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En matière de restauration des ouvrages et documents en papier, les acquis majeurs des dernières années sont les suivants:
- Maintien des feuillets soumis à un traitement par voie humide en position verticale pendant la durée de l'opération.
- Réalisation des opérations terminales du dédoublement du papier et du colmatage des lacunes par repulpage.
- Possibilité de conserver un aspect esthétique à des ouvrages gravement endommagés.
L'emploi de dispositifs protecteurs tels que les filtres de polyéthylène et de polyester et le maintien des documents en position verticale pendant toute la durée du traitement par voie humide se sont révélés la meilleure manière de procéder. Ce fait devrait influer considérablement sur l'organisation du travail et le matériel de base dans les ateliers de restauration.
Outre qu'elle permet de manipuler en toute sécurité les objets les plus fragiles, cette façon de faire donne, sur les plans tant quantitatif que qualitatif, des résultats bien supérieurs à ceux obtenus par les méthodes classiques. Les investissements élevés qu'elle suppose au départ sont très vite rentables tandis que l'allongement de la durée de vie de l'objet et la simplification de sa manipulation et de son entretien garantissent qu'il sera utilisé plus longtemps.
Le dédoublement du papier et le colmatage de ses lacunes au moyen de la machine à "treillis long" (inventée par Per Laursen) sont des procédés bien connus de stabilisation qui permettent de traiter plusieurs centaines de pages par jour. Il apparaît vite que le dédoublement du papier et le colmatage par repulpage pourraient devenir très rapidement des méthodes normales de stabilisation. Les problèmes et réserves majeurs que suscitent ces deux procédés concernent les traitements auxquels il faut soumettre le papier avant et après leur application. L'utilisation de treillis en matériau synthétique et de feutres en polypropylène améliore l'efficacité du travail. Le couplage du colmatage et du dédoublement du papier ouvre de nouvelles possibilités de procéder à une restauration de qualité.
Pour sauvegarder l'intégrité des documents dans son état initial, il faut préserver toutes les preuves de leurs origines historiques et parmi celles-ci la texture superficielle du papier et les marques laissées par les poudres des encres et autres matières du tracé hydrosolubles.
Des découvertes récentes incitent à douter qu'il soit bon d'exposer des encres dans un état plus ou moins avancé de dégradation à un traitement par voie humide. Certains types d'encre ferrogalliques ou aux sulfates de fer se détériorent comme si elles rouillaient. Un traitement par voie humide provoque d'inévitables disparitions ou dégorgements des encres et colorants ainsi que la dispersion de particules arrachées à la surface du papier.
Le recours à la technologie éprouvée du dédoublement du papier permet de réduire tous les risques connus et éléments d'incertitude du traitement des papiers dont les éléments graphiques se dégradent. Le pâlissement des illustrations en couleur, des cartes historiques, etc., compte parmi les dégâts les plus graves subis par les documents en papier. Le dédoublement partiel des documents de grand format, en particulier, ouvre de nouvelles perspectives à la restauration. L'opération de dédoublement et la stabilisation pratiquée ensuite par l'insertion d'un nouveau matériau ne sont effectuées que sur les zones endommagées tandis que les autres régions du papier qui sont encore intactes sont conservées dans leur état primitif.