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Le pape François transmet à l’UNESCO le message de responsables religieux aux enseignants du monde entier

Sa Sainteté le pape François a appelé à un renouveau de l’éducation pour promouvoir la fraternité universelle et a exprimé sa gratitude aux enseignants du monde entier pour leur dévouement, lors d’un dialogue interreligieux tenu au Vatican le 5 octobre dernier, à l’occasion de la Journée mondiale des enseignants.

Lors de cette manifestation, le pape François a transmis à la Sous-Directrice générale de l’UNESCO pour l’éducation un message de remerciement adressé aux enseignants et éducateurs par des représentants religieux, dans lequel ils déclarent « espér[er] que chaque nation accordera à [leur] service l’importance et la reconnaissance qu’il mérite, sachant que l’avenir de l’humanité dépend de la qualité des enseignants et de l’éducation ». Pour garantir une « éducation ouverte et inclusive », les représentants se sont dits déterminés à « placer la personne humaine au centre de tout processus éducatif, à écouter et respecter les apprenants, et à inculquer des modes de vie plus respectueux de l’environnement ».

Ce message reflète le ton de la réunion, durant laquelle les représentants de plusieurs religions ont évoqué le rôle crucial de l’éducation pour promouvoir les valeurs universelles d’attention, de tolérance, de respect et de solidarité. Par-delà les traditions, ils ont plaidé en faveur d’une approche humaniste et holistique de l’éducation.

La réunion, la première du genre, a été organisée afin de promouvoir le pacte mondial pour l’éducation lancé par le Pape en 2019, vaste alliance qui rassemble tous les acteurs de l’éducation pour façonner l’avenir de notre planète. « Chaque changement nécessite un parcours éducatif pour faire mûrir une nouvelle solidarité et une société plus accueillante », a déclaré le pape François. « Nous voulons être un stimulant pour une action éducative renouvelée qui puisse faire grandir la fraternité universelle. Aujourd’hui, nous voulons que nos traditions religieuses renforcent leur mission d’éduquer chaque personne dans son intégralité, c’est-à-dire sa tête, son cœur, ses mains et son âme. »

Le pape François a souligné la responsabilité qui incombe aux religions d’encourager la coexistence pacifique, le dialogue et le respect mutuel. « Si, par le passé, au nom de la religion, les minorités ont été discriminées, nous voulons aujourd’hui être les défenseurs de l’identité et de la dignité de chaque personne et apprendre aux jeunes à accueillir chacun sans discrimination. Si, par le passé, les droits des femmes, des mineurs et des plus faibles n’ont pas toujours été respectés, nous nous engageons aujourd’hui fermement à défendre ces droits et à apprendre aux jeunes à s’exprimer pour ceux qui n’ont pas les moyens de faire entendre leur voix. L’éducation nous engage à rejeter et à dénoncer toute atteinte à l’intégrité morale et physique de chacun », a-t-il poursuivi.

Affirmant que « la nature ne pardonne jamais », le Saint-Père a insisté sur la responsabilité écologique. « Si nous avons autrefois toléré le pillage de notre maison commune, aujourd’hui, nous devons nous former, ainsi que les nouvelles générations, à un style de vie plus durable du point de vue écologique. »

Mme Giannini a rappelé le puissant appel à une responsabilité partagée lancé par les jeunes lors du sommet pré-COP de Youth4Climate, qui s’est tenu le 29 septembre à Milan. Pour clore la réunion, elle a indiqué que les déclarations des responsables religieux faisaient écho à la vision humaniste de l’éducation qui était celle de l’UNESCO, soulignant que les enseignants étaient au cœur du changement. « Sans enseignants bien préparés et dotés des capacités requises, nous ne pouvons rien. Comme la pandémie de COVID-19 l’a prouvé, aucun écran ni aucun appareil ne remplacera jamais un enseignant. Le facteur humain est au cœur de l’apprentissage et de la réussite de cet apprentissage. »

La réunion a rassemblé des représentants de l’islam, du judaïsme, du sikhisme et du jaïnisme, ainsi que du Patriarcat de Constantinople, de l’Église orthodoxe russe, des Quakers, du Conseil œcuménique des Églises et de l’Alliance évangélique mondiale.