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B. - Préparation de la recherche dans les archives

1. Guides et inventaires généraux.

Les annuaires, brochures et dépliants d'information peuvent donner une première idée sur le contenu des fonds d'un dépôt ou sur leur répartition, mais les plus importants instruments d'orientation pour le chercheur-qu'il s'agisse de préparer une recherche sur place, de définir le sujet d'une étude ou de formuler avec précision une demande de renseignements par correspondance -sont évidemment les guides descriptifs et les inventaires généraux (ou états généraux, selon la terminologie française habituelle) des fonds. Ce genre d'instruments de recherche existe depuis très longtemps; on peut en citer des exemples impressionnants dès le XIXe siècle, et quelques-uns des inventaires très approfondis des Archives d'État de Vienne, élaborés dans les années 1930, sont encore valables aujourd'hui. Dans d'autres cas, on continue à utiliser d'anciens instruments de recherche, bien qu'ils soient périmés, parce que leur nécessaire renouvellement n'est pas encore fait.

Un nouvel effort pour la publication de guides ou d'états généraux des fonds a commencé dans les années 1950; dans certains cas, il a eu pour cause initiale le besoin de faire le point des destructions et des pertes des années de guerre et d'après-guerre. Les bons exemples ont été suivis, et plusieurs archivistes se sont rendu compte que le manque d'instruments de recherche détaillés pour telle ou telle partie de leurs fonds n'était pas une raison pour ne pas publier un guide général de leur dépôt. L'existence de répertoires OU d'index parfaits pour tous les documents est un idéal à peu près impossible à atteindre en raison de l'accroissement incessant des fonds; elle n'est nullement nécessaire pour rédiger un guide utile. Les Archives fédérales allemandes de Coblence, qui ne sont devenues opérationnelles qu'en 1952, ont publié la première édition de leur guide en 1961, une deuxième édition augmentée en 1968 et une troisième à l'occasion de leur 25e anniversaire en 1977, avec un total de 970 pages contre 211 pages pour la première édition.

Le degré de détail de l'information donné dans les différents guides et états généraux des fonds varie beaucoup d'un cas à l'autre. Cela va de la simple liste d'intitulés des fonds, dont l'utilité pour les chercheurs est mince, jusqu'a l'analyse détaillée sous-série par sous-série, parfois article par article, formule concevable pour les dépôts d'importance limitée mais qui, pour les grands dépôts, aboutirait àdes publications interminables en plusieurs volumes. Bien qu'il n'y ait pas eu d'effort vers une standardisation internationale dans ce domaine (ce qui aurait été utile), nous pouvons aujourd'hui définir à peu près ce qu'on pourrait appeler le guide d'archivcs « normal », c'est-à-dire comprenant environ 1 ou 2 pages pour chaque fonds, un peu plus pour les fonds très importants ou un peu moins pour les moins importants, alors que les fonds provenant d'institutions analogues peuvent être présentes globalement. Pour chaque fonds on donne une histoire tic l'institution d'origine et de ses archives, un aperçu du classement interne et du contenu, la période concernée, le nombre d'articles ou de mètres linéaires, la liste des instruments de recherche existants avec une brève bibliographie, et si possible l'indication des pertes éventuelles et des fonds complémentaires conservés dans d'autres fonds ou d'autres dépôts.

Ce genre de formule donne des guides en un volume de taille maniable pour la plupart des dépôts d'importance moyenne, mais il peut aboutir à plusieurs gros volumes pour les grandes institutions, avec l'inconvénient qu'il s'agit alors de publications trop coûteuses pour que les chercheurs individuels puissent en faire l'acquisition. Une solution consiste alors à diviser le guide général en guides par sections vendus séparément, comme aux Archives générales de Bade-Wurtemberg à Stuttgart. Ou encore, on peut publier, à côté du gros guide détaillé, une version abrégée plus accessible, parfois publiée avant le guide détaillé comme une sorte d' « avant-guide ». Certains dépôts se contentent de publier le guide abrégé, le guide détaillé demeurant en unique exemplaire dans la salle de lecture, ou diffusé seulement auprès de quelques grandes bibliothèques ou instituts de recherche.

