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[Basé sur des informations fournies par l'Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS)]
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Cliquez sur le bassin pour accéder à une vue détaillée. Carte préparée par AFDEC pour le Programme mondial pour l'évaluation des ressources en eau. |
Contexte général
Localisation et principales caractéristique physiques
Le bassin du fleuve Sénégal est situé dans la partie Ouest de l'Afrique. Il est drainé par un fleuve long de 1800 km; le deuxième plus long de cette région de l'Afrique. Ses trois principaux affluents - le Bafing, le Bakoye et le Falémé - prennent tous leur source dans le Massif du Fouta Djallon (République de Guinée).
La majeure partie du bassin du fleuve Sénégal a un climat subsaharien désertique, qui a été aggravé par des périodes plus ou moins longues de sécheresse dans les années 70.
Comme le montre le tableau suivant, le bassin du fleuve Sénégal est partagé par les quatre pays suivants : Guinée, Mali, Mauritanie et Sénégal. Le bassin est divisé en trois grandes régions: le haut bassin, qui est montagneux, la vallée, et le delta, région d'une grande diversité biologique et qui abrite des zones humides. Les conditions topographiques, hydrographiques et climatologiques sont fort différentes entre ces régions, et connaissent de grands écarts de températures entre les saisons. [Accéder à une vue détaillée du bassin]
Répartition géographique du bassin du fleuve Sénégal :
| Pays |
Superficie (km2) |
| Guinée |
31 000 |
| Mali |
155 000 |
| Mauritanie |
75 500 |
| Sénégal |
27 500 |

Caractéristiques socio-économiques
Population
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| Fondée en 1659, sur une île située à l'embouchure du fleuve Sénégal, Saint Louis est une ville pleine d'histoire. |
La population du bassin du fleuve Sénégal est d'environ 3 500 000 personnes, dont 85% vivent à proximité du fleuve.
Une grande diversité ethnique caractérise cette population, entre Peulhs, Toucouleurs, Soninkés, Malinkés, Bambaras, Wolofs, Maures, et d'autres encore. Toutefois, il existe une migration massive des plus jeunes générations vers les grandes villes et l'Europe.

Agriculture: la principale activité du bassin
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| Rizière dans le bassin du fleuve Sénégal. |
L'agriculture irriguée connaît une expansion fulgurante aussitôt après la mise en eau des barrages (1986-1988). Aujourd'hui, l'irrigation est le moteur de développement dans le bassin, notamment dans la vallée et le delta, grâce à une meilleure maîtrise de la technologie, mais aussi à une diversification des productions (riz, oignons, tomates, pomme de terre, patates douces). Environ 100 000 hectares (ha) de terres sont actuellement aménagées dans le bassin ; 60 000 ha sont cultivés en saison pluvieuse (de juin à septembre), et 20 000 ha en saison sèche (de mars à juin).
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| Pêcheur sur le fleuve Sénégal. |
L'élevage a également toujours été une activité économique majeure dans le bassin. Grâce à la capacité de charge assez élevée des pâturages au niveau des plateaux herbeux et des plaines d'inondations, les populations riveraines et plus lointaines pratiquent la transhumance et font de l'élevage extensif de bovins, caprins, et ovins.
Compte tenu du revenu monétaire de la main d'uvre qu'elle emploie, la pêche est sans doute l'activité économique la plus importante du bassin après l'agriculture, en particulier pour les populations qui vivent à proximité du fleuve dans la vallée et le delta. Aujourd'hui se posent toutefois quelques sérieuses interrogations quant à l'avenir de ce secteur, car on note depuis quelques années une baisse continue du tonnage des prises sur l'ensemble de l'espace OMVS (la partie du bassin partagée par le Mali, la Mauritanie et le Sénégal).
Certains observateurs lient ce phénomène aux projets de développement du fleuve (barrages, endiguements) et à leur impact sur l'environnement (baisse sensible de la salinité, envahissement de l'eau par des végétaux flottants, eutrophisation.).

Les autres activités économiques
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| Le barrage Manantali, construit sur le fleuve Bafing, est le plus grand du bassin. |
Opérationnelle depuis septembre 2001, la centrale hydroélectrique de Manantali avait les objectifs initiaux suivants : produire 200 mégawatts (MW) afin de fournir en moyenne 800 gigawatts-heures/an (GWh) aux sociétés d'électricité des trois Etats de l'OMVS. Mais ces projections de production étaient basées sur des données hydrologiques de 1950-1994 ; or, de nouvelles simulations, réalisées à partir de données de 1974-1994, prévoient une production d'énergie de seulement 547 GWh. Cette baisse aurait pour conséquence une chute des économies de dépenses pour l'énergie estimées par les Etats de l'OMVS, qui passeraient de 22 à 17%.
La navigation sur le fleuve Sénégal est aujourd'hui très limitée. L'OMVS est consciente de l'importance stratégique de son développement à court terme, et un projet de navigation est à l'étude. Tout comme l'exploitation des ressources minières du bassin, le transport de divers matières pondéreuses à moindre coût et surtout un débouché sur la mer pour le Mali pourraient donner une impulsion nouvelle à l'économie de la région.

