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Chapitre quatre - Plan d'intervention et de sauvetage

A. Problématique du sauvetage
B. Intervention après un sinistre

 

DEUXIEME PARTIE: SAUVETAGE

Le volet sauvetage du plan de lutte contre les sinistres doit être minutieusement organisé et préparé, car c'est lui qui conditionne le succès ou l'échec des opérations de sauvetage le plus souvent. Etudiez les différentes étapes de l'intervention décrites dans la Section B ci-dessous et assurez-vous que le plan de sauvetage comprend des mesures détaillées correspondant aux préoccupations qui y sont énumérées. Si les mesures de prévention et de protection ont été prises, il est clair que l'on ne pouvait rien faire de plus pour éviter le sinistre. C'est donc maintenant au sauvetage qu'il faut s'atteler avec le maximum de célérité et d'organisation. Quiconque n'a jamais vécu de sinistre grave survenu dans une bibliothèque ou un dépôt d'archives peut difficilement imaginer l'état de choc et le sentiment d'impuissance que suscite un tel événement. Même l'expérience n'immunise pas contre une réaction immédiate et momentanée de panique face aux pertes encourues et à l'ampleur de la tâche à entreprendre. Cela reste vrai que le sinistre soit relativement mineur ou qu'il soit catastrophique. La personne chargée du sauvetage tient entre ses mains le succès ou l'échec de l'entreprise. D'où l'importance évidente d'une planification et d'une formation minutieuses mais aussi de la capacité de faire face à la situation avec calme et assurance.

Au cours des 20 dernières années, on a beaucoup appris sur les stratégies de sauvetage à appliquer en cas de sinistre. Les bibliothécaires et archivistes qui ont vécu ce genre d'événement ou ont concouru à des opérations de remise en état exposent volontiers et avec franchise leurs succès et leurs déboires. Les échecs ont beaucoup contribué à la découverte de meilleures solutions. Les réussites enrichissent la connaissance des techniques utilisables pour l'avenir.

Les inondations de Florence qui, en 1966, laissèrent la communauté culturelle mondiale abasourdie devant l'ampleur des pertes et dégâts causés aux fonds documentaires locaux représentent probablement le sinistre qui a le plus stimulé la recherche de meilleures méthodes de prévention et de sauvetage. Restaurateurs et bénévoles affluèrent dans cette ville d'Italie pour aider à l'effort de sauvetage. Il apparut bientôt qu'il fallait améliorer les techniques de nettoyage et de séchage des livres et manuscrits pour que les opérations de sauvetage protègent même à l'avenir les ouvrages des dommages structurels et esthétiques majeurs.

Au cours des décennies suivantes, incendies et inondations ont ravagé des bibliothèques un peu partout dans le monde. Ceux à l'occasion desquels des mesures de conservation/restauration nouvelles ou améliorées furent prises pour assurer que le sauvetage soit plus complet méritent d'être cités:

1. La Bibliothèque régionale de Gothab au Groenland fut en proie à un incendie au cours de l'hiver de 1968. Les livres et manuscrits furent transportés congelés jusqu'à Copenhague où quelques-uns furent soumis à un séchage à l'air par les méthodes traditionnelles et d'autres, d'une valeur historique particulière, furent séchés dans des enceintes à vide. Les résultats de cette expérience se révélèrent prometteurs: cet essai de séchage dans des conditions mieux contrôlées devait faire date dans l'évolution des méthodes de sauvetage (5).

2. La Klein Law Library (Bibliothèque de droit) de l'Université Temple de Philadelphie en Pennsylvanie brûla elle aussi au cours de l'été de 1972. Les pertes et le coût des dégâts causés par le feu et par l'eau furent prodigieux. Les spécialistes de la restauration de la Bibliothèque du Congrès de l'American Philosophical Society Library Peter Waters et Willman Spawn s'employèrent, avec la direction de cette bibliothèque et des ingénieurs du secteur privé, à améliorer les techniques de séchage en pratiquant cette opération dans des lyophilisateurs où les livres et manuscrits avaient été placés congelés (6).

3. Le Musée du verre de Corning dans l'État de New York, qui contenait une bibliothèque et des archives outre des objets d'art, subit à la fin de l'été de 1972 les effets d'un violent ouragan. Toutes les collections furent endommagées par de graves inondations. Diverses méthodes de séchage -notamment à l'air, et sous vide - furent appliquées aux ouvrages de bibliothèques et aux documents d'archives. On en tira nombre d'enseignements sur la réaction, bonne ou mauvaise, des documents sur support pelliculaire et des livres et manuscrits à diverses techniques de séchage (7).

