La crise radicale que nous traversons, et qui ne fait que s'amorcer,
rend urgente une nouvelle pensée transdisciplinaire, seule
capable de prendre toute la mesure des complexités à
l'oeuvre. Cette pensée devra contribuer à créer
une véritable culture mondiale, au-delà des tribalismes,
des nationalismes et des culturalismes. Une telle universalité
est-elle seulement possible ? Quelle serait l'essence d'une civilisation
mondiale ? La mort annoncée des Etats-nations et des cultures
régionales permettra-t-elle, dans l'urgence actuelle, de
favoriser l'émergence d'une nouvelle identité humaine
? Permettra-t-elle de mieux définir la vocation fondamentale
de l'homme ? Comment promouvoir un ensemble de valeurs universelles
sur lesquelles l'humanité tout entière pourrait
s'entendre ? Et d'ailleurs, comment garantir que l'idée
même d'universel est bien universelle, c'est-à-dire
également reçue par la diversité des cultures?
Il y a quelques jours, on apprenait simultanément en ouvrant
un journal d'informations générales qu'une cour
fédérale américaine avait déclaré
inconstitutionnel le Communications Decency Act, affirmant
ainsi la totale liberté d'expression sur les réseaux
; que le FBI venait d'arrêter un criminel au Guatemala grâce
à Internet, qu'une entreprise avait multiplié par
trente en trois jours son poids boursier en diffusant de fausses
rumeurs sur certains forums de discussion en ligne, qu'AT&T
et LM Ericsson s'associaient pour mettre sur le marché
un appareil, appelé Cobra et valant 500$, capable d'envoyer
sur les lignes téléphoniques vingt fois plus d'informations
que les modems commerciaux les plus rapides actuels ; et enfin
que la compagnie Acer Inc. annonçait la mise sur le marché
asiatique d'un PC destiné à Internet, au prix de
500$. Cette énumération à la Prévert
doit nous faire prendre conscience que la révolution des
nouvelles techniques de la communication et de l'information (NTIC)
ne fait que commencer. En fait nous n'avons encore rien vu...
Il devient vital d'en prendre toute la mesure, et surtout d'en
évaluer l'impact économique, social, culturel et
politique. Les NTIC ont évidemment partie liée avec
la "crise". Mais jusqu'à quel point ?
Pour expliquer cette crise, l'évocation du seul progrès
technologique est insuffisante. Les technologies nouvelles de
la communication et de l'information en effet sont porteuses de
ruptures qui vont bien au-delà de la technologie, et qui
touchent à la nature même de notre rapport au monde,
à notre manière de le représenter et d'agir
sur lui, à notre capacité de fonder un nouveau lien
social, à l'échelle de la planète.
Il est essentiel d'évaluer correctement le degré de la révolution en cours. Est-ce une simple péripétie trentenaire, comme dans les cycles de Kondratieff, ou bien une nouvelle révolution industrielle ? Ou bien s'agit-il d'une coupure plus profonde encore ? Nous opterons ici résolument pour cette troisième voie d'exploration. Les nouveaux réseaux, comme Internet, ou l'essor du numérique et du virtuel, sont en réalité les signes annonciateurs de rien de moins qu'un changement d'ère. Certes le monde n'est pas encore ébranlé au point où l'on pourrait avancer dès aujourd'hui toutes les preuves matérielles de cette allégation. Mais l'on peut tenter
de raisonner par analogie pour étayer le ton sans doute
"apocalyptique" de notre assertion. Chacun sait l'importance
historique qu'eurent l'alphabet ou l'imprimerie. A notre sens,
pour en saisir toute la portée, les NTIC doivent précisément
être comparées à l'apparition de l'alphabet,
venant remplacer les hiéroglyphes, et permettant ainsi
le développement de la culture marchande syro-phénicienne,
se substituant à la culture des scribes et des grands prêtres
de l'Egypte, et ouvrant dès lors l'espace méditerranéen.
