![]() |
Éducation
Sciences naturelles Sciences sociales Culture Communication
& information Plan du site |
![]() | |
|
Accueil
| Présentation
| Actualités et Événements
| Publications
| WWDR
| Études de cas
| Indicateurs
| Faits et chiffres
| PCCP Conflit et Coopération
| Partenaires ONU
| Partenaires nationaux
| Affiliations
| Logo
| Contactez-nous
GénéralitésLe lac Peïpous ou lac des Tchoudes, est le quatrième lac européen par sa superficie et le plus grand lac transfrontalier du continent. Traversé par la frontière qui sépare la République d'Estonie et la Fédération de Russie, il est longé d'un côté par les Basses-Terres du lac Peïpous (frontière est de l'Estonie) et de l'autre par la plaine d'Europe orientale (Russie). Le bassin hydrographique du lac Peïpous fait partie du golfe de Finlande auquel il est relié par une courte rivière, la Narva. Le bassin compte plus de 4500 lacs dont le plus vaste est le lac Vörstsjärv (270 km2). Environ 240 affluents se jettent dans le lac Peïpous. Les plus importants d'entre eux sont les rivières Velikaïa (avec un bassin hydrographique de 25 600 km2), Emajögi (9 745 km2), Võhandu (1 423 km2) et Jeltcha (1 220 km2). À eux seuls ces cours d'eau représentent à peu près 80% de la masse du bassin hydrographique du lac Peïpous et 80% de l'apport en eau du lac. Le bassin du lac Peïpous compte un grand nombre de zones humides: Les zones d'Emajöe Suursoo en Estonie et de Remedovski en Russie sont toutes les deux sous la protection de la Convention de Ramsar. Les côtes du lac Peïpous sont soit escarpées (falaises de rochers, de sable ou morainiques) soit basses. Les parties basses sont en général marécageuses et couvertes de roseaux et de joncs. On les trouve essentiellement du côté occidental. [Accéder à une vue détaillée du bassin] Le lac Peïpous fait partie du bassin de la Narva, cours d'eau de 77 km, qui relie le lac au golfe de Finlande et à la mer Baltique. L'apport annuel moyen de la Narva au golfe de Finlande est de 12.6 km3 d'eau (soit environ 50% de la capacité moyenne du lac Peïpous). Conditions climatiquesLe lac Peïpous jouit d'un climat continental de caractère modéré en raison de sa proximité relative de l'océan Atlantique. Du fait de sa situation climatique médiane entre une zone maritime et une zone continentale, il connaît un temps instable en toutes saisons. Les étés sont relativement chauds et humides, tandis que l'hiver y est relativement doux. L'aspect continental s'accroît sur sa face orientale qui connaît des hivers plus longs et des étés plus chauds. Le bassin est situé dans une zone de forte activité cyclonique. On y dénombre une moyenne de 130 ouragans par an, c'est-à-dire à peu près un tous les trois jours. Zones humides sous la protection de la Convention de Ramsar
Caractéristiques socio-économiquesUne population vieillissanteLa population totale du bassin s'élève approximativement à 1 million d'habitants, avec une densité qui varie de 24 habitants au km2 en Estonie et dans la région de Pskov, à 11 habitants au km2 à peine sur la rive orientale du lac à la population clairsemée. On n'y trouve que deux grandes villes, Pskov en Russie (240 000 habitants) et Tartu en Estonie (98 000 habitants) ; la majorité de la population du bassin vit dans de petites agglomérations. La proportion de la population riveraine est relativement faible ; on ne compte que 27 000 habitants dans les petits villages situés le long du lac, du côté estonien. Le principal problème rencontré est celui d'une population vieillissante, confrontée à l'exode des plus jeunes vers la ville. Situation économique et pollutionLe lac Peïpous peut être divisé en trois zones aux caractéristiques économiques différentes:
La partie septentrionale du bassin est la plus industrialisée, en raison de l'exploitation des schistes bitumineux, seule ressource naturelle existant dans la zone. Deux des plus grandes centrales thermiques du monde, fonctionnant grâce à la combustion de schistes bitumineux, ont été édifiées du côté estonien et fournissent une quantité importante d'énergie : il s'agit de la centrale "Baltique" et de la centrale "Estonie". L'existence de ces centrales et d'entreprises chimiques est également une source majeure de pollution atmosphérique. Ressources naturelles
Frontière et points de passageLa frontière entre l'Estonie et la Russie s'étend sur 334 km dont environ les deux-tiers passent par le lac Peïpous et la Narva. Le traité délimitant les frontières entre les deux pays n'ayant pas encore été signé, il en résulte qu'officiellement on ne peut parler de frontière mais de ligne de démarcation. Il existe cinq points de passage internationaux entre la République d'Estonie et la Fédération de Russie, mais aucun au niveau du lac, ce qui fait qu'il faut compter environ 200 km entre les deux points de passage situés l'un au sud et l'autre au nord du lac. Aperçu culturel
