UNESCO, donation du Gouvernement nippon, porte partout la marque de l’esprit japonais et en même temps il exprime partout la création artistique personnelle de Noguchi.

Les différences avec un jardin traditionnel

    l’ensemble du jardin s’offre au regard du visiteur : pour cela, Noguchi a créé la plate-forme, ou jardin haut (butai). Or, traditionnellement, il n’est jamais possible d’embrasser du regard un jardin japonais dans son ensemble : c’est un espace à découvrir petit à petit ;
   • la présence de trois axes : l’axe allant de la plate-forme jusqu’au lieu réservé à la cérémonie de thé en plein air, l’axe du “ sentier fleuri ” et du ruisseau, l’axe allant du pont bombé à la lanterne, en passant par le lieu réservé à la cérémonie de thé en plein air.
Les axes des jardins japonais sont traditionnellement invisibles.
Leur visibilité ici reflète la volonté du créateur.
Dans les jardins traditionnels, les limites entre les différents matériaux, entre les différents espaces sont volontairement très floues. On utilise autant que possible des matières naturelles. Le jardin de l’UNESCO est caractérisé par des limites clairement marquées ; il s’ensuit que chaque zone est indépendante. Le jardin est en fait une composition d’espaces très autonomes ; et chacun de ces espaces exprime profondément la culture et le goût japonais. Cette autonomie fait de tous ces espaces des sculptures spécifiques ;
   • la présence du bitume dans ce jardin est un élément très choquant pour un Japonais. Mais le bitume est une forme fixe, c’est-à-dire, une fois encore, une sculpture ;
   • le rapport entre la nature et la création de l’homme donne la faveur ici à la création humaine. C’est là un trait essentiel des jardins contemporains : la création humaine prend le pas sur la nature ;
   • le “ sentier fleuri ” et la plate-forme (butai) ne sont pas des éléments traditionnels d’un jardin : ce sont néanmoins des éléments traditionnels empruntés à d’autres domaines de la culture du Japon : le théâtre, la construction, etc. ;
   • l’entretien d’un jardin japonais relève d’une création au quotidien qui en fait son charme. L’empreinte d’Isamu Noguchi est si forte sur ce jardin que son entretien ne permet pas d’évolution créative traditionnelle.
Le jardin est néanmoins d’autant plus japonais que c’est Toemon Sano qui l’a réalisé : T. Sano est le seizième d’une lignée de jardiniers japonais très connus. Par exemple, la façon de disposer les roches est fondamentalement japonaise. Roches qui par ailleurs ont été importées du Japon. Les plantations choisies sont les plus proches des paysages naturels du Japon et permettent au visiteur de ressentir les saisons qui passent.