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matières -
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Inspection des bâtiments et des collections
Mise en place d'un plan intégré de lutte
contre les agents de détérioration biologique
Coffres et armoires ignifuges
Inspection des bâtiments et des collections
Cette nouvelle méthode de lutte intégrée contre les agents de détérioration biologique qui gagne du terrain depuis quelques années dans les bibliothèques et les archives accroît la nécessité de l'inspection des magasins et des collections ainsi que celle de l'évaluation des risques d'invations d'insectes et autres agents des destructeurs visibles. L'inspection devient en effet rentable quand on ne compte plus uniquement sur les produits chimiques.
L'inspection des locaux et des entrées de documents afin de repérer les invasions ou risques d'invasion d'insectes sera systématiquement prévue dans le programme général intégré de lutte. Un comité de défense spécial veillera à ce que l'on repère les insectes et leurs caches, les modes de stockages défectueux, les moisissures et autres facteurs propices à la survie et à la reproduction des insectes. Des agents techniques auxquels on donnera un minimum de formation - bonne connaissance des organismes nuisibles qui vivent dans les bibliothèques et les collections, de leurs habitudes et des dangers qu'ils présentent - pourront procéder à ces inspections, dont les résultats seront portés à l'attention du comité.
Avant l'inspection
Le personnel d'inspection devra connaître parfaitement la disposition des locaux. Des plans d'étage aideront à n'oublier aucune partie de l'édifice lors des inspections. La personne chargée d'y procéder veillera à posséder toutes les clés, y compris celle de la moindre armoire. Les problèmes, dans ce domaine, commencent souvent dans les endroits peu fréquentés.
Matériel
On utilisera des copies des plans d'étage pour y noter toutes remarques au fur et à mesure de l'inspection. Les notes seront prises au crayon. Il est indispensable de se munir d'une torche électrique puissante équipée de piles neuves. Un petit tournevis sera utile pour ouvrir les panneaux d'accès et fouiller les rainures et autres interstices. De petites fioles à bouchon vissé remplies d'alcool peuvent être utilisées pour recueillir des spécimens.
L'inspection
L'inspection des locaux doit commencer par l'extérieur. On s'attachera à repérer les refuges d'insectes et de rongeurs ainsi que les passages qu'ils utilisent pour pénétrer dans l'immeuble. On inspectera les portes, les fenêtres, les aires de chargement, les poubelles, les moustiquaires et grillages, les éclairages, les tas de débris en attente, ainsi que l'état de l'édifice.
A l'intérieur, on suivra le schéma logique de circulation des documents dans les locaux depuis le moment où ils y entrent jusqu'à celui où ils sont rangés ou exposés. On inspectera les machines, les appareils d'éclairage, les rayonnages, les armoires et autres pièces de mobilier, les corniches, les fentes et autres interstices, les lances à incendie, les bouches d'aération, les appuis de fenêtre, les angles des plafonds, des planchers et des murs, les tuyaux de plomberie, les recoins, les placards, les locaux techniques et les cages d'ascenseur. On profitera de l'occasion pour réamorcer ou renouveler les pièges à rongeurs et les gluaux. On n'oubliera pas les parages des distributeurs automatiques de boissons, les poubelles, les cantines et cuisines ainsi que les réserves de provisions alimentaires.
Rapport
L'inspecteur rendra compte oralement de ses conclusions et établira ensuite un bref rapport écrit de ses constatations et recommandations. Une copie de ce rapport doit être communiquée au chef du service d'entretien, aux conservateurs et aux services de restauration, de manière à ce que les recommandations puissent être suivies d'effets. Le comité de défense contre les organismes nuisibles veillera ensuite à la mise en oeuvre de ces recommandations. Ce type d'inspection donnant lieu à un rapport doit avoir lieu au moins tous les six mois et plus souvent, si nécessaire.
