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VI. Traitement

Attaques de faible envergure - taux d'humidité relative élevé dans un secteur circonscrit
Attaques de gravite moyenne - périodes prolongées de forte humidité ou inondations mineures
Attaques majeures - inondations de grande ampleur et expositions prolongées

Le traitement le plus efficace, sauf dans les cas vraiment extrêmes, réside dans la modification de l'environnement et l'élimination des moisissures qui se sont développées sur l'article infecté. La plupart des attaques de moisissures peuvent, si l'on intervient rapidement, être stoppées sans qu'il faille utiliser de biocides. On ne devrait avoir recours à la fumigation que dans les cas tout à fait graves, par exemple lorsqu'à la suite d'un sinistre catastrophique, on a beaucoup tardé à entreprendre un traitement. Même dans ce cas, qui est l'hypothèse la plus défavorable, on peut se passer entièrement des désinfectants gazeux pour peu que l'on dispose d'installations permettant de recourir à des procédés comme la congélation.

Le choix du traitement adéquat nécessite une analyse préalable du problème et de la nature des pièces endommagées. La méthode à employer variera avec celle-ci; quant à l'intensité du traitement, elle dépendra évidemment de l'ampleur de l'atteinte.

Nous allons passer en revue quantité de traitements; beaucoup d'entre eux comportent une étape de passage à l'aspirateur. En effet, l'aspirateur est sans doute l'un des outils les plus précieux pour prévenir et stopper le développement des moisissures sous les climats tropicaux. L'utilisation d'aspirateurs pour éliminer les moisissures de la surface des pièces infectées est, selon l'auteur, préférable aux autres traitements actuellement possibles. L'aspiration ôte de l'article contaminé tous les éléments de la colonie (spores, conidiophores, mycélium) et les envoie bien proprement dans un sac à Jeter. C'est un procédé dépourvu de toxicité qui, correctement utilisé, ne porte atteinte ni aux propriétés mécaniques ni à la composition chimique de l'article traité. On trouve partout des aspirateurs et leur utilisation est économique. Lors même qu'on manque d'électricité, on peut les faire fonctionner sur piles. Le principal inconvénient du passage à l'aspirateur c'est qu'il oblige à manipuler les livres un par un, ce qui exige beaucoup de main-d'oeuvre.

Le matériel nécessaire pour éliminer les moisissures selon les méthodes recommandées par l'auteur de la présente étude est tout à fait élémentaire; il doit être facile de se le procurer dans la plupart des régions. Il comporte

Le présent chapitre décrit la Il de traiter les attaques de moisissures selon qu'elles sont faibles, moyennes ou importantes et fournit des suggestions pour traiter aussi bien des catégories spécifiques d'objets livres, papiers non reliés ou documents photographiques - que la totalité de la zone atteinte. Le lecteur aura intérêt à compléter ces informations en consultant les ouvrages cités en référence à propos des méthodes d'intervention en cas de sinistre de grande ampleur.

 

Attaques de faible envergure - taux d'humidité relative élevé dans un secteur circonscrit

Par attaque de faible envergure, nous entendons ici l'apparition de moisissures sur quelques centaines d'articles tout au plus. En pareil cas, les moisissures n'affectent que certains articles ou une zone déterminée du bâtiment, les pièces à traiter ne sont pas mouillées; le développement des moisissures résulte de changements survenus dans l'environnement (il s'agit en général d'une augmentation de l'humidité relative dans l'atmosphère ambiante).

Le traitement des objets infectés et la modification de l'environnement doivent être entrepris dès la détection des moisissures. Tout retard, fût-il de quelques jours, risque de transformer une atteinte mineure, portant sur quelques centaines d'articles seulement en attaque de moyenne envergure portant sur quelques milliers d'articles.

Livres

Dans les invasions de faible envergure, les atteintes d'ouvrages reliés se limitent généralement aux couvertures. Le plus souvent, les moisissures attaquent d'abord le dos des livres, puis plus rarement les plats et les abords des remplis. Pour traiter les moisissures qui se développent à la surface de pages de livres, on procédera conformément aux recommandations formulées plus loin à propos des papiers non reliés.

