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Interview avec Alberto Piatti, Responsable du développement durable chez Eni

Partenaire de la Biennale de Luanda, Eni est une entreprise énergétique qui soutient concrètement une transition énergétique juste, avec pour objectif de préserver notre planète et de promouvoir un accès efficace et durable à l'énergie pour tous et toutes.
Eni

1. Que signifie pour vous la culture de la paix ?

Plaider pour la paix signifie adopter une approche inclusive et holistique, qui inclut les citoyens, les gouvernements, les institutions, les organisations internationales et le secteur privé. Un défi de cette ampleur exige un effort collectif sans précédent. Aucune partie prenante ne peut atteindre seule des résultats aussi ambitieux. Travailler ensemble de manière pragmatique, c'est aussi mener une transition qui réduit les inégalités dans le monde. La mission d'Eni est de soutenir de manière concrète une transition juste dans laquelle l'énergie et la durabilité travaillent ensemble pour le développement, qui est « le nouveau nom de la paix », comme l'a proclamé le pape Paul VI dans son encyclique sociale Populorum Progressio en 1967.

2. Quelle a été votre motivation pour vous impliquer dans la Biennale de Luanda et la parrainer ? Et quelle est, selon vous, la valeur ajoutée de l'Alliance des partenaires pour la promotion de la culture de la paix en Afrique ?

Lorsque la première édition de la Biennale a été lancée il y a deux ans, nous étions fiers de participer à l'événement car l'objectif principal était d’aspirer à une culture de la paix. À mon avis, la paix est sans aucun doute une conséquence du développement durable, qui est au cœur du modèle d'entreprise d'Eni.

La Biennale de Luanda, qui célèbre le rôle des arts, de la culture et du patrimoine, représente parfaitement un fort levier de développement pour susciter une véritable renaissance culturelle. La culture nous rend résilients et nous donne de l'espoir en temps de crise, nous propulsant vers un avenir plus durable pour tous. Ceci est vrai dans tous les secteurs, y compris le nôtre. La transition énergétique nécessite d’abord un changement culturel, ainsi qu'un changement social, économique et technologique. Ce n'est que par un changement culturel que nous pourrons passer à un nouveau modèle de développement, qui nous fera passer d'une croissance linéaire à une croissance circulaire, capable de transformer les déchets en ressources, en donnant une nouvelle vie à ce qui existe déjà. Pour parvenir à cette renaissance, il est essentiel de placer l'être humain au centre. Le bien-être humain est essentiel pour promouvoir la paix. Les conflits émergent là où il y a de forts contrastes, là où il y a des inégalités, là où il n'y a pas de justice sociale.

D'autre part, le développement durable est le principal moteur de la promotion de sociétés pacifiques, justes et inclusives. À cet égard, le secteur privé peut jouer un rôle clé en nouant des alliances avec toutes les parties prenantes - des organisations internationales aux institutions, en passant par la société civile - afin de conjuguer les efforts pour un changement de paradigme. Une voie où l'énergie et la durabilité se rencontrent pour promouvoir le développement. 

3. Qu'est-ce que cela signifie pour Eni de contribuer à la paix et à la sécurité du continent africain ?

Contribuer à la paix et à la sécurité du continent africain signifie créer les conditions pour que la paix prospère et en conséquence le développement. Cette approche se traduit par un modèle commercial orienté vers la promotion d'une croissance économique durable avec nos parties prenantes. Pour ce faire, Eni met en œuvre des initiatives dans les pays où elle opère pour promouvoir la diversification économique, par exemple, à travers des projets agricoles, ainsi que la formation professionnelle, la protection des terres, l'accès à l'énergie, à l'eau et à l'assainissement. Ces actions sont développées dans une perspective à long terme, face aux besoins des populations, en accord avec l'Agenda 2030 des Nations Unies et les Plans de développement nationaux.

Par exemple, en Angola, dans les provinces de Huíla et Namibe, nous travaillons à améliorer l'accès aux services essentiels pour les populations à travers une approche intégrée depuis 2017, pour un total de 33 communautés, en collaboration avec le ministère angolais de l'Energie et de l'Eau et le ministère de la Santé et en partenariat avec Ajuda de Desenvolvimento de Povo para Povo - ADPP Angola. Nous avons actuellement 70 écoles impliquées dans des activités de sensibilisation à l'eau et à l'assainissement, 33 écoles de formation agricole actives, et avons installé jusqu'à présent 8 systèmes d'énergie solaire et 12 systèmes d'eau - tous à proximité des écoles et des centres médicaux.

C'est dans cet esprit qu'Eni a noué des alliances avec des partenaires de renommée internationale. Grâce à ces collaborations, le partage du savoir-faire, des compétences, des ressources humaines et économiques devient une force motrice pour la croissance des communautés et des pays, contribuant à améliorer les conditions de vie des populations. 