Mise en place d'un plan intégré de lutte contre les agents de détérioration biologique
Le problème d'infestation des bâtiments et des collections ne se pose pas partout de la même manière. Pour savoir très exactement quelles sont les mesures préventives et défensives à prendre, mieux vaut passer un à un en revue les différents types d'agents destructeurs.
Poissons d'argent
Différentes mesures sont possibles:
1. Nettoyage minutieux à l'aspirateur du pourtour des pièces, où les poissons d'argent aiment se réfugier sous les plinthes et les rayonnages dans la journée.
2. Pose de planchettes enduites de glue dans les zones apparemment infestées, pour prendre les poissons d'argent la nuit, quand ils sortent de leurs caches.
3. Utilisation de gel de silice finement pulvérisé dans les espaces vides au-dessous de l'étagère ou du tiroir du bas, dans les placards. Il peut être nécessaire de percer un trou d'environ 1 cm pour accéder à ces vides. Le gel de silice absorbe l'humidité et tue les poissons d'argent en les desséchant. Lorsqu'on place du gel de silice (parfois associé à de la poudre insecticide au pyrèthre) dans le bas des placards, les poissons d'argent ne peuvent pas grimper plus haut sans s'y heurter et sont soit repoussés, soit tués.
4. Utilisation de plaquettes de résine insecticide dans les espaces clos où sont conservées, en particulier, les collections de manuscrits, de livres rares et d'estampes. Ces plaquettes contiennent du Vapona (DDVP), qui se volatilise, remplissant l'air à l'intérieur de l'armoire de molécules d'insecticide. Ce produit est un fumigateur léger qui, avec le temps, tue tous les insectes, quel que soit leur stade de développement. La dose est normalement d'une plaque pour un volume de 35 m3/1. Ainsi utilisé, ce produit ne convient que pour les espaces clos tels qu'armoires, chambres fortes et petits magasins, et ne doit pas être utilisé dans les lieux fréquentés ni dans les pièces d'où les vapeurs pourraient être emportées au dehors par la ventilation.
5. Pulvérisation d'insecticides liquides rémanents sur le pourtour des pièces et à la base de toutes les étagères, en insistant plus particulièrement sur la jonction entre le sol et les plinthes.
6. Application ponctuelle d'insecticides liquides par injection dans l'intervalle entre le dos des armoires et les murs.
7. Surveillance et assèchement des endroits humides - installations de plomberie en mauvais état, buanderies, toilettes et ateliers - particulièrement propices à la prolifération des poissons d'argent.
8. Colmatage des endroits qui pourraient servir de refuge aux poissons d'argent à l'aide de produits appropriés (enduits maigres ou au silicone, etc.).
Vers des livres
On peut pour lutter contre les vers des livres recourir à un ensemble de méthodes. Voici les mesures à prendre dans une optique de lutte intégrée:
1. Equiper de moustiquaires toutes les issues donnant sur l'extérieur pour empêcher les coléoptères de pénétrer à l'intérieur du bâtiment.
2. Interdire les bouquets de fleurs sèches dans la bibliothèque. Ceux-ci, en effet, apportent souvent des oeufs et des larves à l'intérieur de la bibliothèque. Les larves vont se nourrir de la matière végétale desséchée et de la colle généralement utilisée pour fixer la composition.
3. Interdire de conserver dans la bibliothèque des épices ou autres matières végétales feuillues. Le lasioderme du tabac apprécie tout particulièrement les épices rouges - poivre de cayenne, paprika, poudre de piment rouge.
4. Ne pas encourager la conservation ou l'exposition de collections botaniques à l'intérieur de la bibliothèque. Lorsqu'une collection doit être conservée ou exposée dans une bibliothèque, il faut au préalable la désinfecter en la soumettant trois heures durant à une température d'environ 55°C qui débarrassera entièrement les plantes du lasioderme du tabac, à tous les stades. Après traitement, on stockera les plantes dans des armoires où l'on placera des plaques Vapona pour empêcher une nouvelle attaque. Lors des expositions de végétaux, on protégera les plantes des insectes en les plaçant dans des vitrines ou des boîtes de plexiglas.
