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L’ala-kiyiz et le chirdak, l’art du tapis traditionnel kirghiz en feutre

Inscrit en 2012 (7.COM) sur la Liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente

Pays : Kirghizistan

Identification

Description

L’ala-kiyiz et le chirdak, l’art du tapis traditionnel kirghiz en feutre

L’art du tapis traditionnel en feutre est l’un des arts premiers du peuple kirghiz et fait partie intégrante de son patrimoine culturel. Les Kirghiz produisent traditionnellement deux types de tapis en feutre : les ala-kiyiz et les chirdaks. Les connaissances, les techniques, la diversité, la sémantique des ornements et les cérémonies de création de tapis sont autant d’éléments culturels importants qui procurent au peuple kirghiz un sentiment d’identité et de continuité. La réalisation des tapis en feutre kirghiz est inséparablement liée au mode de vie quotidien des nomades qui les utilisent pour se protéger du froid et décorer leur intérieur. La création des tapis en feutre exige l’unité au sein de la communauté et favorise la transmission du savoir traditionnel – en principe par les femmes âgées concentrées dans les zones rurales montagneuses aux jeunes filles de la famille. L’art traditionnel de l’ala-kiyiz et du chirdak est cependant menacé de disparition. Le nombre de praticiens est en recul, la plupart d’entre eux ayant plus de quarante ans. L’absence de sauvegarde gouvernementale, le désintérêt de la jeune génération, la prédominance de tapis synthétiques à bas prix et la qualité médiocre et l’insuffisance de l’approvisionnement en matières premières ne font qu’aggraver la situation. De ce fait, la cérémonie de l’ala-kiyiz a quasiment disparu et le chirdak est sérieusement menacé de disparition.

Documents

Décision 7.COM 8.5

Le Comité (…) décide que [cet élément] satisfait aux critères d’inscription sur la Liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente comme suit :

  • U1 : Le tapis traditionnel en feutre procure au peuple kirghiz, et en particulier aux femmes qui le réalisent, un sentiment d’identité et de continuité lié à son mode de vie nomade ;
  • U2 : Les tapis de feutre kirghizes font face à des défis comme le manque d’intérêt pour l’apprentissage de l’artisanat parmi les jeunes, l’absence d’une politique d’État adéquate pour la sauvegarde de l’élément, la rareté et la baisse de qualité des matières premières et l’avènement de tapis synthétiques industriels bon marché qui menacent la viabilité économique de l’artisanat ;
  • U3 : Un plan de sauvegarde sur cinq ans comporte diverses activités, y compris des mesures législatives et politiques, un meilleur accès aux matières premières, le renforcement de la transmission, et la promotion d’une plus grande prise de conscience, au niveau national et à l’étranger, concernant l’art de la fabrication de tapis kirghiz ;
  • U4 : La candidature a été élaborée avec la participation des artisans qui ont fourni leur consentement libre, préalable et éclairé ;
  • U5 : Les tapis de feutre kirghizes ont été inclus en 2008 dans l’Inventaire national du patrimoine culturel immatériel, qui a été mis à jour en 2011 par le Ministère de la culture et du tourisme ;

Inscrit l’ala-kiyiz et le chirdak, l’art du tapis traditionnel kirghiz en feutre sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente ;
Prend note du plan de sauvegarde ambitieux proposé par l’État soumissionnaire et de l’accent important placé sur la promotion économique et encourage l’État partie à tenir compte des sources du financement et de leur durabilité ;
Prend note en outre que certaines activités comme l’amélioration de la disponibilité des matières premières semblent être sous-budgétisées tandis que d’autres activités semblent être surévaluées, et que la demande n’identifie pas clairement les ressources financières ;
Regrette que la candidature caractérise des pratiques d’autres États ;
Invite l’État partie à faciliter la participation la plus large possible des praticiens dans les mesures de sauvegarde, en particulier pour la transmission des savoir-faire et des techniques, et à veiller à ce que les praticiens soient les principaux bénéficiaires des mesures de sauvegarde, en particulier celles visant à promouvoir l’industrie du tapis ;
Invite en outre l’État partie à élaborer un plan de sauvegarde durable avec des activités plus ciblées, un calendrier réalisable et des sources budgétaires clairement identifiées ;
Invite l’État partie à considérer les paragraphes 116 et 117 des Directives opérationnelles dans la mise en œuvre des mesures de sauvegarde programmées.

Diaporama

Vidéo


© 2011 by Murat Mambetov/CACSARC-kg

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