«Il y a toujours au sommet de cet arbre un petit nuage et le Garoé laisse tomber des gouttelettes d'eau que les hommes acheminent vers une modeste fontaine grâce à laquelle humains et animaux vivent pendant les périodes d'extrême sécheresse».Le dominicain Barthélemy de las Casas, «Histoire des Indes». Dominican brother Bartolomé de las Casas in 'History of the Indias'.
ACTUALITÉS Selon le Rapport de synthèse sur l'évaluation des écosystèmes pour le Millénaire (EM), l'érosion des écosystèmes menace de plus en plus les objectifs mondiaux Au cours de ces dernières décennies, pour répondre à la demande croissante en produits alimentaires, en eau douce et en énergie, les êtres humains ont fait subir aux écosystèmes des modifications sans précédent. Ces modifications ont amélioré les vies de milliards d'individus, mais parallèlement, elles ont affaibli la capacité de la nature à offrir d'autres services fondamentaux, tels que la purification de l'air et de l'eau ou la protection contre les catastrophes naturelles. Le rapport de synthèse de l'Évaluation des écosystèmes pour le Millénaire (EM), publié récemment, révèle que 60% des services que procure l'écosystème mondial pour soutenir la vie sur terre (auto-régulation de l'eau douce, des ressources de pêche, de l'air et de l'eau, et régulation du climat régional, des catastrophes naturelles et des insectes nuisibles) sont en voie de détérioration ou utilisés de façon non viable. Il s'agit d'un rapport-jalon co-parrainée par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), la Banque mondiale, et d'autres partenaires internationaux des domaines de la science et du développement. L'étude, conduite sur plus de quatre ans par 1 300 experts de 95 pays, prévient que «si la plupart des bienfaits que procure l'écosystème à l'humanité continuent à être dégradés, il est probable que les objectifs de réduction de la pauvreté et de la malnutrition, d'amélioration de la santé et de protection de l'environnement ne seront jamais atteints.» L'EM a publié plusieurs versions du rapport, adaptées en fonction des publics et des priorités sélectionnées. Lire l'intégralité du communiqué de presse (en anglais) Lire le rapport de synthèse de l'Évaluation des écosystèmes pour le Millénaire [Format PDF - 6,45 Mo - en anglais]

ÉVÉNEMENTS Forum de Tokyo, de l'Asie et du Pacifique sur les eaux de pluie 1er-7 août 2005, Tokyo, Japon - Organisateur : Comité exécutif du Forum de Tokyo, de l'Asie et du Pacifique sur les eaux de pluie
Cette conférencesera consacrée aux différents sujets liés aux eaux de pluie: l'eau de pluie comme source sûre d'eau potable, l'infiltration et l'utilisation des eaux de pluie, la gestion intégrée des eaux de pluie susceptible d'assurer la circulation des eaux locales dans les zones urbaines, et les politiques visant à la création d'une société privilégiant l'utilisation des eaux de pluie. Des citoyens, des organes administratifs, des entreprises, des universitaires et des chercheurs du Japon et du monde entier se réuniront afin de discuter des aspects pratiques du problème, du point de vue de la technologie, des politiques, de l'éducation et de la culture. 3ème conférence internationale sur l'hydrologie des oueds 5-8 septembre 2005, Sana'a, Yémen - Organisateurs: Bureau régional de l'UNESCO de la science et la technologie pour la région arabe, en coopération avec le ministère de l'Eau et de l'environnement de la république du Yémen
La conférence s'intéressera notamment aux études de cas conduites par les pays y participant ainsi qu'aux expériences menées par les participants en matière de systèmes adaptés aux oueds. Les interventions relatives aux enseignements tirés des politiques de planification et de gestion feront l'objet d'une attention particulière. 11ème Conférence mondiale des lacs 31 octobre-4 novembre 2005, Nairobi, Kenya - Organisateurs: Ministère kenyan de l'eau et de l'irrigation et Commission internationale de l'environnement des lacs (ILEC)
