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Les psoques ou poux des livres

Il existe des poux des livres partout dans le monde. Ce sont de minuscules insectes de un à deux millimètres de long. La plupart de ceux qui infestent les livres et le papier sont dépourvus d'ailes. Les poux des livres (fig. 13) ressemblent à première vue aux poux des oiseaux, mais ce ne sont pas de vrais poux. On les voit d'ordinaire détalant ici et là dans les livres et papiers, surtout dans les lieux humides, ainsi que dans les entrepôts, les herbiers et les collections entomologiques.

Leur présence est certes gênante, car on risque de tacher les documents en les écrasant entre les pages, mais les poux des livres ne causent généralement pas de dégâts sensibles. Pendant les mois chauds de l'année, ils prolifèrent dans les lieux chauds, humides et tranquilles. Dans les zones tempérées de la planète, lorsque les immeubles sont chauffés l'hiver, les populations de poux des livres sont radicalement diminuées, car l'élimination de l'humidité par la chaleur freine le développement des moisissures dont ces insectes se nourrissent.

Figure 13 - Le pou des livres est un minuscule insecte au corps mou qui se nourrit des moisissures microscopiques qui se développent sur les ouvrages de bibliothèques exposés à l'humidité (d'après Kingsolver and Pest Control in Museums).

Les psoques se nourrissent de moisissures microscopiques. Tout ce qui est d'origine végétale - meubles, papier ou livres - peut, si on l'entrepose dans un local humide, se couvrir d'abondantes moisissures, qui favorisent à leur tour la prolifération des psoques (Mallis, 1982). Ces derniers sont friands d'amidon, de colles d'amidon ainsi que des colles utilisées en reliure et pour la pose des papiers peints. Contrairement aux véritables poux, ils ne piquent pas les humains. On a beaucoup de chances d'en introduire dans un immeuble avec du mobilier, des caisses, des livres et du papier, qui tous peuvent porter les micro-organismes dont ils se nourrissent. Ils se cachent dans l'obscurité, à l'abri des moulures et des plinthes, sous les planchers et à l'intérieur des cloisons, derrière les fils et accessoires électriques et les tuyaux de plomberie ainsi que, très souvent, dans les gaines d'isolation des tuyauteries.

Le pou des livres le plus répandu se reproduit par parthénogénèse, c'est-à-dire sans s'accoupler. En fait, on n'a pas identifié de mâle chez certaines espèces. Lorsqu'il sort de l'oeuf, l'insecte est très petit et relativement peu mobile. Au fur et à mesure qu'il mue et se développe, il prend une couleur un peu plus grise. Il vit en moyenne 110 jours s'il n'est pas tué par le froid. Dans un milieu où l'humidité relative est constamment faible (au-dessous de 35 %), le pou des livres se dessèche et meurt.

Dermestidés

Les anthrènes, les dermestes et les attagènes (fig. 14) appartiennent à la famille des dermestidés. Les dermestes s'en prennent en particulier aux peaux, cuirs, viandes et autres produits animaux du même ordre. Dans ce genre, on citera le dermeste du lard ou dermeste noir. Les dermestes ne se rencontrent que rarement dans les ouvrages de bibliothèque. Leur présence en grand nombre dans des livres dont ils avaient ravagé les couvertures a toutefois été signalée (O'Connor, 1898). Vu les habitudes alimentaires ordinaires de ces coléoptères, on peut penser que les reliures en cuir sont particulièrement vulnérables à leurs attaques.

Les anthrènes sont beaucoup plus petits que les dermestes et sont des destructeurs communs des objets contenant des protéines tels que les lainages, tapis, meubles capitonnés, spécimens de musées, etc. La plupart des adultes se nourrissent essentiellement de pollen et de nectar. Les larves sont responsables des dommages causés à certains documents de bibliothèques. Des espèces telles que Anthrenus scrophularial, Anthrenus flavipes, Anthrenus verbasci et Trogoderma inclusum, de plus grande taille, ainsi que l'attagène Attagenus megatoma se rencontrent très couramment dans les musées, les bibliothèques et les collections diverses.

Diverses sources de protéines servent d'aliments aux larves des anthrènes. On les voit couramment dévorer la garniture de feutre des boîtes où sont conservés les livres rares ou des présentoirs d'exposition, les chapeaux et accessoires en feutre, les articles en laine de toutes sortes, les tapisseries, broderies ou ouvrages à l'aiguille, les plumes y compris celles qui garnissent les nids d'oiseaux, les tapis, les objets en corne, les fanons de baleines, les piquants de porc-épic, les nids de guêpes, frelons et autres vespidés, les cadavres d'insectes et de rongeurs, les cheveux et fourrures, les cuirs et daims souples, les soieries, les reliures en cuir de livres, les animaux et oiseaux empaillés, les mues de serpents, les sièges rembourrés de crin, les brosses et polissoirs à chaussures, les plumeaux et des matériaux isolants à base de feutre de laine. On a observé la destruction par Thylodrias contractus, d'estampes précieuses de la National Gallery, à Ottawa (Canada) (MacNay 1950).

