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[Basé sur des informations fournies par le Ministère de l'irrigation
et de la gestion des ressources en eau du Sri Lanka]
Généralités
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Cliquez sur le bassin pour accéder à une vue détaillée. Carte préparée par AFDEC pour le Programme mondial pour l'évaluation des ressources en eau. |
Localisation et principales caractéristiques physiques
Situés au sud du Sri Lanka (65 500 km2, 19 millions d'habitants), les bassins du Ruhuna comprennent trois fleuves principaux (le Walawa, le Menik Ganga et le Kirindi Oya), plusieurs bassins plus petits, et font partie du système hydrologique de l'ancien royaume du Ruhuna. Ils couvrent 8% du territoire et comptent un peu plus d'un million d'habitants. Ils sont montagneux et relativement humides.
Paradoxalement, cependant, la plus grande partie des bassins s'étend sur les zones dites arides, où les précipitations annuelles sont inférieures à 1250 mm. La sécheresse est la principale catastrophe naturelle. Les pluies de mousson de la saison Maha (de novembre à mars) et de la saison Yala (de mai à septembre) constituent la plus grande partie des précipitations annuelles et sont complétées par des pluies irrégulières le reste de l'année. Pendant la saison Yala, la probabilité de sécheresse atteint les 32%. Les précipitations sont plus importantes en amont qu'en aval et fléchissent graduellement d'ouest en est. Les niveaux de pluviométrie enregistrés dans un certain nombre de stations démontrent que depuis 1970, les précipitations annuelles diminuent.
Dans les basses terres, les températures sont comprises entre 25 et 28o; en amont, elles oscillent entre 23 et 25o.
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Principales caractéristiques socio-économiques
Population
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Familles d'agriculteurs à l'ombre d'un arbre lors de la récolte du riz. |
Les bassins du Ruhuna comprennent des parties des districts de Ratnapura, Badulla, Moneragala et Hambantota où les densités de population atteignent respectivement 307, 291, 71 et 217 personnes par km2. La population totale dans les bassins est d'environ 1,1 million d'habitants.
Dans le district de Badulla, le revenu mensuel moyen par ménage est le plus faible du pays. En 2000, le PNB moyen par habitant atteignait 850 dollars des États-Unis. En revanche, dans les bassins du Ruhuna, le PNB par habitant atteignait à peine 600 dollars. Le pourcentage de ménages se voyant octroyer de la nourriture et des aides atteignait 60%, contre 39% dans le reste du pays.
Activités économiques
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| Plantations de thé. |
Le thé et le caoutchouc sont les cultures marchandes de la région du bassin supérieur, et le riz est la culture principale dans les plaines. Les principales utilisations des sols sont les forêts (29%), les terrains broussailleux (26%), les cultures itinérantes (chena) (23%), les rizières (10%) et les jardins potagers (12%).
L'eau et le contexte culturel
Il y a fort longtemps, outre le fait qu'ils formaient un sous-royaume, les bassins du Ruhuna servaient de refuge aux populations qui fuyaient les invasions étrangères. L'agriculture jouait un rôle majeur au niveau de l'économie, mais aussi au niveau de la sécurité nationale. Les efforts déployés dans cette région, mais aussi dans les autres régions du pays, en matière de développement des ressources en eau, avaient l'irrigation comme objectif principal. Comme les précipitations ne sont importantes que pendant les saisons Maha et Yala, et qu'elles varient considérablement d'une année sur l'autre, les principaux efforts ont porté sur la construction d'un grand nombre de réservoirs. Depuis les temps les plus reculés, l'eau est utilisée pour le loisir, l'assainissement et l'hygiène. La grande valeur des ressources en eau est donc bien ancrée dans l'esprit des communautés.

