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Résumés des Interventions
VF-INFOETHIQUE: D’INFOETHIQUE ’97 à INFOETHIQUE ’98
VF-INFOETHIQUE: D’INFOETHIQUE ’97 à INFOETHIQUE ’98 Co-ordinated by Ce document présente un résumé des travaux de VF-Infoéthique, forum de discussion électronique mondial consultable par le public qui s'est déroulé entre octobre 1997 et avril 1998. Organisé conformément à une recommandation des participants au premier Congrès international INFOéthique réuni à Monaco du 10 au 12 mars 1997, ce Forum a été conçu et géré par le Département des sciences de l'information de l'Université de Constance. Le présent document définit les objectifs du Forum et résume les débats auxquels ont donné lieux les cinq thèmes de réflexion retenus : le concept d'éthique de l'information ; les riches et les pauvres en matière d'information ; l'information, bien public et/ou privé ; confiance, propriété et validité de l'information dans le cyberespace ; vie privée, confidentialité, sécurité, haine et violence sur l'Internet. Sur chaque thème, le document propose quelques premières conclusions ainsi que des suggestions sur ce que pourrait être le rôle de l'UNESCO.
PRESENTATION DE VIDEOCLIPS Mr Jean-Pierre Teyssier Chacun des six thèmes abordés lors du Congrès sera illustré par une brève présentation audiovisuelle conçue et réalisée par l'Institut national français de l'audiovisuel (INA). Le président de l'INA fournit quelques explications à propos de ces documents.
LOGICIELS LIBRE : QUELLES CONSEQUENCES POUR L'AVENIR ? Mr Richard Stallman L'auteur rappelle comment est née la tendance à la diffusion de logiciels libre et ce qu'elle signifie pour le traitement de l'information, la littérature et les travaux d'érudition à l'ère des réseaux informatiques. Le système du droit d'auteur, si bénéfique et sans histoires lorsqu'il était appliqué dans les règles aux temps de l'imprimerie, devient difficile à manier et gênant à notre époque où dominent l'ordinateur et les réseaux. Ce système est de surcroît inefficace car il sert surtout à enrichir l'industrie des médias et accessoirement seulement à encourager les arts et les sciences. Le succès de cette tendance à la diffusion de logiciels libre annonce d'autres systèmes sociaux d'utilisation des oeuvres publiées, de nouveaux moyens de favoriser un mode de publication qui corresponde à la nature de la technologie de l'information numérique et permette au public de tirer pleinement avantage de celle-ci.
POUR UN NOUVEL ENGAGEMENT DES POUVOIRS PUBLICS Mr T. de la Quadra-Salcedo Il faut redéfinir la politique des Etats concernant l'information dans le cyberespace. Jusqu'ici, les gouvernements ont pour la plupart adopté une attitude répressive visant à prévenir la criminalité au sein de la société de l'information afin de garantir le respect des droits fondamentaux ; or une politique active s'impose également de la part des pouvoirs publics tant dans le cadre national qu'au niveau des organisations internationales et supranationales si l'on veut que la diffusion du savoir et l'égalité d'accès au savoir deviennent des réalités. En premier lieu, il s'agit d'inciter la société civile à aller de l'avant au lieu de lui assigner des limites. En deuxième lieu, il faut que les Etats intègrent dans leurs moeurs la diffusion de leurs connaissances dans le cyberespace et en facilitent l'accès à tous les citoyens du monde, permettant ainsi la réalisation de l'égalité des chances pour tous les hommes et toutes les femmes de notre époque.
