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Des programmes phares de l’UNESCO placent l’éducation et l’histoire au cœur de la transformation de l’Afrique

Education and history at the centre of Africa’s transformation

Il est essentiel de connaître l’histoire pour se comprendre. « Nous sommes nombreux à être en quête de notre identité, sans réfléchir aux éléments clés de l’histoire africaine », a déclaré la chanteuse-compositrice afro-cubaine Eme Alfonso lors d’une manifestation sur le programme Priorité Afrique de l’UNESCO, organisée le 30 juin dernier dans le cadre du pré-Sommet des Nations Unies sur la transformation de l’éducation. « J’aurais adoré en apprendre davantage sur l’histoire de mes ancêtres, non seulement sur la manière dont ils sont arrivés en Amérique, mais aussi sur leurs royaumes, leurs coutumes, leurs communautés et leurs richesses, pour faire de moi une personne plus complète. J’aimerais que mes enfants comprennent tous les aspects de leur identité. »

Mme Alfonso s’est exprimée aux côtés de plus de 250 participants, dont des ministres de l’éducation de pays du continent africain ou abritant des diasporas africaines, pour évoquer la Priorité Afrique de l’UNESCO et deux initiatives phares connexes, l’Histoire générale de l’Afrique et Campus Afrique.

Aujourd’hui, le programme Priorité Afrique concerne tout le monde, et pas uniquement les Africains. Nous voulons nous intéresser à l’aspect positif des choses : une Afrique intégrée qui jouit d’une image positive et contribue à la construction de la planète.
Firmin Edouard Matoko, Sous-Directeur pour la priorité Afrique et les relations extérieures

L’initiative de l’Histoire générale de l’Afrique, lancée en 1964 et qui a pris la forme de huit volumes, est née de la nécessité de créer un nouveau récit africain authentique sur l’Afrique à la lumière de ses langues et de son patrimoine communs, afin de reconstruire une histoire libérée des préjugés raciaux hérités de la traite négrière et de la colonisation. L’initiative, qui est en cours d’actualisation grâce à l’élaboration de nouveaux volumes, plaide en faveur de la transformation éducative et culturelle inscrite dans l’Agenda 2063 de l’Union africaine et la Charte de la renaissance culturelle africaine, ainsi que dans le Programme de développement durable des Nations Unies à l’horizon 2030.

Les concepts de panafricanisme et de renaissance africaine doivent être intégrés dans les systèmes éducatifs africains afin de réimaginer, de transformer et d’évoluer.
Janice Gugulethu Khumalo, responsable de la mobilisation des jeunes à la Direction Femmes, genre et développement de la Commission de l’Union africaine

Plusieurs expériences et bonnes pratiques allant dans ce sens ont été présentées lors de la rencontre. Le Kenya a mis en avant l’intégration de l’Histoire générale de l’Afrique dans les programmes nationaux d’enseignement formel, non formel et informel depuis 2017. Des représentants de l’Égypte, de l’Éthiopie et du Soudan ont également souligné l’importance de son adaptation dans les programmes nationaux d’enseignement, la formation des enseignants et les recherches pertinentes.

Il est formidable d’étudier l’histoire africaine vue par les Africains et de faire redécouvrir au monde ce qu’elle était et ce qu’elle pourrait devenir. Nous devons transformer nos promesses en actes.
S. E. Fanta Mandefro, Ministre d’État chargé de l’enseignement général de l’Éthiopie

Dans le cadre de cette initiative phare destinée à intégrer l’Histoire générale de l’Afrique dans les programmes d’enseignement, l’UNESCO prévoit de produire des outils d’orientation et des ressources pédagogiques et de les rendre accessibles sur des plates-formes numériques.

Outre la nécessité de mettre en valeur les histoires, cultures et identités du continent dans l’éducation, la réalisation de l’Agenda 2063 – et du programme 2030 – exige que les établissements d’enseignement supérieur soient en mesure de produire les connaissances et compétences requises pour atteindre les objectifs de transformation. L’initiative phare Campus Afrique entend relier entre elles les universités du continent tout entier, accroître les possibilités et élargir la collaboration. Présentée pour la première fois lors de la session de novembre 2021 de la Conférence générale de l’UNESCO et actuellement dans sa phase de conception, cette initiative portera sur les liens entre recherche et innovation, sur l’adaptation de l’enseignement et la formation techniques et professionnels (EFTP) aux besoins des transitions écologique et numérique et sur la promotion de la reconnaissance des qualifications.

Notre système éducatif doit contribuer à libérer et décoloniser notre pensée, ainsi qu’à nous donner un sentiment de fierté. Le fait de relier et d’unir les esprits et les cœurs est au fondement même de l’éducation, et, à ce titre, les programmes d’échange entre campus africains doivent être encouragés afin de renforcer la solidarité entre Africains face aux défis communs qui se posent au continent.
Chief Moomen, poète et dramaturge ghanéen

L’UNESCO est pleinement résolue à aider les États membres à promouvoir et intégrer davantage l’Histoire générale de l’Afrique ainsi qu’à proposer une assistance technique pour la formulation des politiques et la mise en œuvre de Campus Afrique.

Les ministres de l’éducation ont un rôle essentiel à jouer pour promouvoir cette vision de l’Histoire générale de l’Afrique en tant que moyen de repositionner le passé, de mieux comprendre le présent et de jeter les bases d’un avenir optimiste et dynamique pour les jeunes générations. Ce n’est qu’ensemble que nous y parviendrons, en faisant appel à toute la diversité des voix et acteurs issus des parties prenantes de l’éducation et de la société.
Stefania Giannini, Sous-Directrice générale de l’UNESCO pour l’éducation

Le petit-déjeuner de travail de haut niveau sur le thème « Transformer l’Afrique par l’éducation et la valorisation de son histoire » a été organisé conjointement par le Secteur de la priorité Afrique et des relations extérieures et le Secteur de l’éducation de l’UNESCO le 30 juin 2022 au Siège de l’Organisation, dans le cadre du pré-Sommet des Nations Unies sur la transformation de l’éducation.