LE GABON, L'INTERNET ET L'ACCES GENERALISE A L'INFORMATION
PUBLIQUE - EXPERIENCES ET PROBLEMATIQUES -

Mr Roger Valer Ayimambenwe

Director-General

National Archives, National Library and Documentation

Gabon

 

Rôle de l'Information

Le débat sur le rôle de l’Information dans le processus de Développement des sociétés, me paraît aujourd’hui suffisamment avancé.

Il est mondialement reconnu, tant par les Organisations Internationales que par les Etats soucieux du bien être de leur population, que l’Information, la Bonne Information, sa Circulation aisée et son Accessibilité facile constituent des facteurs de Bonne Gouvernance, de Développement et d’Education des Hommes, leur conduisant vers le bien être auquel aspire tout humain et vers un Etat de Droit.

Le Gabon pays d'Afrique Centrale traversé par l'Equateur limité au Nord par le Cameroun et la Guinée Equatoriale, à l'Est et au Sud par le Congo et bénéficiant d'une façade maritime de 750 km à l'Ouest, s’emploie à mettre en place un système national d’informations et d'accès généralisé s’appuyant sur l’utilisation des nouvelles technologies dont l’Internet afin de promouvoir une meilleure gestion de l'information pour le développement.

Ce système gouvernemental s'intègre dans un contexte national déjà en pleine mutation qui peut être résumé comme ci.

Sur le Plan économique

Le pays couvre une superficie de 267.667 km2 et compte une population de 1.014.796 habitants, vivant pour la plupart (73%) en zones urbaines.

Les secteurs clés de l'économie dont le bois (la forêt couvre 80% du territoire), le pétrole représente principale ressource de l'économie gabonaise ; enfin les mines, notamment le manganèse et l'uranium connaissent des fortunes diverses.

Ouvert sur le marché mondial le Gabon connaît des difficultés socio-économiques fortement marquées par la dévaluation du franc CFA intervenue en 1994 et les fluctuations des prix des matières premières sur le marché international. Ces difficultés se manifestent entre autres par l’exacerbation du chômage qui touche une partie importante de la population jeune.

Cependant, le pays amorce un timide redécollage depuis 1995 avec la relative stabilisation des effets de la dévaluation, la diminution du taux d'inflation (de 30 % actuellement) et la mise en œuvre d'un programme triennal d'ajustement structurel.

Les éléments clé du programme d'ajustement négocié avec le FMI concernent l’Assainissement des finances publiques, la Restructuration du secteur public, l’Amélioration des perspectives de croissance de l'économie non pétrolière.

Quelques initiatives ont été prises afin d'endiguer le chômage : la mise en place d'un fonds spécialisé (le FODEX) destiné à favoriser l'émergence de petites et moyennes entreprises. la création de l'Office National de l'Emploi (ONE) et d’un Fonds d’Insertion.

Sur le plan politique

Le pays connaît une modification du paysage avec l'instauration du multipartisme depuis 1990.

Un consensus national autour des Accords dits de Paris a permis la mise en place de diverses institutions garantissant les libertés individuelles, en même temps que s'instaure progressivement une culture démocratique marquée par une participation de la société civile à la vie politique du pays, et l’ouverture du paysage médiatique jusqu’alors couvert par les seuls médias de l’état.

Le Gabon de 1990 à 1998 connaîtra cinq élections et six votes (dont le référendum) dont les coûts et les mutations profondes ne sont toujours pas maîtrisées de prime abord.

En définitive, le Gabon amorce donc un long processus de changement politique et économique. Processus marqué par un développement axé sur la diversification économique et l'utilisation de toutes les ressources disponibles et par la mise en place progressive d’un Etat de Droit, à travers un système politique multipartisme et démocratique.

Ces nouveaux paradigmes devraient conduire à un développement durable, induit et sous tendu par l’Organisation, la Circulation et l’Accès Généralisé à l'Information destinée à la prise de décision, à l'action des différents acteurs du développement, à la gouverne de chaque citoyen.

Sur le Plan technologique : L’Internet, Les Télécommunications

Outre la maîtrise des processus nationaux en cours, à l'instar de tous les pays arrimés a l'économie mondiale, le Gabon vit au rythme des mutations et des phénomènes de la mondialisation et notamment des évolutions des nouvelles technologies de l'information et de la communication.