Les moisissures sont à éliminer des couvertures de livres par aspiration, au moyen d'aspirateurs miniatures ou de petits aspirateurs portatifs (que l'on tient à la main) munis de tuyaux souples. Il est recommandé d'utiliser, en fait d'accessoires, non pas la brosse à tentures qui est ronde et à manche court mais le suceur long et plat qui sert à nettoyer les fentes. La brosse est déconseillée car ses poils vont fixer les spores, les conidiophores et le mycélium, les empêchant ainsi d'être aspirés. Le suceur plat destiné au nettoyage des fentes éliminera plus sûrement les moisissures en concentrant l'effet d'attraction par le vide sur une surface relativement restreinte. Mieux vaut ne pas utiliser un aspirateur trop puissant. Une puissance de 750 à 1.000 watts est largement suffisante. Eviter les gros aspirateurs industriels et les aspirateurs liquides/poussière pour le traitement article par article.

D'une manière générale, il est recommandé de procéder aux différentes opérations dans l'ordre suivant

Articles non reliés (documents, cartes, oeuvres d'art sur papier)

Il peut y avoir des moisissures sur des feuilles de papier non reliées exposées à une forte humidité relative de l'air ambiant ou encore sur des articles conservés dans des espaces clos (tels qu'armoires ou sous-verre), à l'intérieur desquels s'est développé un micro-climat. Les pages d'ouvrages reliés risquent moins d'être attaquées par des moisissures sauf si elles ont été ou sont mouillées.

Etant donné qu'une feuille volante n'est pas suffisamment résistante pour subir sans dommages l'attraction exercée par un aspirateur moyennement puissant, il faut adapter les procédés décrits dans ce qui précède. Les aspirateurs miniature qui servent à nettoyer les appareils photographiques, électroniques et autres matériels délicats peuvent s'utiliser pour éliminer les moisissures de la surface des documents sans endommager le papier. A défaut d'aspirateur miniature, il reste la possibilité de fabriquer soi-même un aspirateur de laboratoire (Cf. Section VII. Matériel et fournitures).

Il est recommandé de procéder comme suit

Photographies, négatifs et microfilms

Il est fort difficile de nettoyer des documents photographiques sans abîmer l'image, en raison de la fragilité de l'émulsion. Il est par conséquent d'autant plus important de s'efforcer d'empêcher qu'ils se couvrent de moisissures. Dans la plupart des cas, le développement des moisissures sur les pellicules et papiers photographiques résulte d'un microclimat, et ce sont donc les conditions d'ambiance qu'il faut améliorer, selon les méthodes précédemment décrites. Si l'on doit traiter des articles individuels, on distinguera les documents contemporains des anciens. On évitera d'appliquer aux archives anciennes les préparations spéciales vendues dans le commerce pour le nettoyage ou la prévention des moisissures.

Traitement général de la zone contaminée

En cas d'invasion mineure, il suffit généralement d'améliorer la circulation de l'air pour faire abaisser le taux de l'humidité relative et la température dans la zone directement touchée. Ce résultat peut s'obtenir en utilisant des ventilateurs soit seuls soit associés à des déshumidificateurs. En cas d'attaques récidivantes, il est possible qu'il faille réaménager la zone de façon à y améliorer la circulation de l'air. La nature exacte des mesures à prendre pour résoudre un problème de microclimat est fonction de la situation au moment de l'apparition des moisissures, situation qu'il convient d'analyser.

 

Attaques de gravite moyenne - périodes prolongées de forte humidité ou inondations mineures

Par attaque de gravité moyenne, nous entendons ici une attaque qui touche quelques centaines d'articles mouillés ou quelques milliers d'articles secs mais moisis, à travers tout le bâtiment. Les deux méthodes recommandées ici dépendent des circonstances.

Articles secs porteurs de moisissures

Pour traiter les moisissures qui résultent de périodes prolongées d'humidité élevée et affectent des parties importantes des collections de la bibliothèque touchée, la formule la plus commode est celle qui consiste à faire baisser la température et l'humidité relative en améliorant la circulation de l'air. Les livres infectés doivent être passés à l'aspirateur sur place si leur nombre interdit de songer à les évacuer pour les traiter ailleurs. Les armoires et les tiroirs doivent être ouverts et leur contenu passé à l'aspirateur. Ils doivent rester ouverts Jusqu'à ce que le taux d'humidité relative soit retombé à un niveau acceptable et que les choses soient rentrées dans l'ordre. Il faut surveiller les conditions qui règnent dans toutes les parties de la bibliothèque où des dégâts ont été constatés. Tout article dont on estime qu'il mérite un traitement particulier recevra les soins décrits ci-dessus au chapitre consacré aux attaques mineures.

