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6. Les sceaux

6.1 Définition et composition
6.2 Facteurs de dégradation et méthodes de prévention
6.3 Techniques de restauration: matériaux et procédés

 

6.1 Définition et composition

Les sceaux sont des éléments qui sont joints à un document pour l'authentifier ou servir de marque d'identification personnelle de l'auteur; on peut considérer qu'ils remplacent la signature. Dans quelques cas, ils servent en outre à clore de manière inviolable.

Les sceaux ont une origine très ancienne et l'on trouve jusque dans les textes bibliques des passages qui font allusion à leur usage pour authentifier des documents aussi bien que pour sauvegarder le secret de leur contenu.

Les sceaux les plus anciens sont les sceaux "plaqués": ils résultent du simple pressage d'une matrice sur une substance malléable de sorte que celle-ci en conserve la trace ou empreinte. Cette apposition se fait en général au verso du document et selon un procédé qui peut être direct ou indirect.

Dans le procédé direct, la matrice est appliquée directement sur la substance malléable de manière que celle-ci en garde l'empreinte. Ce type de sceau, déjà utilisé sous l'Empire romain, s'est répandu dans tout l'Occident européen et a été légué au Moyen Age.

Dans le procédé indirect, la matière malléable est placée entre le document et un fragment de papier et c'est ce dernier qui reçoit l'empreinte du sceau. L'usage en est postérieur.

Les premiers sceaux plaqués étaient apposés au moyen d'un anneau sigillaire ou bague-cachet. Au fil du temps, les dimensions en ont augmenté et l'on a cessé d'utiliser comme matrices des bagues ou breloques pour se servir d'objets qui n'étaient plus portés par la personne dont ils étaient censés conférer la marque.

Cette augmentation de leur taille jointe à la fréquente nécessité d'apposer plusieurs sceaux sur un même document a débouché sur l'invention du sceau "pendant" qui, au cours du XIIe siècle, a évincé le sceau plaqué.

Les sceaux pendants se composent d'un morceau de cire ou de métal portant une empreinte soit sur une face soit sur les deux; ils sont attachés au document par une cordelette ou un ruban appelé lacs de suspension et ont pour fonction de certifier la validité du texte qu'ils accompagnent.

Il semble que les sceaux pendants de métal soient d'origine byzantine et aient été utilisés par la Chancellerie pontificale dès le VIe siècle au moins. On en explique l'apparition par la nécessité d'employer un matériau moins fragile que la cire et l'impossibilité de faire adhérer ce matériau (métal) directement au document.

Les sceaux pendants et en particulier ceux faits de métaux nobles (or et argent) accompagnaient les documents d'une grande importance ou étaient utilisés par les personnalités et institutions très éminentes. A la fin du XIe siècle, on a commencé à les confectionner au moyen de cires plus résistantes et ils ont finalement détrôné les sceaux plaqués.

Au XIIIe siècle, les sceaux connaissent une large diffusion dans des couches sociales inférieures à celles où ils étaient en usage aux siècles antérieurs; d'où l'apparition d'un grand nombre de sceaux de taille plus modeste et ne portant d'empreinte que sur une seule face. A cette époque, la forme circulaire, usuelle jusque-là, cède le pas à d'autres: formes lobulaires, étoiles, polygones, double ogive... tandis que, grâce à l'emploi d'oxydes métalliques, d'autres couleurs (rouge, vert, jaune, vermillon) se substituent à la teinte de la cire naturelle qui était normalement utilisée.

Lorsque le parchemin tombe en désuétude en raison de la généralisation de l'usage du papier, on revient au sceau plaqué car la consistance plus fragile du nouveau support de l'écriture ne résiste pas au poids des sceaux pendants.

C'est ainsi que les sceaux plaqués réapparaissent au cours de la première moitié du XIVe siècle, les sceaux pendants étant réservés aux documents de très haute importance. A partir de la fin de ce même siècle et au cours du suivant, l'usage des sceaux commence à régresser à mesure que s'y substitue la signature personnelle; il se restreint ensuite de plus en plus jusqu'à avoir pratiquement disparu de nos jours.

Nous avons vu que les sceaux pouvaient être confectionnés en métal ou en cire. Parmi les métaux, les plus utilisés ont été le plomb et à un moindre degré, le cuivre et ses alliages (bronze et laiton); comme nous l'avons dit, pour les sceaux d'une grande importance, on employait l'or et l'argent; les exemplaires en métaux nobles qui ont été conservés sont toutefois relativement rares.