L'Internet processus majeur de transformation des sociétés et de mondialisation pose donc et encore plusieurs interrogations à nos décideurs, à nos communautés.

En effet, quelles attitudes devraient adopter nos décideurs face à ces mutations profondes et leurs impacts sur notre société ?

Quelles priorités doit on affecter à ces phénomènes lorsque l’on se débat dans le remboursement d’une dette internationale sans fin ?

Autant de question qui font que dans ce contexte particulier, les décideurs politiques, économiques n'ont pu que timidement avec beaucoup de resserves accepter et accompagner la mise en œuvre d'opération et de projets sur Internet. Beaucoup plus pour l’image international que cela leur confère que pour l’intérêt de développement induit par Internet, encore non perceptible à leurs yeux.

Les financements nécessaires à la connexion de nos états dans le cyberespace ont pu être décidés, à la fois très tardivement et très difficilement.

C'est ainsi qu'il importe de louer les efforts d’individus et d'organismes internationaux travaillant pour le développement durable et plus précisément le PNUD a travers le programme ACTION 21 SDNP. Programme Mondial concourant à aider les pays a se connecter à l'Internet et a l'économie mondiale.

Sans être exhaustif, l’initiative SDNP du système des nations unies, constitue un cadre de référence, pour tout organisme travaillant pour un meilleur accès a l'information dans les pays en voie de développement, ou ils pourraient envisager leurs actions.

Chronologie

Le Gabon confronté aux doutes, aux contraintes économiques et financières, aux priorités des populations est arrive à l'Internet a travers quartes actions importantes complémentaires.

La première est la participation de Monsieur le Président de la République, son excellence El Hadj Omar Bongo au Sommet Mondial Terre, sommet de RIO. Sommet au cours duquel L'ACTION 21 fut crée. Cadre de définition et de développement des projets et du réseau SDNP/RDD, en cours d’exécution au Gabon.

La deuxième est l’implication de Monsieur le Président de la République dans la création d’un site Web Présidence sur le Gabon en 1996. Ce site a été présenté à l’ensemble du gouvernement de la République afin de montrer l’importance que le politique attache a cette révolution alors que le Gabon ne disposait pas encore d’une connexion internationale sur l'Internet.

La troisième initiative est le lancement du projet national SDNP/RDD Réseau de Développement Durable, en octobre 1996 après signature par le gouvernement et le Pnud ainsi qu’avec les partenaires que sont le Canada et la France d’accords de financements.

La quatrième est l’installation d’une connexion internationale Internet par l'opérateur national OPT et son inauguration officielle par le Président de la République, son excellence El Hadj Omar Bongo en 1998.

L’Expérience Gabonaise : Le Projet SDNP/RDD

La Philosophie

Les services publics disposent d’une masse d’informations susceptibles d'intéresser les chercheurs, les étudiants, les citoyens, les collectivités locales, les entreprises tant sur le plan national qu’au niveau mondial.

L’objectif prioritaire d’un accès facile à cette information étant de soutenir le Développement Durable et Continu de nos jeunes Etats et leur évolution progressive vers un Etat de Droit et vers la Bonne Gouvernance.

L'avènement de l’Internet et sa mise en pratique par l’état, à l’instar des avantages déjà conférer par les Médias classiques (journaux, TV, Radio) offre ainsi aux pays en voie de développement, soucieux de leur développement ainsi que du bien être de leurs populations, l’opportunité de conquérir une place de choix dans le concert des Nations, et de mieux informer ses concitoyens par l’organisation de Systèmes d’Information Public à accès généralisés et gratuits autant que possible.

Le Gabon exécute actuellement un Projet Gouvernemental dénommé Réseau de Développement Durable Internet (RDD-INTERNET).

Les Objectifs

Opérationnel depuis octobre 1996, ce projet vise une plus grande accessibilité et visibilité de l’information publique par les citoyens, pour soutenir la prise de décision et le développement.

Le concept fondamental qui sous-tend le projet est l'établissement au niveau national d'une capacité à générer, à exploiter et échanger l’information adaptée entre divers partenaires nationaux en vue de la prise de décision et pour promouvoir un développement durable.

