Des menaces qui font taire : Tendances en matière de sécurité des journalistes

Malgré des initiatives de plus en plus nombreuses au niveau mondial, le journalisme demeure une profession dangereuse. Ces dernières années ont mis en évidence à la fois le rôle essentiel que jouent les journalistes pour maintenir la libre circulation de l’information et les risques considérables auxquels ils sont confrontés à cet égard. Dans le monde entier, les journalistes sont victimes de harcèlement, d’emprisonnement, d’actes de violence ou de mort, pour le simple fait d’avoir mené à bien leur travail.

Principales tendances

  • Le journalisme demeure une profession mortelle - et neuf fois sur dix, le meurtre d’un journaliste n’est pas résolu.
  • Les autres menaces à l’encontre des journalistes, en ligne et hors ligne, ne cessent de croître. L’emprisonnement des journalistes atteint des sommets, tandis que la violence et le harcèlement en ligne incitent à l’autocensure et, dans certains cas, entraînent des agressions physiques.

De l’année 2016 à la fin de l’année 2020, l’UNESCO a enregistré 400 meurtres de journalistes, soit une baisse de près de 20 % par rapport à la période quinquennale précédente. Cette tendance à la baisse s’est poursuivie au cours de l’année 2021, où 55 journalistes ont été tués.

Pourtant, le niveau d’impunité à l’échelle mondiale pour les meurtres de journalistes est préoccupant : neuf fois sur dix, l’affaire n’est pas résolue. Lorsque le nombre de meurtre de journalistes est élevé, l’impunité pour ces meurtres l’est également, ce qui alimente un cycle continu de violence.

 

Dans le même temps, d’autres menaces à l’encontre des journalistes, en ligne et hors ligne, ne cessent de croître.

L’emprisonnement des journalistes atteint des niveaux inégalés. La violence et le harcèlement en ligne incitent à l’autocensure et, parfois, entraînent des attaques physiques. Les journalistes sont également de plus en plus souvent attaqués alors qu’ils couvrent des manifestations, par différents acteurs (y compris les forces de sécurité et les participants aux manifestations).

De nombreux rapports et études confirment que les menaces touchent de manière disproportionnée les femmes journalistes et celles qui représentent des groupes minoritaires.

En 2020, l’UNESCO a commandé une enquête auprès de plus de 900 journalistes issus du monde entier pour documenter leurs expériences face à laviolence en ligne. 73 pour cent des 625 femmes journalistes interrogées ont déclaré avoir subi des violences en ligne dans le cadre de leur travail.

Chiffres clés

455 journalistes

tués entre l’année 2016 et la fin de l’année 2021

13% des cas recensés

par l’UNESCO depuis 2006 sont aujourd’hui considérées comme résolues judiciairement

73% des femmes

des 625 femmes journalistes interrogées ont subi des violences en ligne

20%

des 596 femmes journalistes avaient été attaquées hors ligne suivant une violence en ligne

La pandémie de COVID-19 a simultanément créé de nouveaux défis pour la sécurité des journalistes et exacerbé les défis existants.

Même si les journalistes ont été largement reconnus comme des travailleurs essentiels pendant la pandémie, ils ont été confrontés à une augmentation du harcèlement, du stress psychologique et de traumatismes, ainsi qu’à un risque accru d’exposition au coronavirus.

Au moins 1 967 journalistes sont décédés après avoir contracté la COVID-19 entre le mois de mars 2020 et le mois de février 2022, selon Press Emblem Campaign.

journalists with masks
Les journalistes sont en première ligne et mettent chaque jour leur sécurité en péril pour apporter aux citoyens des informations fiables et vérifiées sur la pandémie. Leur contribution est inestimable pour nous tous.
Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO Director-General of UNESCO

Conscients de l’ampleur et de l’incidence de ces menaces, de nombreux efforts internationaux et nationaux ont visé à protéger les journalistes et leur travail vital.

Entre 2016 et 2021, 28 résolutions et décisions sur la sécurité des journalistes ont été adoptées par l’Assemblée générale des Nations Unies, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, les organes directeurs de l’UNESCO et des organes régionaux. Un indicateur sur la sécurité des journalistes (indicateur 16.10.1 des objectifs de développement durable) a été établi pour mesurer la réalisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030.

Les mécanismes de protection et les plans d’action nationaux continuent de répondre aux menaces continuelles auxquelles sont confrontés les journalistes dans le monde. Ils sont soutenus par les travaux et les efforts essentiels des organisations de la société civile aux niveaux national et international.

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Consultez le Rapport complet pour obtenir davantage de détails et de chiffres clés sur les menaces et les défis auxquels sont confrontés les journalistes dans le monde, et sur ce que nous pouvons faire pour les protéger.