(c) 3e objectif - Diffusion de produits dérivés
: élaborer des produits à partir de ces documents
et leur assurer une large diffusion.
(d) 4e objectif - Sensibilisation : faire mieux prendre
conscience à tous les pays du monde de la valeur de leur
patrimoine documentaire, en particulier des aspects de ce patrimoine
présentant un intérêt universel.
2.3 QUELQUES POSTULATS DE BASE
2.3.1 Le programme "Mémoire du monde" repose
sur l'idée que certains documents, collections ou fonds
appartiennent au patrimoine commun de l'humanité, à
l'instar des sites présentant un intérêt universel
exceptionnel qui sont inscrits sur la Liste du patrimoine mondial
de l'UNESCO. Ces documents, collections ou fonds sont donc considérés
comme revêtant une importance telle qu'elle transcende les
frontières entre les époques et entre les cultures.
Il convient par conséquent de les préserver pour
le bénéfice des générations présentes
et futures, et de les mettre, sous une forme ou une autre, à
la disposition de tous les peuples du monde.
2.3.2 Préservation du patrimoine documentaire et élargissement
de l'accès à ce patrimoine sont deux aspects complémentaires.
Ainsi, des enregistrements numériques ou des copies sur
microfilm peuvent être consultés par un plus grand
nombre de personnes ; inversement, la demande peut inciter les
dépositaires d'éléments du patrimoine documentaire
à entreprendre des projets de préservation.
2.3.3 Le programme s'emploie à encourager l'accès
aux documents, sans discrimination aucune, chaque fois que cela
est possible. Dans certains cas, toutefois, les activités
de préservation ont pour effet d'accroître l'accès
à des documents présentant une valeur spéciale
aux yeux de certaines communautés. On s'efforcera de consulter
les communautés concernées. Il sera tenu compte
de leurs souhaits et de leur sensibilité culturelle au
moment de fixer les conditions d'accès.
2.3.4 La négligence à l'égard du patrimoine
documentaire tient souvent au fait que l'on n'en perçoit
pas l'intérêt. Aussi attache-t-on une importance
considérable à l'organisation et à la conduite
active de campagnes de sensibilisation.
2.4 QU'EST-CE QUE LE PATRIMOINE DOCUMENTAIRE ?
2.4.1 Les définitions proposées ci-après
précisent les différents types de documents constituant
le patrimoine documentaire et les lieux où ils sont déposés.
2.4.2 Le patrimoine documentaire comprend des documents isolés,
des collections et des fonds d'archives.
2.4.3 Aux fins du programme "Mémoire du monde",
un document est défini comme se composant de deux éléments :
l'information qu'il contient et le support sur lequel celle-ci
est fixée. L'information peut se présenter sous
de nombreuses formes différentes et être fixée
sur toutes sortes de supports. Il peut s'agir par exemple :
2.4.4 Une collection est un ensemble de documents individuels
sans lien organique. Un fonds est une collection ou un ensemble
de collections détenu par une institution ou un particulier,
ou un ensemble ou groupe organisé de documents détenu
par un service d'archives. Parmi les institutions qui détiennent
des collections ou des fonds figurent les bibliothèques,
les dépôts d'archives, les organisations telles qu'organismes
éducatifs et religieux et institutions historiques, les
musées, les administrations publiques et les centres culturels.
Les conditions d'accès à ces éléments
du patrimoine documentaire varient d'un pays et d'une institution
à l'autre en fonction de la législation et de la
politique propre à chaque organisme.
2.4.5 Les documents peuvent également être la propriété
de particuliers ou d'organismes privés. Le degré
d'accès à ces documents varie considérablement
entre deux cas extrêmes : refus total d'en autoriser
la moindre consultation et liberté totale d'accès.
Si le contenu de certains éléments de ce patrimoine
privé demeure inconnu, nombreux sont les détenteurs
de documents prêts à les rendre publics, ce qui permettra
de les étudier pour en déterminer la valeur.
2.4.6 Le programme "Mémoire du monde" ne fait
aucune distinction entre patrimoine public et patrimoine privé.
Quand bien même l'accès en est restreint, le patrimoine
documentaire privé doit être considéré
comme une composante potentielle de la Mémoire du monde.
Le programme offre un mécanisme pour le recensement des
collections privées. Il est fréquent que des documents
privés passent dans le domaine public à la faveur
d'un changement de circonstances. Il importe, dans l'intérêt
du patrimoine mondial, de préserver ces trésors
documentaires, qu'ils demeurent entre des mains privées
ou deviennent propriété publique.
2.4.7 La tradition orale, transmise de génération
en génération, contribue elle aussi à garder
la mémoire du monde vivante. Le programme "Mémoire
du monde" doit en encourager la perpétuation et l'étude
en soutenant les projets relatifs à l'histoire orale, assurant
ainsi la continuité des cultures par le recours à
la technologie. C'est là un impératif dans bien
des sociétés où les moyens traditionnels
de perpétuer la mémoire sont en train de se perdre.
2.5 STRATEGIES
2.5.1 Quatre grandes stratégies sont mises en oeuvre en
vue de réaliser les objectifs du programme.
