Ce qu’il faut savoir à propos des enseignants

Dernière mise à jour 11 août 2022

Pourquoi ce déficit de 69 millions d’enseignants au niveau mondial ?

Plusieurs facteurs sont à l’origine de la pénurie d’enseignants, le principal d’entre eux étant l’immense demande d’éducation engendrée par la croissance de la population en âge d’être scolarisée. Cette pénurie d’enseignants se ressent tout particulièrement en Afrique et en Asie du Sud, où le nombre des inscriptions augmente du fait de l’accroissement démographique et des efforts visant à promouvoir une plus grande égalité, qui se traduisent par la croissance du nombre de filles et de femmes qui poursuivent leurs études et, de plus en plus souvent, dans l’enseignement supérieur. Par ailleurs, la profession a du mal à attirer, recruter et retenir de nouveaux talents car elle pâtit d’un statut médiocre et d’un niveau social sans rapport avec l’importance de la profession. En résumé, il y a trop peu d’enseignants, les salles de classe sont surpeuplées et les enseignants sont surchargés de travail, démotivés et ne bénéficient d’aucun soutien.

Que fait l’UNESCO pour résoudre ce problème ?

L’UNESCO coopère avec les pays pour les aider à renforcer leurs capacités à évaluer les besoins en matière d’enseignement et à élaborer des politiques solides, fondées sur des données probantes, pour le recrutement, le déploiement, la gestion et le développement professionnel des enseignants. L’Organisation applique des instruments normatifs internationaux : la Recommandation OIT/UNESCO concernant la condition du personnel enseignant (1966) et la Recommandation de l’UNESCO concernant la condition du personnel enseignant de l’enseignement supérieur (1997) assorties d’un comité d’experts (CEART) qui assure leur suivi et se réunit tous les trois ans.

L’UNESCO apporte aussi son soutien aux États Membres par la fourniture de conseils sur les politiques et d’une assistance technique, en particulier pour l’élaboration d’outils et de principes directeurs, ainsi que par des possibilités d’échange de connaissances et d’apprentissage en matière de politiques, correspondant aux 9 domaines de son Guide pour l’élaboration d’une politique enseignante. Elle favorise la mobilité des enseignants grâce à six conventions régionales de reconnaissance des qualifications de l’enseignement supérieur et des crédits d’études. Un exemple de ce soutien à l’élaboration et à la mise en œuvre de politiques enseignantes nationales au Burkina Faso, au Ghana, au Malawi et en Ouganda est l’Initiative norvégienne pour les enseignants, financée par Norad et mise en œuvre conjointement par l’UNESCO et sept organisations partenaires. En plus d’aider les autorités éducatives nationales à améliorer les politiques et les pratiques des enseignants, le projet a encouragé le dialogue social et la participation des enseignants à la formulation des politiques. L’initiative visait également à renforcer la coordination entre les principales organisations internationales et les acteurs nationaux chargés des politiques enseignantes, en fournissant des enseignements précieux sur les processus politiques multipartites.  

L’UNESCO coopère également avec les instituts de formation des enseignants, avec lesquels elle s’associe pour mettre des possibilités de développement professionnel à la disposition des enseignants et du personnel éducatif les plus mal desservis. Dans le cadre de la réponse à la COVID-19, l’UNESCO a lancé le Campus mondial des enseignants afin d’offrir à ceux-ci une formation dans des domaines émergents tels que l’apprentissage social et émotionnel, les compétences numériques et l’utilisation pédagogique des technologies.  

Un domaine important de soutien concerne la participation des enseignants à la prise de décisions dans le domaine de l’éducation, de la salle de classe jusqu’au niveau des politiques. Elle renforce la capacité des organisations d’enseignants à participer efficacement au dialogue social avec les gouvernements nationaux et fournit des orientations sur la structure de carrière des enseignants par l’intermédiaire de son Institut international de planification de l’éducation et le renforcement des capacités des enseignants en Afrique grâce à son Institut international pour le renforcement des capacités en Afrique.

Qu’est-ce que l’Équipe spéciale internationale sur les enseignants pour Éducation 2030 ?

L’UNESCO héberge et assure le Secrétariat de l’Équipe spéciale internationale sur les enseignants pour Éducation 2030 (TTF). Créée en 2008 dans le cadre de la Déclaration d’Oslo et hébergée au siège de l’UNESCO à Paris, l’Équipe spéciale est une alliance mondiale indépendante unique regroupant plus de 150 membres qui œuvrent à réduire le déficit d’enseignants et de qualité des pratiques d’enseignement. L’UNESCO et l’Équipe spéciale plaident pour que l’enseignement reste en tête de l’Agenda pour l’éducation, plaidant pour des politiques adéquates et un financement accru. L’Équipe spéciale soutient les enseignants par la production et la diffusion de connaissances, le plaidoyer et l’apprentissage des politiques nationales et régionales. Sa plate-forme de connaissances phare est un guichet unique consacré à l’élaboration de politiques et au développement des enseignants, qui présente des ressources, des blogs et des initiatives de qualité et constitue un lieu d’échange de connaissances et de collaboration.  

Comment l’UNESCO soutient-elle le renforcement des capacités des enseignants ?