Documents mouillés

Les méthodes à suivre pour le sauvetage en masse de documents mouillés ont été décrites dans le détail dans de nombreuses publications. Deux ouvrages sont spécialement recommandés Procedures for Salvage of Water-Damaged Materials (1) et An Ounce of Prevention (2). Il y a intérêt à suivre les conseils qu'ils donnent pour la manipulation et le traitement des articles mouillés. Les recommandations qui suivent ont trait aux moyens d'éviter le développement de moisissures durant la phase de traitement et de séchage des articles mouillés au cours d'une inondation circonscrite.

Une telle inondation peut être consécutive à l'éclatement d'une conduite d'eau, à des fuites à travers les plafonds, les murs ou les fenêtres, l'engorgement de tuyaux d'évacuation ou à une inondation dans les sous-sols du bâtiment. Si l'eau en question provient d'une rivière ou d'un tuyau d'évacuation, il y a lieu de prendre des précautions pour protéger les personnels chargés des opérations de sauvetage contre les risques d'infection et de maladie.

Livres

Les recommandations qui suivent sont des conseils d'ordre général.

Papiers non reliés

La congélation ne s'impose généralement pas dans le cas de papiers non reliés trempés lors d'une inondation. Comme ils sèchent assez vite, on peut s'en occuper immédiatement et réserver la congélation pour ceux dont le séchage va demander des jours, voire des semaines. On pourra par la suite, à mesure que des locaux et du personnel se libéreront, faire sécher les documents congelés par petits lots.

Photographies, négatifs et microfilms

L'émulsion à base de gélatine des documents photographiques est particulièrement sensible à l'eau. Sur les épreuves et les négatifs en noir et blanc, elle peut supporter environ trois jours d'immersion avant de commencer à se détacher de son support. Dans le cas des épreuves et des négatifs couleur, l'émulsion commence à se détacher au bout de 48 heures seulement (4). A l'instar des papiers non reliés, ces pièces sont à traiter en priorité; il faut en particulier se hâter de les évacuer des secteurs inondés.

Traitement général de la zone touchée

En cas d'inondation circonscrite, il suffit souvent de pomper et d'éponger l'eau résiduelle et de faire fonctionner des ventilateurs pour que tout rentre dans l'ordre. On contrôlera avec soin tous les paramètres et l'on veillera à ne pas remettre en place les articles entreposés dans la zone avant que le taux d'HR soit revenu à un niveau acceptable. Les documents feront l'objet de vérifications fréquentes au cours des semaines qui suivront leur réinstallation dans la zone inondée de façon à détecter le moindre signe de développement de moisissures qui pourraient apparaître sur des pièces incomplètement sèches.

Rayonnages et armoires peuvent être passés à l'alcool ou au Lysol si l'on trouve des indices de moisissure sur leurs surfaces. La stérilisation de la zone s'impose uniquement si l'on soupçonne l'eau d'avoir été contaminée par des eaux usées. En ce cas, elle doit être confiée à une entreprise de désinfection spécialisée; le personnel et les lecteurs ne seront pas autorisés à pénétrer à nouveau dans la zone inondée tant que celle-ci n'aura pas été aérée à fond.

 

Attaques majeures - inondations de grande ampleur et expositions prolongées

Les attaques importantes de moisissures sont généralement consécutives, même dans les régions tropicales, à une catastrophe naturelle, tremblement de terre, cyclone ou autre. En ce cas, le bâtiment est souvent endommagé et isolé, privé notamment d'eau et d'électricité. Cette situation peut retarder de plusieurs Jours voire de plusieurs semaines la mise en route des opérations de sauvetage. Un plan d'intervention bien compris offrira aux bâtiments et collections qui ont été endommagés les meilleures chances de sauvetage. Il est impératif de prendre contact avec les personnes et les sociétés qui peuvent fournir les matériels et services nécessaires avant qu'une catastrophe se produise; sinon, il est pratiquement inutile d'espérer les obtenir le moment venu. Il faut noter les numéros de téléphone ou les adresses où l'on peut joindre ces personnes et ces entreprises, y compris de nuit ou durant le week-end, car les malheurs se produisent rarement aux heures de bureau. Rien ne peut remplacer un plan bien conçu d'intervention en cas de sinistre.