Ressources en eau
Hydrologie
Le bassin de Kirindi Oya est le plus menacé des bassins du Ruhuna (voir carte détaillée). Le ruissellement par habitant y est le plus faible, les débits alloués à l'environnement relativement élevés et de nombreux agriculteurs y sont confrontés à de graves problèmes liés à l'eau.
Pour satisfaire à leurs besoins domestiques, de nombreuses personnes vivant dans les bassins dépendent des nappes phréatiques peu profondes. Des études démontrent que les niveaux d'eau dans les puits de surface n'auraient pu être maintenus sans l'apport indispensable des pertes par infiltration des canaux et réservoirs. L'utilisation des eaux souterraines, que l'on mesure en soustrayant les prélèvements annuels moyens d'eaux souterraines au total des prélèvements annuels moyens, est égale à 3%. Les basses terres de la région sont extrêmement vulnérables à la baisse des niveaux des eaux souterraines et aux invasions d'eau salée.
L'impact des activités humaines sur les ressources en eau
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| Le réservoir de Samanala Wewa. |
Les ressources en eau dans les bassins sont fortement régulées en raison de leur utilisation pour la production d'énergie hydraulique et pour l'irrigation. La région compte 20 grands réservoirs (trois d'entre eux ont une capacité supérieure à 100 millions de m3) et environ 280 réservoirs plus petits. La capacité d'emmagasinement totale est d'environ 900 millions de m3. La région compte également plusieurs systèmes de captage, principalement utilisés pour l'irrigation.
Les modifications apportées à la couverture végétale affecteront les ressources en eau. Les forêts et les terrains broussailleux couvrent environ 2 720 km2. Dans les bassins de Walawe et de Kirindi Oya, d'importants travaux d'aménagement ont été menés et les sols couverts de forêts et de terrains broussailleux ont été respectivement réduits de 30 et 23% au cours de ces quarante dernières années, ce qui représente une altération de l'utilisation des sols supérieure à la moyenne nationale.

Les ressources en eau : besoins, utilisations et demandes
Les besoins humains fondamentaux
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| Agricultrices recueillant de l'eau dans un puits. |
Actuellement, environ 60% de la population des bassins accède à des services d'approvisionnement en eau douce et 71% à des services d'assainissement appropriés. L'accès national aux services susmentionnés atteint respectivement 75 et 73%.
Certaines des grandes villes de la région prélèvent l'eau pour les besoins domestiques dans des réservoirs d'irrigation ; d'autres la prélèvent directement dans les cours d'eau.
Bien que l'écoulement restitué par les terres agricoles contribue, dans le sous-bassin-versant du Walawe, à maintenir un débit minimum pendant les mois sans précipitations, la qualité de l'eau est médiocre en raison de la présence de produits agrochimiques.

L'approvisionnement alimentaire
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Rizière. |
Dans les bassins, le riz - cultivé sur environ 52 000 hectares, dont 90% sont irrigués - est la principale culture vivrière. Normalement, la production rizicole provient de deux récoltes annuelles, l'une pendant la saison Maha, l'autre pendant la saison Yala. Les prélèvements d'eau effectués par les principaux systèmes d'irrigation atteignent environ 1 500 mm pendant la campagne Maha et 1 800 mm pendant la campagne Yala. Cependant, une partie des écoulements restitués étant indirectement utilisée par les petits systèmes d'irrigation et à des fins domestiques, les quantités directement utilisées pour l'irrigation sont réduites et optimisées. Les prélèvements pour l'irrigation représentent toutefois plus de 95% du total.
Les bassins produisent de grandes quantités de poissons marins, de poissons d'eau douce, de lait de vache et de lait de buffle. Les pêches continentales, qui sont en essor et bénéficient du soutien du gouvernement, constituent une source importante de protéines pour les populations rurales.

Les écosystèmes
Outre les zones agricoles humides couvertes de rizières, les bassins comprennent également plusieurs réserves importantes - les parcs nationaux du Ruhuna, de l'Uda Walawe et du Bundula, - les systèmes de lagons voisins du parc du Bundula, et un grand nombre de réservoirs artificiels.
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| Parc national du Bundula |
- Premier site du Sri Lanka inscrit sur la liste de la Convention de Ramsar, le Parc national du Bundula, d'une superficie de 6216 hectares, est un sanctuaire qui relève de l'Ordonnance sur la protection de la flore et de la faune. Quatre lagons d'eaux saumâtres, peu profondes, forment la plus grande partie du parc. Bundula est la zone d'hivernage la plus importante du sud du Sri Lanka pour les oiseaux migrateurs de rivages : elle abrite parfois plus de 20 000 oiseaux. Le parc compte également un certain nombre d'éléphants et de léopards.
- Le parc national du Ruhuna, d'une superficie de 126 000 hectares, est l'un des plus grands parcs nationaux du pays. Une partie du parc s'étend d'ailleurs à l'extérieur des bassins. La plus grande partie des zones humides du parc sont bien protégées.
Le total des terres protégées par des dispositifs législatifs appropriés atteint environ 1 200 km2. 21% de la superficie des bassins fait l'objet d'une protection. C'est dans le bassin du Menik Ganga, qui traverse le Parc national du Ruhuna, que l'utilisation des eaux par les écosystèmes est la plus élevée.