5. Pour procéder à la désinsectisation d'un édifice entier, il faut entièrement chauffer le volume à traiter avec des appareils à gaz comme on en trouve dans le commerce. Cette méthode a donné de bons résultats dans le passé et est aujourd'hui utilisée par les grandes usines céréalières. Elle permet de tuer les insectes à tous les stades de leur cycle, à condition que la chaleur soit également répartie à travers l'ensemble du bâtiment au moyen de ventilateurs électriques et que l'on maintienne six heures durant une température de 60 à 63°C. Il faut détasser les livres et documents pour faciliter la circulation de l'air. Cette technique permet d'éliminer non seulement les lasiodermes du tabac présents dans les livres, mais tous les insectes, à tous les stades de développement, dans tout le volume traité (Cressman, 1935).
6. Utiliser les plantes de prédilection des femelles pleines d'oeufs du lasioderme du tabac pour lutter contre les infestations. Dans les herbiers, on peut par exemple placer des plants de tabac en feuilles entières à des emplacements stratégiques pour piéger les insectes. Une fois les plantes infestées d'oeufs et de larves, il ne reste plus qu'à les emporter et à les brûler avant que les larves aient le temps de se nymphoser et de se métamorphoser en coléoptères adultes (Merrill, 1948).
7. Isoler les livres infestés quand on décèle dans une bibliothèque une infestation ponctuelle et circonscrite, et les soumettre à un traitement thermique. Il suffit de placer les livres dans un four ordinaire, à la température la plus faible possible (55°C pendant trois heures), et de placer du papier journal humide ou une casserole d'eau dans le bas du four afin de maintenir l'humidité voulue à l'intérieur du four pour tuer cet insecte, comme d'ailleurs tout insecte, à n'importe quel stade de son cycle biologique. Cette technique est couramment employée dans le monde entier pour protéger les collections de plantes sèches. Il est beaucoup plus facile de tuer les insectes, à tous les stades de leur développement, par la chaleur que par la congélation. Si l'on a soin de placer dans le four une source d'humidité, les livres ne sèchent pas en cours de traitement. Le traitement est inutile si les ouvrages présentent des petits trous de couleur sombre - traces d'émergences d'adultes, qui peuvent être anciennes - sans présence alentour de sciure qui serait un signe d'activité des insectes.
8. Mélanger un pesticide à la colle forte utilisée pour rerelier les livres endommagés si la bibliothèque possède un atelier de reliure. Dans certains pays, on emploie à cet effet de la dieldrine qui tue le lasioderme du tabac au stade larvaire.
9. Détruire les nids de pigeons. On connaît un cas où des vrillettes du pain, en sortant de débris de nids de pigeons, ont pénétré à l'intérieur d'une bibliothèque dont les fenêtres ne fermaient pas parfaitement. Les larves des coléoptères se nourrissaient de graines et autres nourritures non digérées présentes dans les fientes des pigeons.
10. Utiliser des ventilateurs pour faire circuler l'air dans les magasins et garder les livres au sec; cela aide à lutter contre les infestations. S'efforcer de maintenir en tout temps le degré hygrométrique entre 50 et 60 % d'humidité relative.
11. Inspecter les magasins régulièrement à la lumière d'une lampe de poche pour repérer les tas de poudre fine tombée sur les tablettes et détecter ainsi les zones d'infestation.
Blattes
Les programmes intégrés de lutte contre les grandes espèces de blattes comprennent les mesures suivantes:
1. Mise en place d'une barrière de gravier de 1,20 m tout autour de la bibliothèque, pour empêcher les blattes de pénétrer dans l'immeuble.
2. Suppression totale du lierre et autres plantes grimpantes qui recouvrent les murs.
3. Installation de moustiquaires ou de grillages appropriés sur toutes les fenêtres portes.
4. Eclairage de l'extérieur du bâtiment par projecteurs placés à une certaine distance et non sur les murs vers lesquels ils attireraient les insectes la nuit.