De nombreux lacs subissent les fortes pressions exercées par la croissance rapide de la population, l'urbanisation, l'industrialisation, le développement des exploitations minières, la multiplication des zones irriguées et les effets du changement climatique. Ces pressions ont affecté les cycles naturels de l'écosystème et se traduisent par un ensemble de menaces pesant sur les lacs: disparition de la biodiversité, sur-pêche, eutrophisation, prolifération des algues envahissantes, contamination toxique et surexploitation des ressources en eau. Ces écosystèmes importants mais fragiles doivent être gérés correctement afin d'assurer leur utilisation durable. Le principal objectif de cette conférence est donc de rassembler différents groupes de particuliers et organismes concernés par les lacs et de constituer un forum riche en échanges de connaissance et d'expériences sur la gestion des lacs en général, et des lacs africains en particulier. La conférence examinera les progrès réalisés par les initiatives en cours en matière de bassins lacustres ainsi que les objectifs visant à améliorer la gestion des ressources de ces bassins. Impacts climatiques et anthropiques sur la variabilité des ressources en eau 22-24 novembre 2005, Montpellier, France - Organisateurs: UMR Hydrosciences Montpellier (France), UNESCO et OMS
Il y a 8 grands programmes FRIEND dans le monde: Afrique de l'Ouest et Centrale, Afrique Australe, Nil, Asie-Pacifique, Indukush-Himalaya, Caraïbes - Amérique Centrale et du Sud, Alpes et Méditerranée, Europe du Nord-Ouest. L'objectif est de réunir au moins deux scientifiques par grande région sous-continentale, afin de confronter les multiples approches de cette thématique selon les régions du monde. 5ème Conférence internationale FRIEND - Variabilité des ressources en eau : processus, analyses et impacts 27 novembre-1er décembre 2005, La Havane, Cuba - Organisateurs: Conjointement organisée par l'UNESCO et le PHI, AMIGO/FRIEND Amérique latine et Caraïbes, le Comité hydrologique cubain du PHI, le Comité allemand du PHI/Programme d'hydrologie et ressources en eau (OMM), l'Institut de météorologie de Cuba, l'Institut national des ressources en eau de Cuba, l'AISH et l'OMM
L'objectif de cette conférence est de présenter les résultats du programme de recherche FRIEND (Régimes d'écoulement déterminés à partir de séries de données internationales expérimentales et de réseaux) qui a stimulé la coopération internationale pour favoriser la satisfaction des besoins locaux et régionaux. La conférence examinera comment les progrès des techniques d'analyse et des procédés hydrologiques améliorent notre appréciation de la variabilité des ressources en eau et des impacts du changement climatique sur l'environnement. La conférence aura également pour priorité d'établir des liens avec des programmes internationaux apparentés et d'étudier les disciplines connexes - hydrologie des eaux souterraines, écohydrologie et climatologie.

LE SAVIEZ-VOUS...? FAITS ET CHIFFRES SUR LE BROUILLARD- Le brouillard est un hydrométéore consistant en un agrégat visible de minuscules gouttelettes d'eau (ou cristaux de glace) en suspension dans l'atmosphère, près de la surface de la terre et qui, généralement, réduit la visibilité horizontale, au niveau du sol, à moins d'un kilomètre.
- Le diamètre des gouttelettes d'eau est d'environ 0,01 millimètre. Un brouillard épais contient environ 1 200 gouttes visibles par centimètre cube d'air - soit à peine assez d'eau pour humidifier la surface d'un objet.
- Il y a fort longtemps, dans le désert d'Atacama (Chili), on recueillait la rosée et le brouillard grâce à des pierres empilées que l'on disposait de sorte que l'eau de condensation dégoulinât à l'intérieur jusqu'à la base de l'amoncellement, où elle était protégée contre les rayons du soleil. La même technique était utilisée en Égypte, mais dans ce pays, l'eau ainsi recueillie était stockée sous terre.
- C'est lors d'une escale sur L'île de Hierro, ou île de Fer (Canaries), sur la route des Amériques, que le Dominicain Barthélemy de las Casas s'intéressa à la culture des indigènes, les Bimbaches (ou Guanches), qui avaient déjà presque disparu au XVIème siècle. Les Bimbaches dédiaient un culte particulier à un arbre, le Garoé (Ocotea foetens), qui leur procurait de l'eau douce à foison. Cet «arbre saint» était capable de capter l'eau des brumes et des bruines, ce qui à permis le développement d'une véritable activité agricole malgré une pluviométrie faible. Le Garoé a été déraciné par les vents violents d'un cyclone en 1610. Curieusement, sa disparition coïncide avec l'extinction de la culture Bimbaches sur l'île de Hierro.