On peut aussi évoquer l'impact de l'invention de Gutenberg
à la fin du 15ème siècle. L'imprimerie rendit
matériellement possible la diffusion mais aussi la mise
en pratique effective (par l'accès individuel au livre)
des idées de la Réforme. Ce fut aussi la condition
catalytique de la Renaissance européenne et du développement
d'une industrie s'appuyant sur de nouveaux savoirs aisément
capitalisables et diffusables. Comme aujourd'hui Internet, l'imprimerie
fut un temps crainte des pouvoirs publics. Le roi François
1er signa le 15 janvier 1535 une ordonnance interdisant l'imprimerie,
sous peine de mort, à la demande de la Sorbonne (sic),
alors dominée par le parti Catholique et voyant d'un mauvais
oeil l'usage subversif que les Réformateurs en faisaient.
Si nous insistons sur ces analogies (l'alphabet, l'imprimerie),
c'est dans l'espoir d'attirer l'attention sur le fait que la révolution
technologique actuelle n'est pas comparable simplement à
l'apparition du téléphone ou de la télévision.
Il s'agit en fait d'une coupure radicale dans l'histoire de nos
moyens de représenter le monde, ou de ce que nous croyons
savoir de lui. Nous pensons que des moyens de représentation
nouveaux sont de nature à favoriser l'émergence
de nouvelles intelligibilités, de nouveaux espaces de compréhension,
de nouvelles visions. Il s'agit donc in fine de l'apparition,
encore en gésine, d'une nouvelle vision des choses, et
peut-être d'un être humain nouveau,
proportionné à cette nouvelle intelligibilité.
La crise actuelle est donc avant tout une crise de la représentation.
Nous sommes en crise parce que nous ne maîtrisons plus intellectuellement
notre destin collectif. Nous ne disposons plus des outils de compréhension
adéquats. Nous en sommes restés aux schémas
du passé, qui ont montré leur inefficacité.
Nous percevons mal notre situation réelle parce que nous
sommes démunis des instruments d'intelligibilité
nécessaires pour se colleter efficacement aux problèmes
planétaires qui se multiplient.
Le paradoxe est que cette crise de la représentation pourrait
être en partie réglée si nous savions faire
un meilleur usage de ces mêmes technologies de la représentation.
Les NTIC accélèrent et aggravent la crise, mais
elles apportent aussi des contre-poisons dont nous ne pouvons
plus nous permettre d'ignorer l'efficacité. Encore faut-il
en comprendre la nature, et faire l'effort d'en maîtriser
le langage. Ces deux conditions, malheureusement, ne sont presque
jamais remplies dans la classe politique actuelle, toutes tendances
confondues.
La crise se caractérise de nombreuses manières
(fins des dogmes, règne absolu du marché, guerres
tribales, pollutions globales...). Il nous est apparu intéressant
de traduire cette diversité des visages de la crise transversalement,
par trois figures principales: la confusion, le court-circuit
et la coupure.
Devant la surabondance des faits et des savoirs, devant la complexité
des phénomènes et l'enchevêtrement des causes,
devant la disparition des grandes machineries idéologiques,
nous sommes pris de confusion. La confusion contemporaine est
une confusion des plans de lecture et d'interprétation.
Elle touche au langage (on confond les images et les réalités,
les métaphores et les modèles, les mots et les concepts);
elle touche à l'exercice des différents plans de
l'esprit (on confond ses divers domaines d'intervention: la pensée
claire et la pensée obscure, le songe et la raison). C'est
aussi une confusion des valeurs, au sens économique comme
au sens philosophique. L'éclatement des bulles financières
et foncières, la mise en état de lévitation
virtuelle des marchés spéculatifs, l'abstraction
sans racine des grands indicateurs économiques ou de la
valeur des monnaies, ne permettent plus aujourd'hui de dire ce
que vaut le yen, ou le m2 à Ginza.
La confusion des valeurs se caractérise aussi par le renversement
des fins et des moyens (l'être humain est mis au service
du Marché, l'économie du réel est asservie
à une spéculation purement virtuelle, la recherche
scientifique s'inféode à la fuite en avant éperdue
de la Big Science).