Les sceaux de cire pouvaient se composer simplement de cire naturelle d'abeille, pure ou mélangée à d'autres ingrédients destinés à la durcir (résines, craie, gomme-laque, poix...). La cire d'abeille durcie au moyen d'argile et de cire végétale de carnauba est appelée cire d'Espagne; plus dure mais également plus cassante, elle est très employée pour confectionner les sceaux plaqués.

A l'heure actuelle, on n'utilise plus de sceau à proprement parler mais, en raison de son innocuité pour les documents, le timbre sec, simple marque en relief faite sur le support au moyen d'une estampe.

6.2 Facteurs de dégradation et méthodes de prévention

Les matériaux à base de cire et de ses dérivés sont plus stables face aux facteurs d'altération que les matériaux cellulosiques et protéiniques étudiés plus haut.

Les facteurs climatiques les affectent peu, à l'exception des hautes températures qui peuvent provoquer leur ramollissement et leur fusion (la cire naturelle se rammolit à partir de 40 °C; la cire d'Espagne est plus résistante).

Les attaques d'agents biologiques sont également relativement peu fréquentes encore que possibles; certains insectes dévorent en effet la cire, surtout si elle est pure. La cire d'Espagne est insensible à ces attaques.

La principale cause de dégradation des sceaux est d'ordre physicomécanique; autrement dit, elle procède de leur usage ou du mode de rangement, lesquels peuvent être à l'origine d'éraflures ou de cassures du sceau comme de déchirures du document.

On remédie à ce problème par un rangement correct, en protégeant les sceaux au moyen d'un matériau qui les met à l'abri des chocs éventuels (polyéthylène contenant des bulles d'air) ou en les insérant dans des boîtes ou des montures de carton ou autres matériaux à l'intérieur desquels ils n'ont pas suffisamment de jeu pour risquer d'être brisés ou de subir des frottements. Dans l'encadrement des documents à sceau pendant, il faut ménager pour le sceau un logement spécial.

Pour éviter qu'ils ne soient trop manipulés par les chercheurs, on peut en établir une reproduction; on la réalise dans un matériau pratiquement incassable tel qu'une résine synthétique renforcée de fibre de verre, à partir d'un moule de latex ou de silicone.

Le cas des sceaux métalliques est très différent; leur dégradation est généralement due à des facteurs chimiques. Le principal problème qu'ils posent tient à ce que le métal dont ils sont composés s'oxyde et se corrode au simple contact de l'humidité et de l'oxygène de l'air ambiant lorsque celui-ci contient des gaz sulfureux et du dioxyde de carbone.

Dans le cas particulier du plomb, il est normal que le métal se couvre d'une patine d'oxyde qui le protège en partie de la dégradation chimique mais qui, si elle se forme dans une atmosphère polluée et excessivement humide, donne naissance à un composé d'aspect laiteux (gris blanchâtre) - le carbonate basique de plomb; celui-ci provoque la corrosion de la pièce, transformant le métal en un matériau poreux qui, en augmentant de volume, fait disparaître les détails et les contours du dessin.

Il est également fréquent que le contact avec des composés salins entraîne la formation d'incrustations métalliques qui de manière générale ne sont pas dangereuses mais déparent l'aspect extérieur du sceau.

Pour prévenir ou atténuer l'action de tous ces facteurs, on peut choisir soit de recouvrir le sceau d'une matière isolante (cire microcristalline), soit d'agir sur le milieu en mettant le sceau à l'abri dans une vitrine remplie de gaz inerte (méthode excessivement coûteuse) ou en épurant l'air au moyen de filtres antipollution.

D'une manière générale, le plomb est un métal très sensible aux acides organiques qu'altèrent aussi les tanins du chêne ou autre bois insuffisamment traité; il est donc déconseillé de conserver dans des étuis de bois les sceaux de cette matière, sauf à les enduire de vernis.

6.3 Techniques de restauration: matériaux et procédés

6.3.1 Sceaux de cire

Lorsqu'on a identifié, analysé et photographié la pièce et qu'on en a diagnostiqué l'état, la première chose à faire est de la nettoyer.

Le nettoyage des sceaux de cire est normalement effectué avant tout de manière mécanique, au moyen de brosses et de pinceaux ainsi que de systèmes agissant par Jet d'air pulsé; on va même dans les cas extrêmes jusqu'à recourir au scalpel pour enlever les salissures incrustées. On peut également procéder par voie aqueuse en appliquant, de préférence localement avec un tampon de coton, de l'eau contenant un tensioactif quelconque (Teepol, Lissapol...).