Priorités et préparation

Il faut décider à l'avance quelles parties des collections doivent être sauvées en priorité. Il est conseillé de sacrifier les pièces remplaçables afin de pouvoir s'occuper de celles qui sont irremplaçables. Sont généralement considérés comme prioritaires les manuscrits inédits, les articles ayant une valeur historique ou marchande appréciable et les documents présentant un intérêt particulier pour la localité ou la région. Les périodiques récents, les ouvrages détenus par nombre d'autres établissements et les collections d'intérêt marginal par rapport à la mission de l'institution peuvent être considérés comme soit remplaçables soit non indispensables. L'expérience a montré que les décisions de ce type ne sauraient être prises au moment du sinistre, lorsque personnel et direction sont catastrophés. Un plan d'intervention en cas de sinistre exposant de façon détaillée le degré de priorité assigné aux différentes parties des collections permet de sauvegarder les ouvrages ou articles les plus importants, y compris dans les pires circonstances.

Un tel plan doit indiquer :

L'ensemble du personnel devrait être exercé et entraîné à surveiller les volontaires qui viendront prêter main forte au moment des opérations de sauvetage; il faut également déterminer à l'avance les voies hiérarchiques et les canaux de communication. Dans toute la mesure du possible, la bibliothèque devrait détenir le matériel et les fournitures nécessaires, notamment un ou plusieurs générateurs, des ventilateurs, des casiers à légumes en plastique et des plateaux pour emporter les objets mouillés ainsi qu'une réserve de claies en matière plastique dure et fibre de verre et de papier absorbant comme des serviettes en papier ou du papier journal non imprimé.

Doivent également figurer sur le plan d'intervention en cas de sinistre les adresses où se procurer des fournitures et des appareils supplémentaires; un certain nombre de cadres de l'établissement devraient posséder ces informations. Des exemplaires du plan devraient être conservés en plusieurs endroits, à l'extérieur de l'établissement.

Chaque fois que possible, les opérations de premier secours - séchage à l'air et traitement préliminaire - devraient être appliquées sur place. Difficile à mettre en oeuvre, le transport en masse d'objets humides augmente le risque de dégâts matériels et réduit le nombre de personnes disponibles sur place pour faire face aux imprévus. Si le bâtiment a subi des dégâts considérables et qu'il n'y a plus d'endroit couvert relativement sec, alors et alors seulement, on envisagera un déménagement dans d'autres locaux. Il est utile d'avoir un plan de rechange indiquant les modalités d'accès à un autre local, tout en sachant qu'on n'y aura recours qu'en cas d'absolue nécessité.

Dès qu'il est possible d'accéder à l'édifice abritant la bibliothèque, il faut procéder à l'évacuation des objets en respectant l'ordre de priorité préalablement fixé. On suivra pour l'évacuation des objets vers la zone de séchage à l'air ou les installations frigorifiques les conseils fournis dans les ouvrages qui traitent de la question. Nous nous contenterons dans ce qui suit d'indiquer les mesures à prendre pour empêcher le développement de moisissures sur les ouvrages ou documents en instance d'évacuation pour traitement.

Prévention des moisissures in situ

La nébulisation de produits désinfectants n'est à envisager qu'en dernier ressort. Rien ne garantit qu'elle prévienne le développement de moisissures dans les livres et documents; de plus le recours à la seule nébulisation peut donner un sentiment trompeur de sécurité. D'ailleurs ce procédé peut se révéler ultérieurement dangereux pour le personnel appelé à manipuler les objets traités durant les phases postérieures de remise en état.