- L'eau consommée par les 350 habitants du village côtier de Chungungo (au nord du Chili) doit être livrée par camion, une ou deux fois par semaine, depuis une ville située à une quarantaine de kilomètres. Le long de la côte chilienne, s'installe régulièrement un long manteau nuageux (camanchaca) qui se transforme rarement en pluie mais qui enveloppe de brouillard les flancs et les sommets des montagnes qui l'interceptent. Un groupe de chercheurs a mis au point un système qui permet de transformer les camanchacas en source d'eau: l'humidité du brouillard est recueillie à l'aide de capteurs qui ressemblent à d'immenses filets de volley-ball. Les innombrables gouttelettes imprègnent les filets et ruissellent dans des rigoles qui acheminent l'eau vers une citerne de 100 000 litres. 10 000 litres d'eau sont ainsi fournis quotidiennement aux villageois par ces capteurs de brouillard.
- Tous les matins, le scarabée du désert du Namib (Onymacris unguicularis) sort du sable et escalade la crête de la dune. Il se cambre sur ses pattes arrière, inclinant son abdomen face à la brume. De minuscules gouttelettes d'eau se condensent sur son élytre froid. Une perle transparente pointe, grossit et finit par dévaler jusqu'à sa bouche. Ainsi le scarabée ne manque jamais d'eau le matin, même lorsqu'il se trouve à des kilomètres de l'eau douce la plus proche.
- 25% à 40% des ressources en eau présentes dans les forêts de séquoias (Sequoia sempervirens) côtières proviennent du brouillard. Les arbres recueillent une partie de l'eau par leurs racines, lorsque l'eau dégouline des feuilles et des branches saturées en humidité vers le sol.
- Environ la moitié des 90 000 espèces de plantes supérieures du Néotropique, la flore la plus riche du monde, se trouvent dans des zones montagneuses.
Informations recueillies sur les sites suivants : Site Internet du Centre national de données sur la neige et la glace (Etats Unis d'Amérique), site Internet de la Société des forestiers Américains, site Internet du magazine en ligne Science en Afrique

PUBLICATIONS SUR LE BROUILLARD Geographical Description of Three Fog Ecosystems in the Atacama Coastal Desert of Chile [format PDF - 384 Ko, en anglais] (Description géographique des trois écosystèmes du désert côtier d'Atacama (Chili) enveloppés dans le brouillard) Par Pilar Cereceda, Raquel Pinto, Horacio Larrain, Pablo Osses, Martín Farías. 2004
Au cours du siècle passé, la moyenne annuelle des précipitations mesurées dans le désert côtier d'Atacama (Chili) a été inférieure à deux millimètres. Dans ces conditions extrêmement difficiles, la végétation a beaucoup de mal à pousser ou se développer. Pourtant, on trouve quelque petits écosystèmes ou oasis, dans la Cordillera de la Costa, qui subsistent grâce à l'eau du brouillard. Sur les 7 années de mesures effectuées dans l'oasis d'Alto Patache, on a constaté que la quantité recueillie par les capteurs de brouillard était égale à 7,8 L/m2/j. Ces oasis se situent sur une grande falaise et dans les montagnes proches de la mer, mais aussi plus à l'intérieur, le long de corridors qui interceptent le brouillard. L'écosystème d'Alto Patache présente, en fonction de l'altitude, du type et de l'orientation du relief (plateau, falaise, etc.), différentes espèces arbustives et herbacées. L'écosystème de Pajonales ne comprend qu'une seule espèce, une broméliacée: Tillandsia landbeckii. L'oasis de Chipana est principalement composée de cactées (Eulychnia iquiquensis) associées à des espèces arbustives et herbacées. Ces oasis ont été étudiées d'un point de vue biogéographique. Les résultats démontrent que les écosystèmes se situent à une altitude comprise entre 400 et 1 200 m au-dessus du niveau moyen de la mer. L'altitude, l'exposition aux vents dominants (SO, S) et le sol pourraient expliquer la présence et la vitalité inattendues de la végétation. Pour accéder à l'intégralité du document [format PDF - 384 Ko, en anglais] Fog-water harvesting along the West Coast of South Africa: A feasibility study [format PDF - 1,39 Mo, en anglais] (Captage de l'eau du brouillard sur la côte ouest de l'Afrique du Sud : étude de faisabilité) Par Jana Olivier. 2002