Les premiers essais pour systématiser la publication de guides ou d'états généraux des fonds pour l'ensemble des dépôts d'archives d'un pays remontent à la première « vague » des années 1950. Les guides de cinq dépôts d'archives de Thuringe, élaborés selon un plan identique assez bien conçu, ont été les premiers d'une série concernant toute la République démocratique allemande, dont environ 15 volumes ont paru en un peu plus de dix ans. Au cours des années récentes, la demande accrue du publie a redonné une nouvelle impulsion aux guides d'archives. Comme réalisations exceptionnelles nous pouvons citer le très complet Guide des Archives nationales des États-Unis de 1974 (884 pages) et le monumental L'État général des fonds des Archives nationales de France, paru en 4 volumes de 1976 à1980 avec un total de 2.620 pages. Pour les Archives départementales françaises il existe 37 guides parus depuis 1954, et 17 autres sont en cours d'impression ou prêts pour l'impression. La série des guides des Archives d'État de Bulgarie, commencée dans les années 1960, couvre déjà 25 dépôts centraux et régionaux sur 30. D'autres exemples peuvent être cités pour l'URSS, la Pologne, la Tchécoslovaquie, l'Allemagne fédérale, l'Autriche, l'Espagne, le Danemark et les Archives locales anglaises.

Une attention particulière doit être prétée au projet en cours aux Pays-Bas, où le guide en deux volumes de 1973 De Rijksarchiven in Nederland (couvrant la totalité des archives d'État centrales et provinciales) est peu à peu remplacé par une série de guides cumulatifs pour les douze provinces, où seront décrites toutes les openbare archieven, y compris celles des villes et des coopératives hydrauliques de la côte. Les volumes 1 à 6, pour les provinces de Drenthe, Gueldre, Zélande, Nord-Brabant, Groningue et Overijssel, ont été publié en deux ans; ceux de Nord-Hollande et Amsterdam, avec 300-400 pages chacun, sont sous presse; il en restera 4 àpublier, prévus pour 1981-1983 ainsi qu'un guide nouveau pour les Archives centrales (Algemeen Rijksarchief). Nous verrons si l'étude du CIA, en cours, aboutira à recommander la formule développée comme celle des Pays-Bas ou une formule plus abrégée. La formule des Pays-Bas pourrait servir de modèle aux efforts coordonnés du CIA pour les guides régionaux des archives du Tiers Monde, où les guides à jour sont rares. Il semble que le projet de guide des archives d'Asie, subventionné par l'UNESCO, aille dans cette direction. Le projet en cours de guide des archives des institutions internationales doit aussi être mentionné à ce propos. z. La publication des instruments de recherche traditionnels.

Il n'y a pas de divergences fondamentales quant à l'utilité des guides d'archives imprimés, même s'il existe quelques différences d'opinion quant à leur conception. En revanche, pour la publication des instruments de recherche traditionnels tels qu'inventaires, répertoires, catalogues et index de fonds ou de séries, la situation est beaucoup plus complexe. Historiquement, la publication systématique d'instruments de recherche d'archives a toujours été limitée à un petit nombre de pays d'Europe occidentale. Le Publie Record Office d'Angleterre, les Archives de France et de Belgique, ont commencé à publier des inventaires de façon plus ou moins régulière depuis le milieu du XIXe siècle. Un compte approximatif des publications officielles du Public Record Office (inventaires, catalogues, répertoires) depuis 1858 avoisine 1.000 volumes, à quoi s'ajoutent 200 volumes offset publiés en souscription par la List and Index Society. En Belgique, les Archives générales du Royaume ont publié, à elles seules, 156 volumes depuis 1837. En Belgique comme en France, l'impression typographique et l'impression offset se pratiquent concurremment.

Dans la plupart des autres pays, l'impression des instruments de recherche d'archives a été, jusqu'à la seconde guerre mondiale, limitée à quelques cas particuliers, tels que les inventaires analytiques de chartes médiévales ou de fonds d'un intérêt historique exceptionnel. Le changement de politique a été facilité par l'apparition de la technique d'impression offset, moins coûteuse. Les différentes séries d'Inventories, Preliminary Inventories et Special Lists publiés par les Archives nationales des Etats-Unis, les deux dernières ayant commencé en 1941-1942, comptent déjà plus de 300 volumes, en y incluant les inventaires d'archives ennemies saisies pendant la guerre. Le Riksarkivet du Danemark a 15 volumes imprimés en typographie et 40 en offset.. Les Archives d'État de