Les larves sont petites et présentent des segments très visibles et de nombreux poils et piquants. La larve d'Attagenus megatoma a l'aspect d'une carotte longiforme et est d'ordinaire de couleur orange. Les autres insectes du même genre ont le corps plus court et sont généralement de teinte sombre. Les larves de ces insectes recherchent de préférence leur nourriture dans les endroits obscurs tels que la base des poils des tapis épais ou le dessous des meubles. Elles laissent derrière elles de nombreuses mues au cours des quatre à cinq mois qui précèdent la nymphose. Elles se nymphosent dans la dernière dépouille larvaire et se métamorphosent en adultes dont la durée de vie est d'environ un mois après l'émergence. La femelle meurt en général quelques jours après avoir pondu ses oeufs.

Teignes des vêtements ou mites

Les larves des mites peuvent causer des destructions dans les bibliothèques où elles se nourrissent d'objets ayant une forte teneur protéique. Elles sont particulièrement friandes des carcasses d'animaux, fourrures, plumes, cheveux, laine, cadavres d'insectes, spécimens naturalisés, coussins rembourrés de plumes, tapisseries et tapis, du feutre et parfois des reliures de livres.

Figure 14 - Différentes formes adultes et larvaires de dermestidés fréquentant les bâtiments abritant des livres et documents et les abords. Attagènes: A. Attagenus megatoma (F), B. Thylodrias contractus (Motschulsky), C. Reesa vespula (Milliron), D. Trogoderma inclusum (LeConte). Anthrènes: E. Anthrenus verbasci (L.), F. Anthrenus scrophulariae (L.) et G. Anthrenus flavipes (LeConte). Illustrations A. B. C. D. et G., d'après Kingsolver et Pest Control in Museums). (Illustrations E. et F., d'après Mallis).

Quatre espèces de mites ou teignes sont dangereuses pour les musées, les bibliothèques et les collections. Il s'agit de la teigne des vêtements Tineola bisselliella, de la teigne des pelleteries Tinea pellionella, de la mite des tapis dite encore mite tapissière ou des fourrures, Trichophaga tapetzella et de la teigne brune domestique Hofmanno phila pseudospretella.

Figure 15 - Diverses teignes des vêtements connues pour infester les fonds des bibliothèques. Leurs larves se nourrissent de matières à haute teneur protéique.
A. Teigne des pelleteries, Tinea pellionella (L.)
B. Mite des tapis, Trichophaga Tapetzella (L.)
C. Mite des vêtements, Tineola bisselliella (Hum.)
(d'après Mallis).

La mite des vêtements (Tineola bisselliella)

La plus connue de ces quatre espèces de teignes est la mite des vêtements que l'on rencontre dans le monde entier. Ses larves ont l'habitude de filer, confectionnant des tunnels et pistes de soie à mesure qu'elles rongent le tissu. En outre, leurs déjections en granules sont généralement agglutinées en grappes par la toile de soie qu'elles produisent. Ces larves qui sont des chenilles blanchâtres à capsule céphalique brune s'alimentent en général dans les lieux sombres et clos.

Les mites des vêtements adultes volent bien mais ne le font guère que dans les lieux sombres. Ce sont plutôt les mâles qui volent, les femelles ayant plutôt tendance à marcher. On connaît des cas d'adultes capables de voler jusqu'à une altitude de plus de 90 m pour pénétrer dans les immeubles et en particulier les greniers. Les femelles pondent de 40 à 50 oeufs. Elles les déposent dans les lieux sombres ou la nuit. Elles meurent après la ponte. Après éclosion, les larves se mettent immédiatement à dévorer tout ce qu'elles rencontrent comme aliment convenable. Les nouvelles-nées peuvent se faufiler dans toute ouverture d'un diamètre supérieur à 0,01 mm, ce qui leur permet de pénétrer dans les boîtes apparemment les plus étanches. Parvenues à maturité, les larves filent un cocon nymphal de soie où elles se transforment en mites adultes. Le cycle séparant deux pontes s'étale sur 5 à 9 mois et peut dépasser 2 ans si la larve est conduite à entrer en diapause.

