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Le réseau No Excuse de la Slovénie encourage les jeunes à changer le monde

Le réseau de jeunes No Excuse Slovenia rassemble de jeunes activistes âgés de 15 à 19 ans qui souhaitent acquérir de nouvelles compétences pour la vie et renforcer leurs connaissances sur la santé publique en rapport avec le développement durable.

Le réseau, qui met à profit l’éducation non formelle et les activités entre pairs pour fournir des formations, des conférences et des projets d’actions, a été nominé pour l’édition 2019 du Prix UNESCO-Japon d’éducation en vue du développement durable (EDD), qui récompense des projets remarquables dans le cadre de l’action globale de l’UNESCO en faveur de l’EDD.

« No Excuse comble vraiment un manque. En milieu scolaire, l’éducation au développement durable est souvent considérée comme un complément plutôt que comme une partie intégrante du curriculum global. Notre organisme est le seul acteur du secteur de la jeunesse en Slovénie à traiter de l’EDD. Nous avons pour objectif d’intégrer le développement durable dans toutes les matières et dans toutes les politiques publiques », a dit le cofondateur, Jan Peloza.

« Nous avons choisi de nous concentrer sur la santé car l’environnement a un impact direct sur la santé et le bien-être et avec cette approche, nous avons pu attirer davantage de soutien public. »

Le président Nassim Djaba explique comment le programme fonctionne.

« Nous nous rendons dans les lycées de tout le pays pour présenter nos activités. Les élèves qui semblent vraiment intéressés sont ensuite invités pour un entretien approfondi afin de savoir si leurs valeurs correspondent aux nôtres. S’ils sont sélectionnés, ils constituent un groupe local qui sera chargé d’organiser des activités de développement durable dans la communauté », a-t-il dit. « Nous attachons davantage d’importance a leur engagement et à leur positivité qu’a ce qu’ils savent déjà. »

Apprendre aux jeunes à relever des défis

Ce programme est unique en ce qu’il propose des formations comprenant 1 000 heures d’ateliers, de formations, de conférences et de projets. Il est mis en œuvre à trois niveaux, les élèves apprenant à gérer des projets pour remédier aux difficultés dans leurs communautés.

Un bon exemple de ces activités est le projet intitulé Sustainaware, qui a été lancé dans une communauté locale pour sensibiliser les jeunes au concept de développement durable et au phénomène de « greenwashing » (pratiques trompeuses de différentes industries pour sembler plus vertes qu’elles ne le sont réellement). Fort de son succès, le projet a attiré des investisseurs internationaux et est passé, entre 2014 et 2017, d’un réseau à un partenariat international de jeunes.

Au deuxième niveau, des militants se rassemblent pour constituer des groupes de plaidoyer et de recherche dans le domaine de la durabilité et de la santé utilisant des données fondées sur des preuves. Au troisième niveau, l’éducation par les pairs sert à promouvoir la réflexion critique sur les pratiques industrielles non durables et contraires à l’éthique. Toutes les activités peuvent être liées à la santé publique mais ne sont pas obligées de l’être.

Le réseau, qui a été créé en 2006 et dont le nom est tiré du slogan des Nations Unies « No Excuse 2015 » utilisé pour promouvoir les Objectifs du Millénaire pour le développement, s’aligne désormais étroitement sur les Objectifs de développement durable et sur leurs cibles.

« Nous nous employons non seulement à accroître le réseau mais aussi à améliorer le bien-être des jeunes. Nous voulons développer les compétences interpersonnelles telles que l’assertivité et les moyens de soulager le stress et de gérer la recherche de sensations en rapport avec les drogues, le vapotage, l’alcool ou les médias sociaux. Nous employons des méthodes d’éducation non formelle pour permettre aux jeunes d’avoir le sentiment d’être intégrés dans leur propre communauté et que leurs opinions comptent. Lorsque les jeunes se sentent valorisés, ils sont naturellement plus heureux et plus motivés. Ils ont davantage l’impression de prendre leur destin en main », a dit Jan.

Mobiliser les réseaux pour trouver des solutions

Le programme partage les acquis en organisant de vastes échanges, séminaires, formations et conférences pour les jeunes.

« Nous essayons de mettre en relation des jeunes issus de milieux variés et de nombreuses régions d’Europe, et d’organiser des projets locaux », a dit Nassim. « Nous mettons l’accent sur trois mots : critiquer, suggérer et agir. Bien qu’il soit facile de critiquer, nous encourageons les jeunes à aller plus loin et à proposer des solutions pour remédier aux problèmes qu’ils ont identifiés. L’étape la plus complexe consiste à passer à l’action, mais apparemment nous y arrivons, puisque nous avons sensibilisé à nos thématiques plus de 100 000 jeunes dans les écoles de Slovénie. »

Le programme met l’accent sur l’apprentissage informel afin de créer un environnement dans lequel les jeunes puissent faire des expériences.

« Il est très important de permettre aux jeunes de faire des erreurs, d’échouer puis de continuer plutôt que de les astreindre à un haut standard institutionnel. Nous voulons exploiter la nature rebelle des jeunes et son grand potentiel et l’utiliser de manière positive », a dit Jan. « Nous ne souhaitons pas alimenter la rébellion mais tirer parti du dynamisme de la jeunesse déjà existant pour créer le changement. »

À l’avenir, le mouvement s’élargissant déjà en Europe via des échanges et des séminaires de jeunes, il est prévu de créer un réseau international appelé No Excuse International.

L’éducation en vue du développement durable permet aux individus d’acquérir les connaissances, les compétences, les attitudes, les valeurs et les comportements nécessaires pour penser et agir pour un avenir durable. Il s’agit également d’intégrer les questions de développement durable, telles que le changement climatique et la biodiversité, dans l’enseignement et l’apprentissage. L’UNESCO encourage et met en œuvre l’EDD à tous les niveaux et dans tous les contextes sociaux.