5. Enlèvement de tous les débris, feuilles et branchettes tombant sur le sol autour de la bibliothèque et nettoyage des gouttières.
6. Colmatage des refuges dans lesquels se cachent les blattes et des passages par lesquels elles entrent au moyen de mastic de rebouchage.
7. Mise en place de planchettes enduites de glue pour piéger les insectes au cours de leurs allées et venues nocturnes. On peut installer ces pièges dans les faux plafonds, les sous-sols, les cages d'ascenseur et les armoires pour intercepter les insectes en route vers leurs sources de nourriture.
8. Utilisation d'appâts spéciaux comme l'appât pour blattes Baygon 2 % en applications parcimonieuses dans les zones peu fréquentées de la bibliothèque. Cet appât, qui ressemble à de la sciure, est fait d'un mélange de son et de mélasse et contient 2 % de Baygon. Il est très recherché des grosses blattes, dont il permet de réduire aisément les populations.
On a souvent tendance, en cas d'infestation par des insectes, à appliquer des insecticides en aérosol. Ce type de traitement est à écarter absolument. Les produits utilisés sont en effet des suspensions huileuses. Les gouttelettes d'insecticide propulsées dans l'atmosphère pendant l'application finissent par se déposer sur les collections, où elles provoquent des dommages irréversibles.
9. Vaporisation d'insecticides rémanents sur le pourtour des pièces, en insistant sur les zones de passage des canalisations et en procédant avec un soin particulier dans les cages d'ascenseur, les magasins et les locaux techniques. Pour lutter contre les blattes américaines et australiennes, il peut être nécessaire, surtout dans les zones tropicales, de vaporiser sous pression les murs extérieurs et les saillies des façades des édifices.
10. Pose de barres de seuil et de rabats de caoutchouc au bas des portes extérieures pour empêcher les blattes de pénétrer dans la bibliothèque, en particulier la nuit.
11. Obturation à l'aide de tournure de cuivre des passages de canalisations pour empêcher les blattes de pénétrer dans l'édifice.
12. Pose de grilles en fibre de verre dans les canalisations d'évacuation des eaux usées du sous-sol et du rez-de-chaussée pour empêcher les blattes de les remonter.
Psoques ou poux des livres
Il est difficile de lutter contre les psoques. Plusieurs types de mesures sont à envisager:
1. Dans les espaces clos, placer une plaquette Vapona.
2. Abaisser le degré d'humidité dans les documents et dans les locaux pour prévenir la formation de moisissures. L'utilisation de ventilateurs et d'appareils de climatisation pour maintenir l'humidité relative dans une fourchette de 50 à 60 % et la température entre 20 et 22°C aidera à réduire les populations de psoques.
3. Placer les documents d'archives non consultés dans de grands sacs de polyéthylène avec quelques poignées de flocons de gel de silice enveloppés dans de la mousseline ou de la gaze, ce qui permettra de ramener le degré d'humidité à l'intérieur du sac au point nécessaire pour empêcher la moisissure de se développer et éliminer ainsi les psoques.
4. Utiliser du paradichlorobenzène (PDB) qui se vaporisera dans l'air pour lutter contre les psoques dans les livres moisis où ces insectes sont particulièrement nombreux. On enfermera les ouvrages dans un espace aussi réduit que possible, par exemple, dans une armoire hermétiquement close ou dans un sac de polyéthylène épais, avec des quantités suffisantes de cristaux de PDB pour obtenir une concentration capable de tuer effectivement les insectes. A cette fin, il faut compter environ 2 kg de cristaux pour un volume de 1 m3, et une exposition de 15 jours au moins. Ainsi utilisé, le paradichlorobenzène tuera également les moisissures et les spores qui se sont développées sur les ouvrages. Le traitement terminé, il conviendra de bien aérer ceux-ci.
