Communiqué de presse

Une équipe féminine des Philippines remporte le hackathon de l'ingénierie durable organisé à l'occasion de la Journée mondiale de l'ingénierie de l'UNESCO

Une équipe exclusivement féminine d’étudiantes philippines a remporté un hackathon organisé à l’occasion de la Journée mondiale de l’ingénierie pour le développement durable de l’UNESCO, célébrée le 4 mars. Ghia Luwalhati, Nicole Elizabeth Tan et Reaner Jacqueline Bool, de l’équipe WONDERPETS (1) de Batangas State University aux Philippines, ont utilisé des réseaux métallo-organiques, qui sont de nouveaux adsorbants, pour transformer des bouteilles en plastique recyclé en sorte d’éponges extrêmement poreuses, permettant d’éliminer efficacement les polluants de l’eau. Mieux encore, cette éponge est réutilisable à l’infini.
Ghia Luwalhati, Nicole Elizabeth Tan et Reaner Jacqueline Bool, de l’équipe WONDERPETS de Batangas State University aux Philippines ont gagné le hackathon 2022

L’équipe de l’université British Columbia Okanagan au Canada est arrivée deuxième. Ammar Zavahir, Patrick Jilek-Rodriguez et Wilson Holland ont développé un système de collecte des eaux de pluie mobile pour les communautés autochtones du Canada.

Organisé par la Fédération mondiale des organisations d’ingénieurs, avec le soutien de l’UNESCO, ce hackathon révèle l’inventivité dont les jeunes ingénieurs font preuve pour résoudre des problèmes concrets. Près de 125 équipes issues de 23 pays à travers le monde se sont opposées : neuf équipes sont arrivées en finale. Ces équipes provenaient de six pays : l’Australie, le Canada, la Chine, l’Inde, le Kenya et les Philippines. La plupart des participants, 92 %, étudiaient l’ingénierie.

Durant la première phase du hackathon, les équipes ont eu 13 jours pour trouver une solution d’ingénierie durable à un défi parmi les trois proposés. Ces solutions démontrent l’ingéniosité des futurs ingénieurs. Voici comment d’autres finalistes ont relevé ces trois défis :

Défi 1 : Utilisation responsable et innovante de matériaux et réduction des déchets non-biodégradables

La jacinthe d’eau, ou Eichhornia crassipes, est l’une des mauvaises herbes les plus problématiques au monde. Elle aurait été rapportée du bassin amazonien en Afrique de l’Est il y a quelques décennies. Capables de doubler leur biomasse tous les 15 jours, les jacinthes d’eau forment des tapis à la surface des lacs et empêchent les rayons du soleil d’y pénétrer et menacent alors la faune, la flore et l’industrie de la pêche. En empêchant l’eau de s’écouler, elles créent également un lieu de reproduction idéal pour les moustiques. Arrivée troisième, l’équipe Hyapak de l’université d’Egerton au Kenya s’est servie de ce problème pour en résoudre un autre : la pollution plastique. Dans le cadre d’un projet visant à planter près de 3 000 arbres, elle a trouvé une méthode innovante permettant de remplacer les emballages plastiques entourant les semis par des emballages en fibre de jacinthe d’eau, rapidement biodégradables.

Défi 2 : Biomimétisme dans les solutions d’ingénierie

Pour son projet, l’équipe Ruby de l’université Monash en Australie, s’est inspirée de la tortue du désert (Gopherus agassizii), dont la croissance est lente et qui demeure inactive durant les périodes de chaleur afin d’économiser son énergie. Cette équipe a conçu un compteur d’énergie thermosensible intelligent qui calcule en temps réel le coût de fonctionnement des appareils électroménagers à haute consommation d’énergie. Ce dispositif permet aux ménages de réaliser d’importantes économies d’énergie.

Défi 3 : Accessibilité à l’eau dans un climat changeant

L’équipe Graz de l’université British Columbia au Canada, a créé une solution pour répondre au manque d’eau chronique en Namibie : la récolte du brouillard. La Namibie fait face à une diminution des précipitations, mais comme le pays est un désert côtier, il peut compter sur des niveaux de brouillard constants. À la lumière de ce constat, cette équipe a développé une technologie capable de « récolter le brouillard », elle permet ainsi aux habitants de puiser directement l’eau dans l’humidité de l’air afin d’obtenir de l’eau potable, propre et fraîche.

Les neuf équipes finalistes ont réalisé de courtes vidéos qui seront retransmises en direct pendant 24 heures le 4 mars, Journée mondiale de l'ingénierie. La diffusion en direct commencera à Sydney, en Australie, à midi (heure locale), le 4 mars et se terminera 24 heures plus tard, à 19h00 (heure locale), le 4 mars, à San José, au Costa Rica.

Pour la phase préliminaire, le jury du concours était composé de 40 ingénieurs originaires de 16 pays, et pour la phase finale, il était composé six juges issus de différentes organisations (l’UNESCO, Ingénieurs sans frontières, l’International Federation of Engineering Education Societies [Fédération internationale des sociétés d'enseignement de l’ingénierie], l’International Network of Women Engineers and Scientists [Réseau international des femmes ingénieurs et scientifiques], le Global Engineering Deans Council [Conseil mondial des doyens des facultés et écoles d'ingénieurs] et l’International Engineering Alliance [Alliance internationale d’ingénierie]).

La Journée mondiale de l’ingénierie a été célébrée pour la première fois en 2020. Cette célébration annuelle de l’UNESCO a été instituée afin de sensibiliser l’opinion au rôle essentiel que joue l’ingénierie dans l’atténuation de l’impact du changement climatique et la promotion du développement durable.

 

Note (1) : Le nom WONDERPETS provient de l’anglais Water remediatiON using metal-organic framework DERived from PET bottleS, signifiant :« Dépollution de l’eau grâce à des bouteilles en PET (polyéthylène téréphtalate, type de plastique) fabriquées à partir de réseaux métallo-organiques ». Elles étudient à Batangas State University aux Philippines.

Contact médias

Lucía Iglesias Kuntz
Lucía
Iglesias Kuntz
Éditrice espagnol

tél: +33145681702

Cet article a été modifié le 7 mars pour ajouter l'université de l'équipe gagnante, la bonne photo de l'équipe à la 2e place et corriger les légendes des photos en conséquence.