Le lac a toujours constitué une frontière naturelle pour les populations qui habitaient sur son territoire. Les recherches archéologiques ont démontré l'existence dès le premier millénaire avant notre ère de colonies agricoles permanentes. À la fin du millénaire, la présence des Slaves est attestée sur le lac Pihkva et la côte orientale du lac Peïpous. Le premier établissement de type urbain a été édifié à proximité de la forteresse de Pskov. Au XIVe siècle d'autres forteresses ont été érigées, l'une à Gdov, l'autre à Vasknarva. A partir des XVe et XVIe siècles; des villages de pêcheurs ont fait leur apparition sur les rives du lac. Dans la seconde moitié du XIXe siècle et au début du XXe siècle, l'activité des habitants des villages côtiers était tournée vers les cultures maraîchères et l'artisanat. Sur les côtes occidentale et méridionale du lac, du côté estonien, la population est en majorité russophone; elle comprend des Vieux-croyants provenant de Russie. Ceux-ci se sont réfugiés sur la rive estonienne au XVIIIe siècle, à la recherche d'un refuge et d'une protection à la suite des réformes introduites dans l'Eglise orthodoxe russe. Ils constituent depuis lors une communauté à part qui ne se mêle pas aux Estoniens. Le groupe le plus important de Vieux-croyants au monde se trouve dans la commune de Peipsiääre, située au nord de l'embouchure de la Emajögi. Dans cette commune, sur 1014 habitants, environ 900 sont des Vieux-croyants. L'Estonie compte au total quelques milliers de Vieux-croyants sur son sol. HydrologieLe bilan hydrologique du lac est de 12.5 km3 par an. Le régime se caractérise par des crues de printemps, qui durent six semaines et plus, suivies par une période de basses eaux durant assez longtemps, de quatre à cinq mois, en été, en automne et en hiver. On constate à l'automne une brève période de hautes-eaux. Les fluctuations du régime ont une incidence sur les conditions de production. Il arrive souvent que de grandes zones côtières soient recouvertes par les eaux. Des observations effectuées sur une longue période ont permis de dresser le profil spécifique des fluctuations du niveau du lac. On constate habituellement l'existence de deux courants dans le lac Peïpous, tandis que dans le lac Lämmijärv, les courants peuvent atteindre une vitesse supérieure à 0,5 mètres par seconde. En raison du fort volume des radiations solaires accumulées pendant l'été, le lac Peïpous ne gèle qu'assez tard. La couche de glace n'est en général formée qu'à la fin du mois de décembre. En cas d'hiver rigoureux, elle peut atteindre une épaisseur de 70 à 80 cm. Modifications de la qualité de l'eau et influence humaine
La partie estonienne du lac Peïpous constitue 89% des eaux douces de surface et fournit 95% des ressources halieutiques d'eau douce du pays. Le lac est considéré comme une réserve éventuelle d'eau pour le nord-est du pays et sa capitale Tallinn. Le lac Peïpous offre donc un gisement de ressources en eau pratiquement inépuisable pour l'Estonie, mais il a également une fonction très importante dans le domaine de la pêche et des loisirs. Un des problèmes principaux en matière de protection des eaux est celui de l'eutrophisation des eaux de surface, due à la présence accrue de débris organiques provenant de l'activité humaine. La pollution provient principalement de deux sources, l'eau des affluents et les précipitations atteignant directement le lac. On constatait à la fin des années quatre-vingt une forte proportion de débris organiques dans les rivières du bassin du lac Peïpous, à l'origine de l'eutrophisation des masses d'eau. Cependant, le volume des débris organiques a considérablement diminué à partir des années quatre-vingt-dix, en raison, du côté estonien, de la dissolution des fermes collectives, et, du côté russe, de la crise économique qui a conduit les fermes collectives, privées de subventions, à cesser de répandre des herbicides sur les champs et d'élever de grands troupeaux de bétail. D'après les recherches en cours, il apparaît que l'azote et le phosphore ont diminué respectivement de 53% et de 44%, de la fin des années quatre-vingt au milieu des années quatre-vingt dix. Cet état de fait a sensiblement amélioré la qualité de l'eau du lac. La pollution des affluents du lac par des métaux lourds n'est plus un problème d'actualité car il n'existe pas de source spécifique de pollution par ces métaux.