Marbourg-les premières en Allemagne à avoir entrepris une politique de publication systématique — ont publié 110 volumes depuis 1957. La grande majorité des réponses reçues à notre question « Y-a-t-il une politique de publication pour les inventaires et répertoires ? » est affirmative, bien que dans certains cas la publication n'ait effectivement commencé que depuis quelques années. Les Archives des Pays-Bas, dont la série d'impression en offset date de 1975 ont déjà public 30 volumes pour les Archives centrales et 25-30 pour chacun des dépôts provinciaux, ce qui est un rythme assez impressionnant. Dans d'autres pays, on cite 3, 5 ou 7 volumes, qui couvrent « une partie minime des fonds ». D'autres encore avouent avec regret que leur politique de publication » reste à mettre en œuvre » ou « n'a pas encore démarré. »

On est certainement fondé à se demander si réellement tous les inventaires de tous les fonds de tous les dépôts d'archives du monde méritent d'être imprimés à 200 ou 500 exemplaires, chiffre habituel de ce genre de publications. Pour certains dépôts, dont l'intérêt est essentiellement régional ou local, il semble suffisant de limiter les publications à un guide général bien conçu et aux inventaires des fonds reconnus comme possédant un intérêt extra-régional: affaires internationales, archives d'entreprises ou de personnes ayant joué un rôle important, cartes et photographies. Dans beaucoup de cas, les premiers volumes à être publiés sont des inventaires d'archives privées; à Singapour, la publication a commencé par le catalogue des photographies et par le répertoire des nombreux microfilms d'archives d'entreprises. A ce point de vue, la publication d'instruments de recherche imprimés est essentielle pour les archives de la littérature et de l'art et pour les archives économiques et techniques; ainsi, il existe une abondante série d'inventaires et de catalogues publiés par les Archives centrales de la littérature et de l'art à Moscou, et le Wirtschaftsarchiv (Archives d'entreprises) de Dortmund, avec ses 14 volumes d'inventaires publiés en dix ans, semble être très en avance sur les Archives d'État voisines.

A défaut de publication proprement dite, on peut recourir au procédé de la ronéo ou de la photocopie pour multiplier les exemplaires des instruments de recherche. Il existe depuis plus de vingt ans une politique d'échanges réguliers d'inventaires non publiés entre les trois dépôts d'archives d'État de Hesse. Jusqu'à présent, il semble qu'on n'ait pas fait grand usage de la possibilité de diffuser les instruments de recherche d'archives sous forme de microfilms ou microfiches, bien qu'un grand nombre de dépôts aient fait microfilmer leurs instruments de recherche manuscrits ou dactylographiés, comme mesure de sécurité. Étant donné que la plupart des services d'archives disposent maintenant d'appareils pour la lecture des microformes, on pourrait publier les répertoires et les index en microfiches L'idée d'une diffusion mondiale des inventaires sur microfiches est sûrement attirante. Une des premières réalisations concerne les séries des Finding-Aids on Microfiches, qui sont publiées par la maison Inter-Documentation à Zug en complément des guides de P. Grimsted sur les archives en U.R.S.S.

3. Information par sujets.

L'utilité des index-matières et des instruments de recherche par thèmes pour compléter les habituels inventaires et répertoires par fonds est reconnue depuis longtemps. L'importance de l'information par sujets s'accroit avec l'afflux des chercheurs non historiens, qui ont des domaines d'intérêt assez limités et ne souhaitent pas pénétrer dans les complexités de l'histoire territoriale et institutionnelle qui forment la base du classement par structures en vertu du principe du respect des fonds. La concentration des intérêts des chercheurs sur certains sujets ou sur certains types de documents impose une forme de recherche à laquelle il peut être difficile de faire face avec les inventaires et répertoires traditionnels; elle justifie donc l'élaboration et éventuellement la publication d'instruments de recherche spécifiques ou de directives conçues pour faciliter le travail du personnel chargé de renseigner et d'orienter ces chercheurs.

Parmi les guides par sujets les plus utiles, il faut certainement compter les guides par pays ou régions. Les guides Carnegie des sources de l'histoire des États-Unis dans les archives européennes remontent au début de notre siècle. Point n'est besoin ici de présenter le Guide des sources de l'histoire des Nations, un des meilleurs fruits de la coopération CIA-UNESCO. Materials in the National Archives relating to the Russian Empire and the Soviet Union, to the Mexican States, to the Middle East, to Rumania, sont les titres de quelques-uns des Reference Information Papers publiés par les Archives nationales des États-Unis. Balcania, a guide to the Polish Archives relative to the History of the Balkan (1979) sera suivi par d'autres volumes similaires dans d'autres pays. Les Archives nationales d'Australie ont publié un guide des Archival Resources... relating to the Indian Ocean (1979). Des guides du même type sont publiés par des maisons d'édition intéressées: ainsi l'ouvrage de Lewanski Eastern. Europe and Russia/ Soviet Union, a Handbook of West European Archival and Library Resources (1980, 317 p.).

