Eimer Arino

Histoire

Intégrer les mémoires de la culture, de la paix et des conflits en Colombie

Après 60 ans de conflit armé, comment les anciens combattants peuvent-ils être intégrés dans des sociétés pacifiques ?

C’est l’un des problèmes auxquels la Colombie a été confrontée à la suite de la signature de l’Accord de paix de 2016 entre le Gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).

Une solution, qui répond au troisième point de l’Accord de paix axé sur la réintégration des ex-combattants, consiste à s’appuyer sur le patrimoine vivant comme outil de dialogue et vecteur de valeurs communes. Après la signature de l’Accord de paix, les habitants du village d’El Conejo, dans le nord-est de la Colombie, ont exprimé le besoin d’une assistance pour tisser des liens avec les habitants du camp de réinsertion de Pondores – centre temporaire pour des anciens combattants et leurs familles pour la durée du processus de transition vers la vie civile – où vivent environ 200 personnes dans des maisons préfabriquées d’une pièce.

La Colombie mise sur leur patrimoine culturel immatériel pour la consolidation de la paix

Il en est résulté un projet d’assistance internationale d’urgence sur « Le patrimoine culturel immatériel comme socle de résilience, de réconciliation et de création d’un environnement pacifique dans la Colombie post-accords » qui a été financé en juin 2018 par le Fonds du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO et par le gouvernement colombien.

Le projet, qui a débuté en juillet 2018, suit une méthodologie communautaire qui comprend trois volets : le renforcement des capacités locales de gestion du patrimoine culturel immatériel ; l’inventaire communautaire du patrimoine culturel immatériel, avec mise en œuvre de mesures de sauvegarde ; et la sauvegarde collective de la mémoire historique du territoire. Il est permis d’espérer qu’en réfléchissant sur leur patrimoine vivant, leur mémoire collective et leurs valeurs culturelles communes, les villageois et les ex-combattants parviendront ensemble à un sentiment de réparation symbolique et de pardon. Le projet améliorera également notre compréhension de la manière dont le patrimoine culturel immatériel peut être mobilisé comme outil pour construire une paix durable, un dialogue et la reconstruction sociale dans une situation de post-conflit. Des représentants de l’UNESCO et du Gouvernement colombien ont présenté le projet lors du premier Forum pour la paix de Paris, du 11 au 13 novembre 2018