Dermestidés et mites
A condition d'associer le personnel à un programme de lutte intégrée, il n'est pas difficile d'éliminer les dermestidés et les mites. Les mesures à prendre sont les suivantes:
1. Aspirer régulièrement et à fond toute la bibliothèque en passant en particulier le long des mures des pièces où les formes adultes de ces espèces trouvent des cadavres d'insectes sur lesquels déposer leurs oeufs. Pour détruire les réserves alimentaires et les larves des dermestidés, il est nécessaire d'inspecter et d'aspirer deux fois par an les faux-plafonds, greniers, placards, zones de maintenance et salles des machines ainsi que les cages d'ascenseur.
2. Placer des pièges enduits d'une matière poisseuse pour engluer les insectes rampants présents dans la bibliothèque, ce qui contribue à réduire au minimum le nombre de cadavres gisant çà et là. Il faut toutefois savoir que les dermestidés sont capables de voler jusqu'à un piège, de pondre leurs oeufs sur un cadavre d'insecte et de se réenvoler sans être eux-mêmes piégés. Les larves peuvent ensuite dévorer la carcasse de l'insecte piégé, se nymphoser puis se métamorphoser en adultes pour s'envoler du piège sans être prises dans le produit gluant. Il faut donc enlever régulièrement les pièges où les insectes se sont accumulés pour les remplacer par des pièges neufs.
3. Equiper toutes les portes et fenêtres de moustiquaires ou de grillages pour empêcher les insectes adultes de pénétrer dans le bâtiment. Si l'on agrémente les abords de plantations ornementales, il faut éviter les plantes à fleurs blanches ou bleues ou très riches en pollen. La Lagerstroemia et les spirées attirent particulièrement des dermestidés adultes qui se nourrissent de leur pollen.
4. Détruire tous les nids d'oiseaux accolés au bâtiment et se trouvant aux abords. Les dermestidés s'y installent, se nourrissant de cadavres d'oiseaux, plumes et autres débris.
5. Détruire pour les mêmes raisons les rongeurs et leurs nids.
6. Vaporiser des insecticides à effet rémanent peut servir dans une certaine mesure à lutter contre les dermestidés mais n'est généralement guère efficace, en particulier sous les climats humides et chauds.
7. Mettre des plaquettes Vapona dans les chambres fortes, les armoires et les magasins fermés pour détruire les dermestidés sous toutes leurs formes.
8. Enfermer complètement les documents vulnérables et précieux dans des sacs de polyéthylène afin d'empêcher les insectes et autres animaux nuisibles qui rongent les tissus de s'y attaquer. A moins que les objets ne présentent une forte teneur en humidité lorsqu'ils sont placés dans le sac, les risques qu'ils y moisissent sont minimes.
Termites souterrains
Comme on l'a vu dans une section précédente, les colonies de termites souterrains vivent dans le sol, les ouvriers se construisant un chemin jusqu'à l'intérieur des bâtiments pour se nourrir de matières cellulosiques. Le meilleur moyen pour lutter contre les termites souterrains consiste à rendre les bâtiments moins vulnérables à leurs attaques par des aménagements matériels et à placer dans le sol des barrières chimiques que ces insectes ne peuvent traverser. Ces barrières chimiques toxiques doivent être posées par une entreprise spécialisée. Les aménagements à apporter aux bâtiments peuvent être les suivants:
1. Eliminer tout contact bois-sol. Tous les éléments de construction en bois poteaux, escaliers, ornements extérieurs, plinthes, poteaux porteurs intérieurs seront posés sur des socles de béton. Les plots de repère et planches de coffrage seront enlevés.
2. Poser des gouttières et aménager des pentes de manière à éloigner l'eau des bâtiments, rendant de la sorte ceux-ci moins vulnérables aux invasions de termites.
3. Veiller à ce que tout revêtement extérieur en bois soit écarté du sol d'au moins 15 cm.
4. Ménager entre le fond des vides sanitaires et les solives des planchers un espace d'au moins 45 cm.
5. Retirer de ces vides sanitaires tous les débris - souches, racines d'arbre, morceaux de bois, planches de coffrages, copeaux et papiers.