LE GABON, L'INTERNET ET L'ACCES GENERALISE A L'INFORMATION Director-General National Archives, National Library and Documentation Gabon
INTERNET AU SERVICE DE LA PAIX ET DU RAPPROCHEMENT Mr Anwar Abu Eisheh Actuellement, "la Palestine" vit une période d'autonomie où les vides juridiques sont énormes dans tous les domaines, c'est le code civil ottoman de 1868 qui est en vigueur, quelques lois jordaniennes, égyptiennes et enfin des ordonnances militaires israéliennes. Que proposer au conseil législatif palestinien ? Les négociations entre les représentants israéliens et palestiniens pour des accords définitifs sont plus ou moins en cours, mais aussi des dialogues sur l'Internet entre des gens des deux peuples et même entre des intéressés à la question du conflit israélo-palestinien de par le monde. L'effet est incertain quant au déroulement des négociations. Quelle est la conception de la liberté de la communication dans les pays dits "musulmans" et notamment les pays du Proche-Orient ? Les dignitaires religieux et les responsables politiques semblaient indifférents à l'Internet jusqu'à il y a peu de temps. Mais plusieurs facteurs réveillent les responsables religieux qui se préparent à entrer en force dans le monde de l'Internet et les plus politisés parmi eux y sont déjà poussés par un sentiment de danger anti-islamique et par les provocations irresponsables à l'égard des musulmans. Mais toutes leurs déclarations indiquent qu'ils sont animés par une volonté d'informer et un esprit de dialogue.
LE MULTILINGUISME SUR LE RESEAU Mr Toru Nishigaki L'un des grands problèmes de l'heure, face à la tendance à la mondialisation des nouvelles technologies de l'information, est celui des langues utilisées sur l'Internet. Il est presque impossible de communiquer avec quelqu'un dans un pays étranger autrement qu'en anglais. Cet état de choses est la source de difficultés considérables dans les pays où l'on parle une autre langue que l'anglais et plus encore dans les pays asiatiques dont la langue ne s'écrit pas au moyen de l'alphabet latin. Tant que l'anglais continuera d'être la seule langue de communication internationale sur l'Internet, on ne pourra atteindre l'objectif final recherché, à savoir un véritable échange culturel et social entre pays différents. L'auteur analyse les conditions à réunir pour instaurer le multilinguisme sur l'Internet. Il présente également le forum en ligne Language/Power (Langue/Pouvoir) de l'Institut de sciences sociales de l'Université de Tokyo, où l'on débat des problèmes sociaux, culturels et technologiques que pose le développement de communautés multilingues en ligne.
LE GENIE LINGUISTIQUE A L'APPUI DU Mr Adeeb Ghonaimy Comment générer sur le Web en différentes langues des informations crédibles qui reflètent différents points de vue culturels, économiques et politiques. En quoi la traduction machine et autres aspects du génie linguistique peuvent-ils faciliter le développement de systèmes d'interrogation multilingues et la navigation sur le Web. Comment les logiciels de navigation multilingues intelligents peuvent-ils contribuer à abattre les barrières linguistiques et permettre à l'utilisateur de poser ses questions dans sa langue maternelle. Comment le commerce électronique doit-il aider à créer des plates-formes de transaction multilingues. Comment les pays info-pauvres vont-ils rattraper le retard qu'ils accusent sur le plan de l'information en général et, surtout, sur le plan de l'utilisation du cyberespace.
LANGUE ET COMMUNICATION COMME ASPECTS Mr Sveinn Einarsson L'orateur aborde différents aspects de l'utilisation des langues dans le contexte des nouvelles technologies de l'information en se plaçant du point de vue d'un petit pays peu peuplé dont la riche culture s'enracine depuis des siècles dans sa langue, langue européenne classique qui, fondamentalement, n'a guère changé depuis 800 ans. Il en conclut que dans l'optique de la communication moderne, la langue n'est pas seulement l'instrument concret de la communication et de la compréhension mais qu'elle est en soi une valeur et par conséquent un atout de la diversité créatrice de l'humanité. L'auteur analyse aussi les moyens d'accéder au savoir et tente de définir les voies que l'UNESCO pourrait emprunter pour lutter contre l'élitisme et pour veiller à ce que les technologies nouvelles de la communication ne soient pas un outil réservé à l'élite instruite, mais un instrument d'éducation pour tous.
