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DE L'INTERET GENERAL A L'ERE CYBER
Par Philippe Quéau

Le procès Microsoft pose de manière éclatante la question de la nature de l'intérêt général à l'ère cyber. La société de l'information a un besoin vital de "standards" pour pouvoir fonctionner avec transparence et universalité. Ainsi l'Internet est avant tout un standard (le protocole TCP/IP). De même le succès du World Wide Web tient au standard HTML, développé par une structure publique (le CERN).

Cette tendance à la standardisation est profondément inhérente à la nature de la mondialisation des échanges d'information. Quand un standard est adopté universellement, cela lui donne une valeur universelle, ce qui profite donc à l'intérêt général. Le problème, c'est que certains standards "quasi-universels" ne sont pas dans le domaine public, mais qu'ils appartiennent à des groupes privés.

Or un standard universel dans le cadre du "marché" cela s'appelle aussi un "monopole". Toutefois les monopoles ne sont pas acceptables du point de vue du bon fonctionnement du marché (cf. l'existence de la loi anti-trust). La question qui se pose, au-delà des péripéties du procès Microsoft, est tout à fait fondamentale pour l'avenir: Est-ce que les standards ("de facto" ou "de jure") qui s'imposent dans la société de l'information devraient tomber naturellement dans le "domaine public mondial" ?

La question pourrait être aussi formulée ainsi: Est-ce que les gouvernements du monde, représentés par une instance supra-nationale comme les Nations Unies, ou l'UNESCO qui est l'organisation des Nations Unies spécialisée dans ces problèmes, ne devraient pas allier leurs forces (ressources intellectuelles et financières, union mondiale des laboratoires publics de recherche en informatique) pour faire émerger des standards non-propriétaires, appartenant au domaine public mondial?

LINUX donne l'exemple de l'efficacité d'une démarche collaborative ouverte à tous dans l'élaboration de logiciels libres. Ce logiciel pourrait être grandement amélioré (interfaces graphiques, installations, applications, ... ) si les Etats décidaient de s'unir pour en faire un fer de lance d'une approche "domaine public" des logiciels "essentiels" (système d'exploitation, traitement de texte, tableurs, gestion de bases de données, interfaces graphiques).

Cela serait très cohérent par rapport aux immenses besoins de formation en ces domaines. En effet, comment se former sur des logiciels fermés, "propriétaires"? Comment distribuer au plus grand nombre de personnes des logiciels si ceux-ci doivent être payés au prix fort ?

Le moment n'est-il pas venu de mener une réflexion sur ces questions à l'échelle mondiale (et non plus à l'échelle des Etats, qui sont tous trop "petits" par rapport à l'ampleur de la question) ? Il y va de l'intérêt supérieur de l'humanité de créer un vaste "domaine public de l'information", ouvert à tous, sans restrictions, si l'on veut réellement commencer à réduire l'écart entre info-riches et info-pauvres.

Les textes publiés dans le "Point de vue" ne reflètent pas nécessairement la position de l'UNESCO.

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