6. Veiller à ce que les descentes de caves soient en béton coulé, en blocs de béton ou en métal et non en bois.
7. Veiller à ce que les châssis des soupiraux des caves soient ou bien en métal ou bien en bois traité par imprégnation forcée (injection).
8. Veiller à ce que les châssis des orifices de ventilation et autres ouvertures du soubassement soient en métal ou en bois traité par imprégnation forcée.
9. Installer des protections métalliques antitermites permanentes sur le sommet des fondations avant d'y fixer des éléments en bois.
10. Veiller à ce qu'au point de pénétration de tuyaux dans une dalle au niveau du sol le béton soit parfaitement jointif.
Termites de bois sec
On réduira les infestations des bâtiments par les termites de bois sec en les rendant aussi étanches que possible. Pour prévenir les attaques de ces termites, il peut être utile de prendre les mesures suivantes:
1. Poser des moustiquaires ou des grillages à toutes les portes et fenêtres.
2. Veiller à ce que les châssis des orifices de ventilation et les fenêtres sont faits de matériaux non vulnérables aux attaques des termites de bois sec.
3. Surveiller le bon état des grillages posés sur les ouvertures des greniers.
4. Veiller à ce que la jonction entre le mur extérieur et le toit soit étanche afin d'empêcher la pénétration des termites.
5. Installer un éclairage extérieur convenable comme indiqué dans une section précédente.
Souris
Il est important d'empêcher la présence de souris dans les bibliothèques: pour cela, on procédera de la manière suivante:
1. Boucher tous les trous, fissures, etc., communiquant avec l'extérieur au moyen de tournure de cuivre et de mastic d'étanchéité.
2. Ne jamais poser d'appâts toxiques contre les souris à l'intérieur des bibliothèques. Les souris iront mourir dans les cavités des murs, des planchers et des plafonds, et leurs cadavres attireront les dermestidés.
3. Utiliser les techniques de piégeage mécanique (tapettes appâtées au fromage ou toute autre denrée alimentaire dont les souris sont friandes). Il existe également dans le commerce des pièges - tels que le piège "Ketch-all" - qui permettent de prendre plusieurs souris vivantes à la fois et fonctionnent sans appât, en tablant sur la curiosité innée des souris. Des gluaux peuvent également être utilisés pour attraper les souris. Les animaux meurent peu après avoir été piégés et l'on peut alors jeter les gluaux.
4. Inspecter périodiquement le bâtiment de fond en comble à la lumière d'une torche électrique afin de repérer les endroits infestés. La présence d'excréments indique le lieu précis où il convient d'intervenir. Deux ou trois semaines après la mise en route de la campagne, nettoyer et enlever tous les excréments de façon à pouvoir suivre les progrès du piégeage.
5. Dans les régions tempérées, programmer les campagnes de piégeage à la fin de l'été et au début de l'automne, de sorte que les pièges soient en place lorsque les souris auront naturellement tendance à se réfugier à l'intérieur des édifices.
Rats
La dératisation doit être menée principalement à l'extérieur des bâtiments et peut consister:
1. A poser régulièrement des pièges à appâts empoisonnés aux endroits appropriés sur le pourtour extérieur du bâtiment.
2. A inspecter le sol, les buissons et la végétation pour y déceler des signes d'activité des rongeurs tels que la présence de terriers, de galeries et d'excréments. Poser les appâts directement dans les terriers.
3. A débarrasser le bâtiment et ses abords des débris, tas de bois, machines et matériel mis à la réforme et tout autre objet pouvant constituer un abri pour les rongeurs.
4. A installer et à entretenir une barrière de gravier de 1,20 m autour de la bibliothèque pour empêcher les rongeurs d'y pénétrer.