L’UNESCO œuvre avec les États Membres et les partenaires internationaux pour la mise en œuvre de programmes spécifiques de renforcement des capacités des instituts existants d’éducation et de formation des enseignants, s’appuyant sur des solutions basées sur la technologie, telles que l’apprentissage libre et à distance et les innovations en matière d’enseignement. Ces projets comprennent :

  • « Améliorer la formation des enseignants pour combler le fossé de la qualité de l’enseignement en Afrique » soutenu par le Fonds en dépôt de Chine ;
  • « Renforcer les capacités des formateurs d’enseignants et des enseignants en matière de curriculum » soutenu par le Prix Hamdan bin Rashid Al-Maktoum pour des performances exemplaires, aux Émirats arabes unis ;
  • « Améliorer le soutien et la participation des enseignants aux groupes d’éducation locaux », un projet soutenu par le Partenariat mondial pour l’éducation et mis en œuvre conjointement par l’UNESCO et l’Internationale de l’éducation.

L’UNESCO, les États membres et les partenaires internationaux se réunissent tous les deux ans à l’occasion du Forum international de dialogue politique, organisé par l’Équipe spéciale internationale sur les enseignants pour Éducation 2030, pour examiner les progrès réalisés et échanger de bonnes pratiques en matière de renforcement des capacités.

Pourquoi l’Afrique est-elle au cœur des travaux de l’UNESCO ?

En Afrique, la pénurie chronique d’enseignants formés compromet les progrès de la réalisation de l’Objectif de développement durable 4 pour l’éducation. Avant la pandémie de COVID-19, il n’y avait que 64 % d’enseignants africains formés au niveau primaire et 58 % dans le premier cycle du secondaire. En Afrique subsaharienne, par exemple, moins des trois quarts des enseignants du pré-primaire et moins de la moitié de ceux du deuxième cycle du secondaire ont reçu une formation (ISU). L’Institut international pour le renforcement des capacités en Afrique (IICBA) de l’UNESCO joue un rôle clé en apportant un soutien politique au développement des capacités des États membres à former, retenir et gérer des enseignants motivés et qualifiés. L’accent a de nouveau été mis sur le relèvement de l’éducation en Afrique après la pandémie, comme le montre cet instantané des défis et des opportunités en matière d’éducation.

Quels enseignements ont été dégagés de la pandémie de COVID-19 ?

La pandémie de COVID-19 a mis en évidence le fait que rien ne pouvait remplacer les enseignants et la nécessité de transformer l’enseignement et de leur apporter – ainsi qu’à tout le personnel éducatif – un meilleur soutien afin de répondre à une diversité de situations, de formats et de besoins d’apprentissage. La plupart des systèmes éducatifs n’étaient pas prêts à dispenser un apprentissage à distance et la crise de la Covid-19 a mis en évidence l’urgence de doter les enseignants de compétences numériques et pédagogiques, ainsi que d’un soutien socio-émotionnel pour assurer leur bien-être. Un relèvement résilient de l’éducation est cocréé avec les enseignants et la technologie peut jouer un rôle essentiel pour que l’apprentissage ne s’arrête pas pendant les crises et pour atteindre les apprenants non scolarisés.

Quel est le rôle de la technologie ?

L’UNESCO aide les enseignants à maîtriser l’enseignement à distance et hybride dans le cadre d’une volonté générale de mettre en avant un développement novateur de la profession. Les technologies de l’information et de la communication (TIC) dans l’éducation et les ressources éducatives libres (REL) offrent des possibilités d’apprentissage flexibles et accessibles et elles présentent un fort potentiel dans la réalisation des objectifs des ODD. Dans le cadre de ses travaux sur la formation de qualité des enseignants et en collaboration avec le secteur de la communication et de l’information de l’UNESCO et, en particulier, de l’Institut de l’UNESCO pour les technologies de l’information dans l’éducation, l’UNESCO œuvre en faveur de normes améliorées pour les enseignants en matière de TIC, d’une planification des TIC dans les stratégies éducatives, du développement des TIC et de l’enseignement libre et à distance, ainsi que de programmes de formation en ligne pour le développement des enseignants, à l’instar de ceux qui sont proposés sur le Campus mondial des enseignants de l’UNESCO.  

Que fait l’UNESCO pour assurer l’égalité des genres dans l’enseignement ?

Dans le cadre de son action visant à remédier à la pénurie d’enseignants qualifiés, l’UNESCO accorde une attention particulière aux progrès de l’éducation des filles et des femmes. L’initiative Son éducation, notre avenir repose sur trois piliers : améliorer la qualité des données pour informer l’action en faveur de l’égalité des genres dans et par l’éducation ; améliorer les cadres juridiques, politiques et de planification pour faire progresser les droits ; et améliorer les pratiques d’enseignement et d’apprentissage pour émanciper. L’initiative a pour but de garantir des enseignants plus qualifiés, un meilleur contenu et des processus d’apprentissage améliorés pour éliminer les préjugés et doter les apprenants de valeurs et de compétences pertinentes, y compris numériques. L’action de l’UNESCO dans ce domaine inclut la production de publications telles que le Guide pour l’égalité des genres dans les politiques et les pratiques de formation des enseignants.

Que fait l’UNESCO pour améliorer le statut des enseignants dans le monde ?

L’UNESCO plaide pour la profession enseignante à travers le monde et diffuse les résultats d’études de recherche sur les pratiques innovantes, les tendances et les défis à venir. Elle récompense les enseignants et la profession enseignante par le biais de deux événements majeurs : la Journée mondiale des enseignant(e)s célébrée chaque année le 5 octobre (en partenariat avec l’OIT, l’UNICEF et l’Internationale de l’éducation) et la remise du Prix UNESCO-Hamdan pour le développement des enseignants tous les deux ans.