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Patrimoine culturel immatériel - PCI

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Connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers

  • La Convention dans le texte
  • Article 2 : Définitions

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La cosmovision andine des Kallawaya
© Vice Ministerio de Cultura

« Les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers » embrassent un ensemble de connaissances, savoir-faire, pratiques et représentations développés et perpétués par les communautés en interaction avec leur environnement naturel. Ces systèmes cognitifs sont exprimés à travers la langue, les traditions orales, l’attachement à un lieu, les mémoires, la spiritualité et une vision du monde. Ils se traduisent par un ensemble complexe de valeurs et croyances, de cérémonies, de médecines traditionnelles, de pratiques ou d’organisations sociales, voire des institutions. Ces expressions et pratiques sont aussi diverses et variées que les contextes socioculturels et écologiques dont elles procèdent. Elles sous-tendent souvent d’autres domaines du PCI tels que définis dans la Convention.
Ce domaine comprend de nombreux éléments tels que savoirs écologiques traditionnels, savoirs autochtones, ethnobiologie, ethnobotanique, ethnozoologie, pharmacopées et médecines traditionnelles, rituels, traditions culinaires, croyances, sciences ésotériques, rites initiatiques, divinations, cosmologies, cosmogonies, chamanisme, rites de possessions, organisations sociales, festivités, langages, ou encore arts visuels.

Revenir en hautQuelques exemples

Les dessins sur le sable de Vanuatu
©Vanuatu National Cultural Council

Les éléments suivants ont été choisis parmi les 90 chefs-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité proclamés en 2001, 2003 et 2005.

Revenir en hautUne viabilité menacée

Alors même qu’elles constituent le fondement de l’identité culturelle des communautés concernées, ces connaissances et pratiques sont particulièrement vulnérables dans un système globalisant qui laisse peu de place aux savoirs traditionnels, à la protection de l’environnement et aux systèmes de croyances. En même temps, les connaissances écologiques des guérisseurs traditionnels suscitent l’intérêt des scientifiques ou de grands groupes pharmaceutiques.
L’urbanisation rapide et l’extension des terres agricoles peuvent directement affecter un environnement naturel ayant une valeur particulière pour une communauté, telle une forêt sacrée essentielle à un rituel d’initiation, ou une réserve forestière fournissant les matières premières pour le travail du bois. La désertification et la déforestation massive participent du déclin de la biodiversité et de la disparition progressive de certaines espèces, diminuant de ce fait la pharmacopée traditionnelle ou menaçant l’artisanat traditionnel comme, par exemple, la fabrication de costumes rituels à partir de fibres végétales.

Revenir en hautDes exemples de pratiques de sauvegarde

Le Kankurang, rite d’initiation mandingue
©Direction du patrimoine culturel, Sénégal

La sauvegarde d’une vision du monde ou d’un système de croyance relève de défis encore plus complexes que la protection d’un environnement naturel. Au delà d’obstacles extérieurs au contexte social et naturel, beaucoup de communautés pauvres ou marginalisées ont elles-mêmes tendance à adopter un mode de vie ou un modèle de développement préjudiciable à leurs traditions et coutumes. La protection de l’environnement naturel est souvent étroitement liée à la sauvegarde de la cosmologie d’une communauté et d’autres éléments de son patrimoine culturel immatériel.
Par exemple, une composante essentielle des activités élaborées pour sauvegarder le Kankurang, rite d’initiation mandingue (Sénégal et Gambie) est la protection de l’environnement naturel dans lequel le rituel est pratiqué. Ainsi, les mesures de sauvegarde prévoient la classification des forêts sacrées, l’organisation d’ateliers de formations en gestion d’espaces protégés et la replantation des espèces végétales indispensables au rituel.

Le plan d’action pour sauvegarder le savoir-faire du travail du bois des Zafimaniry (Madagascar) inclut une protection légale à travers le dépôt de brevets à l’OMPI et les systèmes nationaux de brevet. Cette mesure vise à protéger les principaux motifs qui sont à la base de cet art graphique complexe, reflétant l’identité même de la communauté Zafimaniry. Une identification préalable et aussi exhaustive que possible des éléments à breveter, menée par la communauté concernée, est indispensable à cette protection. La replantation des espèces d’arbres rares essentielles à cet artisanat est également prévue dans le plan d’action.

La pratique des dessins sur le sable (Vanuatu) est revitalisée dans les communautés des praticiens par le biais de festivités et rassemblements des communautés pour favoriser une transmission continue des talents artistiques des experts. D’autres mesures incluent l’élaboration d’un règlement pour l’utilisation commerciale des dessins sur le sable, leur assurant une protection légale, l’introduction des dessins dans les programmes scolaires et la mise en place d’un fonds-en-dépôt pour encourager des activités génératrices de revenus liées à cette forme d’art. Ces activités concertées contribueront à réconcilier les politiques culturelles nationales avec les intérêts de ceux pour qui les dessins sur le sable sont avant tout une réalité sociale vivante et florissante.

Dernière mise à jour : 2009-03-23 19:06:51