C'est enfin une confusion des niveaux de réalité
et de vérité dans lesquels on nous invite à
vivre: la simulation, la réalité virtuelle, la réalité
augmentée, deviennent à l'occasion plus réelles
que le réel, et contribuent ainsi à obscurcir notre
compréhension de la nature du réel même.
La seconde figure de la crise est le court-circuit. Le court-circuit,
quant à lui, vient de la mise en contact immédiat,
ou presque immédiat, de points du globe jusqu'alors séparés
par des distances géographiques considérables, désormais
réduites à rien (le temps réel des NTIC)
ou à presque rien (le coût décroissant des
transports de personnes ou de marchandises). Le phénomène
du court-circuit se traduit de plusieurs manières: la glocalisation,
la désintermédiation, la dérégulation.
La glocalisation, la contraction du global et du local,
est un court-circuit territorial et géographique, du fait
de la délocalisation et de la mondialisation, ou plutôt
des mondialisations, celle des marchés, celle des capitaux,
celle des informations, mais aussi celle de la pollution (ozone,
nucléaire) et plus grave encore, celle de la déculturation.
Le "glocal", c'est aussi l'apparition de "régions-monde",
comme la grande connurbation Bassin de Londres-Benelux-Ruhr-Vallée
du Pô, si lumineuse, quand elle est vue la nuit de l'Espace,
qu'elle semble laisser la France dans l'obscurité. On parle
même de "villes-mondes" comme ces incroyables
mégalopoles, mers de béton (Mexico, 31 millions
d'habitants en 2000, Sao Paulo, 26 millions...) qui deviennent
à elles seules comme des pays entiers. On comparera par
exemple le nombre de téléphones dans toute l'Afrique
subsaharienne et à Manhattan: ces villes-mondes sont glocales
par excellence: ancrées dans un territoire restreint, mais
couvrant le monde de leurs liaisons symboliques, marchandes et
financières.
La désintermédiation se traduit par l'éviction
de toutes sortes d'intermédiaires rendus inutiles par les
nouvelles technologies de distribution de biens ou de services
immatériels (banques ou assurances directes, distribution
des biens de consommation culturelle ou de logiciels). On sait
que l'on peut désormais acheter sur Internet, sans TVA
et sans droits de douane, les nombreux biens de la société
de l'immatériel. Les Etats-nations perdent leurs pouvoirs
de taxation sur ces flux immatériels qui leur échappent.
Ceci n'est pas entièrement nouveau: les capitaux flottants
dans l'océan du Marché avaient depuis longtemps
échappé aux contraintes des territoires réels.
Mais ce privilège, que les financiers internationaux détenaient
seuls jadis, est désormais à la portée de
la moindre PME et même des simples particuliers.
Enfin la dérégulation, qui est une traduction
politique d'une sorte de démission de la pensée
régulatrice devant cette mise en court-circuit exigée
par les lois du Marché et catalysée par les NTIC.
Contre ces court-circuits fluides et impalpables, nulle frontière,
nul limes, nul sanctuaire national ne sauraient nous protéger.
Il est vain de vouloir établir des barrières tangibles
contre un phénomène intangible, une sorte de mise
à niveau généralisée de la planète
Terre tout entière. On ne peut mettre un douanier derrière
chaque octet.
La troisième figure de la crise est celle de la coupure,
ou du fossé. Le court-circuit généralisé
tend à créer des ghettos ou des tribus excluantes,
comme par réaction. Les info-riches et les
info-pauvres se voient séparés par un
fossé qui a d'autant plus tendance à s'accroître
que ceux qui maîtrisent le mieux les NTIC (les info-riches)
peuvent mieux tirer parti du réseau pour accroître
leur écart. Il y a un effet d'autocatalyse dans l'accès.
