Mosul - Al-Hadba Minaret

Histoire

Mossoul : Le début de la reconstruction

La reconstruction du minaret Al-Hadba et des églises Al-Tahera et Al-Saa’a peut désormais commencer. Pour cela, plus de 1 000 emplois ont été créés, 7 218 fragments ont été conservés, 9 940 tonnes de décombres ont été déblayées, des appareils explosifs ont été extraits et les sites ont été complètement stabilisés. L’UNESCO, en partenariat avec les Émirats arabes unis, a lancé le processus de reconstruction, une avancée majeure pour l’initiative « Faire revivre l’esprit de Mossoul ».

Aujourd’hui, après une phase de préparation initiale qui a duré presque 3 ans, l’UNESCO et son partenaire, les Émirats arabes unis, ont lancé la phase de reconstruction officielle de 3 sites emblématiques de Mossoul, en Iraq, en coopération avec le ministère irakien de la culture et le Waqf sunnite d’Iraq.

Le dénominateur commun de notre travail à Mossoul est l’humanité. Aujourd’hui, nous sommes les témoins directs du pouvoir de la mobilisation internationale, non seulement pour restaurer le patrimoine, mais aussi pour créer des emplois, former les jeunes, raviver l’espoir et bâtir la paix. 
Audrey Azoulay
Audrey Azoulay Directrice générale de l'UNESCO

La phase de préparation des trois sites était primordiale pour garantir une reconstruction solide. Afin de préparer les sites, l’UNESCO a commencé par sécuriser les périmètres et déblayer les décombres dans lesquels se trouvaient des objets piégés. Elle a été suivie d’une phase de stabilisation, puis de la préparation de la conception détaillée du projet, en consultation avec la population locale et de nombreux experts pour l’exécution les travaux.

Le minaret Al-Hadba

Le minaret Al-Hadba, qui incarne plus de 800 ans d'histoire, domine l'horizon de la ville et est devenu un symbole pour Mossoul et l'Iraq. À la suite d’une enquête détaillée, les habitants de la ville ont tranché et exprimé leur souhait de voir le minaret reconstruit tel qu’il était avant sa destruction en 2017 : s’élevant à 45 mètres de hauteur, décoré de briques ornementales et penché. La reconstruction du minaret était déjà une tâche complexe, mais le restaurer en conservant son inclination, en utilisant des matériaux et des briques traditionnels, est un défi d’ingénierie.

Le processus de reconstruction comprend une série de travaux d’ingénierie spécialisés visant à sécuriser et à consolider de manière permanente les fondations sur lesquelles reposera plus tard le puits cylindrique reconstruit. L’une des opérations les plus difficiles sera alors la construction d’un nouveau système de fondations qui reliera la base du minaret au sol stable. C’est alors que pourra débuter la reconstruction de la structure cylindrique du minaret réalisée à partir du plus grand nombre de briques possibles sur les 44 000 d’origine et avec un degré d’inclination d’environ 1,60 mètre. Comme le minaret sera entièrement reconstruit avec des briques, il est impossible d’obtenir le degré d’inclination précédent, qui était de de 2,5 mètres.

Le résultat représente un projet de pointe fondé sur les pratiques d’ingénierie les plus avancées, qui garantiront la stabilité du monument tout en assurant la compatibilité des matériaux et des techniques de construction.

L’église Al-Saa’a

En 1870, la première mission pontificale est envoyée en Mésopotamie et fonde à Mossoul le couvent Notre-Dame de l’Heure, aussi connu sous le nom d’église latine. Dès sa construction, le couvent a revêtu trois dimensions : religieuse, culturelle et sociale. La structure de l’église Al-Saa’a a été endommagée durant l’occupation de la ville par l’État islamique et son couvent a également été pillé et saccagé.

La conception du site du projet a fait l’objet de nombreuses consultations bilatérales en collaboration avec l’ordre dominicain et les autorités irakiennes concernées. Ces consultations approfondies menées avec des experts et des parties prenantes locales ont permis de répondre aux attentes locales et de générer un sentiment d'appropriation locale. 

Le couvent de l’église Al-Saa’a a été construit par des Chrétiens et des Musulmans. Ces dernières décennies, il est devenu un sanctuaire marianiste où se rendent des croyants des deux confessions. Voilà ce qui caractérise Mossoul : cette ville est une mosaïque, ornée de différentes couleurs qui forment un même motif. Ce lien a été rompu par la guerre. Aujourd’hui, nous voulons le restaurer. 
Frère Olivier Représentant de l’ordre dominicain de Mossoul

L’église Al-Tahera

L’église syriaque catholique Al-Tahera a été construite en 1859 et rénovée environ 100 ans plus tard. Elle se distingue par ses multiples autels ainsi que par la mezzanine qui occupe l’aile ouest de l’église. La superficie de l'église est d’environ 650 m2.

L’église a été fortement endommagée en 2017. Les travaux de reconstruction s’avèrent complexes, car le toit s’est effondré et la plupart des arcades ainsi que des murs extérieurs ont été détruits.

Comme pour le projet de l’église Al-Saa’a, le projet Al-Tahera respecte les attentes de la communauté locale ainsi que l’histoire culturelle et religieuse à laquelle nous pouvons tous nous identifier. Le projet détaillé est désormais prêt : l’église sera reconstruite à l’identique et l’entrepreneur irakien chargé de l’exécution des travaux a été choisi.

À ce jour, les projets de reconstruction de l’église Al-Tahera et de l’église Al-Saa’a ont permis de créer plus de 1 000 emplois,

dépassant ainsi l’objectif initial, puisque la plupart des activités ont été réalisées par des équipes locales d’experts et d’ouvriers. Cela a permis de renforcer les possibilités locales de développement de compétences.

Mosul_Al-Tahira

Ces projets s’inscrivent dans le cadre de l’initiative phare de l’UNESCO lancée en 2018 pour « Faire revivre l’esprit de Mossoul », moins d'un an après que cette ville vieille de 2500 ans ait été en grande partie détruite. Avec le soutien de 31 pays, et en étroite coopération avec le gouvernement irakien et la population, cette mobilisation internationale est unique en son genre et représente l’un des projets de réhabilitation les plus ambitieux de ces dernières décennies. L’UNESCO entreprend de reconstruire l’emblématique mosquée Al-Nouri ainsi que son minaret Al-Hadba, les églises Al-Saa’a et Al-Tahera, 124 maisons historiques, la mosquée Aghawat et l’école Al-Ekhlass dans la vieille ville de Mossoul. L’initiative a aussi permis de créer plus de 3 100 emplois locaux.

Dans le cadre de l’initiative de l’UNESCO « Faire revivre l’esprit de Mossoul » visant à raviver un sentiment de coexistence pacifique et de cohésion sociale grâce au patrimoine, à la vie culturelle et à l’éducation, les Émirats arabes unis ont collaboré avec l’UNESCO en investissant 50,4 millions de dollars pour restaurer et reconstruire les monuments emblématiques de Mossoul : la mosquée Al-Nouri, le minaret Al-Hadba et les églises Al-Saa’a et Al-Tahera. L’UNESCO travaille en partenariat avec les Émirats arabes unis et en coordination avec le gouvernement irakien, les partenaires locaux et les experts internationaux.