PROMOUVOIR LE MULTILINGUISME SUR L'INTERNET : Mr Taik-Sup Auh L'Internet connaissant en Corée une progression géométrique, on estime à 2,5 millions le nombre de Coréens qui se sont raccordés au réseau mondial. Pour la majorité d'entre eux, nous dit une récente enquête, l'Internet reste dans l'ensemble un réservoir inexploré de connaissances et d'informations en raison de l'obstacle que leur oppose la langue. La maîtrise de l'anglais chez les Coréens est assez rudimentaire, elle leur suffit tout juste pour consulter les sites météorologiques, sportifs ou érotiques. Ils ne peuvent donc profiter des extraordinaires possibilités que l'Internet peut offrir, à savoir une information approfondie et des débats sérieux avec les internautes du monde entier. On s'emploie à remédier à la situation et certains progrès ont été faits : les sites en coréen sont plus nombreux et plus étoffés et des logiciels de traduction plus puissants et bon marché sont désormais à la disposition des utilisateurs. Beaucoup reste à faire et peut être fait par le secteur public et le secteur privé pour promouvoir le multilinguisme sur l'Internet et enrichir ainsi l'environnement informatif.
APPLICATIONS INTERNET MULTILINGUES : Mr Tadao Takahashi L'Internet de par son envergure mondiale et son caractère hautement anglo-centrique ne fait qu'accroître le formidable obstacle qu'oppose la langue aux produits et services culturels accessibles sur le Net. Le projet UNL, animé par l'Université des Nations Unies (UNU) à Tokyo, est l'initiative la plus ambitieuse jamais tentée pour résoudre le problème. A partir d'une approche interlinguistique, 14 groupes, publics et privés, dans des pays allant du Brésil à la Mongolie (en passant par la Chine, la France, l'Espagne, l'Allemagne, l'Italie, la Jordanie, l'Inde, etc.) travaillent en parallèle à sa solution. Pour INFOéthique, un haut responsable du projet UNL analyse les origines de ce projet, en fait le bilan et indique quelles devraient en être les conséquences pour l'Internet et les nouvelles applications informatiques. La diffusion du prototype d'application spécifique sur le Web destiné à générer automatiquement des textes en dix langues, prototype qui devrait être prêt d'ici à la fin de l'année, pose des problèmes commerciaux, juridiques et éthiques en raison de sa nature juridique (à la fois publique et privée) et de son caractère multiculturel.
LA CONFIANCE - PRINCIPE ETHIQUE ET ECONOMIQUE Mr Rainer Kuhlen La confiance, qui est le fait de croire dans la fiabilité d'une personne ou d'un système, n'a cessé de gagner en importance sur le plan éthique et économique pour tout ce qui concerne les marchés électroniques et les services d'information à valeur ajoutée sur l'Internet. Cette confiance dans les systèmes électroniques et les services à valeur ajoutée comme les moteurs de recherche, le commerce électronique, le paiement électronique, les systèmes experts et les agents intelligents est nécessaire parce que l'utilisateur, qui est incapable de connaître suffisamment bien les principes de base du fonctionnement des systèmes et leurs performances, ne peut se passer de ces systèmes. Aussi la confiance est-elle ce qui remplace nécessairement la connaissance et la certitude. L'acceptation et, du même coup, l'utilisation des dispositifs électroniques d'information, dans la vie privée comme dans la vie professionnelle (commerciale et publique), sont subordonnées à l'existence de mécanismes et d'institutions (centres de confiance) qui contribuent à assurer la confiance.
LA PROTECTION DE LA VIE PRIVEE DANS LA SOCIETE DE L’INFORMATION Mr Marc Rotenberg La protection de la vie privée reste une préoccupation majeure des nations démocratiques. Le droit au respect de la vie privée est inscrit dans les législations nationales et dans les normes internationales. Les tribunaux comme les commentateurs n'ont pas manqué de souligner le prix de ce droit à la dignité humaine, au libre-arbitre et à l'autonomie démocratique. Pourtant, aujourd'hui, les gouvernements se trouvent confrontés à de nouvelles formes d'atteintes à la vie privée. Les technologies, en ouvrant des possibilités inédites, ont dans le même temps créé d'autres menaces. Le monde des affaires cherche à exploiter la valeur commerciale de l'identité individuelle. Et les systèmes de surveillance automatique ne cessent de se répandre. Quel avenir le XXIe siècle réserve-t-il à la protection de la vie privée ? Quelle part les gouvernements et les citoyens doivent-ils prendre à la protection de la vie privée ? Quel rôle doit jouer l'UNESCO en la matière ?