Moisissures
Pour lutter contre les moisissures, on pourra recourir aux mesures suivantes:
1. On installera un système de climatisation abaissant le taux d'humidité de l'air et chauffant celui-ci à la température voulue. Ce système devra être conçu pour traiter l'air entrant de l'extérieur aussi bien que l'air recyclé. Il devra être pensé et dimensionné avec soin de manière à admettre des charges correspondant aux taux d'humidité de l'air extérieur aussi bien qu'intérieur. L'objectif est de maintenir en permanence dans la bibliothèque une humidité relative de 50 à 60 % et une température de 20 à 22°C.
2. S'il n'existe pas de système de climatisation de ce type sur le marché ou s'il est impossible d'en installer un on pourra faire circuler l'air au moyen de ventilateurs, en particulier au voisinage des murs extérieurs et des planchers, pour tenter ainsi d'abaisser la teneur en eau des documents et d'éliminer les poches de forte humidité.
3. On étanchera par l'extérieur les parois des sous-sols et les parties de mur enterrées pour empêcher l'humidité d'y pénétrer et de s'infiltrer à l'intérieur du bâtiment; on contribuera ainsi à réduire le taux d'humidité interne.
4. On bétonnera les sols des sous-sols et niveaux inférieurs pour empêcher les infiltrations dans le bâtiment. Si cela est impossible, il faut au moins poser sur les sols de terre battue un film de polyéthylène de 4 à 6 mm d'épaisseur pour abaisser la quantité d'humidité volatilisée dans l'atmosphère interne.
5. On peut également appliquer des peintures ou des résines époxides étanchéifiantes sur les planchers et les murs pour prévenir la pénétration de l'humidité dans le bâtiment.
6. Des orifices de ventilation et des ventilateurs peuvent être installés dans les greniers pour faire circuler l'air dans les bâtiments là où il n'existe pas de système de climatisation et où le climat tropical exige que les fenêtres soient ouvertes toute l'année. Ces installations permettent au moins de maintenir l'air en mouvement dans tout le bâtiment.
7. Les tranchées et canalisations à ciel ouvert situées dans les salles des machines et les zones voisines des rayonnages seront couvertes pour empêcher l'évaporation de liquides à l'intérieur du bâtiment.
8. A l'exception des distributeurs d'eau de boisson, les fontaines ou chutes d'eau intérieures sont à proscrire dans les bibliothèques.
9. Les plantations à l'intérieur des locaux ne doivent pas non plus être permises. Pour réduire la quantité d'eau libérée dans l'air des pièces, il convient de n'admettre qu'un minimum de plantes d'ornement.
10. Les graves infestations fongiques faisant suite à une inondation, à un dégât des eaux, à une fuite ou à un incendie constituent un problème bien distinct qui sort du cadre du présent document.
11. Il est indispensable d'inspecter régulièrement les collections à la lumière d'une torche électrique pour repérer les zones à problème. Les infestations localisées de moisissure peuvent être stoppées temporairement par l'application de produits chimiques aux endroits touchés jusqu'à ce que d'autres aménagements puissent être opérés.
12. On appliquera couramment du thymol sur les livres, papiers et autres documents conservés dans les bibliothèques pour lutter par ce moyen chimique contre les moisissures. Son utilisation en vaporisations, pulvérisations ou fumigations volatilisées par la chaleur, ne protège pas durablement les documents. Le thymol tue bien par contact les spores et le mycélium de certaines espèces de champignons, mais lorsque les documents ne baignent plus dans la vapeur du produit, ils redeviennent vulnérables au dépôt de spores et à leur germination éventuelle.
Aux Etats-Unis, le thymol ne figure pas parmi les produits chimiques antifongiques enregistrés par l'Agence pour la protection de l'environnement Il est néanmoins souvent utilisé par les services techniques des bibliothèques et les services de conservation-restauration des musées. L'application se fait par vaporisation de cristaux de thymol dissous dans l'alcool éthylique (éthanol). Une concentration finale de 1 % est normalement utilisée. Le technicien qui procède à l'application porte un masque homologué pour l'utilisation de produits chimiques organiques, ainsi que des lunettes. Pour se prémunir contre les irritations dermiques, il devrait également porter des gants de caoutchouc.