Ce projet a pour but de favoriser l'utilisation des nouvelles technologies de l'information et de la communication, notamment INTERNET dans le but d'accroître la collaboration entre les différents acteurs et opérateurs du développement humain durable.

Il permettra à la fois l'accès à l'information disponible à l'extérieur via les connexions internationales et la disponibilité à l'échelle nationale d'un réseau de partenaires.

Il s’inscrit dans l’utilisation des nouvelles technologies de l’information notamment INTERNET pour favoriser la production, l’organisation, l’accès généralisé et l’échange permanent de données et d’informations entre les différentes institutions nationales, internationales, et sous régionales partenaires du développement durable au Gabon.

Ce projet devrait constituer un cadre d’organisation et de coordination de l’action gouvernementale dans le domaine de l’organisation de son système d’information et de l'accès généralisé à celle-ci.

Le projet va accroître la capacité de prise de décision des gouvernants et encourager l’implication des communautés locales dans le processus de développement durable

Structuration du projet

La création d’un Réseau National ou Gabonais du Développement Durable au GABON (RéGI-DD) utilisant l’INTERNET pour les échanges entre les divers systèmes d’informations est la finalité du projet.

Ce réseau est découpé en plusieurs Systèmes d'Informations a caractères public et privé.

Le système national d'information est ainsi organisé autour de neuf sous réseaux thématiques appelés pôle sectoriel.

Ces pôles regroupent les institutions, les individus, les ong, les projets nationaux et sous régionaux et les entreprises travaillant dans un domaine donné.

On trouve donc les secteurs suivants : Environnement, Education, Enseignement Supérieur et Recherche, Santé et population, Médias Culture et Arts, Collectivités locales, Administration, Commerce Tourisme et Industrie, les organismes internationaux, les ONG

L'un des objectifs est d'amener les partenaires d'un même pole à coopérer, échanger et partager à la fois l'information, les expériences, les synergies, entre eux et avec le public mondial pour le développement du pays.

Le projet est supervisé par un Comité National de Pilotage comprenant les représentants des secteurs et des bailleurs de fonds, et exécute par une Unité Nationale de Coordination de quatre personnes, et des Unités Sectorielles de Coordination au niveau de chaque secteur.

L’acquisition des équipements nécessaires pour le serveur principal et les points focaux sectoriels, et un programme de formation afin d’encourager les acteurs à utiliser les services du réseau, est prévue.

Méthodologie de Travail

Le projet RDD-INTERNET GABON a fait l'objet d'une étude de faisabilité et d'un document projet signe avec le PNUD.

Des accords de financements ont été signés avec le CANADA et la France dans le cadre du projet.

Chaque sous réseau fait l'objet d'une Etude de faisabilité avant toute opération de connexion et de développement. Cette étude permet d'identifier les informations utiles ainsi que les flux de circulation.

Après validation de ces études par le Comité de Pilotage elles sont soumises aux bailleurs de fonds potentiels sur demande, pour financement.

A ce jour cinq études de faisabilité ont été réalisées complètement. Les secteurs concernés sont : L'EDUCATION, LA SANTE, LA DOCUMENTATION, LE COMMERCE ET L'INDUSTRIE, LES MEDIAS CULTURE ET ART.

Les secteurs Collectivités Locales, ONG et Enseignement Supérieur et Recherche sont en cours.

Schéma de financement

Les organismes de financement approchés choisissent le financement où d’une partie d'un secteur qui leur paraisse convenir à leur mission.

C'est ainsi qu’à ce jour la Mission Française de Coopération finance le secteur Information Scientifique et Technique (Réseau Documentaire Gabonais GABONDOC),

le CANADA finance les formations dans le cadre du projet,

le PNUD finance le fonctionnement de l'unité de coordination, les études de faisabilité sectorielles ainsi la connexion des secteurs déjà fonctionnels

Et le Gabon finance le fonctionnement du réseau et notamment toute la logistique.

