Point of view
WebWorldCommunication and MediaPublic Domain InformationBuilding the Infostructure
 
World Communication & Information reportsObservatory on the Information Society

ConferencesPublications

UNESCO CII SectorSearchSitemap

 

 

 

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication : la chance des PME/PMI dans les pays en développement
par Alain Modoux

Dans un monde où le développement technologique est en train d’effacer les notions de temps et d’espace, la libre circulation des capitaux, des biens et des services a conduit à l’ouverture progressive de nouveaux marchés jusque là fermés ou inexploités. Aujourd’hui, la plupart des entreprise du commerce et de l’industrie, qu’elles soient nationales ou transnationales ont à traiter avec des partenaires et clients dont les traditions et valeurs de référence sont extrêmement diverses. Aussi la conduite des affaires au-delà des frontières nationales dépend-elle de plus en plus de la capacité des entreprises à adapter leurs stratégies de communication aux défis des échanges interculturels. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) peuvent grandement les y aider.

Dans les pays en développement, le principal obstacle à franchir pour tout utilisateur potentiel des NTIC est celui de l’accès à l’information. Dans les pays industrialisés du Nord, cet accès ne pose, en effet, guère de problèmes: l’équipement électronique nécessaire est partout disponible à des coûts en constante diminution, l’alimentation électrique est assurée, les infrastructures des télécommunications couvrent l’ensemble du territoire national et les fournisseurs d’accès à l’internet sont multiples et affranchis de tout contrôle étatique. Subsiste naturellement la barrière économique qui, pour les personnes à revenus modestes, n’est pas négligeable. Il en va tout autrement dans les pays en développement où, en-dehors dans grands centres urbains, les conditions matérielles, techniques, financières, voire politiques de l’accès à l’information constituent des obstacles parfois insurmontables. Des centaines de millions d’hommes et de femmes se trouvent aujourd’hui totalement exclus de la "société de l’information", privés d’un moyen extraordinaire - en l’occurrence l’internet - d’exercer leur droit à l’information. Le fossé se creuse non seulement entre le Nord et le Sud, mais aussi à l’intérieur du Sud, entre notamment les élites et les classes moyennes des villes et les populations les plus défavorisées vivant dans les mégapoles et les campagnes.

Une prise de conscience quant à l’importance de ces problèmes et à l’urgence d’y faire face existe certes au niveau des instances intergouvernementales et d’un certain nombre d’organisations non-gouvernementales. A cet égard, un pallier décisif a été franchi en juin 1997, avec la tenue à Toronto de la Conférence sur "Le savoir au service du développement à l’ère de l’information". Son suivi est assuré par un consortium, le "Partenariat pour le savoir mondial", qui est composé d’une quarantaine d’Etats, d’organisations intergouvernementales et non-gouvernementales et dont le secrétariat est situé à Washington, au siège de la Banque mondiale (http://www.globalknowledge.org). Mais le chemin est long de la prise de conscience à la mise en oeuvre de projets concrets répondant à l’ampleur et à la multitude des enjeux sociaux, économiques, politiques, culturels et éthiques que comporte la "société de l’information".

Il est vrai aussi que l’internet constitue aujourd’hui une formidable espérance pour des milliers d’individus qui, jusque là, étaient cantonnés dans le silence en raison du manque de moyens appropriés pour communiquer au-delà de la portée de leurs voix ou étaient condamnés au silence par la volonté de leurs dirigeants. Grâce à l’internet, ces hommes et ces femmes peuvent désormais sortir de leur isolement ou s’affranchir de la censure et exercer librement leur droit "de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées", comme le stipule l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme . Ils sont en train de conquérir, sur le plan de l’information, leur "souveraineté personnelle".

Ce qui est valable pour les personnes l’est à plus forte raison pour les petites et moyennes entreprises et industries (PME/PMI) installées dans les pays en développement. Les NTIC, en particulier l’internet, offrent, en effet, à ces PME/PMI des possibilités nouvelles. D’une part, elles leur permettent de diffuser l’information, en ouvrant par exemple un site sur l’internet pour se faire connaître à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières nationales et présenter leurs produits et services au plus grand nombre. D’autre part, elles facilitent la recherche et la réception de l’information, notamment en naviguant sur l’internet pour, par exemple, identifier de nouveaux marchés potentiels, suivre l’évolution et les tendances du marché des matières premières, observer la concurrence tant au niveau des prix qu’à celui de la qualité et de la diversité des produits et services, trouver de nouveaux partenaires commerciaux ou industriels ou encore se familiariser avec les diverses réglementations nationales, communautaires et internationales relatives au commerce mondial (contingentements, régimes fiscaux et douaniers, protection de la propriété intellectuelle et des droits réservés, protection de la santé, etc). Les NTIC peuvent aussi permettre aux PME/PMI des pays en développement de participer au commerce électronique international qui commence à s’imposer graduellement dans les pays industrialisés du Nord. En outre, la messagerie électronique est en mesure de pallier les insuffisances et lenteurs du courrier postal et le coût souvent exorbitant des communications téléphoniques traditionnelles (quand elles sont possibles!). Enfin et surtout, les NTCI ouvrent des possibilités jusqu’ici insoupçonnées d’instruire et former en permanence le personnel des PME/PMI grâce à l‘utilisation du matériel didactique multimédia élaboré le plus souvent à l’étranger soit par les centres traditionnels de formation, soit par les grandes associations professionnelles de la branche ou les chambres de commerce. Il est évident que ce matériel se révélera parfois inadapté aux besoins spécifiques de certaines PME/PMI ou aux conditions économiques, sociales et culturelles existant localement. Mais ce sera précisément une occasion pour les chefs d’entreprises et les responsables des ressources humaines d’engager un dialogue, via courrier électronique, avec les pourvoyeurs du matériel didactique afin d’attirer leur attention sur le caractère inadapté ou insuffisant de la formation proposée.

En conclusion, malgré les difficultés d’ordre matériel, technique, financier ou politique qui entravent encore l’essor rapide et équitable des NTCI dans les pays en développement, les PME/PMI ont une chance unique à saisir pour sortir de leur isolement et se placer favorablement dans ce monde "global" que les uns saluent, que les autres dénoncent. Il n’empêche que la globalisation est un fait et que la question est de savoir comment s’organiser pour y faire face, . L’accès à l’information est une condition certes insuffisante pour réussir, mais elle est indispensable aux PME/PMI des pays en développement comme à celles des pays développés pour survivre et, si possible, prospérer.

  Mr Alain Modoux est Sous Directeur-Général de l’UNESCO en charge de l’Unité pour la liberté d’expression et la démocratie

Texts published in 'Points of View' may not reflect UNESCO's position.

Point of view - Archives
 

back to WebWorld


cii.webmaster@unesco.org
© Copyright 1998 - UNESCO