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9. Conclusions

Il ne faut pas compter pouvoir améliorer d'un coup le sort fait aux archives ; les progrès ne peuvent être que graduels et probablement très lents. Il est par conséquent judicieux d'établir un plan à long terme comportant un volet lutte contre la pollution. D'autres facteurs, comme la température et l'humidité relative seront également pris en compte.

Mis à part l'oxygène et l'eau omniprésents, qui provoquent la décomposition fondamentale de la matière organique, les polluants présents dans un service d'archives peuvent être recensés et sont dans une certaine mesure, gérables pour ainsi dire indépendamment de toute autre considération. Les polluants acides, les oxydants et les poussières sont les plus dangereux. On peut diminuer leur taux grâce à des améliorations générales de l'environnement, ou réduire la quantité qui pénètre dans le bâtiment en réglant au mieux les systèmes de ventilation et en équipant autant que possible, ces systèmes des meilleurs filtres et agents absorbants. Les dispositifs de purification pourraient être installés uniquement dans les magasins dont ils recycleront l'air. L'élimination des polluants par filtrage et absorption peut également être pratiquée au moyen d'appareils de recyclage mobiles. Les procédés de purification de l'atmosphère ayant recours à une humidification de l'air, ou produisant de l'ozone sont à déconseiller. Comme le mobilier et les matériaux de construction du bâtiment jouent un rôle absorbant, on pourra accentuer cette qualité grâce à des mesures simples.

Tout devra être fait pour réduire la pollution d'origine interne produite par les travaux de fumigation, de copie, de conservation matérielle et de nettoyage. Certaines de ces opérations peuvent être effectivement réalisées dans des locaux spéciaux à l'écart des magasins ventilés, mais dans ces locaux, des substances chimiques agressives se dégageront lentement, pendant de longues périodes, de documents apparemment inoffensifs. Si ces substances sont confinées dans un espace très réduit, leurs effets peuvent être rapides. Les peroxydes qui attaquent les documents photographiques et les acides organiques qui corrodent le plomb sont les substances les plus dangereuses. Mais, en raison de l'utilisation croissante des matières plastiques et des supports modernes, les émissions polluantes émanant des documents et des matériaux qui les entourent devront être régulièrement surveillées.

Un soin particulier sera apporté aux pochettes hermétiquement closes qui empêchent les micro-polluants de s'échapper. On pourra prendre des dispositions supplémentaires afin qu'ils soient absorbés sans risque à l'intérieur, mais cela n'est envisageable que pour les pièces en grand danger. Lors de l'exposition de documents d'archives, les mêmes principes de protection seront appliqués, mais d'une manière encore plus stricte car les vitrines contiennent des matériaux neufs libérant des polluants, et guère de substances tampons susceptibles de les absorber, à l'exception des pièces exposées elles-mêmes.

Réduire la pollution demande une volonté et une vigilance persistantes. On n'y parviendra pas sans faire appel aux services et aux avis d'experts extérieurs : analystes, ingénieurs de maintenance et scientifiques connaissant bien les matériaux, pour surveiller les archives et avertir en cas de danger. Les concours sont importants et il ne faut pas les négliger quand on entreprend d'apporter une modification quelconque à l'organisation d'un service d'archives.


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