Ce qu’il faut savoir sur l’inclusion dans l’éducation

Dernière mise à jour 5 avril 2022

Pourquoi l’UNESCO considère-t-elle que l’inclusion dans l’éducation est importante ?

Malgré les progrès significatifs accomplis au cours de la dernière décennie, des millions de personnes sont toujours privées de leur droit à l’éducation et les possibilités d’apprentissage continuent d’être inégalement réparties. À l’échelle mondiale, un enfant, adolescent et jeune sur cinq est totalement exclus de l’éducation. La pauvreté, le lieu, le genre, la langue, le handicap, l’origine ethnique, la religion, la migration ou le statut de déplacement sont parmi les facteurs qui continuent de dicter et de limiter les opportunités. Près de 40 % des enfants n’ont pas accès à une éducation dans une langue qu’ils comprennent, et les enfants handicapés continuent d’être exclus de l’école de manière disproportionnée. Parmi les enfants en âge d’être scolarisés dans le primaire, soit 9 millions, trois quarts de ceux qui risquent de ne jamais aller à l’école sont des filles. En outre, depuis 2000, la recrudescence des migrations et des déplacements a entraîné à travers le monde un accroissement de 26 % du nombre d’enfants migrants et réfugiés, ce qui rend impératif de les inclure dans les systèmes éducatifs nationaux. Avant la pandémie de Covid-19, 20 % des enfants et des jeunes étaient quotidiennement exclus de l’éducation. La crise a accru la visibilité de certaines inégalités, creusé les disparités existantes et conduit à de nouvelles inégalités et à l’exclusion dans l’éducation, en particulier pour les groupes marginalisés et défavorisés. Quelque 40 % des pays les plus pauvres n’ont pas été en mesure de soutenir les apprenants à risque pendant la pandémie, ce qui démontre une fois de plus la fragilité du droit à l’éducation.

Quel est le lien entre l’inclusion et le droit à l’éducation ?

Le droit à l’éducation vise à garantir à chacun le droit humain d’accéder à une éducation de qualité tout au long de la vie. Une approche inclusive de l’éducation signifie que les besoins de chaque individu sont pris en compte et que tous les apprenants participent et réussissent ensemble. Il reconnaît que tous les enfants peuvent apprendre et que chaque enfant possède des caractéristiques, des intérêts, des capacités et des besoins d’apprentissage uniques. Une attention particulière est accordée aux apprenants qui peuvent être exposés à un risque de marginalisation, d’exclusion ou de sous-performance. Par exemple, lorsqu’un enfant est en situation de handicap, il ne doit pas être séparé des autres apprenants à l’école et les évaluations et les progrès de son apprentissage doivent tenir compte de son handicap.

Comment l’UNESCO œuvre-t-elle en faveur de l’inclusion dans l’éducation ?

Au lieu de tenter d’éliminer les obstacles un par un, l’UNESCO concentre son action sur l’inclusion au sein du système éducatif tout entier ; l’accent est donc mis sur la transformation des systèmes existants plutôt que sur la façon dont on peut y intégrer certains apprenants. L’Organisation œuvre en faveur de systèmes éducatifs fondés sur l’égalité des genres, qui respectent la diversité des besoins, des capacités et des caractéristiques et éliminent toutes les formes de discrimination dans l’environnement d’apprentissage. L’UNESCO aide les États Membres à élaborer et à mettre en œuvre des politiques et des programmes inclusifs qui atteignent les groupes exclus et marginalisés et leur fournissent une éducation de qualité ; elle aide par ailleurs les gouvernements et les partenaires à traduire leurs politiques en programmes d’enseignement, en pédagogie et en enseignement inclusifs, ainsi qu’en conception et en prestation de programmes inclusifs. Parmi les groupes marginalisés et vulnérables, l’UNESCO accorde une attention particulière aux enfants handicapés car ils sont surreprésentés dans la population des enfants non scolarisés. Les peuples autochtones continuent également d’être confrontés à une exclusion au sein et à l’extérieur de l’éducation.

Pourquoi la diversité linguistique est-elle importante ?

Lorsque l’apprentissage s’effectue dans une langue différente de la langue maternelle des apprenants, ceux-ci peuvent se retrouver en situation d’exclusion. Par ailleurs, l’éducation multilingue basée sur la ou les langues maternelles pendant les premières années de la scolarité joue un rôle essentiel dans la promotion du respect de la diversité et d’un sentiment d’interconnexion entre les pays et les populations. Néanmoins, la diversité linguistique est de plus en plus menacée avec la disparition d’un nombre croissant de langues. À l’échelle mondiale, 40 % de la population n’ont pas accès à une éducation dans une langue qu’ils parlent ou comprennent. Les sociétés multilingues et multiculturelles existent au travers de leurs langues qui assurent la transmission et la préservation durable des savoirs et des cultures traditionnels.  

Qu’est-ce qui fait qu’un environnement d’apprentissage est inclusif ?

La création d’un environnement d’apprentissage inclusif repose sur de nombreux éléments, notamment sur l’élaboration de politiques répondant à une perspective inclusive, des données adéquates et désagrégées sur les apprenants, les programmes d’enseignement, les capacités et les attitudes des enseignants, la langue et la communication, les technologies d’assistance, l’accès physique, y compris aux transports, et la participation de la communauté et de la famille. Les enfants handicapés sont surreprésentés dans la population non scolarisée. À l’échelle mondiale, entre 93 et 150 millions d’enfants sont en situation de handicap, et 80 % d’entre eux vivent dans des pays en développement. Les enfants et les jeunes qui présentent des troubles sensoriels, physiques ou de l’apprentissage ont deux fois et demie plus de probabilités que leurs pairs de ne jamais être scolarisés. Lorsque le handicap recoupe d’autres obstacles, tels que le genre, la pauvreté ou l’éloignement, le risque d’exclusion s’en trouve encore accru.

Qu’est-ce que l’Engagement de Cali envers l’équité et l’inclusion dans l’éducation ?  
Lors du Forum international sur l’inclusion et l’équité dans l’éducation organisé en 2019 à Cali, en Colombie, des jeunes, des représentants gouvernementaux, des éducateurs, des représentants de la société civile et d’organisations multilatérales se sont engagés à se conformer à l’Engagement de Cali, qui réaffirme l’agenda international des droits de l’homme reflété dans les Objectifs de développement durable et dans le Cadre d’action Éducation 2030, reconnaissant un besoin urgent de fournir à tous les apprenants une éducation de qualité équitable et inclusive, dès les premières années jusqu’à l’entrée dans la scolarité obligatoire, l’enseignement et la formation techniques et professionnels, l’enseignement supérieur et l’apprentissage tout au long de la vie. Il appelle les gouvernements à redoubler d’efforts pour mettre en œuvre l’inclusion dans l’éducation, en mettant en particulier l’accent sur le rôle de la société civile et sur la participation des groupes marginalisés.