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6. Coopération

6.1 Quand les institutions ne disposent pas des ressources nécessaires pour mettre en oeuvre un programme général de conservation, les responsables devront envisager de recourir à d'autres modalités de financement ou chercher à faire fructifier au moins ce qu'ils ont. Il est souvent possible de faire appel au mécénat d'entreprise ou au soutien de fondations privées. La coopération entre bibliothèques ou services d'archives peut permettre de rationaliser l'utilisation des ressources et de tirer meilleur parti de celles qui sont disponibles.

6.2 Il y a deux modes de coopération possibles. Le premier est l'aide directe d'un établissement à un autre par un apport de ressources financières ou humaines, le second consiste à partager les responsabilités et à échanger des informations sur les activités menées, de façon à éviter d'inutiles doubles emplois. Les deux méthodes permettent un meilleur usage des ressources disponibles et l'on peut en faire un principe de la politique de conservation.

6.3 Il est possible de mettre en place des plans d'intervention en cas d'urgence mobilisant du personnel qualifié travaillant dans d'autres secteurs. A l'échelon local, les petits établissements - bibliothèques publiques ou spécialisées comme services d'archives - ont rarement assez de personnel pour pouvoir constituer une équipe efficace, capable de mener les opérations de sauvetage en cas de sinistre. La mise sur pied d'une force régionale, dont les membres auraient reçu une formation, permettrait d'intervenir plus efficacement en pareil cas.

6.4 De même, il devrait être possible d'organiser, au niveau régional, l'achat et l'entreposage de matériel de sauvetage pour distribution ultérieure en fonction des besoins. Les établissements dépendant d'organismes plus importants - services publics et parapublics, universités, etc. - pourront sans doute compter sur un stock central de matériel et de fournitures et éviter ainsi d'avoir à acheter et à entreposer dans leurs locaux des matériels dont le coût grèverait leur budget et qui occuperaient un espace de rangement déjà restreint.

6.5 Ce type de coopération suppose que se constitue au niveau local une petite équipe compétente et que le personnel fasse preuve d'ingéniosité pour trouver des locaux disponibles et de l'aide.

6.6 S'agissant de l'échange d'informations, des progrès ont déjà été accomplis en ce sens aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Chacun de ces pays a créé une base de données des publications microfilmées en vue de leur conservation. Le National Register of Microform Masters aux Etats-Unis, et le Register of Preservation Microforms au Royaume-Uni, contiennent l'un et l'autre des notices et descriptions bibliographiques concernant les microformes constitués à partir des originaux.

6.7 Avec ces renseignements, les bibliothèques peuvent acheter des microcopies des ouvrages qu'elles possèdent et économiser ainsi des frais de laboratoire photographique. Le succès de ces Registers sera fonction de leur accessibilité ainsi que de la fiabilité et de l'actualité des informations qu'ils renferment.

6.8 Le principe de ces programmes nationaux repose sur l'adhésion des membres participant à un ensemble de règles concernant la production des microformes (qui en garantit leur valeur archivistique) et leurs conditions de stockage (qui en garantit la longévité).

6.9 L'existence de bases de données de notices bibliographiques accessibles en ligne ouvre des perspectives nouvelles de diffusion d'informations sur l'état matériel des documents et les traitements de conservation qui leur ont été appliqués.

6.10 Les matériels et les techniques de conservation se sont énormément améliorés, en partie sous l'empire de la nécessité, à la suite des inondations de Florence de 1966, et en partie aussi grâce aux progrès de la chimie du papier. Les services d'archives et les bibliothèques ont rarement les moyens de mener des programmes de recherche de grande envergure, et pourtant la recherche est nécessaire si l'on veut progresser encore.

6.11 La coopération a différents niveaux peut contribuer à faire progresser les techniques de conservation: coopération entre responsables de la conservation matérielle et fabricants/fournisseurs de matériels et de fournitures; coopération avec les départements de recherche universitaire ou publique en vue de mettre au point des techniques nouvelles ou d'appliquer les connaissances présentes à la solution des problèmes de conservation; enfin, coopération entre les grandes institutions d'archives et bibliothèques en matière de recherche-développement-expérimentation de techniques nouvelles. La publication des résultats des recherches reste toutefois la condition sine qua non d'une diffusion efficace de l'information au sein de la profession.

6.12 Comme chaque fois qu'il s'agit de coopération, il faut être conscient des avantages mutuels qui en résulteront pour vouloir agir et accepter la responsabilité d'emmagasiner des informations exactes et à jour. Avec l'adoption de politiques de conservation viendra le temps où l'on connaîtra mieux l'étendue et la variété des problèmes, et l'on saura que les ressources sont insuffisantes pour s'y attaquer comme il le faudrait. C'est alors qu'on percevra mieux les avantages de la coopération, et que naîtra la motivation nécessaire pour agir.


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