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Chapitre deux - Prévention

A. Etudes des risques d'origine extérieure aux bâtiments
B. Etude des risques d'origine intérieure aux bâtiments
C. Risques dus aux conditions climatiques intérieures et au nettoyage
D. Nouvelles constructions ou réaménagement des bâtiments

 

Une prévention intelligente est la clé d'une bonne préparation en prévision des sinistres. Ce chapitre a trait aux moyens et méthodes d'examen des bâtiments et collections qui permettent de définir les mesures préventives à appliquer. En effet, on est mieux armé à la suite d'un tel examen, pour choisir les modalités d'organisation et le matériel les plus propres à assurer la protection voulue. Au chapitre trois, nous verrons dans le détail quelles sont les mesures de protection que commandent des situations ou des pratiques reconnues comme dangereuses. Dans la mesure des moyens disponibles, tout doit être mis en oeuvre pour protéger les collections des accidents. Les bibliothèques et les archives qui sont situées en zone rurale ou qui disposent de ressources limitées, seront dans la quasi impossibilité de réparer les dégâts causés par un sinistre grave. La prévention est donc, dans ce cas, absolument impérative. Quand on ne peut faire appel à des solutions coûteuses, par exemple installer des systèmes d'extinction des incendies, c'est l'attention et la vigilance du personnel qu'il convient de solliciter et d'exploiter afin de réduire les risques. Le dévouement de chacun est essentiel. Par ailleurs, en s'informant auprès d'institutions de taille et de nature similaires, on découvrira peut-être des techniques de prévention qui pourraient être adoptées.

La première chose à faire pour élaborer et mettre en oeuvre de bonnes mesures préventives, c'est de réaliser une étude des risques, c'est-à-dire une série d'enquêter systématiques et régulières, à l'intérieur et à l'extérieur des bâtiments. Le plan de lutte contre les sinistres doit prévoir les modalités de réalisation de ces études et spécifier les détails qui devront y figurer. Il est utile de concevoir à cette fin des formulaires standard (voir annexe A). Outre qu'ils simplifient le travail, ils assurent l'uniformité et l'objectivité des renseignements fournis, conditions essentielles si 1' on veut établir des comparaisons. Le plan antisinistre désignera aussi les instances auxquelles il faut communiquer les résultats de l'enquête et indiquera les modalités d'exécution des tâches afin que toute suite à donner se concrétise dans les meilleurs délais. Si par exemple on remarque, au cours d'une enquête, qu'une fenêtre est cassée et doit être réparée, il est plus qu'utile qu'existe une procédure à suivre pour signaler le fait au personnel de maintenance, puis être informé que la réparation a été effectuée.

En revanche, dans les établissements de plus petite taille, l'étude des risques peut se réduire à une ronde méthodique et périodique d'un employé, qui notera les problèmes à surveiller et préviendra les services compétents.

A. Etudes des risques d'origine extérieure aux bâtiments

Pour prévenir un sinistre ou en atténuer les incidences, il faut bien connaître les dangers d'origine extérieure qui menacent la bibliothèque ou le dépôt d'archives. Par exemple, la région est-elle exposée aux tornades, aux ouragans ou aux séismes ? Le bâtiment est-il situé dans une plaine d'inondation ou dans une région qui connaît de violents orages tropicaux ? Faut-il se protéger contre des températures et une hygrométrie extrêmes ? Respecte-t-on toujours les règles d'une bonne maintenance ? Toutes ces questions doivent, si elles se posent, être traitées dans le plan de lutte contre les sinistres et toutes les précautions possibles prises pour éviter que le bâtiment et son contenu ne soient endommagés. Dans les institutions de plus grande taille, il existe assez souvent un service responsable des bâtiments et des abords, chargé d'exécuter les travaux pertinents, qui pourra collaborer à ces enquêtes. Il est important d'établir une bonne communication avec ce service.

Outre les problèmes spécifiques à la localité en cause, l'enquête portera sur les questions suivantes (voir annexe A.1):

1. En premier lieu, on considérera la situation du bâtiment du point de vue topographique et climatique: les cours d'eau représentent-ils un danger, les vents sont-ils violents, le site est-il exposé, y a-t-il des risques de séismes ? Le bâtiment peut-il être facilement atteint par un feu d'origine extérieure, par exemple, un incendie de forêt ou un feu de brousse ?