Plus on est capable de naviguer sur ces nouveaux océans
du savoir, plus on accroît son avantage comparatif par rapport
aux autres, et plus se creuse l'écart symbolique et matériel
avec ceux qui restent au bord des inforoutes. Les navigateurs
du cybermonde maîtrisent des codes nouveaux aux avantages
comparatifs indéniables. Mais surtout ils se dotent de
clés d'intelligibilité nouvelles, dont sont cruellement
exclus les nouveaux prolétaires du virtuel, ainsi dépossédés
des moyens de production cognitive et d'analyse symbolique qui
leur permettraient de se doter d'un point de vue efficace sur
le monde. Cette nouvelle forme de prolétarisation est d'autant
plus préoccupante, qu'elle tend à exclure de fait
des pans entiers de la population de quelque possibilité
d'interprétation et de compréhension que ce soit.
Pendant que les "collèges invisibles" et les
communautés virtuelles se renforcent et s'activent à
l'abri des réseaux satellitaires, et dans l'immédiateté
des mémoires artificielles, les ghettos réels se
durcissent, sans prise aucune sur leur environnement, sans capacité
effective de saisie intellectuelle ni d'action concrète.
Les paradis fiscaux virtuels sont hors d'atteinte des révoltés
du réel.
A ce triple défi de la confusion, du court-circuit et
de la coupure, il faudra opposer une triple réponse. Plus
les réseaux virtuels intensifieront mondialisation, délocalisation
et désintermédiation, plus il sera impératif
de rebâtir une cité ancrée dans le réel,
dans le voisinage des hommes, dans la lumière de leurs
visages. La cité, pour ce faire, devra être catalytique,
connectée, coopérative.
La cité de demain doit être catalytique: elle doit
dissoudre et rendre possible. Elle doit fournir les moyens de
mettre en relation. C'est bien là sa vocation de carrefour
transdisciplinaire. La confusion générale dont nous
avons parlé vient d'une insuffisante alphabétisation
aux nouvelles représentations, et d'une absence de moyens
efficaces de comprendre et d'interpréter le monde. La première
tâche de la cité de demain sera de refonder son université
afin de nous former à cette nouvelle "écriture"
du virtuel, mais aussi à la nouvelle grammaire et à
la nouvelle méthodologie intellectuelle qu'elle sous-tend.
Il faut maîtriser avant toute chose la navigation dans les
océans du savoir, et développer à cette fin
les ressources d'une pensée formelle, systémique,
transdisciplinaire, plurielle, globale. Le self-apprentissage
et la personnalisation de l'enseignement par le recours aux techniques
de simulation interactive seront souhaités. La visée
pédagogique prioritaire sera de penser et d'expérimenter
par soi-même, d'une part, et avec les autres, d'autre part.
Non pas seulement savoir, mais chercher à savoir, savoir
chercher, savoir relier les faits épars, et enfin savoir
se lier aux autres dans une recherche partagée seront les
objectifs affirmés. On favorisera la curiosité,
la créativité, l'esprit critique et l'esprit coopératif,
la représentation d'une réalité sous plusieurs
angles. La pensée en terme de systèmes permettra
d'avoir une vue d'ensemble des multiples liens possibles entre
causes et effets, entre modèles et réalités.
La pensée expérimentale, qui fait varier certains
aspects d'un problème tout en en conservant invariants
certains autres, permet d'explorer exhaustivement un ensemble
de possibilités et de résultats, de les comparer,
de les extrapoler. On privilégiera la simulation, les "expériences
de pensée" et l'expérience de "réalités
artificielles". Une attitude de distance philosophique, de
"mise entre parenthèse", conformément
à la méthode phénoménologique sera
encouragée.
Les court-circuits mondiaux déjà évoqués
représentent une menace certaine pour les identités
locales. Une culture universelle est-elle possible ? Va-t-on vers
une identité mondiale? Si oui, quels pourraient en être
les fondements ? Ou bien va-t-on vers des identités locales
exposées à la mondialisation, et trouvant alors,
plus ou moins aisément, des manières d'adaptation
?
