La tradition du théâtre dansé Rabinal Achí


Inscrit en 2008 (3.COM) sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité (originellement proclamé en 2005)

© Ministère de la Culture et des Sports du Guatemala
Drame dynastique maya du quinzième siècle, le Rabinal Achí est un rare témoignage des traditions préhispaniques. Il se nourrit des mythes sur les origines des habitants de la région Rabinal, ainsi que des thèmes populaires et politiques, et s’exprime à travers danses masquées, musique et représentations théâtrales. Le récit oral et écrit est présenté par un ensemble de personnages qui apparaissent dans un décor représentant des villages mayas, notamment Kajyub’, capitale régionale du Rabinaleb’ au quatorzième siècle. Divisé en quatre actes, le récit relate un conflit entre deux entités politiques importantes de la région. Les principaux personnages sont deux princes, le Rabinal Achí et le K’iche Achí. Les autres sont le roi de Rabinaleb’, Job’Toj, et son serviteur, Achij Mun Achij Mun Ixoq Mun, qui a des traits à la fois masculins et féminins ; la mère des plumes vertes, Uchuch Q’uq’ Uchuch Raxon ; ainsi que treize aigles et treize jaguars représentant les guerriers de la forteresse de Kajyub’. K’iche’ Achí est capturé et jugé pour avoir tenté d’enlever des enfants de Rabinaleb’, ce qui constitue une grave violation du droit maya. Depuis la colonisation au seizième siècle, le Rabinal Achí est dansé le jour de la Saint-Paul, le 25 janvier. La fête est coordonnée par des cofradías, des confréries locales chargées de la gestion communautaire. En dansant, les vivants entrent en « contact » avec les morts, les rajawales, représentés par des masques. Rappeler les ancêtres ne consiste pas seulement à perpétuer un héritage du passé. C’est également une vision du futur, car les vivants rejoindront un jour leurs ancêtres. Le conflit armé, en particulier dans les departamentos de Rabinal et de K’iche, a failli entraîner la disparition de cette danse. Aujourd’hui, elle est plus particulièrement menacée par la précarité économique des praticiens et de l’ensemble de la communauté. Le Rabinal Achí est aussi éprouvé par la folklorisation et la banalisation qui compromettent sérieusement la transmission des savoir-faire et valeurs associés à cette tradition théâtrale.