Plusieurs zones de la côte ouest de l'Afrique du Sud sont confrontées à de sévères pénuries d'eau pendant toute l'année. Cependant, en dépit de la faiblesse des précipitations, la région est soumise à une présence de brouillard significative qui pourrait procurer des ressources en eau aux communautés souffrant de stress hydrique. Ce document s'intéresse au potentiel que représente le brouillard en matière de ressources en eau. Étant donné que les taux de captage de l'eau de brouillard dépendent, dans une certaine mesure, des caractéristiques spatiales et temporelles du brouillard, ces aspects ont été étudiés. Des capteurs de brouillard pilotes ont été installés sur six sites de la côte ouest et les taux de captage de l'eau ont été mesurés sur une période de trois à quatre ans. Il a été constaté que la présence du brouillard se limite principalement à la zone côtière dont l'altitude est inférieure à 200 m et que dans cette zone, la fréquence du brouillard décroît au même rythme que les degrés de latitude. Les taux de captage les plus élevés ont été enregistrés à Cape Columbine. Dans cette région, il s'avère possible de recueillir quotidiennement plus de 2,5 l d'eau par m². 90% de cette eau résulte de la présence du brouillard et seulement 10% des précipitations. Pour accéder à l'intégralité du document [format PDF - 1,39 Mo, en anglais] Obtenir de l�eau douce gr�ce � des m�thodes non traditionnelles [format PDF - 476 Ko] Par Roberto Rom�n L. © Ciencia al D�a Internacional, 1999
� l��chelle de la plan�te, l�eau douce est une ressource rare. Cependant, il existe encore des sources d�eau qui ne sont pas exploit�es. Ce document examine les travaux en cours visant � recueillir l�eau douce pr�sente dans les brouillards en mouvement. Dans une premi�re partie, l�auteur s�int�resse aux conditions qui favorisent la formation de ces brouillards et aux diff�rentes �tudes conduites depuis le d�but des ann�es 1960 pour capter cette eau. Le document se termine par une br�ve analyse des perspectives qui s�ouvrent aujourd�hui dans ce domaine. Pour acc�der � l�int�gralit� du document [format PDF - 476 Ko, en espagnol]

LIENS SUR LE BROUILLARD L'initiative de protection des forêts de brouillard d'altitude
Les forêts de brouillard d'altitude tropicales sont des forêts d'altitude des régions tropicales où les conditions climatiques locales favorisent la formation de nuages et de brumes qui entrent régulièrement en contact avec la végétation des forêts. Ces forêts possèdent des écosystèmes aux formes floristiques et structurelles distinctes et renferment un nombre exceptionnel d'espèces endémiques et menacées. L'initiative de protection des forêts de brouillard d'altitude (une initiative conjointe du Centre d'information et d'évaluation sur la biodiversité mondiale du PNUE, de l'UNESCO et de l'UICN) a pour objectif de stimuler la coopération et les mesures susceptibles de renforcer la conservation, la restauration et le développement durable des forêts de brouillard d'altitude du monde entier. Son site Internet propose des cartes de distribution des forêts en question. Centre de recherche Gobabeb
Le centre de recherche Gobabeb est implanté dans le Namib Naukluft Park (Namibie). Gobabeb et les zones avoisinantes constituent des lieux de recherche exceptionnels car ils réunissent plusieurs types d'écosystèmes: des dunes de sable, des plaines graveleuses et des lits fluviaux qui se situent à l'intérieur ou à l'extérieur de la région régulièrement plongée dans le brouillard. Étant donné que la plus grande partie des ressources en eau de l'écosystème provient du brouillard, cette source d'eau revêt pour la plupart des habitants une importance considérable. Le brouillard a été étudié au cours de ces soixante dernières années, tant du point de vue de l'écosystème que de son impact sur le mode de vie des populations. Le projet Gobabeb s'est récemment focalisé sur l'étude des différents types de capteurs de brouillard. La communauté de Topnaar devrait pouvoir utiliser ces filets pour compléter son approvisionnement en eau. Brouillard (Observatoire de Hong Kong)
Cette page de l'Observatoire de Hong Kong répond, avec des explications simples et des graphiques, au questions que nous nous posons sur le brouillard, comme par exemple : - Qu'est-ce que le brouillard ? - Quelle est la différence entre le brouillard et la brume ? - Pourquoi y a-t-il souvent du brouillard au printemps ? - Quelle est la relation entre la stabilité atmosphérique et le brouillard ? - Quel effet a le brouillard sur notre vie quotidienne ? FogQuest
FogQuest est une organisation agréée, à but non lucratif, qui se consacre à la planification et à la mise en uvre des projets liés à l'eau dans les communautés rurales des pays en développement. Elle utilise des capteurs de brouillard ainsi que des bassins de réception des eaux de pluie afin de tirer pleinement parti des sources naturelles d'eau présentes dans l'atmosphère. ARCHIVES::Accéder aux numéros précédents. S'ABONNER OU SE DÉSABONNER Pour nous contacter, envoyez-nous un e-mail à waterportal@unesco.org

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