Diverses méthodes sont utilisables pour consolider les pièces (resoudage de fragments et comblage des lacunes).

La solution consistant à faire fondre les bords des cassures pour y resouder les fragments détachés est à écarter absolument parce qu'elle implique une dégradation de la pièce originale et l'éventuelle altération du dessin à proximité de la cassure.

Une autre méthode consiste à appliquer de la cire chaude, pure ou mélangée à des produits tels que la colophane, qui fera fonction de fondant et renforcera la pièce en colmatant les petites lacunes de la cassure. Ce procédé peut toutefois rendre malaisée la distinction entre les fragments d'origine et les pièces d'apport outre qu'il fait apparaître de légères auréoles dans la zone de fusion parce que la couleur du sceau est absorbée par les adjuvants utilisés.

On évitera ces deux problèmes en employant, au lieu de cire d'abeille ou autre cire naturelle, une cire microcristalline (produit semi-synthétique dérivé du pétrole): ces cires se différencient de la cire naturelle par leur constitution, ne provoquent pas "d'aréole" et, en raison de leur structure microcristalline, présentent une grande plasticité. Relativement stables, elles ne sont pas non plus attaquées par les insectes.

Pour les appliquer, on dépose une petite quantité de cire fondue sur les bords de la cassure et on exerce une pression sur les deux morceaux à resouder Jusqu'à obtenir une adhérence parfaite.

Lorsque les pièces sont lourdes ou de grande taille, cette méthode se révèle inefficace en raison de l'insuffisante solidité de la soudure. Pour résoudre le problème, on a parfois eu recours à l'insertion de broches métalliques qui font en quelque sorte office de chevilles et assujettissent ensemble les fragments à resouder. Pour cela, on pratique des trous dans les morceaux avec une aiguille chauffée et on y insère les broches préalablement chauffées elles aussi.

L'inconvénient, c'est que si le sceau est soumis à un choc, il a tendance à se casser au niveau de l'assemblage, ce qui provoque l'arrachement de ses couches superficielles. Ce type de cassure est assez fréquent et le résultat est catastrophique.

L'autre procédé utilisable consiste, au moyen d'une pointe chauffante d'un millimètre de diamètre sur vingt de longueur, portée à une température de 100 à 150 °C, à creuser de fines entailles en biais où l'on coulera la cire microcristalline chaude.

Lorsque certains fragments ont été perdus, il est nécessaire de les remplacer par des pièces d'apport afin de consolider l'ensemble. Autrefois, celles-ci étaient faites de plâtre coloré que l'on sculptait ensuite pour reconstituer le dessin. A l'heure actuelle, on préfère utiliser de la cire microcristalline et s'abstenir, pour des raisons déontologiques, de recréer les éléments graphiques. Pour reconstituer les zones manquantes, la première chose à faire est de confectionner une plaque de cire de même diamètre que le sceau mais d'épaisseur légèrement moindre. Pour cela, on coule de la cire fondue sur un support sur lequel on aura collé une bande de bristol délimitant le périmètre du sceau. Une autre méthode un peu plus complexe consiste à fabriquer une forme en pâte à modeler ou autre matière malléable pour y couler de la silicone; on obtient ainsi un moule que l'on emplit ensuite de cire.

Lorsque la plaque de cire est prête, on pose l'original dessus et on marque les contours du morceau à découper. On le découpe ensuite au moyen soit de la pointe chauffante soit d'une scie à chantourner.

Pour souder la pièce d'apport à l'original, on enfonce, comme indiqué ci-dessus, la pointe chauffante en biais de manière qu'elle traverse les deux faces à rapprocher en allant de la pièce d'apport vers l'original. Les pièces d'apport seront placées à une hauteur moyenne par rapport aux bords du chant du sceau de sorte que, la pièce étant vue de profil, on distingue un léger décrochement à l'endroit comme à l'envers.

Cette différence d'épaisseur atteste l'inauthenticité du morceau rapporté. Pour procéder à la finition de celui-ci, on en aplanit les joints au burin et on en égalise la surface par des moyens mécaniques (à l'aide de papier de verre fin, de fibre de verre...) ou en employant des solvants organiques (naphte, xylène...) qui lissent la cire microcristalline soluble dans ces produits.

L'unique objectif étant de consolider le sceau, il n'est en aucun cas question de reconstituer le dessin même s'il en existe un modèle digne de foi; on veille cependant à l'effet esthétique en teintant la cire microcristalline pour qu'elle s'harmonise avec l'ensemble.

