22 mars - Journée mondiale de l'eau 2006: L'eau et la culture
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Marché de fruits flottant, Viet Nam © Thomas Cluzel |
Dans les années 1500, les Européens ont exploré la côte est de l'Amérique du Nord continentale, réalisant des échanges commerciaux avec les populations autochtones qu'ils rencontraient. C'est alors que le commerce de la fourrure débuta en Amérique du Nord pour s'étendre rapidement. En 1618, les commerçants européens s'étaient frayé un chemin vers la région des Grands Lacs reliant actuellement les États-Unis au Canada. En 1634, le commerce de la fourrure s'était répandu jusqu'au territoire canadien. De là, le fleuve Saint-Laurent permit aux colons de s'établir dans l'extrémité est du Canada. Le fleuve a donc permis de faire progresser le commerce de la fourrure, la situation économique des commerçants et l'urbanisation de la région.
Ceci n'est qu'un exemple illustrant comment les voies navigables ont servi de moteur de changements et d'échanges culturels à travers le commerce et l'échange de biens et services. D'un point de vue historique, le commerce fluvial a été à la fois national (par exemple, les communautés vivant sur les rives du fleuve Amazone commerçaient fréquemment entre elles, transportant leurs biens d'un point à l'autre par canoës. Le bassin de la région de Tokyo, pour citer un autre exemple, ne contient pas moins de sept rivières principales, le long desquelles le commerce entre les villes a été entretenu pendant des siècles). Le commerce fluvial a aussi été international (le Rio Grande, par exemple, est situé entre le Mexique et les Etats-Unis d'Amérique. Le commerce y est encore réalisé par ferry, transportant personnes et marchandises d'une rive à l'autre).
Les échanges culturels sont pratiquement impossibles sans certaines formes de commerce ou de négoce. Par le biais du commerce, divers biens ont été introduits dans différentes sociétés, permettant aux commerçants de mieux connaître leurs homologues étrangers. Ainsi, les vêtements, aliments, épices et papier donnaient à l'acheteur des informations sur la culture et le lieu d'où ils provenaient, qu'il s'agisse du climat, des ressources naturelles, des progrès technologiques accomplis, ou de leur mode de vie. Ces échanges commerciaux permettent l'échange, à la fois conscient et inconscient, d'idées, d'idéaux, de croyances et de cultures.
La ville de Venise en Italie est un autre exemple bien connu de ce que l'eau peut fournir en termes d'échange commercial et culturel. Tout au long des 14e et 15e siècles, Venise était l'une des villes internationales les plus importantes, lieu de rencontre de personnes venues de toute l'Europe et au-delà. C'est là que se sont rencontrés le Christianisme et l'Islam; les artistes florentins et romains y ont partagé leurs idées et perfectionné leurs techniques (la Renaissance prit forme à Florence, mais la plupart des idées nées pendant cette période étaient le fruit d'échanges culturels entre les autres villes européennes et les influences extérieures) et le commerce s'y est développé le long des rives du Po, artère principale de la ville. Venise, l'une des villes les plus prospères du monde à cette époque, a maintenu son statut économique principalement grâce au commerce que permettaient ses voies d'eau. La gondole, qui permettait d'emprunter les nombreux canaux qui façonnaient la vie et les moyens de subsistance de la ville, y était le principal moyen de transport. Encore aujourd'hui, l'image de la gondole renvoie instantanément à la culture vénitienne.

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