2. Les bâtiments peuvent-ils être endommagés par l'eau - des eaux d'irrigation peuvent-elles s'infiltrer dans le bâtiment ou les fondations ? Y a-t-il des fontaines ou des bouches d'incendie qui pourraient poser des problèmes ?

3. Comment sont disposés les arbres près des bâtiments: est-ce que leurs racines ou leurs branches représentent une menace ?

4. Quel est l'état du toit, des gouttières, de la zinguerie en général: y a-t-il des fuites, est-ce que le matériau de couverture est approprié et en bon état, quand fait-on des travaux de nettoyage et quel est le calendrier des réparations et des travaux d'entretien ?

5. Le système d'évacuation des eaux usées est-il efficace: les canalisations sont-elles nettoyées régulièrement ? Débouchent-elles loin des bâtiments ? Y a-t-il un risque de refoulement et dans quelles circonstances ? Peut-on installer des valves pour y remédier ? Quel est le calendrier des travaux de réparation et de maintenance ?

6. Dans quel état sont les lanterneaux, les fenêtres et les portes: le calfeutrage est-il efficace ? Les châssis et les carreaux sont-ils bien entretenus ? Les serrures sont-elles solides et suffisantes ?

7. Dans quel état sont les matériaux de construction ? Le mortier est-il sain ? Le bois est-il peint, est-il attaqué par le champignon ? Les termites ? La maçonnerie est-elle sans défaut ?

8. Comment sont les fondations: paraissent-elles solides ? Y a-t-il de grandes fissures ou des vides ?

9. Les détritus sont-ils ramassés et brûlés comme il convient dans des incinérateurs couverts qui empêchent toute projection à l'extérieur pendant la combustion ?

10. Y a-t-il des corbeilles pour le dépôt des livres rendus ? Si oui, des précautions sont-elles prises pour éviter qu'un incendie qui s'y déclarerait puisse se propager au bâtiment ?

11. Un peu de bon sens et de vigilance suffisent souvent pour écarter les risques d'origine extérieure. Malheureusement, on a tendance, à la saison sèche, à négliger ces tuiles mal fixées, ou cette branche d'arbre menaçante qui surplombe le bâtiment; c'est une erreur qu'on regrettera amèrement quand un orage imprévu emportera tout l'angle du toit ou projettera la branche d'arbre à travers une fenêtre.

Quand les risques sont identifiés, il faut faire le nécessaire pour les éliminer. S'ils sont nombreux, ou si les réformes nécessaires sont onéreuses, cela prendra un certain temps. Il est important de signaler les priorités aux autorités compétentes, d'exposer de façon objective les faits et les résultats escomptés et de ne jamais se laisser aller à l'amateurisme tant que les réparations ne sont pas terminées.

B. Etude des risques d'origine intérieure aux bâtiments

L'étude de ce type de risques peut être plus difficile à mener, simplement en raison de la complexité des collections et de l'ameublement. Là encore, il faut que le plan antisinistre définisse les responsabilités, les calendriers et les modalités de communication. Comme pour tout ce qui concerne la préparation à la lutte contre les sinistres, il faut faire preuve avant tout de bon sens. Des formulaires standard faciliteront un travail méthodique beaucoup plus efficace. Dans les grandes institutions, il faudra une étude détaillée pour recueillir les données factuelles dont on a besoin pour apporter des changements, mais les établissements plus modestes pourront se contenter de surveiller régulièrement et intelligemment les risques les plus apparents. Les études de plus grande envergure requerront peut-être le concours de spécialistes extérieurs, qui vérifieront, par exemple, la sécurité des installations électriques et le bon état de la plomberie.

En règle générale, une étude des risques d'origine intérieure portera sur les questions suivantes (voir annexe A.1, 2):

1. Les plafonds: sont-ils en bon état, sont-ils marqués par des auréoles d'humidité ?

2. Le bâtiment: est-ce que l'intérieur de l'édifice est sain ? Y a-t-il de grandes fissures ou brèches ? Les murs sont-ils étanches et les murs porteurs sont-ils intacts ?

