Ce qu'il faut savoir sur l’éducation et la protection de la petite enfance

Dernière mise à jour 5 mai 2022

Pourquoi l’éducation et la protection de la petite enfance sont si importantes ?

L’éducation et la protection de la petite enfance (EPPE), qui concernent les enfants de la naissance à l’âge de huit ans, sont importantes car elles tirent parti de la riche période de développement cérébral chez l’enfant. Si l’éducation est de bonne qualité, elle contribue à développer toutes ses capacités. Elle peut former la base d’une bonne santé et d’une bonne nutrition, de la réussite de l’apprentissage et de l’éducation, de l’apprentissage socio-émotionnel et de la productivité économique tout au long de la vie. En dépit des preuves qui existent concernant ces gains de développement social, humain et économique, l’EPPE ne bénéficie encore souvent que d’un faible niveau de priorité dans les politiques et les investissements du domaine de l’éducation et, même lorsqu’elle existe, elle est susceptible d’exclure les groupes marginalisés. L’EPPE possède sa propre vulnérabilité en ce sens qu’elle est en grande partie fournie par des instances privées.

Quelle est la situation de l’EPPE dans le monde ?

En période de crise, la fermeture des établissements scolaires et des autres institutions chargées de la protection sociale, de la santé, de la nutrition, de l’apprentissage et de l’éducation socio-émotionnelle des jeunes enfants fait peser une lourde menace sur leur potentiel de développement. Dans de nombreux pays, l’EPPE était déjà dans un « angle mort » avant la pandémie de COVID-19 et c’est pour cette raison qu’elle a été intégrée à la campagne #SauvezNotreAvenir lancée par l’UNESCO et ses organisations partenaires afin de protéger et donner la priorité à l’éducation en tant que facteur essentiel du relèvement et comme meilleur investissement pour l’avenir.  

Bien que certains pays aient pris des mesures de soutien aux familles, aux tuteurs et aux enfants, prenant la forme d’un appui financier, d’un soutien psychologique et de services d’urgence pour la garde des enfants des travailleurs de première ligne, l’enseignement pré-primaire a été relativement négligé par rapport aux autres niveaux d’éducation.

Un webinaire Éducation de l’UNESCO en lien avec la COVID-19, organisé en 2020 avec le patronage de la Princesse Laurentien des Pays-Bas, Envoyée spéciale de l’UNESCO pour l’alphabétisation au service du développement, a mis l’accent sur l’importance de l’EPPE pour l’apprentissage et le bien-être des jeunes enfants, en particulier des enfants vulnérables, dans les périodes de perturbation des services d’éducation et de protection.

Sur quoi se fonde l’approche de l’UNESCO dans cette action ?

L’UNESCO considère l’EPPE comme une part intégrante et fondamentale du système éducatif et une base solide permettant de construire l’éducation tout au long de la vie, la vie et une carrière. Toute son action dans ce domaine est alignée sur la cible 4.2 de l’Objectif de développement durable 4 qui vise à « d’ici à 2030, faire en sorte que toutes les filles et tous les garçons aient accès à des activités de développement et de soins de la petite enfance et à une éducation préscolaire de qualité qui les préparent à suivre un enseignement primaire ». Pour réaliser cet objectif, l’UNESCO a élaboré une nouvelle Stratégie de partenariat mondial destinée à combler les écarts et à faire en sorte que tous les enfants puissent bénéficier de l’EPPE, des premières années de l’école primaire et d’une éducation familiale.

L’action de l’UNESCO se fonde sur l’idée que « l’apprentissage débute dès la naissance » qui a été introduite par la Déclaration de Jomtien, la déclaration mondiale sur l’Éducation pour tous. Comme cela est inscrit dans la Convention relative aux droits de l’enfant (1989), les jeunes enfants ont un droit non seulement à la survie, mais aussi à l’épanouissement et au développement de toutes leurs potentialités. En 2000, la communauté internationale réunie pour le Forum mondial sur l’éducation (Dakar 2000) s’est engagée à « développer et améliorer sous tous leurs aspects la protection et l’éducation de la petite enfance, et notamment des enfants les plus vulnérables et défavorisés ». Dix ans plus tard, la Conférence mondiale de l’UNESCO sur l’éducation et la protection de la petite enfance (Moscou 2010) a averti que l’objectif de l’EPT en matière d’EPPE « risquait fort de ne pas être atteint en 2015 à moins que des initiatives urgentes et résolues ne soient prises », soulignant par ailleurs que l’EPPE constituait un impératif de développement social, humain et économique.

L’Agenda ODD 4 - Éducation 2030 a marqué le premier engagement mondial en faveur de l’EPPE en dehors de la communauté éducative et il a été suivi d’autres initiatives et déclarations internationales et régionales.

Que fait l’UNESCO pour promouvoir l’EPPE ? 

L’UNESCO collabore avec les gouvernements et les autres parties prenantes essentielles qui ont un lien avec l’éducation et la protection des jeunes enfants, de la naissance jusqu’à leur entrée à l’école primaire. Ses activités EPPE se focalisent sur la promotion d’un enseignement pré-primaire holistique et de qualité pour tous les enfants de plus de 3 ans, faisant en sorte que les pédagogies utilisées soient adaptées au développement et mettant l’accent sur les liens avec l’enseignement primaire ainsi qu’avec la santé de la petite enfance, la nutrition et les services sociaux.  

Concrètement, l’Organisation coopère avec les États Membres aux niveaux national, régional et international en influençant les politiques et les pratiques, à partir d’un plaidoyer fondé sur des données probantes, par la production et le partage de connaissances, le renforcement des partenariats, le renforcement des capacités et l’assistance technique. Elle œuvre notamment pour le développement professionnel des enseignants par le biais de projets tels que le Projet Enquête auprès des enseignants de l’Éducation pré-primaire (STEPP), l’éducation à la parentalité et l’alphabétisation des familles, ainsi que la mesure et le suivi. Voir les Ressources sur l’EPPE.

L’UNESCO encourage l’intégration d’une composante EPPE dans les plans sectoriels de l’éducation des pays pour répondre aux besoins des différents groupes d’âge, ainsi que l’inclusion des groupes marginalisés. Les partenariats qui impliquent une action avec les secteurs de la santé, de la nutrition et des affaires sociales, ainsi qu’avec la société civile et les acteurs du secteur privé, contribuent à atteindre davantage d’enfants.