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La mission UNESCO éducation rencontre les autorités bissau-guinéennes pour discuter des appuis pour le secteur éducatif

Le secteur de l’Éducation de l’UNESCO a réalisé une mission en Guinée-Bissau du 2 au 6 novembre 2021. En validant le cadre de coopération pour le développement durable des Nations Unies 2022-2026 (UNSDCF 2022-2026), le gouvernement de Guinée-Bissau a renouvelé son engagement vis-à-vis de l’Agenda international 2030 et des objectifs de développement durable (ODD) ainsi que de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine. Trois priorités stratégiques ont été soulignées : 1) la Gouvernance 2) le Développement économique et l’environnement et 3) le Développement du capital humain. L’appui du Système des Nations Unies (SNU) au développement du secteur éducatif est défini dans la priorité stratégique trois du cadre de coopération.

 

Cette mission a eu pour objectif de rencontrer les autorités bissau-guinéennes, les partenaires techniques et financiers du secteur de l’éducation et de la formation ainsi que la société civile pour discuter des besoins préalablement identifiés par des analyses sectorielles, études et données de routine ou d’enquêtes. La mission éducation UNESCO était composée de : Yao Ydo, Directeur du Bureau International d’Éducation de l’UNESCO (BIE), Guillaume Husson, Chef du secteur Éducation UNESCO Dakar, Thomas Poirier, Responsable du programme de coopération technique du Bureau pour l’Afrique de l’Institut International de Planification de l’Éducation de l’UNESCO (IIPE) et de Omar Thiam, expert du BIE-UNESCO.

Contexte

Le système éducatif en Guinée-Bissau est dans un état particulièrement précaire. En effet, malgré la réalisation de progrès substantiels, il est observé une stagnation sur les indicateurs d’accès à la scolarisation depuis 2010. Des efforts ont été faits pour augmenter l'accès au préscolaire avec un taux brut de scolarisation (TBS) qui passe de 7% en 2010 à 13,5 % en 2013 et 20 % en 2018. Par ailleurs, les données disponibles indiquent que dans le système éducatif bissau-guinéen, les élèves ont des difficultés d'apprentissage. Les dernières données montrent que seulement 12% des enfants de 6 à 14 ans (scolarisés ou non) maîtrisent la langue portugaise ; cette proportion n'est que de 8 % pour les mathématiques. L'une des principales causes de la sous-performance des élèves en matière d'apprentissage est le niveau d'éducation des enseignants.

 

La pandémie COVID-19 a aggravé la situation en privant plus de 600 000 enfants de leur scolarisation pour plusieurs mois. La faible capacité de planification et de gestion des ressources est aussi à prendre en compte puisqu’elle provoque des disparités importantes dans la structure scolaire du pays. Cette faiblesse gestionnaire est due au manque de données sur le secteur. Enfin, l’éducation est particulièrement sous-financée en Guinée-Bissau et 90% des ressources sont allouées aux salaires du personnel enseignant, ne laissant aucune place aux dépenses liées au développement des infrastructures scolaires et au renforcement des capacités des structures administratives.

Quatre axes prioritaires pour améliorer le système éducatif

Ce portrait a permis d’orienter 4 axes prioritaires permettant la réflexion sur un renforcement de l’appui du Système des Nations-Unies à travers l’élaboration d’une feuille de route et de sa mise en œuvre : 1) l’accès équitable et inclusif à l’éducation 2) la qualité et le développement des compétences 3) la gouvernance, la gestion et le pilotage du système et enfin, 4) l’investissement dans les infrastructures et le matériel.

 

L’UNESCO et les Agences des Nations-Unies spécialisées, entre autres, dans le secteur de l’éducation, appuieront la mise en œuvre de la feuille de route notamment à travers des actions, qui restent néanmoins à être précisées, à travers les quatre axes susmentionnés. Concernant l’axe à l’accès équitable et inclusif, l’UNESCO a cultivé une expérience dans le domaine de l’éducation pour la santé avec des actions concernant l’éducation pour des jeunes épanouis et en bonne santé. Pour la question de la qualité et du développement des compétences le BIE a acquis de fortes compétences pour l’intégration des langues nationales dans l’enseignement. De plus, le BIE a toujours eu pour mandat l’appui au curricula, par exemple, en réalisant des formations sur les curricula pour les agents du ministère, liant distance et présentiel. Pour l’axe relatif à la gouvernance, à la gestion et au pilotage du système éducatif, l’UNESCO et l’IIPE-UNESCO Dakar, ont réalisé dans plusieurs pays d’Afrique un appui à la gestion des enseignants à travers le partage d’expériences. De plus, les statistiques et le système d’information et de gestion de l’éducation (SIGE), l’analyse sectorielle en éducation ainsi que l’appui à l’organisation et au déroulement de la revue sectorielle en éducation sont des domaines d’expertises de l’IIPE UNESCO. L’UNESCO est également destinée à soutenir les pays partenaires dans leur processus d'élaboration de plan sectoriel. Ainsi, après discussions poussées avec les autres agences du SNU ainsi que les Partenaires Techniques et Financiers, une planification précise sera établie dans la synergie et complémentarité afin de soutenir des actions durables pour l’amélioration du système éducatif en Guinée Bissau.