L'industrie
Pour le moment, aucune activité industrielle d'envergure n'est implantée dans les bassins. Les prélèvements à des fins industrielles représenteraient moins d'1% de l'ensemble des prélèvements.
Cependant, de grands bouleversements devraient se produire lorsque le projet de développement de la ville de Ruhunupura, qui comprendra un aéroport, des zones industrielle et commerciale, et un port commercial, sera mis en oeuvre. Les besoins en eau de Ruhunupura devraient être compris, selon les estimations, entre 100 et 150 millions de m3 par an.
L'énergie
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Barrage de la centrale électrique de Samanala Wewa en période de sécheresse. |
Le sous-bassin-versant du Walawe est le seul de la région des bassins du Ruhuna à comprendre des installations de production d'énergie hydraulique. Le Réservoir d'Uda Walawe, construit dans les années 1960, a une capacité installée de 6 MW. La capacité installée de la centrale hydraulique de Samanala Wewa est de 120 MW, soit environ 10% du total de la capacité installée au Sri Lanka. L'eau utilisée pour la production est prélevée une seconde fois et réutilisée en aval par l'agriculture irriguée, la production d'énergie électrique et d'autres usagers des basses terres.
En 2001-2002, le Sri Lanka a été confronté à une grave crise de l'énergie qui s'est traduite par des coupures de courant de près de huit heures par jour, pendant plusieurs mois, sur l'ensemble du territoire. La sécheresse, ainsi que le rôle prédominant joué par l'énergie hydraulique (65%) par rapport au total de l'énergie nécessaire, sont à l'origine de cette situation.

Gestion des ressources en eau
Une gestion des ressources inscrites dans la tradition
Au Sri Lanka, le contexte historique du pays a permis d'ancrer dans l'esprit des populations le fait que l'eau est un bien public et que l'agriculture est une tradition et un élément fondamental des stratégies mises en oeuvre pour assurer à tous des moyens d'existence. Une structure de gestion locale a été créée pour les ressources en eau et inclut des dispositions en matière de récupération des coûts et de régulation. Ces dispositions ont permis l'existence, dans les villages, d'un société agraire rurale et autonome.
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Les rizières irriguées soutiennent à la fois les petits exploitants agricoles et les écosystèmes. |
La persistance des traditions ancestrales liées à l'eau associée au nombre considérable de personnes vivant encore en deçà du seuil de pauvreté ont sensibilisé les populations au fait que l'eau a une valeur sociale, environnementale et culturelle qui transcende sa valeur économique. Par exemple, dans les nombreux réseaux d'irrigation, les systèmes procurent l'eau nécessaire aux usagers, au bétail, à la nature et à l'alimentation de la nappe phréatique tout en protégeant l'environnement du village. Lors de la planification, du développement et de la gestion des ressources, ces multiples aspects de la valeur de l'eau doivent être examinés sur un pied d'égalité. Les normes sociales et culturelles établies au sein de la société ont, pendant longtemps, accordé une importance particulière à une utilisation optimale de cette ressource vitale et à la prévention des gaspillages.

La gestion de la demande : le rôle majeur de l'irrigation
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Un nouveau canal d'irrigation : le projet Welo Oya. |
Au cours de ces dernières années, le gouvernement a porté une attention importante à la gestion de la demande. Dans le secteur de l'approvisionnement en eau à des fins domestiques, les objectifs consistent à minimiser les pertes d'eau et à introduire des mesures de gestion de la demande. Dans le secteur de l'énergie, des campagnes ont été lancées pour réduire la consommation.
Dans le secteur de l'agriculture, il existe un certain nombre de mesures susceptibles d'améliorer l'utilisation des eaux. L'augmentation de la réutilisation de l'écoulement restitué par les terres agricoles, la diversification des types de culture (afin d'inclure davantage de cultures consommant moins d'eau), l'amélioration des systèmes d'adduction et de l'exploitation des canaux et les méthodologies de gestion adaptées au terrain sont en cours de mise en oeuvre dans les bassins. Deux projets de réhabilitation financés par des donateurs soutiennent également les initiatives visant à faire augmenter la productivité des systèmes d'irrigation des bassins, ce qui devrait renforcer la productivité des exploitations agricoles et l'efficacité des utilisations.