CONFIDENTIALITE, SECURITE ET RESPECT DE LA VIE PRIVEE Mr Rohan Samarajiva Dans les pays développés, le débat sur la question du commerce électronique prend place dans un milieu où le raccordement au réseau de télécommunication de base est presque universel. Le problème, pour ces sociétés accoutumées depuis des décennies aux interactions dans "l'espace virtuel" du réseau téléphonique, est de passer au stade de transactions et à des relations plus approfondies. Dans la plupart des pays du Sud, le raccordement au réseau de télécommunication de base n'est encore qu'une perspective lointaine. Aussi la question de la confidentialité, du respect de la vie privée et de la sécurité se pose-t-elle en des termes très différents. Des études américaines ont montré qu'aux Etats-Unis, la compagnie du téléphone est l'une des institutions auxquelles la société fait le plus confiance. En Asie, par contre, dans la plupart des pays, les opérateurs de télécommunications, qui sont des organismes publics détenteurs d'un monopole, inefficaces et non réglementés, n'ont pas cette image. La mauvaise qualité du service rendu, la corruption et tout ce qui en découle en font probablement les institutions en qui la société a le moins confiance. Aussi, les concepteurs des systèmes de commerce électronique devront-ils aborder le problème autrement. Le respect de la vie privée, entendu comme la capacité de poser des limites aux relations sociales, est un désir fondamental de l'homme, qui prend des formes différentes dans des contextes culturels différents. Les renseignements d'accès (par exemple, les numéros de téléphone) dont la confidentialité est jalousement gardée dans les économies occidentales développées, sont considérés tout autrement dans un contexte tel que celui de Sri Lanka. La question qui se pose est celle de créer la confiance dans des contextes socio-économiques et culturels différents. Le cas de Sri Lanka peut aider à éclairer le problème.
VERS UNE COOPERATION REGIONALE POUR LA PROTECTION
DU DROIT AU RESPECT DE LA VIE PRIVEE DANS LE CYBERESPACE : Mr Kazem Motamed Nejad Après avoir souligné combien il importe de protéger les droits exclusifs et le droit à la sécurité de l'information dans le monde contemporain, l'auteur indique quels sont les fondements théoriques de la liberté de l'information et les principes qui en régissent juridiquement la limitation au niveau mondial. Il procède à une étude comparée de quelques-unes des lois récemment adoptées dans les pays industriels pour protéger les droits exclusifs et le droit à la sécurité de l'information et de la communication dans ce domaine nouveau qu'est le cyberespace. Il évoque ensuite les efforts accomplis dans certains pays en développement, dont l'Iran, pour établir une nouvelle législation de protection des logiciels. En conclusion, il insiste sur la nécessité d'une protection mondiale des droits exclusifs et du droit à la sécurité de la communication électronique ainsi que de la transmission de l'information, et prône un développement de la coopération internationale et régionale.
LES NOUVELLES FRONTIERES DE LA VIE PRIVEE Mr Simon Davies Le respect de la vie privée apparaît de plus en plus dans le monde entier comme un problème clé du droit et de la culture. La nouvelle Directive européenne sur la protection des données qui entrera en vigueur en octobre 1998 fournit les fondements d'un régime universel du droit au respect de la vie privée. Ce droit est d'ailleurs de plus en plus défendu au niveau individuel par les usagers d'Internet qui font appel à une gamme très efficace de nouvelles technologies propres à préserver la confidentialité de l'information. En même temps, le respect du caractère privé de l'information est désormais un thème qui mobilise les associations de consommateurs et autres groupes d'influence. En d'autres termes, cette préoccupation a désormais cessé d'être marginale. La présente intervention décrit les nouveaux aspects du problème qui risquent d'influencer la vie économique et politique au cours de la prochaine décennie.
PROTECTION OU ACCESSIBILITE Mr Yousef Nusseir Dans un monde où de plus en plus de gens sont raccordés à l'Internet et peuvent ainsi accéder librement à d'énormes quantités de données, il devient de plus en plus difficile de faire la différence entre ce qui devrait relever de la protection et ce qui met en jeu l'accessibilité ; comment définir les droits exclusifs et le domaine public ; comment définir le droit à la sécurité et le droit à l'accès. Il s'agit là d'enjeux éthiques, culturels et juridiques, analysés comme tels dans cette intervention, qui parallèlement rend compte de l'expérience jordanienne d'établissement d'un Système national d'information, l'Intranet national, et de la manière dont les problèmes en jeu sont abordés.