2.5.2 1re stratégie - Identification du patrimoine documentaire
: il s'agit tout d'abord d'identifier les éléments
du patrimoine documentaire présentant un intérêt
universel et de les recenser dans un Registre de la "Mémoire
du monde", que ces éléments soient déjà
conservés de façon adéquate ou qu'ils nécessitent
des soins immédiats. L'important n'est pas de savoir si
tel ou tel élément appelle une intervention, mais
s'il présente un intérêt universel. On n'a
donc pas cherché à préjuger du nombre des
projets qui seront inscrits dans le registre, dont il y a lieu
de penser qu'il évoluera, à peu près de la
même façon que la Liste du patrimoine mondial a évolué,
au fil des ans, depuis sa création.
2.5.3 2e stratégie - Sensibilisation de l'opinion quant
à la nécessité de sauvegarder le patrimoine
documentaire : il importe en second lieu d'attirer l'attention
de l'opinion dans le monde sur l'intérêt du patrimoine
documentaire mondial et sur la nécessité de le préserver.
Cela est particulièrement important dans les pays et régions
dont le patrimoine documentaire est en péril. Les activités
consisteront notamment à organiser des campagnes de sensibilisation,
à faire connaître le programme et à soutenir
des programmes d'éducation et de formation. Certains pays
n'ont pas conscience de la richesse de leur patrimoine documentaire.
Ces trésors pourraient être sauvés si leur
valeur était mieux connue.
2.5.4 3e stratégie - Préservation d'éléments spécifiques du patrimoine documentaire : il s'agit ensuite d'entreprendre des projets visant à préserver des éléments particuliers du patrimoine déjà inscrits sur le Registre de la "Mémoire du monde". Diverses formes d'aide pourraient être envisagées selon les projets. L'inscription sur le registre n'ouvre pas automatiquement droit à une assistance financière. Le financement de projets de préservation au titre du programme est décidé en fonction des besoins, du montant des fonds disponibles et des objectifs du programme. Certains de ces projets pourront être financés par des sources autres que l'UNESCO. Cela est même souhaitable.BR>
2.5.5 4e stratégie - Accès - Promotion et diffusion
du patrimoine documentaire : un certain nombre d'éléments
du patrimoine documentaire inscrits sur le Registre de la "Mémoire
du monde" seront reproduits sous des formes diverses en vue
de les promouvoir et de les diffuser à des fins commerciales
ou non commerciales. Cela sera fait en coopération avec
les propriétaires et les dépositaires de ces documents.
L'objectif est double : rendre le patrimoine documentaire du monde
accessible au plus grand nombre et collecter des fonds qui serviront
à financer des activités du programme, et notamment
des projets de préservation, dans le cadre de la troisième
stratégie.
2.5.6 Les programmes complétant le programme international
"Mémoire du monde" aux niveaux national et régional
seront encouragés. Chaque programme national ou régional
"Mémoire du monde" fera siennes les quatre grandes
stratégies, en les adaptant aux besoins locaux, et constituera
un élément important de l'infrastructure du programme
international. De fait, le succès de ce dernier dépendra
dans une large mesure des efforts, des initiatives et de l'enthousiasme
des comités nationaux et régionaux.
2.6 LES PEUPLES DU MONDE
2.6.1 Le programme "Mémoire du monde" vise à
susciter dans le monde entier une prise de conscience de l'intérêt
du patrimoine documentaire dont dispose chaque nation. Il importe
qu'un nombre aussi grand que possible de personnes comprennent
la portée du programme, la nature des matériels
que désigne l'expression "patrimoine documentaire",
le sens que revêt leur inscription et le fait que la valeur
attribuée à ce patrimoine tient à toutes
sortes de raisons, et pas seulement à son ancienneté
ou à ses qualités esthétiques.
2.6.2 Les groupes minoritaires au sein de certaines nations doivent
être eux aussi encouragés à considérer
leur patrimoine documentaire comme une composante potentielle
du patrimoine mondial. Il peut se faire également que le
patrimoine documentaire de certaines minorités ou ethnies
déborde les frontières nationales. Ces groupes souhaiteront
peut-être participer au programme par l'intermédiaire
de comités "Mémoire du monde" régionaux
ou sous-régionaux.
2.7 SAUVEGARDE DE LA MEMOIRE COLLECTIVE
2.7.1 Le programme "Mémoire du monde" appuie
certains projets de préservation, en leur apportant éventuellement
un soutien financier. Ces projets doivent être conformes
aux usages professionnels les plus exigeants chaque fois que cela
est possible, et observer les normes recommandées (voir
annexe D).
2.7.2 La préservation comprend toutes les actions requises
pour assurer l'accès au patrimoine documentaire aussi longtemps
que nécessaire. Les personnes responsables de la préservation
du patrimoine documentaire dans le cadre du programme "Mémoire
du monde" devront avoir reçu une formation adéquate,
afin d'être capables d'élaborer et de mettre en oeuvre
des stratégies appropriées.
2.7.3 La préservation englobe également des programmes
de conservation spécifiques visant à sauver des
documents en péril. Les documents fragiles exigent souvent
des techniques de conservation hautement spécialisées.
2.7.4 Dans certains cas, la préservation d'un élément
du patrimoine documentaire peut être réalisée
par transfert sur un nouveau support, en particulier par numérisation,
photographie, copie sur microfilm, photocopie ou réenregistrement.
La sauvegarde de l'information contenue dans certains documents
ne peut être assurée que par de telles méthodes.
Le problème délicat de l'élimination ou de
la conservation des originaux doit être résolu au
cas par cas. Dans certains cas, il sera approprié et possible
de garder et conserver l'original ; dans d'autres, cela ne sera
pas faisable ou souhaitable.