Ces programmes s'appuient sur la coopération multilatérale avec nos partenaires. A cet égard, l'Alliance des partenaires pour laquelle nous nous sommes engagés, grâce aux sessions de partenariat menées dans le cadre de la Biennale de Luanda 2021 nous permettra de travailler ensemble pour favoriser concrètement le développement durable des pays africains en valorisant les excellences et les ressources locales.

4. Eni a montré son engagement de longue date pour assurer l'accès à l'énergie pour tou·te·s, et pour contribuer au développement des énergies marines. Quel a été le plus grand défi que vous y avez rencontré ? Qu'est-ce qui pourrait être amélioré ?

Garantir l'accès universel à l'énergie de manière efficace et durable est le principal défi du secteur de l'énergie dans le processus de transition vers un avenir à faible émission de carbone. Selon les projections de l'Agence internationale de l'énergie, la demande d'énergie continuera de croître fortement au cours des prochaines années, principalement dans les marchés émergents et les économies en développement où l'accès à l'énergie est limité en raison de l'augmentation de la population, de la croissance économique rapide, de l'urbanisation et de l'expansion des infrastructures. En même temps, la voie vers le “zéro émission nette” est limitée, et un déploiement massif de toutes les technologies propres et efficaces disponibles est nécessaire pour lutter contre le changement climatique.

Eni contribue à ce défi en développant des sources d'énergie renouvelables, ainsi qu'en tirant parti de l'utilisation du gaz, qui représente un combustible de transition sur le chemin de la transition, et en développant des initiatives visant à améliorer l'accès aux systèmes de cuisson modernes. Les initiatives en matière d'énergies renouvelables s'appuient sur les projets de recherche et développement d'Eni, tels que ceux liés à l'énergie marine. À cet égard, Eni entend apporter son savoir-faire pour favoriser le développement de l'économie bleue en exploitant le potentiel énergétique encore inexploité de l'océan et en favorisant la conversion éco-durable des actifs et activités offshore existants dans une perspective d'économie circulaire.

Nous pensons que la contribution des jeunes est essentielle pour relever les défis auxquels nous sommes confrontés et façonner l'avenir de l'énergie.

Nous avons besoin d'idées nouvelles pour accélérer la transition, en sortant des sentiers battus pour exploiter toutes les possibilités qui s'offrent à nous et construire la renaissance culturelle que nous souhaitons. Forts de cette conviction, nous avons renouvelé en 2020 un accord de partenariat avec le Politecnico di Torino (Ecole polytechnique de Turin), dans le but d'exploiter l'énergie de la mer, à travers la recherche académique et le développement de nouvelles technologies, sur la base des décennies d'expérience de l'Institut. 

5. Parlez-nous du projet Marine Offshore Renewable Energy Lab.

C’est grâce à la collaboration avec l’École polytechnique de Turin que nous avons pu développer un centre de recherche commun et le MOREnergy Lab (Marine Offshore Renewable Energy Laboratory). Ce laboratoire élargira le champ d'action commun de l'étude de toutes les sources d'énergie marine, en étudiant non seulement le mouvement des vagues mais aussi l'éolien et le solaire offshore, les courants océaniques et de marée et le gradient de salinité.

Le MORE Lab est situé au à l’École polytechnique, où il bénéficie des infrastructures de recherche du Département d'ingénierie mécanique et aérospatiale, et il est complété par deux installations d'Eni : Eni Marine Virtual Lab, situé dans le siège du supercalculateur HPC5 de Ferrera Erbognone, et la zone d'essai en mer ouverte d'Eni à Ravenne.

L'un des projets nés de l'alliance entre Eni et l’École polytechnique de Turin est l'ISWEC (Inertial Sea Wave Energy Converter), un dispositif inertiel flottant capable de convertir l'énergie des vagues entrantes en électricité grâce à un effet gyroscopique. Il produira de l'électricité à la fois à partir des vagues, grâce à la technologie du gyroscope, et à partir de l'énergie solaire, grâce aux panneaux solaires installés sur son pont.

En outre, le MORE Lab bénéficie d'un site d'essai en mer sur l'île italienne de Pantelleria, où les technologies maritimes peuvent être testées dans un écosystème insulaire, dans le but de tester l'autosuffisance énergétique potentielle d'îles mineures hors réseau, sans occupation du sol et avec un impact visuel et environnemental minimal.

Une étude de faisabilité pour la transition énergétique des îles de Sal et Santo Antão, dans l'archipel du Cap-Vert, a été réalisée en collaboration avec l'Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), qui a fourni un soutien technique. Le projet vise à diffuser le savoir-faire acquis par Eni sur la voie de la décarbonisation par l'intégration des énergies renouvelables dans le mix énergétique conventionnel des îles mineures hors réseau.

Alberto Piatti
Responsable du développement durable chez Eni