La méthode la plus appropriée pour ce faire consiste, après l'avoir fait fondre, à ajouter à la cire un colorant à l'huile en se rappelant qu'on cherche à obtenir une tonalité et non la couleur exacte. Pour vérifier le ton obtenu, on prélève une goutte du mélange qu'on laisse refroidir car la teinte varie selon le degré de fusion.

Par leur innocuité et leur stabilité, les peintures à l'huile constituent ici les agents colorants les plus appropriés. D'autres matériaux, tels que les pigments naturels ou les anilines donnent de moins bons résultats: les premiers ont tendance à se décanter et les secondes pâlissent à la lumière solaire.

6.3.1.1 Le lacs de suspension

Qu'ils soient en cire ou en métal, tous les sceaux sont attachés au document par un ruban ou cordon appelé lacs de suspension.

Il est évident que si le lacs est coupé, le document se trouve privé de son sceau et, partant, de la preuve de son authenticité. Si le document ou le sceau doit être soumis à un traitement par immersion qui risque d'endommager le ruban ou, le liquide remontant par capillarité, de provoquer une tache sur le document, on recouvre le lacs d'une matière imperméabilisante telle que la cire, naturelle ou microcristalline, qui sera éliminée par fusion ou à l'aide de solvants (xylène, naphte, tétrachlorure de carbone...) une fois le traitement achevé.

Si le lacs est fragilisé ou détérioré, on peut le renforcer au moyen de fils de nylon qui sont pratiquement invisibles et très résistants.

6.3.2 Sceaux plaqués par apposition directe

Ces sceaux sont normalement en cire d'Espagne. Le traitement de ce matériau est sensiblement le même que celui conseillé pour la cire naturelle pure mais dans ce cas les fissures seront colmatées au moyen d'adhésif, de préférence du Primal mêlé à de l'hydroxypropyl cellulose ou bien des résines époxy ou des cyanoacrylates.

Lorsque des fragments sont perdus, on s'abstient normalement de les remplacer car, le sceau adhérant au papier, la disparition de certains morceaux n'en amoindrit pas d'ordinaire la solidité. Si l'on choisit de les reconstituer, on suivra la procédure indiquée pour les sceaux de cire naturelle.

6.3.3 Sceaux plaqués par apposition indirecte et timbre sec

Les sceaux apposés indirectement se composent de deux éléments: la cire d'Espagne et le papier. Lorsque ceux-ci sont dissociés, on les réassemble au moyen de n'importe quelle colle utilisée pour la restauration du papier (de l'acétate de polyvinyle par exemple).

Si la cire est brisée, on la resoude avec les produits déjà mentionnés à propos des sceaux apposés directement, en faisant en sorte de ne pas tacher le papier. Si l'intérieur du sceau se trouve réduit en poudre ou excessivement émietté, la meilleure solution est d'éliminer cette matière pulvérulente et de resouder le sceau au papier. Il convient dans ce cas de respecter la tache laissée par le matériau utilisé précédemment (cire naturelle ou cire d'Espagne), qui portera témoignage de son existence.

Le papier porteur d'un sceau placé d'un timbre sec recevra, s'il présente des lacunes ou s'il est sale, le même traitement que les documents faits du même matériau (nettoyage mécanique ou à l'eau, colmatage...), l'unique réserve étant qu'il faut tenir compte de la présence du sceau au moment de mettre le document sous presse car si le sceau n'était pas protégé, le dessin moulé disparaîtrait.

On évitera du reste de mettre sous presse les documents portant des sceaux, que ceux-ci soient de ce type ou apposés directement; si toutefois c'est indispensable, on protégera le sceau au moyen d'un tampon de coton ou de caoutchouc mousse et l'on ménagera dans le papier buvard ou autre support utilisé pour la mise sous presse une réservation de la superficie du sceau pour éviter que celui-ci ne soit aplati; si le sceau est relativement volumineux, on superposera plusieurs feuilles de buvard ou de matériau plus épais (carton) jusqu'à obtenir une épaisseur égale à la sienne, de manière à le protéger complètement.

6.3.4 Sceaux de métal

Nous avons déjà vu que le principal problème posé par les sceaux métalliques tenait à leur oxydation. Les méthodes de traitement permettant de remédier à ce défaut ne manquent pas; cependant aucune ne convient pour restaurer des sceaux attachés à des documents car elles supposent toutes l'immersion dans un milieu qui endommagerait le lacs.

