Sur la Décennie

Dernière mise à jour 6 juillet 2022

Pourquoi une Décennie?

Dans le monde, les personnes d’ascendance africaine continuent à souffrir des inégalités et des préjudices hérités de l’esclavage et du colonialisme.

La Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine, instaurée par les États membres de l’ONU, témoigne de leur volonté d’accorder toute la considération requise aux femmes, hommes et enfants d’ascendance africaine. Dans un devoir de justice, elle a pour objectif principal de renforcer les actions et mesures garantissant le plein exercice des droits économiques, sociaux, culturels, civils et politiques des personnes d’ascendance africaine et leur pleine et égale participation dans la société.

Cette Décennie est le cadre opérationnel que les États ont adopté pour éradiquer les injustices sociales héritées de l’histoire et pour lutter contre le racisme, les préjugés et les discriminations raciales dont les personnes d’ascendance africaine sont encore victimes.  Elle contribuera également à faire plus largement connaître, valoriser, apprécier et respecter les réalisations majeures des personnes d’ascendance africaine et leur contribution au développement économique, social, culturel  intellectuel et éthique de l’humanité.

Les personnes d’ascendance africaine constituent un groupe hétérogène de personnes dont l’histoire, l’expérience et l’identité sont extrêmement diverses. Bien que leurs conditions de vie et les difficultés auxquels ils sont confrontés diffèrent selon les contextes, ses individus se heurtent à tout un ensemble de problèmes communs qu’il faut résoudre.

Des études, rapports et conférences internationales ont constaté que de nombreuses personnes d’ascendance africaine font partie partout dans le monde des groupes les plus pauvres et les plus marginalisés de la population. Ceci est une conséquence directe de la traite et de la mise en esclavage de femmes, d’hommes et d’enfants africains et d’ascendance africaine durant quatre siècles, ainsi que de la colonisation. La déshumanisation de ces personnes s’est appuyée sur les courants intellectuels dominants de la pensée occidentale de l’époque afin de justifier la pratique esclavagiste à travers des théories scientifiques biaisées et fausses sur la notion de race. Elle a été à l’origine de la construction de l’idéologie anti-noir organisée juridiquement par  le Code noir (1685). Le racisme hérité des infâmes pratiques de l'esclavage et du colonialisme persiste aujourd’hui dans les discriminations structurelles, interpersonnelles et institutionnelles. Ces discriminations auxquelles sont confrontées les personnes d’ascendance africaine maintiennent le cycle des inégalités et de la pauvreté, ce qui porte atteinte à leur développement.

La relative absence de reconnaissance et de valorisation sociale de leurs histoires, de leurs héritages et de leurs cultures dans les programmes d’enseignement, dans les cultures nationales et dans les médias, et les représentations négatives des personnes d’ascendance africaine, perpétuent les préjugés instaurés pendant des siècles durant la période de l’esclavage et l’époque coloniale.

Ses objectifs

La Décennie internationale des personnes d'ascendance africaine, proclamée par l'Assemblée générale de l’ONU dans sa résolution 68/237 et observée de 2015 à 2024, fournit un cadre solide permettant aux Nations Unies, aux États membres, à la société civile et aux acteurs concernés, de joindre leurs forces et de prendre des mesures concrètes pour les personnes d’ascendance africaine dans un esprit de reconnaissance, de justice et de développement.

La Décennie est une plateforme opérationnelle propice à

  • encourager les États à mettre en œuvre des politiques appropriées pour réduire les injustices, le racisme et la discrimination à l’égard des personnes d’ascendance africaine, et
  • promouvoir la diversité culturelle en valorisant notamment les héritages communs issus des interactions provoquées par l’histoire de l’esclavage.

Cette Décennie dont le thème est : « Personnes d’ascendance africaine : reconnaissance, justice et développement » confirme la détermination de la communauté internationale à révéler l’histoire, la mémoire et les implications contemporaines de l’esclavage dans les différentes régions du monde. Elle offre l’occasion de réfléchir sur la déshumanisation et la déportation de millions d’êtres humains mais aussi sur la résistance qui a permis de redéfinir les notions mêmes d’humanité, de dignité, de citoyenneté, d’équité et de liberté.

Les principaux objectifs de la Décennie internationale sont de :

Promouvoir le respect, la protection et la réalisation

de tous les droits de l’homme et de toutes les libertés fondamentales des personnes d’ascendance africaine, comme le prévoit la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Promouvoir une meilleure connaissance et un plus grand respect

de la diversité du patrimoine, de la culture et de la contribution au développement des sociétés des personnes d'ascendance africaine

Adopter et de renforcer les cadres juridiques internationaux, régionaux et nationaux

conformément à la Déclaration et au Programme d’action de Durban et à la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, et de veiller à les mettre en œuvre intégralement et effectivement.

Comment y arriver?

En 2014, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté un Programme d’activités relatives à la Décennie internationale. Les différents acteurs sont invités à mettre en place des activités contribuant aux objectifs de la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine :

  • Au niveau national, les États membres doivent prendre des mesures concrètes et pratiques au moyen de l’adoption et de l’application effective de cadres juridiques, de politiques et de programmes nationaux et internationaux pour lutter contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée, auxquels font face les personnes d’ascendance africaine, en tenant compte de la situation particulière des femmes, des filles et des jeunes hommes.
  • Aux niveaux régional et international, la communauté internationale et les organisations internationales et régionales sont appelées à

     

    • continuer à diffuser largement la Déclaration et le Programme d’action de Durban,
    • sensibiliser l’opinion à la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale,
    • aider les États à s’acquitter intégralement et effectivement des obligations qui sont les leurs au regard de la Déclaration et du Programme d’action de Durban,
    • intégrer les droits de l’homme dans les programmes de développement,
    • accorder une priorité particulière aux projets consacrés à la collecte de données statistiques, et
    • appuyer les initiatives et les projets visant à honorer et conserver la mémoire historique des personnes d’ascendance africaine.
  • Au niveau local, les autorités locales et la société civile sont invitées à mettre en œuvre des initiatives et des activités de sensibilisation et d’éducation liées à l’histoire des personnes d’ascendance africaine, et à promouvoir leurs contributions aux sociétés contemporaines.

Lire le document exhaustif du programme d'activités (PDF).