PROTECTION DES DROITS A LA PROPRIETE ET A LA SECURITE DANS LE CYBERESPACE : LES INITIATIVES DE L'INDE Mr A.K. Chakravarti Sur la base des capacités en matière de génie logiciel dont elle s'est dotée, l'Inde est en train de formuler un plan d'action qui lui permettra de devenir une puissance mondiale dans le domaine de l'informatique et l'un des plus importants développeurs-exportateurs de logiciels dans les dix années à venir. Dans ce cadre, des études ont été faites et des recommandations formulées au sein d'un Comité permanent interministériel chargé de mettre au point un droit du cyberespace protégeant les droits exclusifs et la sécurité dans le cyberespace. Ces travaux s'appuient sur une série d'études techniques de la législation internationale sur certains points essentiels en rapport avec le cyberespace (Loi sur la signature numérique, droit de propriété intellectuelle, techniques de cryptage, orientations et législation en matière de délit informatique) afin de dresser un parallèle avec ce qu'il est projeté de faire en Inde. (Site Web : www.doe.gov.in). La démarche suivie pour établir ce droit du cyberespace est décrite en détail.
LES NOUVELLES TECHNOLOGIES DE L'INFORMATION L'auteur décrit l'infrastructure nationale mise en place dans le domaine de l'information à l'appui de l'informatisation des administrations publiques en République de Moldova, ainsi que la promotion de mesures législatives pour tenir compte de l'utilisation croissante des technologies de l'information. Elle traite en particulier de questions telles que la protection et la sécurité des données sur le réseau informatisé, les dispositions juridiques qui régissent les relations entre les différents partenaires du processus d'informatisation de la société et la protection du droit d'auteur.
LE CYBERESPACE AU XXIe SIECLE : LES PROPOSITIONS ACTUELLES Mr Peter Randle C'est en 1996 qu'a été pour la première fois proposé un cadre juridique international pour les transactions sur l'Internet : les traités complétant la Convention de Berne issus de la Conférence diplomatique de l'OMPI (Genève, décembre 1996). Depuis, les Etats-Unis et l'Union européenne ont pris diverses dispositions législatives mais, aujourd'hui, alors que deux années se sont écoulées, le débat fait rage sur la question de savoir comment au juste appliquer les propositions de l'OMPI ; d'où le report en juin aux Etats-Unis de l'adoption des textes d'application de ces propositions. Dans cette intervention, l'auteur examine les différents droits et les enjeux qu'ils comportent pour l'industrie et pour les consommateurs et se demande si le cadre juridique hybride proposé est bien équilibré et s'il est acceptable à l'ère des autoroutes de l'information.
EDUCATION MONDIALE ET COMMUNAUTES LOCALES Kristof Nyíri
APPRENDRE LA CITOYENNETE DANS LE CYBERESPACE Mr Vincent Mosco L'auteur traite de la nécessité de se préoccuper du contenu de l'éducation au cyberespace et plus précisément de la nécessité d'apprendre aux gens à se comporter en citoyens, et pas simplement en consommateurs, dans cette nouvelle sphère. Il commence par rappeler trois des grandes conclusions qui se dégagent des recherches sur l'éducation au cyberespace. Premièrement, pour l'essentiel, elle n'existe que dans le monde développé ; le cyberespace est un espace vide pour la majorité de la population mondiale. Deuxièmement, en Occident, on met surtout l'accent sur l'enseignement technique, sur l'initiation des gens au maniement de la technologie. Troisièmement, lorsqu'on se préoccupe du contenu, c'est surtout pour apprendre aux gens à être des consommateurs de produits et de services. Sans nier l'intérêt d'être de bons techniciens et de bons consommateurs, l'auteur souhaite qu'on s'emploie davantage à faire des gens de bons citoyens du cybermonde, à leur enseigner l'éthique du cyberespace, c'est-à-dire à le traiter comme un espace public, un nouvel "indivis mondial" auquel tous ont le droit d'accéder et de s'intégrer, où tous peuvent raisonnablement s'attendre à ce que leur vie privée et la sécurité des données soit respectée et où, aux côtés de ces droits, règne un sens civique de la participation et du respect mutuel entre cybercitoyens. En conclusion, l'auteur recense quelques programmes qui aident à répandre cette nouvelle forme de citoyenneté.
