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1. Introduction

De nombreux articles, publiés ces dernières années dans les revues spécialisées, ont montré qu'il fallait mettre au point des méthodes de conservation et de restauration de masse si l'on voulait sauvegarder le contenu des bibliothèques et des archives. Devant la gravité de la situation où se trouvent ces établissements, différentes tentatives ont été faites de par le monde par des chimistes, des conservateurs et des restaurateurs pour trouver des moyens de sauver ce patrimoine culturel en péril.

On s'efforcera ici de faire brièvement le point sur les méthodes de restauration et de conservation de masse en étudiant la situation du point de vue économique, technique et esthétique. Comme foyers de la science et de la culture, les bibliothèques remplissent des fonctions aussi précises que variées. En même temps, elles servent à réunir, traiter et entreposer des documents graphiques. Le matériau de base le plus répandu dans les bibliothèques reste le papier, qui est pour l'essentiel composé de cellulose. Dans les dernières années, la reproduction des documents sur un support en matériau plastique - ce que l'on a coutume d'appeler les microformes, qui sont venues s'ajouter aux documents papier - n'a cessé de gagner du terrain. Quoi qu'il en soit et quelle que soit la nature de leur support, les pièces réunies dans les bibliothèques sont exposées, surtout lorsqu'elles demeurent dans les dépôts pendant de longues périodes, à des changements qui peuvent avoir sur elles un effet dommageable. Ces transformations, qui ne doivent rien au hasard, peuvent se résumer en un mot: "vieillissement". Chaque type de document subit des modifications spécifiques, mais le processus de vieillissement du papier est la conséquence de réactions chimiques dont la rapidité dépend de facteurs "intrinsèques" et "extrinsèques" variables. Il s'ensuit que la survie des ouvrages de bibliothèque est indissolublement liée aux méthodes utilisées pour leur conservation matérielle et leur restauration. Il serait absurde d'accumuler à grands frais, année après année, d' importantes quantités d'ouvrager, sans se préoccuper de savoir s'ils resteront utilisables à l'avenir. Voilà pourquoi la conservation matérielle occupe une place de plus en plus importante dans la gestion des bibliothèques.

Par "conservation", nous entendons ici toutes les mesures et procédures qui, en agissant sur les facteurs extrinsèques de vieillissement, visent à prolonger la vie des ouvrages. L'un de ces facteurs a une influence considérable: il s'agit des conditions qui règnent dans les magasins - température, hygrométrie, lumière. Le bon état des magasins - propreté, rangement approprié des articles sur des rayonnages fonctionnels et solides, surveillance des micro-organismes et des insectes, lutte contre la pollution atmosphérique, etc. - est aussi un aspect qui doit être pris en considération.

Une autre tâche importante du point de vue de la conservation incombe aux bibliothécaires, à savoir organiser l'utilisation des collections. Les questions essentielles en la matière: la fréquence de consultation, les utilisations particulières des ouvrages par les lecteurs, la fréquence de reproduction et, surtout, le transport des ouvrages entre les magasins et les lecteurs par les soins du personnel de la bibliothèque.

Pour que les mesures requises soient prises, il est de plus en plus nécessaire de former l'ensemble des employés, et non pas seulement les restaurateurs ou les conservateurs, aux tâches de conservation matérielle. Les bibliothécaires et le personnel des magasins doivent eux aussi posséder des connaissances élémentaires en la matière si l'on veut assurer aux collections les conditions de stockage et d'utilisation dans lesquelles ils se conserveront le mieux.

L'expression "conservation" désigne aussi ici toutes les mesures qui visent à stopper la dégradation des ouvrages en agissant sur les facteurs intrinsèques de vieillissement pour prolonger leur durée de vie et en réparant les dommages visibles, de manière à ce que l'ouvrage puisse continuer de servir.

Une très grande partie du travail consiste, par exemple, à analyser les dégâts, à désacidifier et à tamponner, à renforcer des parties ou la totalité de l'ouvrage, à remplacer les reliures ainsi qu'à prendre note de tous les travaux de restauration effectués.

On ne fera, qualitativement et quantitativement, du bon travail en restauration que si l'on dispose des matériaux de base appropriés, dont le type dépendra de la nature des dommages le plus fréquemment observés dans la bibliothèque. Il faudra aussi des spécialistes qualifiés, qui soient capables de répondre aux besoins spécifiques de l'établissement.


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