Les ressources halieutiques et leur gestionAD'après les données dont on dispose actuellement, on compte, dans le lac Peïpous et à l'embouchure de ses tributaires, trente-trois variétés de poissons et une de lamproie (vertébré aquatique). Les principaux poissons qui font l'objet de prises sont l'éperlan, la perche, le sandre, la grémille, le gardon, la brème, le brochet et, jusque dans les années quatre-vingt dix, la corégone. Des variétés moins recherchées sont la lotte, la petite marène et le sar commun. En raison de l'utilisation de chalutiers et de filets danois à mailles fines, les ressources en sandre se sont raréfiées (de 1957 à 1982). Mais depuis l'interdiction du chalut et la réglementation du nombre des filets danois (on est passé de 133 à 40), le sandre est devenu l'un des principaux poissons du lac à être commercialisé.
Au début des années quatre-vingt-dix est apparue la possibilité d'exporter le poisson sur le marché européen. L'ouverture de ce marché au fort potentiel a entraîné une augmentation du nombre des pêcheurs et une intensification de leurs activités, conduisant à une pression accrue sur les ressources halieutiques. Certaines de ces ressources ont été décimées du fait d'une demande élevée du marché à l'export, combinée à une mauvaise gestion de ces ressources et des carences au niveau des mécanismes de contrôle et de surveillance. L'industrie de la pêche a vu son prix de revient croître plus vite que le prix du poisson. Il faut ajouter à cela que le développement impétueux de l'économie estonienne a entraîné une hausse générale des salaires, alors que le niveau de vie des pêcheurs s'est lentement dégradé. Il en est résulté un accroissement des problèmes sociaux. Le tableau ci-après fait apparaître que, tandis que le salaire brut moyen mensuel était multiplié par près de cinq fois, le prix offert pour le sandre baissait de 20%. On en déduit qu'il faut désormais pêcher près de sept fois plus de sandre, pour couvrir le coû,t d'un salaire moyen en Estonie (taxes exclues, frais de pêche inclus). Evidemment il en résulte une pression accrue tendant à épuiser les ressources halieutiques, tandis que le niveau de vie des pêcheurs se détériore. Au cours des dix dernières années le nombre des pêcheurs professionnels a connu des variations significatives. En augmentation pendant la première moitié des années quatre-vingt-dix, il décroît par la suite. On estime approximativement le nombre des pêcheurs professionnels à 450 du côté estonien et 700 du côté russe. En Estonie il n'y a que cinq pêcheries et quelques pêcheurs individuels, tandis qu'en Russie il y a environ soixante pêcheries. Dans l'un et l'autre pays, la plupart des pêcheries sont des entreprises privées ayant en général le statut de sociétés mixtes. Besoins/Utilisations/DemandesILe bassin du lac Peïpous contient assez d'eaux douces tant souterraines que de surface pour répondre aux besoins essentiels de la population. La seule grande agglomération utilisant les eaux du lac à des fins sanitaires est Narva (73 000 habitants), qui capte l'eau de la Narva (seul effluent du lac). Etant donné la faible population et l'absence de grandes villes dans le bassin, les besoins en eau liés à l'industrie sont négligeables et la région n'est pas menacée par une forte pollution. L'utilisateur industriel le plus important de l'eau du lac est la centrale thermique de la "Baltique" qui utilise l'eau de la Narva à des fins de refroidissement, avec une débit moyen de 470 millions m3 d'eau. La Narva sert également à la production d'énergie hydroélectrique. Le lac de retenue de Narva (capacité de 90 million m3, 5000 megawatt par heure [MWh]) garantit un débit régulier d'eau pour la centrale hydroélectrique de Narva (127 MW de moyenne et 140 MW en production de pointe). Activités conjointes en matière de gestion et d'observationLe lac Peïpous est à la fois sous la juridiction de la République d'Estonie et de celle de la Fédération de Russie, toutes deux chargées de la gestion et de l'observation du lac. La Commission frontalière de l'eau entre l'Estonie et la Russie a été créée en 1997 à la suite de la signature d'un accord intergouvernemental pour la protection et l'utilisation durable des masses d'eau entre la République d'Estonie et la Fédération de Russie. La Commission est le principal moteur de la gestion du lac Peïpous.