Nous attendons et espérons bénéficier d’autres financements tels l'Unesco pour le développement et de la connexion du secteur de l'Education Nationale, de la Francophonie (ACCT) pour le développement et la connexion du secteur de la Culture, des Médias et des Arts, de l'OMS pour le secteur de la Santé, d l'ONUDI pour le secteur du Commerce et de l'Industrie

 

LA CULTURE DE L’INFORMATION ET LE CADRE REGLEMENTAIRE

 

Le projet est sous tutelle de la Primature au niveau du Secrétariat Général du gouvernement. Il est exécuté au sein de la Direction des Archives Nationales et la Bibliothèque Nationale dont la mission est la sauvegarde de toute information relative à la vie de la nation : qu’elle soit information historique, administrative, prive ; ainsi que sa diffusion à un public large suivant les règles de consultation bien définie.

La Constitution Gabonaise

Dans son titre préliminaire, la constitution gabonaise garantie "la liberté...., d’expression, de communication à tous, sous réserve de l’ordre public ". Elle dit "le secret..., des communications téléphoniques, télématiques  est inviolable", "les limites de l’usage de l’informatique pour sauvegarder l’Homme, l’intimité personnelle et familiale des personnes et le plein exercice de leurs droits sont fixés par la loi "

Pour ce faire le gouvernement à mis en place les institutions nécessaires à la mise en œuvre de ce droit et à sa jouissance par tous suivant le principe de l’égalité pour tous.

Ces instruments ci-dessous décrits constituent une partie importante de la stratégie nationale en matière de politique gouvernementale sur l’information.

 

Le Conseil National de la Communication

Le CNC est chargé de veiller au respect de l’expression et de la liberté de presse sur toute l’étendue du territoire. Il contrôle la réglementation en vigueur en matière de communication ainsi que les règles d’exploitation. En outre il participe à la promotion et au développement des techniques de communication et de la formation du personnel.

Il définit, règle, régule, promeut et contrôle la pratique de la communication sous toutes ses formes au niveau national.

Le CNC s’appuie sur un certain nombre de textes réglementaires, mais l’absence d’un texte sur l’informatique et les libertés constitue un handicap majeur pour la maîtrise de ces nouvelles technologies de communication.

 

La Commission Nationale de l’Informatique

Il existe une Commission Nationale de l’Informatique dont l’action est quasi inexistante et qui nécessite une redéfinition des missions compte tenu des évolutions rapides du monde de l’informatique et de la communication.

 

L’Office des Postes et Télécommunications

L’OPT bénéficie des monopoles du téléphone, des télécommunications. Elle prépare et exécute les plans d’équipements des télécommunications au niveau national et sur l’international. L’OPT réglemente et définit des normes d’accès et de connexions en matière de télécommunications.

 

La Direction Générale de l’Informatique

La DGI est chargée de la gestion de tout le parc informatique de l’administration gabonaise. Dans ce cadre il gère l’ensemble des systèmes d’information de gestion de plusieurs département.

Par sa position et son importance, il oriente les choix informatiques nationaux, et arrête des normes de fait dans le cadre de la gestion et des échanges d’informations électroniques entre les administrations.

 

La Direction Générale des Archives Nationales, de la Bibliothèque Nationale et de la Documentation

La DGABD est chargée de concevoir et d’appliquer la politique du Gouvernement en matière de documentation scientifique et technique, administrative et historique tant public que privé, sous toutes ses formes, au niveau national. Elle constitue, conserve et met en valeur la mémoire de la Nation.

Elle a pour mission de mettre à la disposition de tous les gabonais les ouvrages nécessaires à leur épanouissement complet et à la recherche à travers les salles de lecture de la Bibliothèque, des Archives et de l Documentation.

Sur le plan législatif et réglementaire, la DGABD s’appuie sur des arrêtés, circulaires, décrets en train d’être transformé en loi dont les plus importants sont : les projets de loi relative aux archives et à la Bibliothèque Nationales, le décret sur le dépôt légal.

La DGABD a pour rôle la constitution d’un système national d’information (la Mémoire de la Nation) fiable, exhaustif et pertinent pour la Nation.

 

Niveau d'Exécution, de Difficultés et de Perspectives

C’est en mars 1997, que l'OPT (l’Office des Postes et Télécommunications) société para étatique disposant du monopole sur l’ensemble des télécommunications gabonaises, s'est doté d'un nœud Internet relié à MCI aux USA par une liaison haut débit de 128 kbs capable d'atteindre 512 kbs et plus. Cette puissance lui permet de faire du routage pour les autres nœuds de la sous région.