La mite des pelleteries (Tinea pellionella)

Cette espèce est loin d'être aussi commune que la précédente mais on la rencontre dans les carcasses d'oiseaux et de rongeurs, les tapis persans et les tentures murales et tapisseries d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud. De teinte brunâtre, elle présente des taches noires peu distinctes sur les ailes. Sa larve file un fourreau de soie entrelacé de fibres de l'article dont elle se nourrit. Quand la larve se déplace, elle transporte ce fourreau avec elle et meurt si elle en est séparée. La larve ne fabrique pas de tunnel de soie au fur et à mesure qu'elle s'alimente comme le fait celle de la mite des vêtements.

Son cycle de vie est sensiblement le même que celui de la mite des vêtements. Lorsque la larve atteint la maturité et est prête à se nymphoser, elle abandonne souvent l'article dont elle se nourrit et fixe son cocon de soie à des objets situés à une certaine distance. L'infestation se propage ainsi couramment d'un lieu à l'autre.

La mite des tapis (Trichophaga Tapetzella)

Cette espèce est beaucoup plus rare que les deux précédentes et présente des marques distinctives qui permettent de l'en différencier aisément. La larve ne fabrique pas de fourreau mais confectionne un tunnel de soie ou creuse des galeries dans le matériau dont elle se nourrit. Ce tunnel, ajouté à l'action dévoreuse de l'insecte, cause beaucoup de dégâts aux objets infestés.

On peut voir les adultes voler d'avril à juin; ils s'accouplent presque immédiatement après l'émergence. La femelle pond de 60 à 100 oeufs. Le stade larvaire perdure tous les mois d'été. La larve construit un cocon grossier pour la nymphose. Il peut y avoir une ou deux générations par an.

La mite brune domestique

Cette espèce, présente dans de nombreux pays du monde, se nourrit de matières animales et végétales. Au stade larvaire, elle ronge principalement les capitonnages, tapis, fourrures, peaux, spécimens séchés d'animaux, nids d'oiseaux, plantes et fruits séchés et parfois les livres. On en a vu endommager des reliures en cuir.

Son cycle de vie est d'une durée extrêmement variable qui dépend surtout des variations de température. La durée d'incubation des oeufs varie de 8 à 110 jours et celle du stade larvaire de 71 à 145 jours. La larve peut entrer, avant la nymphose, dans une phase de résistance à la dessiccation qui peut durer des mois. Le cycle de vie complet dans la nature s'étend en général sur 11 à 13 mois.

On a observé des dégâts considérables causés par cette mite comme aux livres reliés en toile (Chrystal, 1932). En l'occurrence, ce sont les livres situés sur les rayons les plus proches du plancher qui avaient subi les dégâts les plus graves, dégâts qui étaient moins marqués et finissaient par être inexistants à mesure que la distance au sol augmentait. Les déprédations des larves se manifestaient par des trous réguliers de profondeur variable dans la reliure et des dégâts du même type sur la face interne des couvertures. Les rayonnages contenaient de grosses quantités de déjections et des traces de fils de soie. On a trouvé également des cocons sur les rayonnages, dans les galeries creusées sur la face externe des reliures et entre les couvertures et les feuilles de garde.

Termites

De nombreuses sortes de termites existent de par le monde (fig. 16): Termites de bois sec, de bois humide, des meubles, termites souterrains, de Formose, des déserts pour n'en citer que quelques-uns. Les termites vivent en colonies, sont des insectes sociaux et répartissent les tâches entre plusieurs castes spécialisées. Ils se déplacent dans des galeries où la lumière solaire ne pénètre pas et qui les protègent contre un dessèchement excessif (Mallis, 1982). Certains ont besoin de bois humide pour survivre, d'autres construisent leurs nids dans le sol et se déplacent entre la source de bois et la colonie; d'autres, enfin, peuvent passer toute leur vie dans les pièces de charpente des maisons ou dans des livres sans jamais prendre contact avec le sol ni aucune source d'approvisionnement en eau.

Les termites ouvriers rongent le bois, petit fragment par petit fragment et le digèrent en faisant appel à toute une panoplie d'amibes, de bactéries, de spirochètes et de champignons. Es régurgitent ensuite cette matière digérée pour nourrir le reste de la colonie.

Les termites se nourrisent presque exclusivement de matières cellulosiques. Aussi les ouvrages de bibliothèques qui se composent surtout de cellulose constituent-ils pour eux des mets de choix. La colonie s'attaquera à la charpente même de l'édifice et aussi aux produits en papier de toute sorte. Les termites peuvent causer des ravages énormes dans les réserves où les collections ne sont que très rarement inspectées.

Figure 16 - Reine de remplacement (à gauche); ouvrier (au centre); et soldat (à droite) du termite souterrain oriental (d'après Mallis).