3. Les fenêtres: sont-elles en bon état ? Peut-on les verrouiller ? Sont-elles fermées quand il le faut ?

4. Les tuyaux et canalisations: sont-ils en bon état ? L'écoulement se fait-il bien ? Y a-t-il des fuites ? Y a-t-il des valves pour empêcher les eaux de refluer ? Les tuyaux passent-ils au-dessus ou au milieu des collections ? Les joints sont-ils en bon état ? Y a-t-il des signes de fuite ?

5. Le système de chauffage et de ventilation: est-il inspecté régulièrement ? Est-il nettoyé ? Est-ce que les tuyaux et les radiateurs représentent un danger quelconque pour les collections ?

6. Les câbles électriques: y a-t-il des câbles apparents, des prises ou des fils électriques qui ne correspondent pas aux besoins ? Y a-t-il trop de prises multiples ? du matériel électrique mal utilisé ?

7. Le système de climatisation: est-il entretenu régulièrement ? Les tuyaux représentent-ils une menace pour les collections ? L'emplacement des installations, par exemple sur le toit, constitue-t-il un danger potentiel pour les collections ?

8. Les magasins: les étagères sont-elles contreventées pour des raisons de sécurité et pour résister à tout problème éventuel, un séisme par exemple ? Les collections qui font l'objet d'une manipulation sont-elles empilées sur des palettes, des rayonnages ou des chariots, ou les laisse-t-on sur le sol ? La capacité des magasins est-elle suffisante?

9. Les système de détection des fumées et du feu: y a-t-il des alarmes, des détecteurs de fumée ou des détecteurs de particules ? Ce matériel est-il testé régulièrement ? Les alarmes sont-elles reliées à un central de surveillance ? Les panneaux d'alarme sont-ils bien signalés et faciles à trouver ?

10. Les installations anti-incendie: s'il y en a, sont-elles en bon état de marche ? Les alarmes sont-elles reliées à un central de surveillance ? Les installations sont-elles testées régulièrement ?

11. Les alarmes antidégâts des eaux: s'il n'y en a pas, seraient-elles nécessaires ? Sont-elles reliées à un central de surveillance ? Sont-elles bon état et placées là où il le faut ?

12. Le plan général et les plans d'étage du bâtiment et de ses annexes: ces plans existent-ils ? Sont-ils faciles à consulter et tenus à jour ? Les conduites de gaz et les armoires électriques sont-elles clairement signalées ? Le personnel sait-il comment couper l'eau, le gaz, l'électricité ou bien peut-il alerter rapidement les responsables chargés de le faire ?

Eliminer ou réduire certains risques d'origine intérieure peut être très onéreux, comme dans le cas des risques d'origine extérieure. Après avoir défini les besoins en la matière, on peut fixer des priorités, proposer les mesures de protection qui conviennent, établir un calendrier, estimer les coûts. Pour les problèmes simples, par exemple, le ramassage des ordures, il suffira d'éduquer le personnel ou de changer les horaires. D'autres exigeront qu'un membre du personnel passe du temps à identifier les responsables appropriés, par exemple, les personnes autorisées à couper l'eau ou le gaz. Enfin, d'autres risques demanderont peut-être une planification financière de grande envergure, pour l'installation d'un système anti-incendie, par exemple.

Encore une mise en garde: un certain nombre de sinistres dans les bibliothèques ont été causés par des ouvriers négligents qui ne comprennent pas que les collections sont fragiles. Si bien intentionnées soient-elles, toutes les personnes étrangères à l'établissement travaillant sur ou dans le bâtiment, doivent être normalement surveillées afin d'éviter tout incendie ou dégât des eaux. Un tel laissera des trous dans la toiture; tel autre utilisera un chalumeau sans précaution; pulvérisera inconsidérément de l'eau, laissera des fenêtres ouvertes ou oubliera de retrancher portes de sécurité et alarmes. En effet, il ne faut jamais croire que des étrangers à l'établissement traiteront les collections avec le même soin que les personnes qui en ont la garde.