4. En 1973, ce fut le Dépôt national d'archives intermédiaires d'Overland, dans le Missouri, qui brûla. Là encore, l'on fit appel à l'aide des techniciens et chercheurs du service de restauration de la Bibliothèque du Congrès. Les archives, non reliées pour la plupart, furent séchées dans d'énormes enceintes à vide, sans avoir été préalablement congelées (8).

5. Au cours de l'hiver de 1978, le feu ravagea une autre collection d'importance majeure, celle du Bâtiment Sir Stanford Fleming de l'Université de Toronto au Canada. On notera qu'à la suite de ce sinistre, les sapeurs-pompiers firent savoir que le succès des opérations d'intervention et de sauvetage était dû pour beaucoup à la qualité du plan de lutte contre les sinistres (10).

6. En 1978, 50.000 volumes des bibliothèques de l'Université de Stanford en Californie furent inondés à la suite d'une rupture de canalisation provoquée par des engins de construction. Le concours d'ingénieurs d'une société de recherche-développement spatial installée non loin de là permit d'améliorer les techniques d'assèchement par lyophilisation des ouvrages endommagés par l'eau.

7. La Bibliothèque publique centrale de Los Angeles en Californie subit, en avril et à nouveau en septembre 1986, deux incendies criminels avec les dégâts des eaux qui s'ensuivirent. Ce double sinistre, qui reste peut-être la plus grave catastrophe des temps modernes ayant frappé une bibliothèque, se solda par la perte de 400.000 volumes et par la détérioration de 750.000 autres par l'eau et le feu et de 500.000 de plus par la suie et la fumée. La logistique et les techniques de sauvetage qui furent appliquées en l'occurrence ont considérablement enrichi les moyens d'intervention utilisables ultérieurement (11).

A. Problématique du sauvetage

Au stade du processus de planification des opérations de sauvetage, dans lequel le Comité chargé du plan de lutte contre les sinistres s'engage en prévision de tels événements, il importe de prendre en compte diverses considérations générales relatives aux ouvrages de bibliothèque et documents d'archives et aux options de sauvetage possibles, et de ne pas se contenter de définir les mesures effectives à mettre en oeuvre au cas où un sinistre surviendrait.

1. Nature des ouvrages et documents

La planification dépendra dans une grande mesure des articles mêmes. S'agit-il de pièces rares ou uniques ayant une valeur artistique aussi bien qu'informative ? S'agit-il d'ouvrages destinés au prêt et présentant surtout de l'intérêt pour la recherche, l'éducation, l'information ou les loisirs ? Leur valeur tient-elle à une combinaison d'aspects qui demandent à être pesés ? Les pièces sont-elles remplaçables ? Des droits réservés s'y attachent-ils ? Et, par exemple, est-il possible d'en prendre copie sans enfreindre les restrictions mises à leur utilisation ? Les réponses apportées à ces questions aideront à déterminer les interventions prioritaires face à un sinistre, à choisir les techniques ou services qui conviendront le mieux en la circonstance et à prendre les décisions les plus rationnelles du point de vue économique.

2. Options de sauvetage des ouvrages et documents destinés au prêt

Ces articles peuvent être séchés, nettoyés et au besoin désinfectés par fumigation. Vu leur nature, on peut cependant se demander si ces solutions sont bien les meilleures. S'agissant des articles destinés au prêt, d'autres options possibles sont notamment les suivantes:

(a) les jeter, en particulier s'ils n'ont plus d'utilité ou sont particulièrement endommagés. Des tris peuvent être effectués à n'importe quelle étape du processus de sauvetage;

(b) les remplacer par des rééditions ou d'autres exemplaires ou pièces fournis gracieusement par d'autres bibliothèques ou par les éditeurs;

(c) les remplacer par des microfilms/microfiches achetés à d'autres bibliothèques ou à des éditeurs, confectionnés directement par la bibliothèque ou le dépôt d'archives concernés ou commandés à une entreprise extérieure;

(d) les remplacer par des photocopies faites sur du papier de bonne qualité;

(e) remplacer les reliures par des reliures de bibliothèque achetées dans le commerce, en particulier si les tranches endommagées par la fumée peuvent être rognées et de nouveaux emboîtages confectionnés.