Les termites souterrains

Les termites souterrains commettent tous les ans, dans le monde entier, des millions de dollars de dégâts dans les bâtiments et les collections. Ils construisent leur nid dans le sol ou dans le bois ou les matières végétales en contact avec le sol. Ils sont capables d'atteindre le bois et les matières cellulosiques situés au-dessus du sol en se déplaçant à l'intérieur de tunnels protecteurs de terre édifiés par les ouvriers. Ils sont presque toujours reliés ainsi à la colonie. On connaît de rares cas où ils se sont installés durablement dans du bois mouillé en zone humide sans aucun raccordement au sol. Les ouvriers maçonnent de la terre et du bois triturés avec de la salive et des excréments liquides pour constituer une espèce de ciment boueux. La construction de tunnels est caractéristique des termites souterrains et facilite le repérage des dégâts qu'ils causent.

Les ouvriers sont la seule caste du système social capable d'ingérer les matières cellulosiques et de les digérer. Ils les régurgitent après digestion pour nourrir les nymphes ouvrières, les soldats, les rois et les reines, les sexués de remplacement et les individus ailés. Si une section de la colonie se trouve, pour une raison ou une autre, isolée du reste, les sexués de remplacement assument la fonction de ponte dans la nouvelle colonie. Les mesures de lutte contre les termites visent à séparer la colonie de sa source de nourriture par des barrières chimiques placées dans le sol.

Les termites de bois sec

A la différence des termites souterrains qui ont besoin d'humidité et d'un contact avec le sol, les termites de bois sec peuvent coloniser des éléments de charpente, des meubles aussi bien que des réserves entières d'objets faits de matière cellulosique. Ils se cantonnent dans les régions chaudes du monde où de multiples colonies peuvent coexister dans un même bâtiment. Alors que les termites souterrains se nourrissent plutôt du jeune bois de printemps dont ils suivent le fil, les termites de bois sec vident le bois de part en part.

L'une des caractéristiques distinctives de ces termites est que les ouvriers laissent des déjections en forme de granules. Celles-ci sont souvent évacuées des galeries en voie de creusement par un ou plusieurs petits trous et rassemblées en un tas conique régulier. Divers moyens, dont la fumigation des bâtiments à l'aide de substances chimiques, sont utilisables pour lutter contre les termites de bois sec.

Souris

Le rongeur que l'on rencontre le plus communément dans les bibliothèques est la souris domestique (fig. 18). Il semble que cette espèce puisse envahir pratiquement tous les bâtiments construits par l'homme. Dans les bibliothèques, les souris déchiquettent les papiers et les livres pour faire nid et les souillent d'urine et de fèces. Les souris se multiplient très rapidement. Lorsqu'elles meurent, leurs cadavres servent de nourriture aux dermestidés et peut-être aux mites. Les souris ne se contentent pas d'attaquer directement les collections, il arrive qu'elles grignotent les gaines isolantes des fils électriques, provoquant des courts-circuits qui risquent de déclencher des incendies. Les souris sont en outre porteuses de maladies et d'ectoparasites divers transmissibles également par le contact avec leur nid.

Figure 18 - Souris domestique, Mus musculus linnaeus (d'après Mallis).

La souris domestique est un animal qui se montre peu et est généralement actif la nuit. Elle se cantonne dans un territoire restreint autour de son nid, dans un cercle d'environ 9 mètres. Les mâles sortent rarement de leur territoire et c'est pourquoi il faut axer la lutte sur les endroits où l'on a trouvé des excréments. Les souris vivent dehors toute l'année mais elles pénètrent dans les bâtiments, en particulier à l'automne sous les climats tempérés.

Parvenues à maturité sexuelle au bout de 35 jours, elles ont des portées de six petits en moyenne. Les femelles peuvent mettre bas tous les 50 jours environ. Les nids collectifs, partagés par plusieurs femelles et leurs nichées accumulées, ne sont pas rares. Les souris se reproduisent toute l'année à l'intérieur des maisons. Lorsqu'elles vivent dehors, leur reproduction est saisonnière avec des pointes au printemps et à l'automne.

Les souris se nourrissent de divers aliments fournis par l'homme, ainsi que des cadavres d'insectes qu'elles trouvent à l'intérieur des bâtiments. On a constaté qu'elles étaient cannibales. Elles n'ont apparemment pas besoin d'eau mais s'abreuvent lorsqu'elles en trouvent. Lorsque leur alimentation est riche en protéines, elles doivent la compléter par des liquides. Au cours de leur activité nocturne, elles sèment des crottes sur tout leur parcours. D'autres indices de l'infestation d'un local par des souris sont les traces de dents laissées sur les objets qu'elles ont rongés, la présence de petits trous auréolés de taches dans les planchers et les murs, et une âcre odeur d'urine.