EDUCATION DANS UN MONDE EN MUTATION Mr Vladimir G. Kinelev Le monde est perpétuellement en mouvement. Sa mutabilité croissante est en train de devenir un trait constitutif du cours de l'histoire mondiale. Pour la première fois dans l'histoire de notre civilisation, des générations de produits et d'idées naissent et disparaissent plus vite que les générations humaines. Dans cet univers en mutation, l'humanité s'efforce d'asseoir son unité sur de nouvelles bases, de créer une nouvelle image de la science, de redéfinir le lien entre l'artificiel et le naturel et de réaménager de fond en comble le monde de l'éducation. Les réseaux mondiaux et les systèmes informatiques ouvrent des perspectives infinies à l'éducation. Ces réseaux et systèmes seront la base d'une nouvelle infrastructure mondiale - l'infosphère, avec ses nouveaux modes de pensée, sa nouvelle éthique, une culture de la communication recomposée qui fait apparaître d'autres dimensions de la conscience. Aujourd'hui, l'une des tâches les plus difficiles et les plus prégnantes est celle d'utiliser à plein l'exceptionnel potentiel du cyberespace qui nous aidera à mettre en oeuvre sans faillir une nouvelle formule d'éducation : "D'une vision holistique du monde à une personnalité holistique à travers un savoir holistique."
LA MONDIALISATION ET L'ETAT A L'ERE DE L'INFORMATION : Mr Derrick L. Cogburn, Ph.D. La révolution informatique et l'ère de l'information qu'elle ouvre se caractérisent par un phénomène de mondialisation. Or, si ce terme est aujourd'hui courant jusque dans les médias populaires, les définitions du phénomène sont parfois confuses et souvent contradictoires. Il faut donc décortiquer et explorer ce concept pour en faire un instrument analytique opérationnel et comprendre son impact économique et social. La présente communication tente de faire le tour du concept de mondialisation, y compris les différents scénarios sur lesquels il débouche et réfléchit à son impact sur la société, l'Etat et l'économie en s'arrêtant sur quelques exemples concrets de défis et promesses de l'infrastructure globale de l'information et de la société mondiale de l'information, face aux besoins croissants de connaissances, d'éducation et de formation des citoyens du monde.
MONDIALISATION ET CULTURE Mr Alexander N. Yakovlev L'auteur considère que l'humanité n'est pas prête pour l'avènement d'un nouvel âge de l'information, ni pour les transformations morales, économiques et politiques qu'il suppose. Toutes les sociétés sur terre vivent encore dans un monde archaïque d'Etats, de frontières, de passeports, de visas, de barrières douanières. La mondialisation changera du tout au tout non seulement l'infrastructure informative de la "nouvelle société" mais aussi la perception humaine du monde, son passé, son présent et son avenir, pour en faire une communauté des nations. En dépit des aspects manifestement positifs de l'homogénéisation et de l'universalisation du développement culturel, la menace de dégradation humaine dans toutes les cultures nationales est réelle. De nouveaux principes éthiques, un code de responsabilité éthique doivent être élaborés. Des problèmes généraux de responsabilité humaine se posent, ce pourquoi il faut établir un équilibre raisonnable entre individualisme et collectivisme dans cet espace mondialisé et fixer les limites de la liberté.