Les sceaux métalliques détachés des documents seront restaurés par les méthodes utilisées pour traiter n'importe quelle pièce de métal (procédé électrochimique, électrolyse à l'acide...).

Dans le procédé électrochimique, on place le sceau dans un récipient de fer, on le recouvre de zinc et on le fait bouillir dans de l'hydroxyde de sodium à 10 - 20 %; si le lacs est présent, on peut également appliquer ce traitement localement en recouvrant le sceau de zinc et en utilisant de l'acide sulfurique à 90 %. Le procédé électrochimique détruit la patine du sceau et élimine la matière dégradée au lieu de la transformer en substance inoffensive; il n'est donc pas recommandé si le dessin du sceau risque d'y perdre de sa netteté.

Le procédé électrolytique consiste à immerger le sceau dans de l'hydroxyde de sodium à 5-% en le reliant à un câble électrique qui fait fonction de cathode. L'anode est constituée de plusieurs lames de fer qui sont également plongées dans le récipient et reliées à un courant électrique. Le passage du courant provoque une réduction électrolytique qui a pour effet de retransformer une partie du matériau dégradé en "métal sain".

Après le traitement électrolytique ou électrochimique, le sceau doit être lavé à l'eau distillée et, enfin, consolidé.

Une autre méthode moins conseillée consiste à utiliser des acides - l'acide formique par exemple pour les sceaux d'argent, l'acide citrique pour ceux de cuivre, etc.

Pour traiter le plomb, métal le plus fréquemment rencontré, il existe des méthodes spécifiques telles que l'immersion dans l'acide nitrique suivie de la neutralisation à l'alcool (encore que ce procédé donne un aspect laiteux au plomb), la méthode Caley ou le traitement aux résines échangeuses d'ions.

La méthode Caley consiste à immerger le sceau dans un bain d'acide chlorhydrique dosé à 100 ml d'acide pour un litre d'eau distillée; après égouttage et rinçage à l'eau distillée, on le plonge pendant une à deux heures dans un autre bain, celui-ci d'acétate d'ammonium chaud (100 gr par litre d'eau distillée). On le lave ensuite à l'eau distillée, on l'égoutte et on le lave à nouveau pour finalement le sécher à l'air ou par trempage dans l'alcool, puis on le consolide par immersion dans de la paraffine à 100 °C.

Dans le procédé aux résines échangeuses d'ions, on recouvre de granules de résine le sceau placé dans un récipient et on ajoute de l'eau distillée; il est généralement nécessaire de changer les résines plusieurs fois Jusqu'à ce que les incrustations d'oxyde disparaissent. Cette méthode qui a été inventée par le British Museum représente un progrès par rapport à d'autres parce qu'elle n'exige ni produits chimiques, ni lavages.

Pour traiter les sceaux de plomb fixés aux documents, le Service des livres et documents (Espagne) recourt aux traitements électrolytiques locaux.

Ce procédé consiste à utiliser comme anode une pointe de platine et comme électrolyte de l'acide sulfurique. Le sceau fait fonction de cathode et est relié au moyen de pinces au circuit électrique. On provoque la` réduction électrolytique en versant une goutte d'acide sulfurique sur le sceau et en y appliquant la pointe de platine reliée à un courant électrique. Les éléments détériorés se retransforment de la sorte en plomb métallique et le sceau retrouve son aspect d'origine.

Pour éviter les dégradations causées par l'acide sulfurique, on pratique plusieurs rinçages successifs à l'eau distillée jusqu'à disparition totale et vérifiée de toute trace d'acide. On élimine enfin les résidus par brossage et l'on procède à la consolidation.

Dans le cas des matériaux métalliques, cette dernière opération est réalisée par immersion dans de la cire micro-cristalline chaude, des résines synthétiques ou des colles, de préférence thermo-plastiques. Le mieux est de provoquer l'imprégnation complète du sceau en créant le vide. Les appareils nécessaires pour ce faire sont très coûteux mais on peut leur substituer le système Venturi: la force d'un jet d'eau provoque l'absorption de l'air contenu dans une enceinte hermétique, ce qui favorise l'imprégnation par l'agent consolidant sans que subsiste la moindre bulle.

La consolidation par immersion est déconseillée lorsque les sceaux adhèrent aux documents; en pareil cas, il faut procéder à une imprégnation à la brosse. Les produits appropriés à cet usage sont le Paraloïd dilué à 10 % dans du nitrate de potassium ou le tétrachloroéthylène qui laisse sur le sceau une pellicule transparente mate.


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