La visée politique fondamentale de la cité de demain
doit être de devenir une cité de l'universel, une
cité-monde. Connectée par Internet à toutes
les bases de données, à tous les musées et
toutes les bibliothèques en ligne du monde, bref à
toutes les ressources de savoir et de mémoire de la planète
accessibles dans le cyberespace, la cité de demain ne manquera
pas de données brutes, de textes, d'images et de sons.
Ce qui risque de lui faire défaut, en revanche, est bien
une conception claire de son essence même, et plus précisément
de l'essence de l'universalité qu'elle sera chargée
d'incarner localement. La diversité culturelle sera sans
doute menacée par la tendance du Marché aux regroupements
oligopolistiques, tellement plus profitables. La concentration
des entreprises de contenus, l'harmonisation réclamée
avec insistance des législations mondiales seront des facteurs
aggravants. La cité universelle devra favoriser l'art difficile
de la préservation des identités locales, tout en
ne perdant jamais de vue son utopie globale. L'universalisme purement
quantitatif et financier du Marché lui donnera quelque
fil à retordre.
Au moment où les fossés s'élargissent et
s'approfondissent, la coopération devient une nécessité
vitale, et aussi une exigence éthique. La capacité
à travailler en groupe, en réseaux, en partenariat
sera primordiale. On devra s'attacher à créer un
environnement d'apprentissage global, ouvert, au service de tous,
en tous lieux, à tous moments et dans tous les domaines
du savoir. Les laboratoires virtuels ("Collaboratories"),
les réseaux d'hôpitaux, d'écoles, de bibliothèques,
de musées, de serveurs d'archives en ligne constitueront
une nécessaire infrastructure coopérative globale.
Il faudra développer la coopération intellectuelle,
les expériences de pensée collecticielle, le jumelage
virtuel de groupes de recherche, les réunions virtuelles
qu'autorisent les techniques de groupware.
La fin de la société du travail est annoncée.
On proclame son éviction inéluctable à terme
par une société de "pleine activité"
fondée sur l'intégration, la participation, la créativité
culturelle et sociale, et sur des valeurs de paix, de tolérance,
de respect de l'Autre, de compassion, de symbiose avec la nature.
La cité universelle à laquelle nous aspirons devra
nous donner les cadres politiques et pratiques pour un tel avènement.
Dans la période de crise grandissante que nous allons traverser,
la priorité devra être de contribuer à recréer
le lien social dissous par le triple mouvement de confusion, de
mise en court-circuit et de coupure que nous avons décrit.
Il faudra créer un art de vivre ensemble à l'échelle
planétaire. Les répercussions économiques,
politiques et sociales en seront considérables. Mais la
tâche de la cité universelle sera prioritairement
d'ordre culturel. Définir et promouvoir une culture véritablement
universelle, voilà sa mission, sa noblesse. Cette culture
authentiquement universelle devra être suffisamment forte
pour tenir tête aux cultures stéréotypées
que le Marché aura intérêt à diffuser
universellement, lui aussi. Mais là où le Marché
ne pourra satisfaire que les besoins solvables (et c'est là
sa limite), l'enjeu incomparable de la culture de l'universel
sera de s'adresser à tous sans exclusive.
Le territoire d'action privilégié d'une culture
de l'universel est le domaine public, gratuit par nature, et qu'il
faudra sans relâche rendre plus accessible et plus attrayant.
Les oeuvres des musées, les textes classiques, les informations
produites par les services de l'Etat appartiennent au domaine
public et échappent donc au casse-tête actuel du
droit d'auteur. Ces images, ces textes constituent un patrimoine
culturel sans prix. Il faut d'urgence le mettre gratuitement à
la disposition de tous, sur Internet. Alors pourront proliférer
des usages nouveaux, des manières alternatives de produire
de la valeur ajoutée culturelle, à partir de ce
patrimoine commun, aujourd'hui encore confisqué par certains
groupes, mais dont la vocation est d'être rendu au peuple,
qui en est le légitime propriétaire, et qui demain
saura le valoriser de manière inattendue.
Créer du lien social global par une culture authentiquement universelle, voilà la mission profondément politique de la cité de demain.
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27 October 1997