3. Options de sauvetage des collections spéciales ou des pièces rares

Les pièces rares et historiques exigent une autre approche car leur valeur tient aussi bien à leur caractère irremplaçable qu'à leur importance pour la recherche. Les confier individuellement aux soins de spécialistes tels que les conservateurs et restaurateurs en facilitera la remise en état au mieux. Les options qu'il faut considérer dans le cas de ces pièces rares ou spéciales sont assez différentes:

(a) les restaurer en recourant aux services d'un spécialiste;

(b) les placer dans un conditionnement protecteur après une remise en état minimale ou jusqu'à ce que les fonds nécessaires à leur restauration puissent être réunis;

(c) se résigner à les voir quelque peu abîmées;

(d) en dernier recours, en microfilmer ou photocopier le contenu et conserver les originaux dans un emballage protecteur;

(e) les jeter, cette solution n'étant retenue que si l'excès d'attention portée à des pièces particulières menace le sauvetage de l'ensemble ou si les articles en question sont réellement endommagés au point que même un restaurateur ne puisse les remettre en état. On tiendra compte, pour prendre cette décision, non pas tant de l'utilité informative de l'objet en question que de sa rareté et de sa valeur ainsi que de la nécessité de ne pas amputer une collection locale ou nationale.

L'examen de ces questions fait impérativement partie de la planification. Les décisions qui seront prises fonderont les instructions précises définies par chaque bibliothèque ou dépôt d'archives en prévision des opérations de sauvetage qui pourraient devoir être menées.

B. Intervention après un sinistre

Ce qui est déterminant pour réussir un sauvetage et éviter des pertes graves, c'est une intervention rapide et bien menée. Laisser des documents mouillés en l'état jusqu'à ce que l'on ait pu établir un plan et s'organiser ne peut qu'entraîner des dégâts considérables. Passées 72 heures, des moisissures risquent d'apparaître. Les livres vont continuer à gonfler jusqu'à devenir irrécupérables. Les émulsions photographiques vont cloquer et se détacher de leur support. Les chances de sauver des pièces et de réduire les dégâts au moindre coût seront d'autant plus grandes que les opérations de sauvetage auront été mieux organisées à l'avance.

Les mesures décrites succinctement ci-dessous s'inspirent des avis de nombreux spécialistes qui ont participé à des opérations de sauvetage après un sinistre. Elles forment un plan d'intervention applicable dans tous les cas d'inondation ou d'incendie Idéalement, elles seront toutes mises en oeuvre. Dans la réalité, ce ne sera pas toujours possible et la précipitation en fera peut-être oublier certaines. Telles circonstances particulières exigeront peut-être d'en modifier l'ordre du tout au tout. Cela étant, si ces mesures sont inscrites noir sur blanc sur un document facilement consultable en cas de besoin, elles seront un atout précieux aux premiers stades du sauvetage. Elles sont énumérées ici point par point de manière à être utiles en cas de sinistre grave mais peuvent aussi servir de guide dans des situations moins catastrophiques.

1. Evaluation du sinistre

Ne prenez pas de décision hâtive. Renseignez-vous auprès des spécialistes qui se trouvent sur place - commandant des sapeurs-pompiers ou ingénieurs du bâtiment par exemple. Indiquez-leur de manière concise quelles sont vos priorités et vos préoccupations. Si l'on peut pénétrer dans le bâtiment sans risque, parcourez celui-ci rapidement pour déterminer l'ampleur des interventions requises. Lors de cette première évaluation, ne perdez pas de temps à examiner des fonds ou articles particuliers à moins que le sinistre ne soit mineur. Appliquez les différentes phases de votre plan; convoquez notamment l'équipe d'intervention d'urgence et avertissez l'administration de la bibliothèque du dépôt d'archives. Avisez votre compagnie d'assurance ou son service de gestion des risques.

S'il est dangereux d'entrer dans le bâtiment, faites-vous dire quand l'accès pourra vous en être autorisé. Décidez du moment où convoquer l'équipe d'intervention d'urgence. Notifiez l'administration. Mettez ce délai à profit pour prévoir les mesures qu'il paraît nécessaire de mettre en oeuvre dès que l'accès du bâtiment ne sera plus interdit.

2. Convocation des experts

On peut inclure parmi ces experts les membres de l'équipe d'intervention d'urgence, les gens qui connaissent à fond la collection, des représentants de l'administration et les assureurs. Communiquez-leur tous les renseignements dont vous disposez. Organisez l'établissement d'un bilan détaillé des dégâts. Passez dès que possible les fonds et les collections en revue pour déterminer l'ampleur des dégâts et la nature des services, avis et fournitures à obtenir. Chargez quelqu'un d'établir des preuves des dommages subis, notamment par des photographies.