Congélation

En cas de sinistre majeur, le séchage à l'air peut n'être pas réalisable pour toutes les pièces atteintes, faute de temps, d'espace et de personnel. La congélation fournit la meilleure protection pour les articles mouillés qui ne peuvent pas être mis à sécher dans des délais raisonnables. Les livres et papiers peuvent rester congelés pendant des mois, si cela est nécessaire, en attendant que des décisions soient prises au sujet des modalités de séchage et de traitement. S'ils ont été emballés un à un, le rythme de décongélation et de séchage à l'air sera fonction des disponibilités en personnel et en locaux. Des conteneurs réfrigérés comme en utilisent les transporteurs internationaux peuvent être amenés sur place et alimentés par des générateurs extérieurs aussi longtemps que cela sera nécessaire. L'utilisation d'entrepôts frigorifiques locaux est également une possibilité, à condition toutefois que les règlements sanitaires n'interdisent pas d'utiliser à cet effet des locaux ordinairement affectés au stockage de produits alimentaires.

Séchage

On ne dispose actuellement que de trois méthodes ayant fait leurs preuves pour sécher de grandes quantités de documents mouillés le séchage à l'air, la lyophilisation et le séchage par le vide. Chacune présente des avantages et des inconvénients; d'ordinaire, il faut associer les trois méthodes pour régler le grave problème des suites d'un sinistre important. Des expériences de séchage par micro-ondes ou par d'autres méthodes non traditionnelles ont abouti à des résultats qui sont tout sauf satisfaisants, des dégâts supplémentaires ayant souvent été infligés aux livres et papiers traités.

Le séchage à l'air est manifestement efficace, à condition que l'on dispose d'un espace suffisant, d'un environnement adéquat et du personnel nécessaire, mais c'est un procédé relativement lent et qui demande beaucoup de main-d'oeuvre. Les ouvrages humides doivent faire l'objet d'une surveillance et de soins constants si l'on veut qu'ils sèchent complètement et dans les meilleurs délais. L'humidité relative de l'air ambiant doit être inférieure à celle des pièces traitées et la circulation de l'air suffisante pour permettre un séchage efficace. Lorsque le séchage à l'air est possible, il est recommandé de l'appliquer aux pièces à traiter en toute première priorité. Il n'est généralement pas possible de sécher à l'air la totalité des articles touchés par un sinistre majeur de sorte qu'il faut parfois congeler l'essentiel des documents mouillés en attendant de pouvoir s'occuper d'eux.

La lyophilisation est une méthode coûteuse qui requiert un matériel spécial. Toutefois, elle présente l'avantage d'éliminer l'eau des objets qui avaient été préalablement congelés sans qu'il faille les décongeler, atténuant ainsi les déformations et le risque de développement de moisissures. Par sublimation, l'eau passe directement de l'état solide à l'état gazeux et est évaporée par la vide. Cette méthode est la plus efficace pour sécher de grandes quantités de livres et papiers mouillés. Lorsque des bibliothécaires ou des archivistes établissent leurs plans d'intervention en cas de sinistre, ils ont intérêt à vérifier l'existence à proximité d'installations utilisables pour la lyophilisation et à s'entendre, si faire se peut, avec la société ou l'organisme compétent pour pouvoir les utiliser en cas de besoin. Comme les installations de lyophilisation dépendent généralement d'une usine de transformation de denrées alimentaires, il se peut qu'il faille demander une autorisation spéciale au Ministère de la santé pour pouvoir les utiliser.

Le séchage sous vide élimine l'eau à l'état liquide et décongèle partiellement les objets préalablement congelés. Le procédé consiste à envoyer par pompage de l'air sec et chaud dans une chambre à vide, le vide faisant évaporer l'eau. Ce procédé, considérablement plus lent que la lyophilisation, comporte en outre quelque risque de développement de moisissures sans compter qu'il expose à d'autres dégâts les matériaux solubles dans l'eau. Le séchage sous vide provoque également des déformations beaucoup plus sérieuses que la lyophilisation.

OUVRAGES CITES EN REFERENCE :

1. Peter Water. Procedures for the Salvage of Water-Damaged Library Materials. 2e édition. Washington, Library of Congress, 1979.

2. John P. Barton and Johanna G. Wellheiser, eds. An Ounce of Prevention. Ontario, Toronto Area Archivists Group Education Foundation, 1985.

3. Marilyn Kemp Weidner. Instructions on How to Unframe Wet Prints. Cooperstown, N.Y., New York State Historial Association Library, 1973.

4. Barton and Wellheiser, p. 69.


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