Certains établissements ont affecté de petits locaux aux fumigations au thymol. Les cristaux de thymol sont placés sur un plateau de métal et chauffés au moyen de plusieurs ampoules électriques. L'atmosphère du local clos se sature de molécules de thymol, ce qui a pour effet de fumiger les documents qui s'y trouvent. Les précautions à prendre pour la manipulation sont les mêmes que celles déjà mentionnées. Pour pouvoir manier ensuite sans danger les objets fumigés de cette manière, il faut au préalable les avoir dûment aérés sous hotte ou en plein air de sorte que tout thymol résiduel se soit volatilisé. Comme on l'a dit plus haut, après aération, il ne reste pas de thymol sur les objets pour les protéger contre une croissance fongique ultérieure.
Le paradichlorobenzène a également été utilisé en espace clos comme fumigateur doux antimoisissure. Alors qu'il ne faut pas plus de 24 heures de fumigation au thymol pour appliquer le produit sur les objets, une fumigation au paradichlorobenzène peut prendre jusqu'à trois semaines à moins que les cristaux ne soient volatilisés par chauffage. Ce produit ne confère pas non plus de protection antifongique durable aux documents traités.
L'orthophénylphénol est un autre produit chimique phénolique qui a été utilisé pour combattre, sans effet rémanent, les moisissures qui s'attaquent aux collections des bibliothèques. Ce produit n'est pas inscrit officiellement parmi les fongicides admis dans les bibliothèques aux Etats-Unis mais on s'en est servi dans des cas d'infestation cryptogamique grave consécutive à une inondation ou un incendie. Des applications répétées du produit dilué dans de l'alcool ont été effectuées par pulvérisation ou nébulisation de la solution sur les documents.
Les applications sont répétées pendant un certain nombre de jours. Elles sont généralement effectuées par des entreprises de désinfection ou par des personnes dûment formées à l'utilisation de cette substance chimique.
On a aussi utilisé des solutions à base d'alcool et d'eau de javel diluée en applications localisées sur les collections, les rayonnages, les murs et les planchers de bibliothèques. N'importe quel oxydant puissant tue les spores de moisissure mais aucun ne confère une protection chimique fongicide rémanente.
Les collections et documents précieux sont souvent conservés dans des coffres ou des armoires ignifuges. Ces meubles ont des parois épaisses comportant une isolation destinée à protéger du feu les pièces qui y sont conservées.
Deux types d'isolants sont utilisés pour ce genre d'armoire. L'un est un isolant "sec" qui offre une protection supérieure, mais coûte plus cher. Le second type d'isolation, dit "humide", est celui qui est généralement utilisé dans les coffres et meubles meilleur marché vendus aux particuliers.
Le type le plus courant d'isolant "humide" est un mélange de ciment de Portland, de Vermiculite, de diatomite et de fibre de verre. En cours de fabrication, on coule ce mélange entre les parois du meuble et on le laisse prendre. Lors du séchage, l'humidité reste prise dans les particules de Vermiculite et dans la diatomite. En cas d'incendie, la chaleur transforme cette humidité en vapeur qui s'échappe à l'intérieur du meuble.
Malheureusement, il arrive souvent que de la vapeur d'eau s'échappe en permanence de ce type d'isolant, provoquant une forte humidité à l'intérieur du coffre ou de l'armoire, même en l'absence d'incendie. Ces meubles ignifuges continuent en effet de sécher pendant de longues périodes. Pendant ce temps, ils peuvent être source de graves problèmes de moisissures.
Il arrive souvent qu'il faille laisser les tiroirs ouverts en quasi-permanence pour prévenir une accumulation excessive d'humidité à l'intérieur du meuble, ce qui rend celui-ci inefficace en tant que meuble anti-feu et oblige le personnel à une constante surveillance. La solution au problème réside dans l'achat de coffres et armoires ignifuges à isolation "sèche", qui ne posent pas de problèmes d'humidité.