La gestion des sécheresses : une question fondamentale
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Des femmes et des enfants attendent l'approvisionnement en eau, en période de sécheresse, dans le district de Hambantota. |
Les récentes sécheresses ont sévèrement affecté de nombreuses régions des bassins. Elles ont entraîné la réduction des ressources en eau disponibles pour l'agriculture irriguée, des approvisionnements en eau insuffisants pour les besoins domestiques, et des coupures de courant atteignant huit heures par jour sur l'ensemble du territoire.
Le gouvernement a pris un ensemble de mesures visant à atténuer les effets des futures sécheresses. Elles comprennent des mesures d'urgence à court terme, notamment le développement des prélèvements dans les eaux souterraines afin de remédier rapidement aux situations de pénurie frappant les services d'approvisionnement en eau des usagers domestiques ; des interventions à moyen terme, telles que la mise en oeuvre de meilleures pratiques de gestion des ressources en eau ; et des études à long terme portant sur la faisabilité de transferts de ressources entre les bassins. Les décisions relatives à l'impact des sécheresses sur l'agriculture sont prises dans le cadre de réunions saisonnières auxquelles participent des agriculteurs et des responsables du gouvernement. Parmi les décisions les plus courantes, il convient de citer la culture d'une partie réduite de la zone principale et le partage des terres. D'une manière générale, les besoins en eau pour des fins domestiques sont considérérés prioritaires, orientation qui sera officialisée avec l'adoption du projet de politique nationale des ressources en eau.

Les défis majeurs pour l'avenir : gérer des demandes concurrentielles
Au cours de ces deux prochaines décennies, les bassins du Ruhuna seront affectés par des changements importants. Il est probable que le rôle dominant joué par l'agriculture se verra supplanté par des activités axées sur l'industrie et les services. Les plans de développement les plus récents démontrent que l'utilisation des ressources en eau par les villes et l'industrie passera d'un volume aujourd'hui inférieur à 10 millions de m3 à 100-150 millions de m3 par an en 2025.
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Enfants se lavant auprès de sources chaudes. |
Parallèlement, les menaces pesant sur l'environnement du fait de la pollution et de l'empiétement des zones protégées pourraient progresser. Les systèmes des lagons côtiers des bassins sont à proximité de zones fortement peuplées et un accroissement des activités industrielles est prévu dans ces régions. Le défi le plus important pour les années à venir consiste à gérer des exigences contradictoires tout en protégeant les écosystèmes. Si les dispositifs législatifs et leur mise en oeuvre ne sont pas correctement encadrés, il est probable que la dégradation des écosystèmes augmentera au cours de ces prochaines années.
La pollution résultant des activités industrielles et agricoles, et les problèmes liés à la distribution de l'eau pendant les périodes de sécheresse sont les principales menaces pesant sur un approvisionnement adapté à la satisfaction des besoins fondamentaux.
Bien que la production de riz soit supérieure à la consommation dans les bassins, la malnutrition continue à menacer le bien-être collectif. Le nombre d'enfants faméliques et miséreux dans les districts de Hambantota et de Moneragala demeure relativement élevé, même si des progrès importants ont été réalisés au cours de ces dix dernières années. Les hauts niveaux de pauvreté affecteront la durabilité des interventions dans le domaine de la gestion des ressources. La région sera piégée dans un cercle vicieux, la dégradation de l'eau et des terres réduisant les revenus, une situation aggravant encore le dénuement des populations.

Liens et contacts utiles
- Ministère de l'irrigation et de la gestion des ressources en eau du Sri Lanka: informations de base et contacts (en anglais).
- Environment Sri Lanka : un site maintenu par l'université de Sri Jayewardenepura (en anglais).
- Point focal du WWAP au Sri Lanka

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