3. Etablissement d'une cellule de crise

Etablissez une cellule de crise chargée de coordonner les activités et d'informer la presse et le grand public. Installez cette cellule loin des zones où le personnel et les bénévoles devront travailler. D'aucuns ont constaté qu'il valait mieux l'installer à l'écart des bureaux de l'administration et du directeur des secours. Les articles publiés dans la presse faciliteront le recrutement de bénévoles et l'obtention des fournitures et services éventuellement nécessaires. Ultérieurement, de bons reportages sur l'événement aideront à collecter des fonds en cas de besoin.

4. Mise en oeuvre des plans d'obtention de matériel et de personnel

Une fois les dégâts connus, ou dans certains cas extrêmes seulement estimés, mettez en oeuvre les plans établis pour vous procurer les fournitures et le matériel nécessaires. Chargez la personne ou l'équipe prévue de téléphoner les commandes. Avisez l'équipe d'intervention de la situation et distribuez-lui ses tâches. Mettez en oeuvre les plans de mobilisation de personnel supplémentaire et/ou de bénévoles si besoin est.

5. Elimination des risques

Assurez-vous qu'il n'y a plus aucun risque pour le personnel et les bénévoles à travailler dans le bâtiment. Il peut être nécessaire de couper l'électricité, de débarrasser les couloirs et escaliers de la boue et des débris, d'évacuer ou pomper l'eau encore présente et d'installer des générateurs et moyens d'éclairage de secours. L'accès des zones dangereuses sera interdit par des cordes tendues pour éviter que des curieux entrent ou se blessent.

6. Régulation des conditions climatiques

Stabilisez et contrôlez la température et l'humidité afin de freiner les réactions biologiques, physiques et chimiques. Passées 72 heures, des moisissures se développeront si la température dépasse 24° C et l'humidité relative 65 %. Veillez à ce que tapis, meubles et matériels soient enlevés si nécessaire. Continuez à surveiller la température et l'humidité pour vous assurer que la régulation nécessaire se fait bien. Ouvrez ou cassez le cas échéant les fenêtres afin d'abaisser la température ou le taux d'humidité. Fermez toutes les sources de chaleur et mettez la climatisation en marche pour refroidir le bâtiment si c'est possible. Ventilez en permanence tous les locaux.

Faites en sorte de protéger les collections qui n'ont pas été endommagées en couvrant les rayonnages de bâches plastiques ou en obturant à l'aide de planches les fenêtres cassées ou les trous du toit si les conditions climatiques et la situation l'exigent. Au besoin, faites pomper l'eau restée en sous-sol. Prenez des dispositions pour assurer la sécurité.

7. Déclenchement des opérations de sauvetage

Mettez en oeuvre les plans de sauvetage préétablis. Contactez les directions des établissements et services extérieurs sollicités pour qu'ils prévoient de réceptionner les objets que vous leur enverrez. Il peut s'agir d'entrepôts, frigorifiques ou non, et d'ateliers de restauration ou de développement photographique et cinématographique. Organisez l'enlèvement des ouvrages et documents en fonction de leur état d'endommagement et de vos priorités. Laissez pour la fin les pièces intactes et mises sous protection car il ne sera peut-être pas nécessaire de les déménager. Ne prenez pas immédiatement de décision d'élimination car il est souvent possible de sauver des documents gravement endommagés. Les exceptions ne concerneront que ceux détruits par le feu. Si trop de pièces sont encore immergées pour que vous puissiez vous en occuper immédiatement laissez-les dans l'eau. Les moisissures ne se développent pas en l'absence d'oxygène et le papier ne gonfle pas trop s'il n'est pas exposé à l'air. (En revanche, les colles risquent de se dissoudre et les encres ou colorants solubles à l'eau de s'effacer).

8. Déploiement du personnel

Ne faites entrer l'équipe d'intervention, le personnel et/ou les équipes de bénévoles dans la bibliothèque ou le dépôt d'archives qu'après leur avoir dispensé des instructions et une formation minutieuses. Fournissez-leur le matériel dont ils ont besoin et assurez-leur un bon encadrement. L'éventuelle formation nécessaire et l'encadrement seront coordonnés par le chef de l'équipe d'intervention et assurés par ses membres. S'il faut faire appel à des bénévoles, assurez-vous que la police d'assurance de l'institution autorise leur présence dans les locaux.