Très proches de ces guides par pays ou par régions sont les inventaires concernant des groupes spécifiques de population: ainsi l'inventaire des sources concernant l'histoire des juifs dans les archives européennes, appuyé par les archives et les instituts de recherche d'Israël, ou la nouvelle série de guides thématiques sur les Indiens d'Amérique, Hispanic People of the Southwest et Black History in the U.S., annoncés par les Archives nationales des États-Unis. Les Archives publiques du Canada ont récemment publié Sources for the Study of Canadian Jewry et Records relating to Indian Affairs. D'une ambition plus vaste sont les Records of Interest to Social Scientists, 3 volumes (jusqu'à présent) de la série des Handbooks (Manuels) du Public Record Office d'Angleterre.

Certains guides sur l'histoire de la technologie et de l'industrialisation ont été des réussites intéressantes. La proportion de documents inattendus est parfois encore plus grande dans les guides sur l'histoire de l'architecture, de la littérature et de l'art, comme ceux publiés par les Archives nationales de France. L'exemple d'une entreprise commune est le Guide des sources de l'architecture et de l'urbanisme Les Capitales de l'Europe, publié par le C.I.A. en 1980 (rédacteur en chef Mme A. Sagvari des Archives de la ville de Budapest). Les Archives du Danemark et du Luxembourg ont recensé les sources sur l'histoire de l'enseignement. L'enseignement et la région de Casamance ont été les sujets des deux premiers guides publiés par les Archives du Sénégal. Il y a aussi, bien entendu, des guides de sources sur des périodes historiques importantes, la seconde guerre mondiale (Archives d'Australie, Publie Record Office d'Angleterre), l'oppression et la résistance sous la domination nazie (Archives d'État de Bavière), la révolution russe de 1917 et son impact sur les autres pays (Archives centrales slovaques de Bratislava), la guerre civile américaine (Civil War Maps, National Archives des États-Unis).

Les cartes, les affiches, les sceaux font parfois l'objet de guides spéciaux, qui dépassent le cadre d'un seul dépôt. D'ailleurs, beaucoup de guides par sujets s'étendent à plusieurs dépôts (ou même à l'ensemble des dépôts d'un pays ou d'une région). Ceci est vrai notamment pour les guides d'archives d'entreprises et d'archives privées. Des inventaires nationaux d'archives privées ont été entrepris en URSS (3 volumes, 1963-1980), en Allemagne fédérale (2e édition 1981), aux États-Unis, en Suisse, ailleurs encore. Un Guide des archives d'entreprises conservées dans les Archives publiques belges a été publié en 1975, et un guide analogue pour les Pays-Bas a connu sa 2e édition en 1979.

Pour tous ces instruments de recherche thématiques, il existe plusieurs formules. Certains sont de véritables inventaires détaillés, qui, sur un sujet donné indiquent non seulement les fonds mais les dossiers et les documents individuels, parfois même de simples mentions dans des livres de comptes ou des registres notariaux. Les guides de recherche proprement dits expliquent surtout les méthodes et les procédures à suivre pour mener à bien une recherche sur un sujet donné, en se bornant à énumérer les fonds intéressants et à signaler globalement la nature des renseignements qu'on peut y trouver, la liste des instruments de recherche disponibles et la façon de les utiliser. Les inventaires détaillés par sujets peuvent atteindre plusieurs volumes, tandis que les simples guides de recherche ont en général entre 50 et 150 pages, parfois même moins. Certains dépôts d'archives anglais et américains ont des mini-guides par sujets, sous forme de brochures, gui sont parfois des versions abrégées de guides plus détaillés.