Au cours de ces dernières années la Commission a reçu une aide substantielle de l'Agence suédoise de protection de l'environnement, dans le cadre d'un projet visant à renforcer sa capacité institutionnelle. Accords internationaux en matière d'utilisation et de protection de l'eau
Participation des acteurs-clé
La Commission a établi un cadre officiel pour faciliter la coopération avec les autorités locales, les Organisations non gouvernementales (ONG) et les autres acteurs-clé, leur permettant de s'adresser directement à la Commission intergouvernementale. Néanmoins seules quelques ONG régionales prennent part aux travaux de la Commission. Si les ONG locales bénéficiaient d'une aide financière pour renforcer leurs capacités d'organisation, elles seraient probablement davantage en mesure de participer à la gestion des eaux internationales, partagées entre pays en transition. Les ONG régionales, comme le Peipsi Center for Transboundary Cooperation (Peipsi CTC) et le Conseil de coopération des régions frontalières, travaillent en coopération avec les autorités locales et les parties intéressées sur des programmes régionaux de développement, ainsi que des projets régionaux dans les domaines éducatif, scientifique et social. En outre l'ONG Peipsi CTC participe activement aux travaux de la Commission frontalière de l'eau entre l'Estonie et la Russie. Un partenariat étroit entre intérêts publics et privésLes autorités locales et régionales de la région du lac Peïpous sont engagées avec les hommes d'affaires dans une coopération économique transfrontière. Les uns et les autres procèdent à des investissements en matière de construction de routes et d'infrastructures pour le transport fluvial et le tourisme. En outre ils assurent la promotion internationale de la région. Un des principaux projets que les partenaires cherchent à réaliser, est le rétablissement à travers le lac d'une liaison pour le transport des voyageurs et du fret. Nombres de municipalités locales font appel à de petites sociétés privées qu'elles subventionnent pour fournir de l'eau douce aux agglomérations riveraines. Le prix du m3 d'eau potable varie entre 1 et 3 euros. Le principal problème de planification et de développement concernant le lac est la préparation du plan de gestion du lac Peïpous. Cette démarche conjointe à laquelle participent les gouvernements estonien et russe, les autorités nationales, régionales et locales ainsi que les sociétés privées et publiques, devrait s'achever en 2007. Le lac Peïpous étant un bassin transfrontalier relativement récent, il reste encore à établir des procédures de coordination interétatiques de la gestion de l'eau. La question revêt une importance particulière, étant donné que l'Estonie doit adhérer à l'Union européenne vers 2004-2005 et sera conduite à adopter des normes et des règles européennes différentes de celles de la Russie. La tâche n'est donc pas aisée, dans la mesure où la mise au point d'une gestion de l'eau intégrée et coopérative est un processus de longue haleine qui implique, parallèlement à ceux qui relèvent de la gestion de l'eau, le traitement des problèmes de développement dans les domaines économique et social. Collecte des données scientifiques
Problèmes majeursEutrophicationLe problème le plus important du lac Peïpous est celui de l'eutrophisation. La tâche principale en matière de gestion du lac est de réduire les apports de déchets organiques, notamment en construisant de nouvelles usines de traitement des eaux usées. Il faut aussi penser aux perspectives de croissance économique de la région, qui auront pour résultat d'accroître les éléments organiques dans le lac. L'eutrophisation constitue également un danger pour les ressources halieutiques du lac, les variétés de poisson moins recherchées au point de vue économique étant celles qui résistent le mieux à l'eutrophisation. Diversification nécessaire des activités économiquesLe lac Peïpous est un des lacs d'Europe les plus florissants pour son industrie halieutique. En raison des difficultés économiques que connaît la région et d'un taux élevé de chômage, les ressources halieutiques font l'objet d'une grande convoitise. La pêche est la principale source de revenu pour la majorité de la population riveraine du lac. Mais à mesure que diminuent les ressources halieutiques, le lac ne peut plus fournir de travail à autant de personnes qu'auparavant. Devant l'excédent de pêcheurs professionnels, il devient particulièrement urgent de procéder dans cette région à une diversification des activités économiques. Liens utilesPour en savoir plus sur le bassin du lac Peïpous/des Tchoudes, voici une liste de projets et d'organisations: - Commission pour la protection de l'environnement marin en mer Baltique: la Commission Helsinki [en anglais] | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Contact : waterportal@unesco.org - UNESCO Sciences naturelles | Responsabilité - Protection données personnelles |