C. Risques dus aux conditions climatiques intérieures et au nettoyage

L'attention que l'on prête aux conditions climatiques intérieures et au nettoyage est considérée d'ordinaire comme relevant des mesures de sauvegarde propres à prolonger la vie des collections. La vigilance en ce domaine peut aussi atténuer des excès susceptibles d'endommager gravement ouvrages de bibliothèque et documents d'archives. Une température et une hygrométrie excessives risquent de favoriser les attaques de moisissures. Un tuyau qui goutte est le signal d'une rupture imminente. Il faut prendre note de ce genre de problème et s'en occuper.

On trouvera dans les ouvrages consacrés à la conservation et à la sauvegarde quantité de références à des articles donnant d'excellents conseils quant aux conditions idéales qui devraient régner dans les bibliothèques et les archives. Notre propos n'étant pas d'étudier ce qu'il faut faire du point de vue des conditions d'environnement pour assurer une bonne conservation des ouvrages, nous nous contenterons de dire qu'en ce domaine, des phénomènes extrêmes ou des fluctuations brutales peuvent déclencher la plus grave des catastrophes silencieuses, en accélérant la détérioration et la dégradation des documents. L'une des fonctions du comité de lutte contre les sinistres ou de la personne chargée d'élaborer le plan de lutte est d'inciter l'administration à réduire les risques climatiques aussi rapidement et aussi rationnellement que possible.

La plupart des institutions ont certes leur propre liste de risques; voici cependant une énumération de ceux à prendre en considération:

1. Ordures: sont-elles ramassées régulièrement ? Sont-elles enlevées correctement et rapidement ? Les matériaux dangereux sont-ils stockés en sûreté ?

2. Passages, sorties et embrasures de porte: sont-ils dégagés et bien indiqués?

3. Portes coupe-feu: fonctionnent-elles bien ? Sont-elles fermées si elles ne sont pas commandées par des alarmes ? Le personnel les laisse-t-il parfois ouvertes pour faciliter ses allées et venues ?

4. Portes étanches (si nécessaire): fonctionnent-elles bien ? Restent-elles fermées si elles ne sont pas commandées par des alarmes ? Le personnel les laisse-t-il parfois ouvertes pour couper au plus court à travers le bâtiment ou faciliter le déplacement des collections ?

5. Collections: sont-elles emmagasinées correctement, ni sur le plancher ni près des caves, des murs humides, d'une lumière forte ni dans un endroit particulièrement poussiéreux ?

6. Films au nitrate: sont-ils bien étiquetés et emmagasinés correctement ? Sait-on comment les éliminer en toute sécurité ?

7. Fumer, boire, manger: les interdictions sont-elles claires et respectées ?

8. Classement sur les rayonnages: y a-t-il des rayonnages adaptés aux différents formats et types de documents ? Utilise-t-on des serre-livres ? Les tablettes sont-elles surchargées ? Y a-t-il des conseils aux utilisateurs pour qu'ils évitent de malmener les livres ?

9. Epoussetage et nettoyage: le personnel de nettoyage se conforme-t-il aux normes locales établies ? Applique-t-on les bonnes méthodes et utilise-t-on les bons produits ?

10. Eclairage violent: les collections sont-elles trop exposées à la lumière extérieure directe ? L'éclairage à l'intérieur est-il réglé du mieux possible grâce à des minuteries ou des filtres d'ultra-violets ? Applique-t-on de bonnes normes d'exposition des documents ?

11. Température, hygrométrie et pollution atmosphérique: ces facteurs sont-ils maîtrisés, sinon au mieux, du moins autant que les moyens disponibles le permettent ? Les appareils de contrôle sont-ils propres et en bon état ? S'il n'a pas été possible d'installer un système onéreux, une circulation d'air est-elle assurée par des ventilateurs de plafond ou d'autres moyens permettant d'éviter l'apparition de moisissures dans les endroits où l'air stagne ?

Une fois l'étude des risques terminée, ses résultats seront compilés et on rédigera un rapport indiquant les risques qui sont correctement neutralisés et ceux qui requièrent des mesures de prévention et de protection. Reste à indiquer des priorités et à proposer des estimations de coût, si les études de risque ont révélé de nombreux besoins en matière de prévention, avant de présenter le rapport à l'administration. A ce stade, il peut être opportun que le président du comité de planification charge une équipe de travail de rechercher des solutions appropriées aux risques identifiés.

Le plan antisinistre comprendra un calendrier d'actualisation systématique des études de risque, auxquelles il sera d'autant plus facile de donner suite que l'ampleur des risques diminuera progressivement.

