Le carnaval de Barranquilla


Inscrit en 2008 (3.COM) sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité (originellement proclamé en 2003)

Chaque année pendant les quatre jours qui précèdent le carême, le carnaval de Barranquilla offre un répertoire de danses et d’expressions musicales issues des différentes cultures colombiennes. Du fait de sa situation géographique sur la côte caraïbe et de son essor économique pendant la période coloniale, la ville de Barranquilla est devenue l’un des premiers centres de commerce du pays et un lieu de convergence des peuples et cultures amérindiens, européens et africains. Cette fusion de diverses traditions locales transparaît dans de nombreux aspects du carnaval, en particulier les danses (comme le mico y micas originaire des Amériques, le congo africain et le paloteo d’origine espagnole), les genres musicaux (principalement la cumbia et des variantes comme la puya et le porro) et les instruments populaires (tambora et tambours alegre, maracas, claves, etc.). La musique du carnaval est généralement exécutée par des ensembles de tambours ou des groupes d’instruments à vent. La culture matérielle des objets d’artisanat s’exprime avec profusion à travers chars, costumes, coiffes et masques d’animaux. Des groupes de danseurs masqués, d’acteurs, de chanteurs et d’instrumentistes ravissent les foules de leurs démonstrations théâtrales et musicales inspirées d’événements historiques et de l’actualité. La vie politique contemporaine et ses personnalités sont tournées en dérision à travers des chansons et des discours railleurs qui confèrent au carnaval son caractère burlesque. En raison du succès croissant qu’il a connu au vingtième siècle, le carnaval de Barranquilla a pris des allures de manifestation professionnelle, largement couverte par les médias. Si cette évolution n’est pas sans avantages économiques pour de nombreuses familles à faibles revenus, le mercantilisme croissant pourrait en même temps représenter une menace pour les nombreuses expressions traditionnelles.