ETHIQUE ET MODES DE REGULATION DE L'INTERNET Mr Jacques Berleur Certains modes de régulation de l'Internet sont aujourd'hui mis en place, même au travers de batailles parfois âpres et dures. Il y a, tout d'abord, des modes techniques, qu'il s'agisse de techniques de labelisation ou de filtrage, sans oublier, évidemment, la régulation par les standards techniques eux-mêmes. Il est intéressant de préciser les contenus auxquels s'appliquent ces dispositifs techniques et de voir quelles sont les qualités de certains software et techniques de rating associés. Les systèmes les plus en vogue filtrent le matériel "adulte", la violence, le langage outrancier, les jeux de pari (gambling), etc. Viennent ensuite des modes d'autorégulation, au travers de systèmes aussi divers que les codes de conduite, les chartes, les principes ou orientations générales (guidelines), jusque et y compris des règles de Netiquette. Ici encore, il est intéressant de voir le contenu qui est autoréglementé. On le verra à travers l'analyse de codes de fournisseurs de service d'Internet ou d'orientations qui semblent aujourd'hui s'imposer dans le cadre du commerce électronique. La brièveté des codes permet-elle d'aborder avec réalisme les problèmes qu'ils entendent régler ? Sont-ils élaborés avec toutes les parties intéressées ou ne jouent-ils que comme défenseurs de la profession ? Troisième mode de régulation : les lois. C'est ici, sans doute, qu'apparaît au mieux la limite de la territorialité. Rares sont les régions du monde qui règlent certaines questions au travers de dispositifs tels que ceux proposés, par exemple, par les Directives européennes. Les recommandations d'organismes tels que l'OCDE n'ont pas cette force stringente. Enfin, la question doit être posée des modalités proprement éthiques de régulation, même si l'éthique s'affirme déjà dans les autres modes. N'y a-t-il pas aussi des questions éthiques qui devraient échapper à l'autorégulation ? L'examen des domaines couverts par les différents modes de régulation peut aussi révéler des domaines non couverts et dont l'importance peut et doit être appréciée sur le plan éthique. On songe ici, évidemment, à des questions aussi importantes que l'équité dans l'accès, par exemple.
DEVELOPPER LA PARTICIPATION DANS LA SOCIETE Mr Kweku Appiah Pouvoir accéder aux technologies modernes de l'information et de la communication est capital pour le développement. Il est aujourd'hui à la fois techniquement et économiquement possible d'offrir des services faisant appel à ces technologies au monde entier et de partout, y compris des pays en développement, s'élève une demande accrue d'accès au réseau mondial d'information en train de se mettre en place. L'auteur examine les problèmes que pose la conception de stratégies visant à développer l'accès de tous, y compris des personnes marginalisées, à l'infrastructure mondiale de l'information et aux services qu'elle procure. Il préconise l'adoption d'une stratégie qui, tout en tenant compte de la diversité qui existe au sein des pays et entre eux, favorisera l'adhésion dynamique et concurrentielle de tous à la société mondiale de l'information.
LE CYBERESPACE COMME DOMAINE PUBLIC : Mr Cees Hamelink L'auteur traite de la nécessité de mobiliser les forces de la société civile au service de la protection du domaine public en péril. Il propose pour l'avenir des formes d'administration du cyberespace qui aillent dans le sens de l'intérêt public et donne son avis sur le mouvement mondial pour une Charte populaire de la communication.
Y A-T-IL SUR L'INTERNET UN ESPACE POUR D'AUTRES LANGUES Mr Daniel Pimienta Cette communication est le résultat d'une recherche en cours sur la place du français, de l'espagnol et d'autres langues latines sur l'Internet, exécutée avec le soutien de l'Union latine et de l'Agence de la francophonie. La méthodologie retenue consiste à utiliser les moteurs de recherche sur l'Internet en comptant les occurrences d'un échantillon de mots choisis avec le plus grand soin. Les résultats montrent une augmentation progressive de la présence des langues autres que l'anglais. En ce qui concerne la culture, un indice des citations sur l'Internet des personnages célèbres, représentatif de la présence d'environnements culturels différents, est calculé. Il en ressort l'existence d'un "facteur de renommée mondial" qui n'est pas nécessairement favorable aux Etats-Unis, surtout lorsqu'on ne mélange pas trop culture et commerce. L'auteur encourage toutes les cultures et toutes les langues à créer leurs propres ressources d'information sur l'Internet et juge qu'aujourd'hui ce qui est menacé pourrait être bien plutôt le fondement culturel de l'Internet, édifié sur les valeurs universelles du partage et de la solidarité, que telle langue ou culture en particulier.
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