Central Asia

Asie centrale

L’Asie centrale (chapitre 14) est caractérisée par un sous-investissement chronique en R&D. Ainsi, en 2018, aucun pays n'a dépensé plus de 0,13 % du PIB dans la recherche et le développement. Ce phénomène a engendré une série de défis systémiques qui freinent la recherche et l’innovation, notamment une crise professionnelle au sein de la communauté des chercheurs et un exode de compétences.

Une mauvaise protection de la propriété intellectuelle et des régimes fiscaux complexes, couplés à une absence de dégrèvements d’impôts et de prêts pour les entreprises, découragent l’innovation et font des entreprises innovantes des cibles peu attrayantes pour les investissements et les prêts. 

Les gouvernements d’Asie centrale ont néanmoins pris des mesures pour surmonter ces obstacles : il existe une volonté d’améliorer le climat d’investissement pour les entreprises et de moderniser l’industrie à travers l’innovation. L'Ouzbékistan, par exemple, a ainsi placé le développement fondé sur l'innovation en tête de son programme politique.

Par ailleurs, un nombre croissant de parcs technologiques bénéficient de régimes fiscaux avantageux. Les gouvernements s’efforcent également d’améliorer le statut des chercheurs par le biais de mesures telles que des augmentations de salaire, des subventions compétitives pour la recherche, la mise à disposition d’équipements de recherche modernes et la mise en place de projets de recherche conjoints avec des partenaires institutionnels, dans des pays tels que la Biélorussie, la Chine, l’Inde et la République de Corée.

Les scientifiques et les ingénieurs bénéficient aussi d’un rayonnement international plus important que par le passé. Par exemple, le programme international d’incubateur d’entreprises, Start-up Kazakhstan, est ouvert aux participants originaires de la Communauté des États indépendants et d’Europe.

De plus, les gouvernements travaillent conjointement avec des partenaires internationaux afin d’accéder à la finance verte. Confrontés à une pénurie d’eau croissante et à des infrastructures énergétiques vieillissantes, ils investissent dans des programmes d’énergie renouvelable. Au Kazakhstan et en Ouzbékistan, par exemple, ont eu lieu des « ventes aux enchères de panneaux solaires », et au Tadjikistan, un barrage (Rogun) a été construit. L'un des défis consistera à équilibrer les demandes concurrentes d’innovation du secteur minier, qui forme le socle des économies d’Asie centrale.

Les pays de la région ne sont pas non plus en reste en ce qui concerne l’économie numérique et la gouvernance en ligne. L’initiative Digital Kazakhstan couvre des secteurs tels que l’énergie, les transports, la finance, les infrastructures, l’exploitation minière, l’agriculture et l’éducation. Au Kazakhstan, le parc technologique d'Alataou et le cluster innovant Tech Garden sont en train d’adopter les technologies de l'industrie 4.0.

Du côté du Kirghizstan, le gouvernement vise les services publics numériques à travers son programme Taza Koom (Nation intelligente). La jeunesse kirghize s'intéresse de plus en plus à la programmation informatique, comme en témoigne la récente croissance des startups et des sociétés de génie logiciel axées sur la technologie. 

Diagrammes
  • Figure 14.1 : Tendances socio-économiques en Asie centrale
  • Tableau 14.1 : Objectifs de l'Asie centrale en matière d'économie verte pour 2020 et 2030
  • Figure 14.2 : Tendances des dépenses en matière de recherche et d'éducation en Asie centrale
  • Figure 14.3 : Tendances en matière de ressources humaines en Asie centrale
  • Figure 14.4 : Tendances en matière de publication scientifique et de dépôt de brevets en Asie centrale
  • Tableau 14.2 : Secteurs prioritaires de la politique industrielle nationale de la Mongolie, 2015