Rats

Divers espèces de rats réparties sur tout le globe sont susceptibles d'envahir les bâtiments dans leur quête d'un abri et de nourriture. En région urbaine, l'espèce la plus commune est le surmulot dit aussi rat gris ou rat d'égout (fig. 193. Les rats sont redoutables pour les fonds des bibliothèques car ils rongent les papiers, les livres et les objets analogues pour confectionner leurs nids avec les débris. Ils peuvent également endommager les bâtiments mêmes en creusant des trous dans les bois de charpentes, les portes et les fenêtres, etc., pour se frayer un chemin vers les lieux où ils trouveront de quoi se nourrir, s'abreuver et nidifier à leur convenance.

On connaît bien les maladies transmises par les rats. Ce sont la peste, le typhus murin, les jaunisses infectieuses, le sodoku, la trichinose et d'autres.

La femelle creuse souvent dans les sols meubles un réseau de terriers où elle élève ses petits. Celui-ci est généralement situé à l'extérieur d'un bâtiment, dans un lieu abrité. Les rats étendent parfois ces galeries jusque dans les vides sanitaires sous les bâtiments. Dans certains cas, ils s'infiltrent dans les réseaux d'égouts et pénètrent dans les bâtiments par les tuyauteries. Bons grimpeurs, ils entrent même à l'occasion dans des édifices par des ouvertures situées au-dessus du sol.

Le surmulot est un animal qui aime l'humidité et vit par nécessité près de l'eau. Il est omnivore mais manifeste une préférence pour les céréales, les pommes de terre, les fruits et les oeufs. Ses excréments présentent la couleur des aliments qu'il a consommés au cours des trois journées précédentes.

Les rats peuvent se reproduire à n'importe quel moment de l'année. Une portée moyenne comprend d'ordinaire six à huit jeunes. La femelle met bas trois à six fois par an en moyenne. A la naissance, les petits sont glabres, roses, aveugles et sans défense. Ils ouvrent les yeux au bout de douze à quatorze jours et sont prêts à quitter le nid au bout d'un mois environ.

Figure 19 - Le rat d'égout ou surmulot, Rattus norvegicus (Erxleben) (d'après Ware).

Champignons et moisissures

La présence de moisissures dans les collections est un problème qui se pose de manière répétée dans les bibliothèques, en particulier sous les climats tropicaux et subtropicaux. Il apparaît lorsque des spores se déposent sur un substrat à une température favorable, dans une atmosphère suffisamment humide pour qu'elles amorcent leur germination.

De fins brins de mycélium sortent alors des spores, envahissant le substrat et l'utilisant comme aliment. Le mycélium sécrète des enzymes liquides qui dissolvent le substrat, cette substance nutritive étant utilisée pour produire davantage de mycélium et, en fin de compte, des millions de spores nouvelles.

Chaque mètre cube d'air contient des milliers de spores de moisissures qui se déposent tous les jours sur les surfaces et les objets dans les bibliothèques. Il est donc généralement inefficace de tenter de lutter contre la moisissure au moyen de produits chimiques divers. Des produits tels que le thymol, l'orthophénylphénol, l'alcool, et l'eau de javel diluée détruisent certaines des spores et une partie du mycélium présents sur la surface traitée. Mais dès que ces produits se sont volatilisés, l'objet redevient vulnérable à l'action des nouvelles spores qui s'y déposent. Si les conditions s'y prêtent, ces spores germent et produisent de nouvelles moisissures. Les substances chimiques de cette nature sont sans effet rémanent contre les champignons ou leurs spores.

De même, la fumigation des objets dans une enceinte au moyen de gaz toxiques n'a pas d'action persistante antimoisissures. Les fumigations qui sont effectuées dans les bibliothèques sont donc bien souvent inutiles. Le seul moyen efficace de retarder et d'éliminer les poussées de moisissures consiste à modifier l'environnement produisant les conditions qui les favorisent au départ. Lorsqu'une spore se dépose sur un substrat impropre à sa croissance, dans des conditions d'humidité et de température qui ne peuvent en déclencher la germination, elle finit pas se dessécher et par mourir. Tant que l'état du substrat et du micro-environnement ne sont pas propices à leur germination, les spores ne germent pas et aucune moisissure ne se forme. Lorsque des objets sont moisis, il suffit de les placer dans un lieu plus sec pour arrêter la croissance de la moisissure et, finalement, dessécher et faire mourir les spores.


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