Quand le personnel aura pris l'habitude d'être vigilant et attentif, beaucoup de ces problèmes seront notés, suivis ou signalés automatiquement. D'autres, s'ils ont de l'importance, demanderont un effort soutenu de sensibilisation afin d'amener des changements ou une amélioration. Des rapports rédigés de façon objective et des exemples empruntés à d'autres institutions seront plus fructueux que des critiques négatives.

D. Nouvelles constructions ou réaménagement des bâtiments

Une autre manière efficace de prévenir les sinistres consiste à planifier soigneusement la construction de nouveaux bâtiments ou le réaménagement des anciens. Les bibliothécaires et archivistes peuvent et doivent faire pression sur les architectes et les ingénieurs pour qu'ils présentent des projets qui assurent une bonne prévention. Construire délibérément une bibliothèque dans une plaine d'inondation n'est conforme ni aux principes d'une saine gestion ni au bon sens. Négliger de prévoir des dispositifs anti-incendie adéquats, c'est prendre des risques inconsidérés. Si le financement se révèle difficile, on cherchera de nouvelles sources de fonds avec le concours de consultants, si besoin est, pour appuyer des demandes raisonnables. Il existe un certain nombre d'experts capables d'aider bibliothécaires et archivistes à prévoir de manière avisée les meilleures solutions architecturales et constructives.

Au stade de la conception du bâtiment, on peut écarter un grand nombre d'éléments dangereux pour les collections et installer des dispositifs et des services de prévention bien adaptés, pour un coût bien inférieur à celui du réaménagement de locaux plus anciens. Les bâtiments doivent être conçus de façon à ce qu'aucune lumière violente n'endommage les collections ni n'altère le mobilier. Certains locaux modernes comme ceux de la Bibliothèque Newberry à Chigago (Illinois) sont aveugles: les risques d'un éclairage excessif et les problèmes de régulation climatique en sont moindres. S'il y a des fenêtres, on préférera les panneaux de verre aux volets ou au grillage pour diminuer les risques que représentent le climat, la pollution, les insectes et les moisissures.

Des systèmes de climatisation peuvent être prévus si certaines nécessités ou le climat local l'imposent; la centrale sera installée dans un endroit éloigné des collections pour limiter tous dégâts éventuels. Des dispositifs de sécurité appropriés équiperont les systèmes de chauffage et de ventilation et permettront notamment l'arrêt automatique de ceux-ci en cas de feu ou d'émission de fumée. Des alarmes déclenchées par une pression excessive seront installées sur toutes les conduites d'eau et de vapeur pour avertir de tout dérangement.

Des rayonnages solides et bien adaptés permettront de tirer le meilleur parti de l'espace disponible et de loger, comme il convient, les collections. Si l'on installe des tapis, il ne faut pas qu'ils passent sous les rayonnages. Ainsi, en cas d'inondation, ils pourront être séchés ou enlevés plus facilement. On aura soin d'assurer la sécurité des collections et surtout celle des pièces les plus précieuses, qu'on protégera dûment du vandalisme, du vol et de tous autres dangers.

Le choix des matérieux de construction et du mobilier mérite réflexion. L'emploi de matérieux ignifuges, dûment testés et conformes aux normes de sécurité anti-incendie, peut ralentir la propagation du feu. On peut aussi beaucoup limiter les risques de dégagement de fumées épaisses et de dépôt de suie. Les rayonnages des bibliothèques seront construits ou transformés de façon à ce que la hauteur séparant les tablettes, corresponde à celle des livres, sans intervalles inutiles. En cas d'incendie ces intervalles constituent des réservoirs d'oxygène qui transforment les rayonnages en cheminées, provoquant encore plus de dégâts. On trouvera souvent auprès des pompiers de la localité, ou d'un organisme national compétent, des conseils et une documentation des plus utiles.

Le viel adage "Mieux vaut prévenir que guérir" se vérifie plus que jamais lorsqu'il s'agit des sinistres dans les bibliothèques et les archives. Dans le prochain chapitre, nous verrons en détail l'équipement et les mesures de protection qui peuvent faciliter une prévention à la fois énergique et sérieuse.


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