En obtenant par la suite la gestion du domaine national ". ga", il s'est constitué comme gestionnaire du DNS du Gabon et principal fournisseur d'accès Internet ; ce qui lui permet de proposer cinq types de services Internet et trois modes de connexions.

Le premier mode est la connexion par ligne téléphonique (RTC) à 28,8 kbs. Réservé aux particuliers, on enregistre un peu plus de 700 abonnés privés ou publics.

Le deuxième mode est la connexion par ligne spécialisée (LS) à 64 Kbs. Ce service aux fournisseurs privés ne connaît malheureusement qu'un seule bénéficiaire malgré la forte demande. Cette situation bloque l ‘explosion du marché de la production de serveurs d’informations et l’installation d’autres ISP.

Le troisième mode enfin est la connexion par X25 (GABONPAC) qui enregistre quelques deux ou trois clients pour se connecter à l'Internet, qui sont principalement les réseaux spécialisés des centres de recherche, de l’université et de la santé (RIO, Healthnet).

Concernant les services Internet proposés par l’OPT seul le mail, le web et dans une moindre mesure le transfert de fichier sont très utilisés contrairement aux News et au Telnet. Le service de téléphonie par Internet n’est pas proposé.

En terme développement des bases de données sur Internet, on compte au Gabon trois serveurs d'hébergement de sites web (OPT, INTERNET GABON, PRIMATURE).

Le serveur de la PRIMATURE (Archives Nationales http : //www.primature.gouv.ga) héberge le projet RDD-Internet qui gère le Réseau Gabonais d ‘Informations pour le Développement Durable (RéGI_DD) constitué des sites Web des huit secteurs de la vie économique, sociale et culturelle du pays représentant plus de 15 sites web et plus de 1000 pages réalisées.

Il est évident que d'autres sites sur le Gabon sont hébergés à l'extérieur c'est le cas du site de la Présidence de la République, de celui du Ministère des Finances du Gabon.

Les difficultés rencontrées sont de plusieurs ordres. Elles sont à la fois physique, intellectuelle, culturelle et financières mais aussi organisationnelles et politique.

 

Sur l’accès généralisé et gratuit

Le projet développe une philosophie de l'Accès gratuit a l'information publique, compte tenu de l’environnement national tel que décrit plus haut.

Cette option a fait l'objet de plusieurs commentaires, critiques et attaques qui ont desservis le projet dès le départ.

En effet certains organismes internationaux bailleurs de fonds et quelques conseillers nationaux et expatriés ont argué de la nécessité de faire de l'information une valeur marchande afin de garantir la durabilité du projet, par son autofinancement.

Ces arguments certes de bon sens, ne tiennent malheureusement pas du tout compte de l'environnement économique, social et culturel du pays.

Par ailleurs l’impulsion que l’Etat et des organismes internationaux caritatifs et de développement doivent avoir dans la création d’une société ou l’information, porteur de développement, doit être bénéfique à tous les citoyens dont ceux non pourvus de moyens financiers conséquents.

L'Internet doit d'abord être au service du gabonais si l'on veut une durabilité. Des projets complètement extériorisé, dans ce sens qu'il satisfasse les quelques 50 institutions et entreprises étrangères ne peuvent conduire à terme qu'a l'échec et à la marginalisation de la plus grande masse de la population face à cette révolution mondiale.

Les premiers consommateurs d'informations des systèmes d’informations nationaux doivent être des gabonais, pour que l'Internet puisse être porteur de développement généralisé. Une petite enquête a par ailleurs démontre que 95% des gabonais recherche d'abord une information nationale dans différents domaines pour leur propre gouverne

La mise en place de systèmes d'informations fiables nationaux devrait s'accompagner d'un taux de consultation correct afin d'encourager les producteurs à améliorer leurs banques de données.

Ce taux de consultation ne peut souffrir d'un accès complique et cher a la fois.

 

Au niveau des moyens d’accès et de leur généralisation

L'accès a l'information électronique passe par l'acquisition des outils que sont un micro-ordinateur, un modem, un téléphone et la formation aux logiciels informatiques adéquats.

Outre cela, le coût de communication téléphonique constitue un blocage supplémentaire à la consultation des informations constituées sur serveurs d'informations.