Ressources en eau
Hydrologie
Le régime d'écoulement du fleuve dépend essentiellement des pluies qui tombent dans le haut bassin en Guinée (environ 2000 mm/an). Dans la vallée et le delta la pluviométrie est généralement faible et dépasse rarement 500 mm/an. La sécheresse des années 1970 a rendu cette situation encore plus difficile. Le régime climatique du bassin suit trois saisons : une saison des pluies, entre juin et septembre, une saison froide et sèche, qui va d'octobre à février, et une saison chaude et sèche, qui va de mars à juin. Au niveau du fleuve, cela se traduit par une période de hautes eaux entre juillet et octobre et une période de basses eaux entre novembre et mai-juin.
Le barrage de Manantali, sur le fleuve Bafing, est le plus grand du bassin. Il a été créé afin de réduire les inondations, de produire de l'énergie électrique et de stocker l'eau en saison humide afin d'augmenter les flux en saison sèche au bénéfice de l'irrigation et de la navigation. Le barrage de Diama, situé à 23 km de Saint-Louis, près de l'embouchure du fleuve Sénégal dans le Delta, répond à un triple objectif : arrêter la remontée de la langue salée (intrusion de l'eau de mer dans le fleuve) et protéger ainsi les prises d'eau d'alimentation et d'irrigation, remonter le niveau de l'eau en amont, et créer une réserve qui permette l'irrigation et la double culture.
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| Le barrage de Manantali a été créé afin de réduire les inondations, de produire de l'énergie électrique et de stocker l'eau en saison humide. |
La nappe alluviale subit des fluctuations saisonnières en relation avec le régime hydrologique général de la vallée. Depuis la construction des barrages, la recharge de la nappe souterraine et la surface piézométrique ont été modifiées de manière significative. La limitation du volume des crues et les endiguements ont réduit les zones d'infiltration naturelle. D'un autre côté, la régulation des crues lors des périodes de basses eaux et l'irrigation de grandes surfaces augmentent la recharge de la nappe souterraine au cours d'une partie de la saison sèche dans certaines zones.
A certains endroits, une dégradation de la qualité des ressources en eau de surface a été observée. Cette détérioration est due principalement à l'eutrophisation provenant d'une réduction de la vitesse d'écoulement et de l'oxygénation de l'eau du fait des aménagements (barrages et digues), à la prolifération de végétaux aquatiques envahissants, et à une contamination chimique et biologique liée aux rejets des eaux usées et des pesticides dans le fleuve.

Impacts des aménagements sur les populations et les ressources naturelles
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| Canalisation servant à l'irrigation des rizières près du fleuve Sénégal. |
La construction des barrages a des impacts à la fois positifs et négatifs sur la population du bassin et les ressources naturelles. Le système écologique du bassin du fleuve Sénégal est passé d'un environnement aquatique salé et saumâtre avec des changements saisonniers marqués à une écologie d'eau douce à flux modéré continu. Le déplacement des populations et la dégradation de l'écosystème entier, entraînant la prolifération de maladies hydriques, sont parmi les principales conséquences négatives de l'installation des barrages. Mais les impacts positifs sont également indéniables : l'eau douce est désormais disponible en quantité suffisante pendant toute l'année, ce qui permet le développement de l'agriculture irriguée dans la vallée, et l'accès aux installations d'eau potable pour les populations qui vivent près des barrages, entre autres choses.

Gestion des ressources en eau
Présentation de l'OMVS
L'Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) a été mise en place en 1972 par trois des quatre Etats riverains. Les principaux intérêts du Mali résident dans le maintien du niveau du fleuve, afin d'obtenir un accès navigable vers la mer, et la production d'énergie par le barrage de Manantali. Les intérêts de la Mauritanie et du Sénégal convergent sur la production d'énergie et l'irrigation, tandis que le Sénégal cherche à améliorer les conditions de vie des populations locales.
Les premiers organismes chargés de l'aménagement de la Vallée du fleuve Sénégal datent de la période coloniale. En 1963, au lendemain des indépendances, la Guinée, le Mali, la Mauritanie et le Sénégal signent la Convention de Bamako relative à l'aménagement général du bassin du fleuve. Cette convention déclare le fleuve Sénégal fleuve international et crée un Comité Inter-Etats pour superviser son développement. En 1968, la Convention de Labé crée l'Organisation des Etats Riverains du fleuve Sénégal (OERS) qui prend la succession du Comité Inter-Etats, et élargit le champ de la coopération sous-régionale.