9. Enregistrement des opérations

Gardez soigneusement trace de toutes les opérations effectuées. Leur bon enregistrement facilitera une coordination et une planification minutieuses pendant toute la durée du sauvetage. Il donnera aussi aux compagnies d'assurance une bonne image des dégâts. Tenez un compte exact de toutes les pièces emballées et enlevées, numérotez les caisses, chiffrez les quantités et établissez-en un tableau, notez les numéros des tablettes d'origine pour les indiquer dans vos rapports et en tenir compte au moment de la réintégration. Des blocs-notes et des crayons devraient être rangés avec le stock de fournitures à cet effet.

10. Commodité du personnel

Les travaux de sauvetage après un sinistre sont difficiles et pénibles. Les personnes qui y participent sont souvent sous pression et éprouvées par la chaleur. Encouragez-les à faire des pauses fréquentes, assurez-leur un ravitaillement et prévoyez des sanitaires. Au besoin, dispensez-leur des conseils sur la meilleure manière de soulever les objets lourds. Organisez une rotation des tâches pour réduire fatigue et ennui.

11. Supervision

Assurez une supervision attentive et constante et soyez à l'affût des difficultés qui risquent de causer des retards. Suivez le plan de sauvetage, soyez prêts à adapter le déploiement du personnel et les techniques à mesure que les opérations progressent. Evaluez objectivement l'avancement des travaux et les idées qui sont émises et sollicitez l'avis d'autres experts si certains aspects des opérations sont infructueux ou posent des problèmes. En cas de sinistre de grande envergure, prévoyez, en organisant le sauvetage, que les chefs d'équipes devront faire fréquemment rapport au directeur des secours. Il est souvent utile de charger une ou plusieurs personnes de circuler entre les équipes pour trouver des moyens de faciliter les travaux et aider à résoudre les problèmes.

12. Communication

Il est important que le personnel ne participant pas au sauvetage ainsi que le public soient informés souvent des progrès des opérations. Des communiqués peuvent être publiés régulièrement à cet effet depuis les lieux du sinistre. Faites régulièrement rapport à l'administration. Gardez une trace de tous les travaux, continuez à prendre des photographies. Après les sinistres majeurs, le moral et la productivité des équipes de sauvetage ont tendance à baisser au bout d'un Jour ou deux. Une bonne communication aidera à surmonter certains problèmes en permettant l'information continue des intéressés, l'enregistrement des progrès et l'expression de remerciements.

13. Organisation du sauvetage

Une fois les opérations déclenchées, organisez les interventions suivant les instructions portées sur le plan de lutte contre les sinistres. Faites nettoyer et désinfecter les locaux par fumigation s'il en est besoin. Dans ce dernier cas, prenez l'avis de chimistes ou de restaurateurs expérimentés; la plupart des désinfectants sont toxiques pour l'homme et ne doivent être utilisés que par des professionnels avec les plus extrêmes précautions. A défaut d'autre solution, l'on peut recourir au soleil pour inhiber la croissance des moisissures. Sachez toutefois que l'exposition à la lumière solaire noircit les papiers acides et fait pâlir les couleurs. Assurez-vous de disposer de rayonnages ou de magasins convenables pour recevoir les pièces rendues à la bibliothèque ou au dépôt d'archives après remise en état.

Vérifiez dans le plan de lutte contre les sinistres quels sont les fonds prioritaires avant de choisir les méthodes de sauvetage. Inspirez-vous d'autres sauvetages réussis pour prévoir l'organisation du travail et les effectifs et ressources nécessaires.

14. Fin de l'intervention

Une fois la phase d'intervention achevée, assurez-vous que toutes les personnes qui y ont participé ont été sincèrement et convenablement remerciées. Rédigez un rapport circonstancié décrivant les résultats des opérations. Servez-vous de toutes les statistiques rassemblées pour faire bien comprendre aux autorités ce qui a été réalisé et où en sont les opérations. Faites des recommandations sur les techniques et méthodes à appliquer pour la phase de remise en état, en indiquant les coûts et les effectifs de personnel à prévoir. Si possible, faites des suggestions sur les options qui s'offrent à cet égard en fonction du caractère plus ou moins prioritaire des fonds.

Ces idées, inspirées de l'expérience de diverses personnes, devraient faciliter la planification des interventions de sauvetage. Choisissez et adaptez celles qui concernent l'organisme auquel vous appartenez et ajoutez-y toutes considérations propres à rendre le plan que vous rédigez praticable et applicable aux ouvrages et documents dont vous avez la garde. Prévoyez que ce plan sera utilisé par le membre le moins averti du personnel, de manière à y inclure tous détails et précisions nécessaires.

La question de la remise en état des ouvrages sera examinée en détail dans les chapitres cinq et six.


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