L’amélioration et l’extension du réseau téléphonique est une condition à la généralisation de l’accès au public. Malheureusement les opérateurs de téléphonie engluer dans des programmes de privatisation ne peuvent envisager des investissements importants dans ces travaux.

Par ailleurs l’absence de concurrence, liée aux monopoles ne permet aucun choix en cas de défaillance de l’opérateur national.

 

Afin de pallier en partie à ces divers inconvénients le projet a retenu le concept de Point d’Accès Gratuits Internet (PAGI) et de CyberPole dans les institutions à caractère public.

Ainsi les étudiants, les fonctionnaires, le particulier et même la petite et moyenne entreprise peut se connecter sur Internet a travers ces outils qui sont mis à leur disposition au niveau de la Bibliothèque Nationale, des Archives Nationales, des Chambres de Commerce Provinciale, et bientôt dans les Bibliothèques de l’Université et des Mairies et de certains grands collèges et Centres de Lecture et d’Action Culturelle provinciale.

 

La diffusion et le partage de l’Information

La culture de partage et de diffusion de l'information pour le développement est quasi inexistante tant du fait d'une production dans les médias souvent trop politiques, que par le fait de la rétention de l'information par ceux qui la détiennent.

La diffusion de l'information utile au développement est quasi absente. Seule l'information politique préoccupe les mass médias, les faits divers, les scoops constituent la trame courante d'information à l'endroit du public.

Par ailleurs, la culture administrative s'appuie trop souvent sur le secret pour masquer la non diffusion de l’information.

Absence de revue, de journaux dont l'objet est le développement par l'économie, le social, la culture.

Le faible revenu des citoyens, le chômage, le coût exorbitants des produits exportés, les dévaluations, etc. constituent également une situation de précarité qui font que les 20 % de population active ne pourront qu'accéder difficilement aux informations sur l'Internet.

L'absence d'une couverture nationale fiable par les télécommunications ainsi que les monopoles d'état mais aussi privés vers lesquels nous tendons ne permettent pas une explosion des initiatives individuelles et même des intelligences aujourd'hui assez nombreuses pour servir de levier du développement.

Des technologies existent, leur adaptation a l'environnement social, culturel et économique ne sera réussi que si la concurrence mettant en jeu et en compétition des intelligences nationales sont dans le débat.

Le SECRET quasi permanent qui entoure les études publiques, réalisées par l'état ou même par les organisations internationales, doublée de la disparition de l'étude du fait d'une politique d'archivage et de documentation inexistante sont également une préoccupation.

En effet l'organisation de l'information par les services d'archives, de documentation ainsi que sa mise a disposition nécessite d'être améliorée afin de conserver l'information puis de permettre sa diffusion par la suite.

 

CONCLUSION

Au regard des freins et blocages d'accès a l'information, on constate que ceux-ci sont présents avant l'Internet Seuls le coût, la couverture télécom, le micro ordinateur, l'électricité peuvent être lie directement a l'Internet.

Ces difficultés peuvent être levée très rapidement grâce à la volonté politique de l'état mais aussi il faut le dire si les organismes internationaux a l'instar du PNUD adopte une politique et des financements conséquents dans ces domaines.

L'Internet par une politique étudiée constituera justement l'outil le plus efficace pour contrebalancer la culture d'informations des faits divers tant politiques que sociaux, la culture des scoops auxquels la population est rivée des scoops.

Nos états ont compris l’impossibilités de procéder à leur développement dans le cadre réduit de leurs frontières respectives. La mondialisation, ou la régionalisation restent les meilleurs moyens de partager les expériences et les problèmes vers le développement. L'Internet outil puissant au service de la mondialisation doit être très rapidement pris en main, maîtrisée et utilisée pour soutenir le développement et notre approche du 3ème millénaire.

 

Documentation disponibles :

Etudes de faisabilité du projet

Document Projet RDD

Etudes de faisabilité Education nationale

Etude de faisabilité Santé

Etude de faisabilité commerce et Industrie

Etude de faisabilité Culture, Média et Tourisme

Etude de faisabilité Information Scientifique et technique(Documentation gabonaise)

Site: -http : //www.primature.gouv.ga

 

Co-ordinnateur national

e-mail:ayimambenwe@inet.ga