L'approche actuelle
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| Pêcheurs étalant leurs prises du jour sur la plage. |
Le cadre législatif et réglementaire de l'OMVS indique clairement à travers les conventions de base de 1972 et la charte des eaux du fleuve Sénégal signée en mai 2002 que la répartition des eaux du fleuve doit se faire entre les différents secteurs d'utilisation. Il n'y a pas un partage de la ressource entre les Etats riverains, allouant un certain volume d'eau à chaque Etat, mais plutôt entre les utilisations, selon les possibilités. Ces différentes utilisations sont l'agriculture, la pêche continentale, l'élevage de bétail, la pisciculture, la sylviculture, la faune et la flore, l'énergie hydroélectrique, l'alimentation en eau des populations urbaines et rurales, la santé, l'industrie, la navigation et l'environnement.
L'entrée en vigueur depuis mai 2002 de la charte des eaux du fleuve Sénégal et le démarrage des activités de veille environnementale par l'Observatoire représentent des atouts importants, permettant de mieux impliquer les représentants des différentes catégories d'acteurs dans les processus de prise de décisions relatives à la gestion de la ressource. Cette approche participative sera encore renforcée avec l'établissement du Schéma directeur d'aménagement de gestion des eaux (SDAGE) dans un an.

Identification des principaux problèmes
La dégradation des écosystèmes
Les écosystèmes associés au plaines d'inondation sont les plus touchés par ces améngements. En l'espace de moins de dix ans, les phénomènes de dégradation de ces milieux et leurs conséquences sur la santé des populations ont été dramatiques.
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| Réserve silvo-pastorale dans le nord du Sénégal. |
En amont de Diama, les zones humides, lacs ou mares régulièrement inondées comme le Djoudj, le lac de Guiers (Sénégal) et le Diawling (Mauritanie), ont connu de profonds bouleversements dans leur fonctionnement. Depuis 1986, le barrage de Diama empêche la remontée des eaux de mer. L'eau est devenue douce en permanence, créant des conditions écologiques favorables à la prolifération des plantes d'eau douce. Ces espèces très envahissantes ont entraîné un processus d'eutrophisation, constaté à certains endroits le long de la vallée et du delta. En aval du barrage de Diama, les perturbations dans le fonctionnement de certains écosystèmes se traduisent plutôt par une augmentation de la salinité et/ou un assèchement pendant une partie de l'année (c'est le cas dans la dépression du Ndiael), du fait de la baisse des crues ou de la rupture des chenaux d'emmenée des eaux durant les constructions (endiguements, périmètres irrigués, etc.). La pollution anthropique est liée aux rejets de produits chimiques, industriels et agricoles.
D'autres problèmes émergent de la compétition grandissante entre les terres agricoles et l'exploitation de bois de chauffage. On observe une érosion grandissante à mesure que les terres de faible rendement et les rives du fleuve sont déboisées. De plus, de larges régions du bassin sont dénudées à cause du surpâturage.

La santé publique
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| Troupeau de moutons s'abreuvant à un point d'eau. |
La dégradation des écosystèmes du bassin a affecté la population riveraine à différents degrés. On observe par exemple une baisse de la productivité dans certains secteurs économiques (agriculture, pêche, élevage de bétail), comparée aux cinq premières années de remplissage des barrages. Cela a eu pour conséquence une baisse des revenus, et, par conséquent, des conditions de vie plus difficiles.
Le problème majeur auquel le bassin se trouve confronté depuis 1993/94 est l'impact des barrages sur la santé des populations. On constate une augmentation rapide de la prévalence des maladies hydriques qui étaient déjà connues dans la zone (paludisme, bilharziose urinaire, maladies diarrhéiques, parasitoses intestinales), mais aussi et surtout l'apparition de la bilharziose intestinale, sous une forme beaucoup plus dangereuse que celle qui existait déjà (bilharziose urinaire) avant les aménagements.

Liens utiles
Accéder à l'étude de cas complète, publiée dans le premier Rapport mondial sur la mise en valeur des ressources en eau (WWDR). [Format PDF- 962 KB]
- Gouvernement du Sénégal : Présentation de l'OMVS et contacts - Site de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) : présentation du bassin du fleuve Sénégal

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