Il existe une gamme particulièrement large d'instruments de travail dans deux domaines de la recherche en archives, que nous avons laissés de côté jusqu'à présent: la généalogie et l'histoire locale, qui, au moins en Europe occidentale et en Amérique du Nord, représentent les plus hauts pourcentages de chercheurs dans les statistiques des services d'archives. Les guides des recherches généalogiques aux Archives nationales de Paris et de Washington ont été parmi les premiers du genre. Les Archives de France annoncent la prochaine publication d'un nouveau Guide des recherches d'histoire des familles et d'un Guide des recherches d'histoire communale. Aux Etats-Unis, en Angleterre et en Australie, il existe d'innombrables guides sur l'histoire généalogique, dans les archives et au-dehors, au niveau national, régional et local: citons comme exemples le Source Material for Genealogical Research des Archives d'Australie (1977) le Genealogist's Guide to the West Sussex Record Office (Chichester 1979) la publication sur les documents intéressant l'histoire des personnes aux Archives militaires de Hanovre (1979) et les guides des documents sur l'immigration et la déportation dans les Archives des Nouvelles Galles du Sud.

Un nombre encore plus grand-de guides et d'introductions à la recherche généalogique sont publiés par les sociétés généalogiques et par les éditeurs spécialisés; ces guides sont parfois utiles du point de vue des archives surtout s'ils sont rédigés par des archivistes professionnels comme O. Iredale dont le petit livre Discovering your family tree est en vente dans tous les kiosques à journaux de Londres

La situation est assez semblable pour l'histoire locale. Ici aussi il existe des guides comme Local History in West Sussex (2e édition 1975), Writing local history des Archives provinciales d'Alberta (1980), Vom Archivdokument zur Gemeindegeschichte des Archives d'État de Zurich (1979). Un manuel bavarois sur l'histoire locale (Bayerische Heimatkunde: ein Wegweiser, 1974) a été patronné par les Archives d'État, et le livre de F. G. Emmison Archives and local History (Ire éd. 1966) est le fruit de l'expérience professionnelle de l'auteur dans les archives de comtés britanniques.

4. Effets sur les utilisateurs.

Il est certes difficile de savoir si la publication des différents types de littérature d'information sur les archives et la recherché archivistique, des guides et des instruments de recherche de toutes sortes, est réellement « payante » en ce qui concerne l'intérêt des « clients » des archives et leur orientation. Les données chiffrées sur le nombre des lecteurs dans les salles de lecture des archives ou sur celui des demandes de renseignements par correspondance ne font pas de distinction entre les chercheurs qui ont préparé soigneusement leur travail à l'avance soit sur place soit à l'extérieur, grâce aux guides et inventaires publiés et ceux qui viennent attirés par une action publicitaire réussie ou même par la simple curiosité, parce qu'ils ont lu ou entendu quelque chose sur les archives.

Sous ces réserves, il est néanmoins intéressant de constater que les institutions d'archives qui signalent plus de 20 % d' « utilisateurs ayant préparé leur recherche à l'avance » sont en général celles qui ont les plus vastes et les plus anciens programmes de publications: 50 % pour les Archives d'État des Pays-Bas 40 % pour les Archives nationales des États-Unis et le West Sussex Record Office 25 à30 % pour les Archives de Belgique, de Tchécoslovaquie et de Hongrie 20 % pour les Archives économiques de Dortmund qui n'ont commencé leur série de publications que voici dix ans. Les pourcentages très élevés de 60, 70 et même go % que signalent les Archives d'Indonésie des Bermudes et de Surinam n'ont qu'une signification restreinte, étant donné la faible fréquentation de ces dépôts (entre 1 et 3 chercheurs et demandes de renseignements par jour); cet argument est moins valable cependant, pour les Archives nationales de l'Inde et de la Corée, qui indiquent 80-90 % avec une fréquentation quotidienne d'environ 40.

D'un autre côté, nous trouvons beaucoup de services d'archives où, malgré un bon effort de publicité, malgré l'existence de guides et d'au moins quelques inventaire publiés, seulement 3 à 10 % des chercheurs et des demandes de renseignements se réfèrent à une information préalable. Dans certains cas, lorsqu'il s'agit de publications récentes, on peut penser qu'elles ne sont pas encore connues; mais le fait que, dans la plupart des archives départementales françaises, où la tradition de publication des instruments de recherche est ancienne, le pourcentage des chercheurs qui s'y réfèrent est inférieur à 10 %, est décidément alarmant. « La grande majorité des usagers ignore superbement l'usage des instruments de recherches »: telle est la conclusion assez désabusée d'un directeur des services d'archives d'un département français.


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